Logo
rellotge
Jeudi 21 août 2008. 20:50h
C2_728x90.gif
sol24º
Perpignan
sol24º
Girona
nuvols_parcials25º
Barcelona
sol29º
Toulouse

Actu & Société en Catalogne Nord & Sud
Blogs > Vicenç Dumas > Une autre école est encore possible


Jeudi 8.11.2007. 17:03h

Une autre école est encore possible

Les écoles privèes catalanes, basques et bretonnes, sont en pleine croissance. En Pays Catalan, les 7 établissements de "La Bressola" accueillent en tout 600 élèves en 2007-2008.
Ecole La Bressola, Perpignan, septembre 2007 Ecole La Bressola, Perpignan, septembre 2007

Dans mes souvenirs, la rentrée de CP est un événement angoissant : l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, le premier cartable, les souliers cirés, les bancs alignés et le tableau noir, le maître debout et nous assis. En rentrant au CP on devenait grand. Pour son entrée au CP à la Bressola, rien, calme plat, la nina pas stressée pour deux sous réclame déjà depuis un mois de retourner à l’école, comme si elle retournait en club de vacances après une atroce période d’obligations parentales. Finalement, l’angoisse nous étreint nous, parents, de la voir nous échapper un peu vers une autre famille avec tant de plaisir et que ce qu’elle ressente face à l’école soit si différent de ce que nous connaissons : cette école qui a tant structuré notre enfance, ce français qui est notre langue maternelle, ces poésies de Lafontaine ou d’Hugo et ces fleuves, départements et préfectures, nous avons décidé qu’elle les connaîtrait autrement. Il y a rupture de transmission.

"La Bressola, c’est vraiment une école de hippies !"

C’est ce que l’on m’a dit sur le ton de la plaisanterie, ce matin de rentrée, lorsque j’accompagnais Charlotte. Ecole de hippies ? Peut-être en apparence, car indéniablement les écoles Bressola, au-delà de l’aspect linguistique, sont un choix de pédagogie alternative de type « Freinet ». Les institutrices y sont bien plus proches, on les appelle par leur prénom, l’ambiance est familiale et l’école largement ouverte aux parents. Ici, pas de sonnerie stridente, pas de gamins en rang par deux ou de rangées de bureaux face au tableau. Tout est fait pour déstresser l’enfant et lui permettre d’apprendre en s’épanouissant et en se responsabilisant : il peut être surprenant de voir une classe d’enfants de 5 ans aller chasser le mammouth dans les forêts catalanes pour illustrer le cours sur la préhistoire. Et de constater, au final, comment ils maîtrisent le sujet. Fini l’ennui à l’école primaire ?

Le privé est d’abord une école de privilégiés

Le choix du privé naît de la préoccupation aigue des parents face à l’apprentissage de leurs enfants. Cette réflexion sur leur avenir et l’investissement financier que l’on y consacre prouve à la fois l’appartenance des parents à un certain milieu social et l’intérêt qu’ils portent à l’avenir de l’enfant : c’est leur meilleure garantie de réussite. Même si certains font le choix militant des écoles catalanes, de plus en plus de parents, comme nous, décident d’y envoyer leurs enfants pour la maîtrise de la langue catalane et des langues en général, et pour la manière d’enseigner. Ceci est encore plus remarquable de la part de francophones exclusifs très souvent venus de l’extérieur du Pays Catalan. Serait-ce un signe ? Les écoles Bressola, en plein succès, sont sur liste d’attente. Des milieux sociaux de plus en plus élevés et des enseignants des écoles publiques y inscrivent leurs enfants. L’école privée catholique n’a plus le monopole des élites.

Future élite de la Catalogne Nord ?

C’est une opinion très partagée par les parents : la langue catalane donnera la possibilité à nos enfants d’étudier et de faire carrière en Catalogne Sud ! Honnêtement, nous préférons les avoir à Girona, Barcelona ou Sitges, qu’à Strasbourg, Lille ou Paris. Question de proximité et de coeur. Au-delà, la globalisation européenne commence à transformer la géographie, l’économie et la sociologie du continent. Les proximités changent et la maîtrise de plusieurs langues devient un enjeu majeur de la réussite sociale. Si aujourd’hui, économiquement parlant, il ne sert à rien ou presque de maîtriser le catalan à Perpignan, l’italien à Nice ou le néerlandais à Lille, qu’en sera-t-il demain ? La grande faiblesse de l’école française est la maîtrise des langues, et, au vu de l’importance de ce sujet, un choix d’enseignement basé sur l’immersion linguistique pourrait s’avérer payant, tant il facilite aussi l’apprentissage d’autres langues : formerait-on à la Bressola les futures élites de la Catalogne Nord ?



Commentaires


Aucun commentaire sur cette article

loading


Commentaires

Votre commentaire, envoyé avec succès, sera validé très bientôt.
loading

Les commentaires liés aux informations publiées par La Clau engagent exclusivement la responsabilité de leurs auteurs et ne sauraient en aucun cas engager la responsabilité de La Clau.
© la-clau.net, 2006-2008
Crédits | Mentions légales | PUBLICITÉ | CONTACTEZ-NOUS