Comme l’explique Philippe Jaffré dans son roman d’économie-fiction "Le jour où la France a fait faillite", le mécanisme qui conduirait la France à la ruine serait assez simple : à force d’accumuler de la dette publique année après année, l’état Français pourrait voir sa "note financière", c'est-à-dire l’évaluation par les marchés financiers de sa capacité à rembourser ses dettes, baisser jusqu’au rang de junk bonds ("obligations pourries"), créant par la même une panique sur les marchés et l’annihilation pure et simple du refinancement de l’état :celui-ci ne pourrait plus ni payer ses fonctionnaires ou ses retraités, ni garantir les avoirs des clients des banques françaises. S’ensuivrait l’intervention du FMI et de l’Union Européenne qui imposeraient une coupe drastique des dépenses de l’Etat et forcément un séisme social sans précédent, équivalent à la crise argentine.
Un état qui vit au dessus de ses moyens
L’état français est déjà très endetté, près de 64 % de son PIB en 2006, et selon le rapport Pebereau de 2005, au rythme actuel du déficit, celui-ci pourrait représenter 130 % en 2020 et 400 % en 2050 : scenarii impossibles, la confiance des marchés aurait déjà vacillé et la fiction de Philippe Jaffré deviendrait réalité. De plus, l’appartenance à la zone Euro imposant 60 % maximum de dette publique, l’éloignement important de ce chiffre créerait des réactions radicales dans les autres pays, car la crédibilité de l’Euro serait en jeu. On le voit, les recettes ne pouvant augmenter du fait d’un taux d’imposition maximum, la baisse des dépenses et le désendettement de l’Etat Français sont inéluctables, et à ce titre, on peut dire que l’Etat français est en "faillite virtuelle" tant ses marges de manœuvres financières sont inexistantes : un peu comme un ménage surendetté appliquant un budget domestique imposé par le juge. Il faut le constater, toute promesse électorale coûteuse n’est pas crédible et le maintien de la structure administrative et sociale du pays impossible.
La mauvaise dette, façon cholestérol…
Plus grave encore, le rapport Pebereau constate que la France s’endette d’année en année depuis 25 ans pour simplement assurer les dépenses courantes mais en aucun cas pour investir sur le long terme. Non seulement elle doit réduire ses dépenses mais en plus elle a très peu investi pour assurer sa richesse future. Il pèse sur les générations actives le remboursement du train de vie des générations antérieures mais aussi le retard en termes d’infrastructures et de recherche. Le pire est donc à venir, et il est fort à parier qu’entre l’évolution démographique et la paralysie de l’Etat le contraste entre la France actuelle et la France de 2020 soit très grand : retard économique, perte de rayonnement international, diminution de son poids en Europe. L’exception française est en voie de disparition.
Au final, juste le choix entre le déclin ou le drame
Les français vont droit vers un nouveau mode de vie, comme tous leurs voisins européens. La question n’étant pas si ils l’accepteront mais bien à quel rythme il s’imposera. La France actuelle ressemble à la Grande Bretagne de 1979, Etat-providence qui cumulait dette massive et très fort taux d’imposition, et un recours systématique à la grève comme dialogue social. Margaret Thatcher fut élu et mena une politique sociale et économique d’une brutalité inouïe avec les drames que l’on connaît : Ce pays est aujourd’hui un des plus puissants économiquement d’Europe. Plus les français, hommes politiques en tête, tergiversent sur les réformes structurelles et plus ce sera dramatique : Dans une économie mondialisée, l’incurie des gouvernants français depuis 30 ans a précipité le déclin économique de la France : si redressement il doit y avoir, plus le temps passe et plus il se fera dans la douleur.