Logo
rellotge
Jeudi 4 décembre 2008. 06:29h
Origami STAR 728-90
nuvols
Toulouse
nuvols
Perpignan
nuvols_parcials
Girona
nuvols_parcials
Barcelona

Actu et Société en Catalogne Nord et Sud
Blogs > Vicenç Dumas > La misère n’est pas moins pénible au soleil


Samedi 14.7.2007. 17:18h

La misère n’est pas moins pénible au soleil

Le soleil adoucit la vie ? Cette idée résonne comme une provocation pour les territoires français dits "ensoleillés", marqués par la galère économique et morale. Ça se passe en Catalogne, au 21ème siècle.

"Bonjour Madame, alors pourquoi avez-vous rejoint notre région catalane ?" / "Et bien, évidemment, pour le soleil !". Ils sont durs, voire obscènes, ces mots entendus presque tous les matins sur France Bleu Roussillon, la radio de ceux qui ont quitté les frimas pour le farniente, mais ils sont surtout symptomatiques du phototropisme des européens du Nord, les seuls véritables travailleurs du continent. Comme des pommes de terre en train de germer, ceux-ci s’inclinent naturellement vers les climats ensoleillés, jusqu’à les atteindre, en quittant tout. Le mouvement est général, à l’heure de la communication généralisée. Mais pourquoi le soleil rend-il plus heureux ?

 

Le soleil favorise la libido

Les études scientifiques ont déjà conclu à l’influence climatique sur l’humeur et à son pendant pathologique, la dépression saisonnière, par le métabolisme de la mélatonine, hormone de la veille et de l’humeur, fortement influencé par la luminosité. Les laboratoires pharmaceutiques s’efforcent d’ailleurs de la produire en cachet, à grand frais, mais sans résultat probant jusqu’à présent.
L'influence du climat se fait sentir sur notre façon de nous vêtir, sur ce que nous mangeons, sur notre état d'âme et notre comportement, c’est un fait : les climats méditerranéens portent en eux le fantasme de la vie dans le jardin d’Eden : facilité pour se nourrir, facilité pour s’habiller, facilité pour se chauffer et sociabilité accrue, court vêtu une grande partie de l’année, una costella d’agneau jetée négligemment sur un brasier et les tomates du jardin pour le dîner avec 10 copains croisés dans la rue pour l’apéro. Tout est plus simple sous un climat méditerranéen. Même la libido, stimulée par la douce chaleur du soleil qui déshabille les filles.

Sous le soleil catalan, 69 suicides par an

Alors, heureux, les habitants de l’Europe du Sud ? Malheureusement pas. Si on peut se sentir globalement plus heureux à Saint-Tropez ou à Barcelone, les chiffres sont terrifiants quant au Pays Catalan. Au delà d'un bon taux de mélatonine et d'un environnement favorable, on s'y suicide plus que dans d’autres régions très au Nord de l’Europe. La mortalité masculine par suicide dépasse de 22% la moyenne nationale française, selon une étude INSERM effectuée de 1997 à 1999. La dépression reste une pathologie majeure de la société du pays. Même l’alternance de nuits très longues et des rigueurs de l’hiver en Norvège ou le taux d’humidité irlandais sont moins destructeurs humainement et psychologiquement que nos 290 jours d’ensoleillement annuels. Le taux de criminalité et notamment d’atteinte aux personnes est plus élevé qu’ailleurs, signe manifeste d’une sociabilité vacillante au cœur même de la ruralité. Dans cette société catalane, totalement déstructuré économiquement et socialement, le jardin d’Eden peut rapidement se transformer en véritable enfer, où finalement le soleil ride le cœur et l’âme.

Venir vivre au soleil, pour fuir quoi ?

Les néo-catalans ne s’y sont pas trompés, eux qui s’isolent de plus en plus dans des lotissements sécurisés, et, dans la majorité des cas, sans la moindre velléité d’intégration au sein de la société autochtone, dégénérée par des siècles de ramollissement par le soleil. Isolés de leur famille, de leurs codes culturels et sociaux, ils finissent par se regrouper pour se recréer un coin de Nord où le climat aurait brusquement changé. En voyant tous ces immigrés de luxe, je me suis toujours demandé où étaient leurs petits-enfants, et qui, maintenant, leur raconte des histoires, les amène au parc, en forêt ou à la pêche. Finalement, leur soleil a la couleur de l’éclatement des familles et de l’individualisme, c'est-à-dire du fantasme réalisé. Le fantasme que l’on a tous, de Brest à Vladivostock et d’Athènes en Laponie, quand notre patron nous emmerde ou notre femme roumègue. C’est l’ailleurs ensoleillé et rieur. Le soleil est un fantasme, une faribole.



Commentaires


Aucun commentaire sur cette article

loading


Commentaires

Votre commentaire, envoyé avec succès, sera validé très bientôt.
loading

Les commentaires liés aux informations publiées par La Clau engagent exclusivement la responsabilité de leurs auteurs et ne sauraient en aucun cas engager la responsabilité de La Clau.
© la-clau.net, 2006-2008
Crédits | Mentions légales | PUBLICITÉ | CONTACT