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	<title>La Clau</title>
	<description>Blogs La Clau</description>
	<pubDate>Thu, 01 Jan 1970 01:00:00 +0100</pubDate>
	<language>ca</language>
	<item>
		<title><![CDATA[Roussillon et Languedoc : pourquoi la mayonnaise ne prend pas ?]]></title>
		<link>http://blogs.la-clau.net/marcdelclos/bloc/roussillon-et-languedoc-pourquoi-la-mayonnaise-ne-prend-pas-374</link>
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		<pubDate>Fri, 05 Mar 2010 21:00:00 +0100</pubDate>
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		<description><![CDATA[Pass&eacute;&nbsp;le Trait&eacute; des Pyr&eacute;n&eacute;es, en 1659, la premi&egrave;re grande r&eacute;organisation territoriale est intervenue en mars 1790 avec la cr&eacute;ation de 83 d&eacute;partements. Puis, apr&egrave;s 1918, l&rsquo;importance du transport ferroviaire a pr&eacute;c&eacute;d&eacute; l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;infrastructures supra-d&eacute;partementales, mais ce ne sera qu&rsquo;apr&egrave;s 1945, dans un contexte de planification aid&eacute; par l&rsquo;av&egrave;nement de l&rsquo;automobile, que naissent les r&eacute;gions. Edgar Faure lance ses &ldquo;programmes d'action r&eacute;gionale&rdquo; en 1955 et, un an plus tard, une premi&egrave;re mouture du d&eacute;coupage r&eacute;gional de Serge Antoine voit le jour. Il ne s&rsquo;agit alors que d&rsquo;un &ldquo;&eacute;chelon de travail&rdquo; pour des r&eacute;gions qui se doivent toutes de compter plus d&rsquo;un million d&rsquo;habitants et de regrouper plusieurs d&eacute;partements, sans les scinder. La carte des r&eacute;gions de 1956 ressemble &agrave; la fois &agrave; l&rsquo;actuelle et &agrave; celle des provinces de l&rsquo;Ancien R&eacute;gime. Les Pyr&eacute;n&eacute;es-Orientales sont rattach&eacute;es &agrave; Toulouse, mais passent de Midi-Pyr&eacute;n&eacute;es au futur Languedoc-Roussillon en 1960. <br /> <strong><br /> L&rsquo;envie de divorce est-elle l&eacute;gitime ? <br /> </strong><br /> Avec pr&egrave;s de 20% de la population r&eacute;gionale du Languedoc-Roussillon, les Pyr&eacute;n&eacute;es-Orientales font objectivement les frais de leur r&eacute;gion : depuis avril 2004, hors &quot;contrats territoriaux&quot;, les investissements r&eacute;gionaux ont offert 1338 euros par habitant au d&eacute;partement de l&rsquo;H&eacute;rault, soit une enveloppe de 1,338 milliards, pour seulement 416 millions au d&eacute;partement des Pyr&eacute;n&eacute;es-Orientales, &eacute;quivalant &agrave; 924 euros par habitant. Le manque &agrave; gagner s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve ainsi &agrave; 65 millions d&rsquo;euros. Mais &agrave; la pr&eacute;sidence, l&rsquo;accession d&rsquo;un Catalan serait un signe d&rsquo;&eacute;quilibre, comme l&rsquo;envisage Georges Fr&ecirc;che, dont le poulain Christian Bourquin est d&eacute;j&agrave; pressenti pour 2014. Jusque l&agrave;, bien que depuis 1988 l&rsquo;H&ocirc;tel de R&eacute;gion, &agrave; Montpellier, soit l&rsquo;&oelig;uvre de l&rsquo;architecte catalan Bofill, jamais aucun Catalan n&rsquo;a pr&eacute;sid&eacute; l&rsquo;institution. Sur ses cinq pr&eacute;sidents, on compte les deux Audois Francis Vals (1974) et Robert Capdeville (1983-1986), le Gardois Edgar Tailhades (1974-1983), le Loz&eacute;rien Jacques Blanc (1986-2004) et l&rsquo;actuel pr&eacute;sident Tarnais Georges Fr&ecirc;che. <p><strong>Nimes regarde la Provence, Carcassonne aime Toulouse...</strong><br /> &nbsp;<br /> Perpignan, &agrave; des distances de 150 &agrave; 200 km de Montpellier, Toulouse et Barcelone, n&rsquo;est pas la seule &agrave; questionner la coh&eacute;rence territoriale r&eacute;gionale : la pr&eacute;fecture de l&rsquo;Aude se trouve &agrave; moins de 100 km de Toulouse et &agrave; 150 km de la pr&eacute;fecture de R&eacute;gion. En ajoutant que l&rsquo;aire urbaine de la premi&egrave;re est le double de la seconde, on comprend mieux pourquoi le Carcassonnais lorgne davantage vers le Capitole que la Com&eacute;die. N&icirc;mes, pourtant proche de Montpellier, appartient &agrave; un maillage urbain propre au delta du Rh&ocirc;ne, proche d&rsquo;Avignon et d&rsquo;Arles sur Rh&ocirc;ne, orient&eacute; vers Aix-en-Provence et Marseille. Enfin, les Loz&eacute;riens, outre ne pas avoir fait partie de la Septimanie, sont &agrave; &eacute;quidistance de Clermont-Ferrand et de Montpellier et regardent plus le Massif Central que la M&eacute;diterran&eacute;e.<br /> <br /> Port&eacute;e par la non appartenance au Languedoc, l&rsquo;exception catalane justifierait alors une r&eacute;gion distincte pour les Pyr&eacute;n&eacute;es-Orientales, &agrave; l&rsquo;image de la Corse, s&eacute;par&eacute;e de PACA en 1972. A l&rsquo;&eacute;chelle europ&eacute;enne, sa pertinence serait plus forte que la Rioja, r&eacute;gion espagnole de 316.000 habitants pour 5.045 km&sup2;, contre 440.000 habitants pour 4.116 km&sup2; en Catalogne du Nord. Mais cette id&eacute;e, d&eacute;sormais d&eacute;pass&eacute;e, est progressivement remplac&eacute;e par une ouverture au Sud. <br /> <strong><br /> Exister dans une r&eacute;gion encore trois fois plus grande<br /> <br /> </strong>Plus que des divisions, Serge Antoine envisageait des fusions, notamment Provence-Alpes-C&ocirc;te d'Azur et Languedoc-Roussillon ou encore l'Aquitaine et Midi-Pyr&eacute;n&eacute;es. D&rsquo;autres, plus larges, sont propos&eacute;es par l&rsquo;Union europ&eacute;enne, dont la nomenclature d&rsquo;Unit&eacute;s Territoriales Statiques (NUTS 1) regroupe la Corse, PACA et le Languedoc-Roussillon, alors qu&rsquo;en 2003 le d&eacute;coupage interr&eacute;gional pour les &eacute;lections europ&eacute;ennes de 2004 (utilis&eacute; &agrave; nouveau en 2009) rassemblait Aquitaine, Midi-Pyr&eacute;n&eacute;es et Languedoc-Roussillon.<br /> <br /> Les &eacute;lections r&eacute;gionales de 2010 pr&eacute;c&egrave;dent la r&eacute;forme des collectivit&eacute;s territoriales fran&ccedil;aises dont na&icirc;tront les &quot;conseillers territoriaux&quot;. Au passage, le projet de loi pr&eacute;voit la possibilit&eacute; de fusion pour des d&eacute;partements ou des r&eacute;gions, par consentement de toutes les assembl&eacute;es concern&eacute;es et de la population, via un r&eacute;f&eacute;rendum. Pour les Pyr&eacute;n&eacute;es-Orientales, l&rsquo;inclusion dans un espace deux ou trois fois plus vaste est-elle un espoir de d&eacute;veloppement ? Des partenariats &eacute;tablis sur un axe Perpignan-Girona sont-ils plus souhaitables, pour enfin d&rsquo;exister dans le triangle Barcelone-Toulouse-Montpellier ?</p>]]></description>
	</item>

	<item>
		<title><![CDATA[Pourquoi ne pas débattre de l’identité régionale ?]]></title>
		<link>http://blogs.la-clau.net/christian-lagarde/bloc/pourquoi-ne-pas-debattre-de-lidentite-regionale-376</link>
		<comments>http://blogs.la-clau.net/christian-lagarde/bloc/pourquoi-ne-pas-debattre-de-lidentite-regionale-376</comments>
		<pubDate>Fri, 05 Mar 2010 21:00:00 +0100</pubDate>
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		<description><![CDATA[De l&rsquo;Elys&eacute;e, ou Matignon, ou leurs succursales, pour quoi prend-on aujourd&rsquo;hui les r&eacute;gions fran&ccedil;aises, si ce n&rsquo;est pour des institutions subalternes, que l&rsquo;on encourage &agrave; rendre dispendieuses en d&eacute;chargeant sur leur dos les fardeaux financiers de l&rsquo;Etat, avec un minimum de contreparties possible, d&rsquo;autant plus volontiers qu&rsquo;elles sont et devraient rester gouvern&eacute;es par le PS ? Dans ces conditions, il est ais&eacute; de crier au loup, mais, au fond, subsiste dans l&rsquo;esprit de tous les gouvernants l&rsquo;id&eacute;e fondamentale et jacobine que la &laquo; vraie &raquo; politique se fait &agrave; Paris et que &laquo; en r&eacute;gion &raquo; (&laquo; en province &raquo; fait un peu has been mais persiste), on n&rsquo;a &agrave; g&eacute;rer que des dossiers marqu&eacute;s de l&rsquo;affligeante banalit&eacute; de la proximit&eacute;. Sauf que les &eacute;lus cumulent en s&rsquo;incrustant si possible durablement dans les diff&eacute;rentes sph&egrave;res. C'est&nbsp;logique, mais cela&nbsp;bloque la d&eacute;mocratie. <br /> <br /> <strong>Toutes les r&eacute;gions fran&ccedil;aises n&rsquo;ont pas d&rsquo;identit&eacute; <br /> </strong><br /> Et si la question de l&rsquo;identit&eacute; r&eacute;gionale &eacute;tait venue sur le tapis, qu&rsquo;en aurait-il &eacute;t&eacute; ? Il y a fort &agrave; parier qu&rsquo;elle e&ucirc;t &eacute;t&eacute; elle aussi biais&eacute;e, mais en admettant que l&rsquo;on ait jou&eacute; cartes sur tables, qu&rsquo;en serait-il ressorti ? Probablement que, contrairement &agrave; l&rsquo;Etat espagnol, l&rsquo;identification &agrave; la sph&egrave;re r&eacute;gionale est tr&egrave;s variable d&rsquo;une r&eacute;gion fran&ccedil;aise &agrave; l&rsquo;autre selon leur degr&eacute; de consistance historique et culturelle. L&rsquo;Alsace, le &laquo; Nord &raquo;, le Limousin, l&rsquo;Auvergne, la Bourgogne ou la Corse sont des entit&eacute;s ais&eacute;ment identifi&eacute;es parce qu&rsquo;elles pr&eacute;sentent des singularit&eacute;s rep&eacute;rables, et un ancrage historique ant&eacute;rieur aux charcutages territoriaux h&eacute;rit&eacute;s de la R&eacute;volution Fran&ccedil;aise. Le &laquo; Centre &raquo;, les &laquo; Pays de la Loire &raquo;, &laquo; Rh&ocirc;ne-Alpes &raquo;, ont des contours bien plus arbitraires et une texture composite. Provence-Alpes C&ocirc;te d&rsquo;azur (PACA) a besoin d&rsquo;&eacute;num&eacute;rer ses parties. Nantes, capitale des ducs, n&rsquo;est pas (plus officiellement) en Bretagne, pilot&eacute;e depuis Rennes, capitale royale. Les graffiti en parlent, et une r&eacute;gion ne peut disposer de deux si&egrave;ges. <br /> <br /> <strong>Comment s&rsquo;identifier raisonnablement&nbsp;&agrave; une&nbsp;r&eacute;gion ?</strong> <br /> <br /> L&rsquo;identification v&eacute;cue est sans doute plus d&eacute;terminante. O&ugrave; va-t-on accomplir certaines d&eacute;marches administratives ? L&agrave; o&ugrave; l&rsquo;imposent l&rsquo;Etat et les R&eacute;gions. Mais o&ugrave; va-t-on trouver les espaces commerciaux les plus grands et les plus vari&eacute;s, o&ugrave; va-t-on subir une intervention m&eacute;dicale tr&egrave;s sp&eacute;cialis&eacute;e ? L&agrave; o&ugrave; l&rsquo;attraction &eacute;conomique et culturelle nous porte. C&rsquo;est ce qui s&rsquo;exprime spontan&eacute;ment sur les marges r&eacute;gionales : ainsi, malgr&eacute; les d&eacute;marcations interr&eacute;gionales, de Castelnaudary on va &agrave; Toulouse et non pas &agrave; Montpellier. De Millau, &agrave; Montpellier et pas &agrave; Toulouse. D&rsquo;Agen, &agrave; Toulouse et non &agrave; Bordeaux, et ainsi de suite. Et si depuis peu, parce que s&rsquo;est impos&eacute;e en Cerdagne une logique transfrontali&egrave;re renouvel&eacute;e, on se rend de Font-Romeu &agrave; Puigcerd&agrave;, de Perpignan on ne se dirige pas encore vers Barcelone, mais vers Montpellier. C&rsquo;est presque &eacute;quidistant, mais jusqu&rsquo;ici beaucoup trop compliqu&eacute;. Le seul rush de masse b&eacute;n&eacute;ficie &agrave; la ville-hypermarch&eacute; de La Jonquera, comme quoi, la micro-&eacute;chelle peut se d&eacute;velopper.<br /> <br /> <strong>Devenir r&eacute;gional</strong><br /> <br /> Se sentir une identit&eacute; r&eacute;gionale suppose que les &laquo; r&eacute;gionaux &raquo; se connaissent, c&rsquo;est-&agrave;-dire une dur&eacute;e suffisante de cohabitation. Et surtout que celle-ci, au-del&agrave; de la contrainte, soit accept&eacute;e, ce qui exige une conception r&eacute;ticulaire et f&eacute;d&eacute;rative plut&ocirc;t qu&rsquo;un leadership ext&eacute;rieur, de type m&eacute;tropolitain et centralisateur. Cet am&eacute;nagement harmonieux du territoire s&rsquo;oppose &agrave; un regroupement men&eacute; &agrave; la schlague, tel qu&rsquo;il s&rsquo;illustre en France dans la r&eacute;forme de la carte judiciaire, du syst&egrave;me hospitalier et des p&ocirc;les universitaires. La logique de concentration des comp&eacute;tences et des &eacute;conomies d&rsquo;&eacute;chelle doit-elle s&rsquo;imposer sans coup f&eacute;rir aux tendances naturelles de l&rsquo;humain ? On comprend mieux pourquoi le d&eacute;bat sur la r&eacute;gion n&rsquo;a pas exist&eacute;. En l&rsquo;&eacute;tat actuel des choses, cela vaut mieux.]]></description>
	</item>

	<item>
		<title><![CDATA[Le sens insensé des Régions en France]]></title>
		<link>http://blogs.la-clau.net/oliver-massot/bloc/le-sens-insense-des-regions-en-france-375</link>
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		<pubDate>Fri, 05 Mar 2010 21:00:00 +0100</pubDate>
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		<description><![CDATA[Si la commune, h&eacute;riti&egrave;re de la cit&eacute;, a une origine quasi imm&eacute;moriale, si le concept d&rsquo;Etat remonte &agrave; la fin du XVe d&eacute;but du XVIe si&egrave;cle, si le D&eacute;partement date de la R&eacute;volution Fran&ccedil;aise, la R&eacute;gion n&rsquo;appara&icirc;t qu&rsquo;avec l&rsquo;ordonnance du 10 janvier 1944 cr&eacute;ant les Commissaires R&eacute;gionaux de la R&eacute;publique, aux pouvoirs exceptionnels justifi&eacute;s par la guerre et la lib&eacute;ration. Leur premi&egrave;re charge &eacute;tait d&rsquo;organiser l&rsquo;&eacute;puration. Ainsi, la r&eacute;gion est une jeune construction, longtemps marqu&eacute;e par l&rsquo;&eacute;chec du r&eacute;f&eacute;rendum relatif &agrave; la r&eacute;gionalisation -et &agrave; la r&eacute;forme du S&eacute;nat- du 27 avril 1969, de sorte qu&rsquo;il faudra attendre les lois de d&eacute;centralisation au d&eacute;but des ann&eacute;es 1980 pour qu&rsquo;elle apparaisse non plus comme un &eacute;tablissement public &agrave; vocation sp&eacute;cialis&eacute;e (ce qu&rsquo;elle &eacute;tait depuis la loi du 5 juillet 1972) mais comme une v&eacute;ritable collectivit&eacute; territoriale. Le d&eacute;coupage administratif devient politique.<br /> <br /> L&rsquo;ambigu&iuml;t&eacute; de la r&eacute;gion vient de ce d&eacute;coupage : la d&eacute;partementalisation avait permis de tourner la page de la composition en provinces de la France d&rsquo;Ancien R&eacute;gime, mais recr&eacute;er, au nom de l&rsquo;am&eacute;nagement du territoire &ndash; devant servir &agrave; combattre les m&eacute;faits de la centralisation &ndash; et fabriquer des entit&eacute;s se situant entre le d&eacute;partement et l&rsquo;Etat, ne risquait-il pas de faire ressurgir ces anciennes Provinces ? Certes il n&rsquo;y a que 21 r&eacute;gions en lieu et place des 39 Provinces du Royaume de France. La question porte moins sur la r&eacute;surgence d&rsquo;un royalisme romantique que sur l&rsquo;apparition d&rsquo;un pouvoir local qui viendrait concurrencer le pouvoir central (objectif pourfendu par la R&eacute;volution, qui avait justifi&eacute; le nombre important des d&eacute;partements qui, ainsi &eacute;miett&eacute;s, ne pouvaient entrer en conflit avec le pouvoir ex&eacute;cutif).<br /> <br /> D&egrave;s lors, avec la r&eacute;gion, se joue &agrave; nouveau cette partie si fran&ccedil;aise opposant les jacobins aux girondins, le centralisme &eacute;tatique &agrave; la d&eacute;centralisation r&eacute;gionale, qui dure depuis aussi longtemps que la France existe, puisque ce d&eacute;bat na&icirc;t avec l&rsquo;affirmation du pouvoir royal au travers de l&rsquo;absolutisme. De l&agrave; le malaise r&eacute;gional qui est sens&eacute; exprimer la d&eacute;centralisation&nbsp;mais qui joue une nouvelle centralisation. <br /> <strong><br /> La r&eacute;gion, expression de la d&eacute;centralisation<br /> <br /> </strong>La France, &agrave; la diff&eacute;rence de l&rsquo;Espagne par exemple, n&rsquo;a pas eu de p&eacute;riodes successives de centralisation et de d&eacute;centralisation. Au contraire, l&rsquo;&oelig;uvre unificatrice et centralisatrice entreprise par les Rois a &eacute;t&eacute; accentu&eacute;e par la R&eacute;volution et l&rsquo;Empire, et s&rsquo;est perp&eacute;tu&eacute;e au fil des R&eacute;publiques et autres gouvernements jusqu&rsquo;&agrave; nos jours. Et ce n&rsquo;est pas un hasard si l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;am&eacute;nagement du territoire, pr&eacute;lude &agrave; la d&eacute;centralisation, est moins vue, comprise, imagin&eacute;e comme l&rsquo;apparition d&rsquo;un r&eacute;el pouvoir local que comme une fa&ccedil;on de rem&eacute;dier aux inconv&eacute;nients du centralisme. Nous restons bien l&agrave; dans la perspective r&eacute;volutionnaire trac&eacute;e par Thouret au sujet de la cr&eacute;ation des d&eacute;partements : <em>&laquo; Craignons donc d&rsquo;&eacute;tablir des corps administratifs, assez forts pour entreprendre de r&eacute;sister au chef du pouvoir ex&eacute;cutif, et qui puissent se croire assez puissants pour manquer impun&eacute;ment de soumission &agrave; la l&eacute;gislature. Les membres de ces corps seront d&eacute;j&agrave; tr&egrave;s forts par leur caract&egrave;re de d&eacute;put&eacute;s &eacute;lus par le peuple ; n&rsquo;ajoutons pas &agrave; cette force d&rsquo;opinion la force r&eacute;elle de leurs masses. &raquo;</em>. L&rsquo;id&eacute;e demeure, il n&rsquo;y a qu&rsquo;&agrave; constater l&rsquo;exclusion massive des colistiers de Monsieur Georges Fr&ecirc;che d&eacute;cid&eacute;e par la direction du PS &agrave; Paris, en f&eacute;vrier 2010. <br /> <strong><br /> La province p&eacute;jorative<br /> <br /> </strong>Paris gouverne, la France suit. Les mots m&ecirc;mes traduisent cela : le provincialisme est un terme p&eacute;joratif englobant tout &agrave; la fois un c&ocirc;t&eacute; arri&eacute;r&eacute; et un aspect p&eacute;dant de celui qui veut faire comme si sans y parvenir tout &agrave; fait, il en est de m&ecirc;me pour le r&eacute;gionalisme qui &eacute;voque un certain archa&iuml;sme et un refus de la modernit&eacute;, y compris de la mondialisation. Cet aspect p&eacute;joratif perdure lorsqu&rsquo;on pr&eacute;f&egrave;re se dire &laquo; locavore &raquo; plut&ocirc;t que d&eacute;fenseur des produits d&rsquo;ici. Il faut &agrave; tout prix gommer ce qui peut faire &laquo; province &raquo; ou &laquo; r&eacute;gionaliste &raquo;, chaque capitale r&eacute;gionale se r&ecirc;ve &agrave; l&rsquo;image de La capitale : Montpellier se r&ecirc;ve d&rsquo;&ecirc;tre le Paris m&eacute;diterran&eacute;en, du moins languedocien, et, ayant d&eacute;j&agrave; la r&eacute;plique de l&rsquo;op&eacute;ra Garnier parisien, les Montpelli&eacute;rains se prennent, jouent, posent aux Parisiens en &eacute;voquant des probl&egrave;mes similaires (transport, stress, surmenage, etc.) en oubliant que tout cela est &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle de leur ville. D&egrave;s lors, comment s&rsquo;&eacute;tonner que le d&eacute;bat sur l&rsquo;identit&eacute; nationale n&rsquo;a jamais abord&eacute; les identit&eacute;s territoriales, dans lesquelles se retrouverait toute la pol&eacute;mique de la d&eacute;nomination &laquo; Septimanie &raquo;. <br /> <strong><br /> La r&eacute;gion, source d&rsquo;un nouveau centralisme<br /> <br /> </strong>C&rsquo;est ainsi que les r&eacute;gions se sont d&eacute;velopp&eacute;es singeant l&rsquo;Etat central. Si toutes les capitales r&eacute;gionales se sont d&eacute;velopp&eacute;es plus ou moins au d&eacute;triment de leur p&eacute;riph&eacute;rie (sauf quand le Pr&eacute;sident de R&eacute;gion en &eacute;tait originaire), certaines poussent le vice jusqu&rsquo;&agrave; affirmer &ecirc;tre le laboratoire local de ce que le Pr&eacute;sident de R&eacute;gion pourrait faire &agrave; la France lorsque (ou si) il devenait Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. Encore faut-il que le personnel politique local ait des pr&eacute;tentions nationales pour int&eacute;resser, ce qui est infiniment rare, tant il est consid&eacute;r&eacute; comme jouer en deuxi&egrave;me division, voire en division d&rsquo;honneur.<br /> <br /> La dichotomie ne r&eacute;side plus entre la Capitale et les Provinces mais entre les centres r&eacute;gionaux urbains et les d&eacute;partements ruraux. Ce qui a &eacute;t&eacute; d&eacute;localis&eacute; n&rsquo;est pas le centre de d&eacute;cision (Paris demeure la capitale d&rsquo;o&ugrave; &eacute;manent toutes les d&eacute;cisions et, sauf exception, le d&eacute;put&eacute; le moins charismatique de l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale fera toujours plus d&rsquo;audimat que n&rsquo;importe lequel des conseillers r&eacute;gionaux) mais le point d&rsquo;inflexion de la rivalit&eacute; ville/campagne &ndash; ce qui a pour effet d&rsquo;accro&icirc;tre les tensions puisque, plus proches, la diff&eacute;rence de traitement est davantage visible.<br /> <strong><br /> Une campagne politique qui &laquo; se veut &raquo; r&eacute;gionale<br /> <br /> </strong>Ce qui se passe en Languedoc-Roussillon, o&ugrave; l&rsquo;arbitrage vient d&rsquo;en haut et o&ugrave; toutes les t&ecirc;tes de listes, dans un souci d&rsquo;&eacute;galit&eacute;, ont leur moment de gloriole parisienne en passant sur les cha&icirc;nes nationales et ont la cons&eacute;cration de la plus parisienne d&rsquo;entre elles, Canal+, est &eacute;vocateur. Cet &eacute;cho national rendu&nbsp;&agrave; une campagne 2010, qui se veut r&eacute;gionale, est &agrave; mettre en parall&egrave;le avec le fait que les &laquo; candidats majeurs &raquo; &agrave; cette &eacute;lection sont H&eacute;raultais lorsqu&rsquo;ils ne sont pas Montpelli&eacute;rains. A la reproduction des &eacute;lites parisiennes, nous avons substitu&eacute; la reproduction des &eacute;diles r&eacute;gionaux. Les &laquo; Empereurs aux petits pieds &raquo; ne sont plus, depuis longtemps, les Pr&eacute;fets, mais cette image semble plaire &agrave; nombre de Pr&eacute;sident de R&eacute;gion qui se verraient bien Auguste lorsqu&rsquo;ils ne sont pas Pomp&eacute;e. <br /> <strong><br /> Montpellier vampirise la p&eacute;riph&eacute;rie<br /> <br /> </strong>D&egrave;s lors, il n&rsquo;est plus question d&rsquo;un Paris &eacute;loign&eacute; pour qui devait travailler la France enti&egrave;re, mais d&rsquo;un Montpellier tout proche, d&rsquo;un Toulouse voisin qui vampirisent les ressources des campagnes plus ou moins recul&eacute;es. Mais une&nbsp;question demeure, celle du financement des r&eacute;gions qui aiment avoir des d&eacute;penses somptuaires (communication d&eacute;bordante, palais r&eacute;gionaux splendides, recrutement pl&eacute;thorique de fonctionnaires territoriaux, etc.), avec des imp&ocirc;ts qui demeurent du champ national &ndash; le paiement est bien centralis&eacute; &agrave; Lille. Et cela se d&eacute;roule sans compter sur une centralisation rampante et silencieuse, mais redoutablement efficace, puisque touchant &agrave; la gestion m&ecirc;me des collectivit&eacute;s territoriales. A ce titre, la disparition de la taxe professionnelle est fort &eacute;loquente, l&rsquo;Etat pourvoyant au manque ainsi engendr&eacute;. <br /> <br /> C&rsquo;est pourquoi la discussion actuelle sur la r&eacute;forme de l&rsquo;organisation territoriale m&eacute;rite de retenir davantage l&rsquo;attention de l&rsquo;ensemble des citoyens quand bien m&ecirc;me le sujet serait technique. En effet, ce qui est en jeu, ici, est le devenir de notre citoyennet&eacute; : serons-nous un individu face &agrave; une administration &eacute;tatique d&eacute;responsabilis&eacute;e dans le jeu europ&eacute;en, un sujet pris dans un r&eacute;seau complexe de servitudes au profit d&rsquo;un potentat local renouant avec la f&eacute;odalit&eacute;, ou un citoyen pouvant prendre une part active dans les d&eacute;lib&eacute;rations qui le concernent &agrave; un niveau lui permettant de n&rsquo;&ecirc;tre pas qu&rsquo;un administr&eacute; et suffisamment clair pour &ecirc;tre conscient de ses droits et de ses devoirs ?]]></description>
	</item>

	<item>
		<title><![CDATA[Gaza, Berlin, Perpignan : les plus grands murs sont invisibles]]></title>
		<link>http://blogs.la-clau.net/oliver-massot/bloc/gaza-berlin-perpignan-les-plus-grands-murs-sont-invisibles-373</link>
		<comments>http://blogs.la-clau.net/oliver-massot/bloc/gaza-berlin-perpignan-les-plus-grands-murs-sont-invisibles-373</comments>
		<pubDate>Fri, 26 Feb 2010 10:52:10 +0100</pubDate>
		<guid>http://blogs.la-clau.net/oliver-massot/bloc/gaza-berlin-perpignan-les-plus-grands-murs-sont-invisibles-373</guid>
		<description><![CDATA[<em>&laquo; Quand il entendit le son de la trompe, le peuple poussa un cri de guerre formidable et le rempart s&rsquo;&eacute;croula sur lui-m&ecirc;me. &raquo;</em> (Jos 6 20). C&rsquo;est ainsi que Josu&eacute; eut la facult&eacute; de remporter la ville de J&eacute;richo que Yahv&eacute; lui avait livr&eacute;e ; il put, de la sorte, lib&eacute;rer le souffle prisonnier de cette cit&eacute; canan&eacute;enne, premi&egrave;re de la terre promise. Si la destruction d&rsquo;un mur est symbole de lib&eacute;ration, son &eacute;rection est l&rsquo;image d&rsquo;une barri&egrave;re entre deux mondes : de la muraille de Chine et du mur d&rsquo;Hadrien, au mur/fronti&egrave;re entre les Etats-Unis d&rsquo;Am&eacute;rique et le Mexique en passant par le rideau de fer (mat&eacute;rialis&eacute; par le mur de Berlin), tous sont l&rsquo;image de la partition entre le monde civilis&eacute; et le monde barbare, le bien et le mal, le paradis et l&rsquo;enfer. Tous ont le m&ecirc;me r&ocirc;le : se pr&eacute;munir d&rsquo;un danger, se prot&eacute;ger d&rsquo;une invasion. <br /> <strong><br /> Barbarie ext&eacute;rieure et int&eacute;rieure<br /> </strong><br /> Toutefois l&rsquo;image du mur s&rsquo;est renvers&eacute;e : au lieu de cantonner le barbare &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur de l&rsquo;Empire civilis&eacute; qui tend &agrave; se d&eacute;velopper, donc d&rsquo;&ecirc;tre tourn&eacute; vers l&rsquo;ext&eacute;rieur, le mur s&rsquo;est, en quelque sorte, tourn&eacute; vers l&rsquo;int&eacute;rieur et devient l&rsquo;image de la forteresse assi&eacute;g&eacute;e. Ce n&rsquo;est plus la limite p&eacute;riph&eacute;rique d&rsquo;un centre en extension, en expansion, c&rsquo;est la fronti&egrave;re avec un ext&eacute;rieur mena&ccedil;ant qui met en p&eacute;ril un centre qui se resserre, qui diminue. Alors que, dans le pass&eacute;, les barbares &eacute;taient appel&eacute;s &agrave; se civiliser ou &agrave; dispara&icirc;tre au loin, de nos jours, l&rsquo;image du mur nous renvoyant &agrave; la forteresse assi&eacute;g&eacute;e nous renvoie l&rsquo;image d&rsquo;une civilisation repli&eacute;e sur elle-m&ecirc;me tremblant de la g&eacute;n&eacute;ralisation de la barbarie qui la menace de l&rsquo;ext&eacute;rieur, voire de l&rsquo;int&eacute;rieur. <br /> <strong><br /> Mur anti-attentats<br /> <br /> </strong>L&rsquo;image m&ecirc;me de ce renversement r&eacute;side toute enti&egrave;re en ceci : le Peuple qui, en des temps bibliques, faisait s&rsquo;effondrer les murs qui enfermaient le souffle, ce m&ecirc;me Peuple, de nos jours, b&acirc;tit un mur pour se prot&eacute;ger contre des attentats. Ce qu&rsquo;il faut voir ce n&rsquo;est pas, par un raccourci de l&rsquo;histoire bien trop rapide, que l&rsquo;agresseur d&rsquo;une &eacute;poque mythique devient l&rsquo;agress&eacute; d&rsquo;une &eacute;poque historique, mais que ce contre quoi il s&rsquo;est battu a int&eacute;gr&eacute;, petit &agrave; petit, ce qu&rsquo;il est devenu : de l&rsquo;expansion au repli, de la mission divine qui appelle &agrave; la mise en danger &agrave; la mission temporelle qui demande plus de s&eacute;curit&eacute;.<br /> <br /> Nous revivons, plus ou moins inconsciemment, l&rsquo;image de la destruction de J&eacute;richo, du sac de Rome, du pillage de Byzance etc. Cela va plus loin encore que l&rsquo;id&eacute;e r&eacute;pandue de d&eacute;cadence de l&rsquo;Occident ; c&rsquo;est, peut-&ecirc;tre, le signe annonciateur de la fin d&rsquo;un cycle, de la disparition d&rsquo;une civilisation (la notre) qui se ferait avec plus de fracas, du moins pour nous, que la chute de l&rsquo;Empire d&rsquo;Occident. A d&eacute;faut de voir r&eacute;gner le socialisme voulu par quelqu&rsquo;un comme Corn&eacute;lius Castoriadis, par exemple, nous subissons la barbarie ; mais quelle barbarie si ce n&rsquo;est la notre, incapables que nous sommes de dompter et de dominer notre hubris, cet orgueil d&eacute;mesur&eacute; de l&rsquo;Homme qui le conduit immanquablement &agrave; sa chute.<br /> <br /> Si nous aimons tant nous enivrer de la chute des murs, du renversement des barri&egrave;res, s&rsquo;il nous plait tant de comm&eacute;morer leurs anniversaires (du bicentenaire, en 1789, de la R&eacute;volution fran&ccedil;aise, qui aurait abattu les murs s&eacute;parant les ordres sociaux, au vingti&egrave;me anniversaire de la chute du mur de Berlin, en 2009, qui aurait marqu&eacute; la fin du communisme), c&rsquo;est peut-&ecirc;tre pour mieux se cacher les murs qui nous entourent et qui continuent de se construire de mani&egrave;re visible ou non. <br /> <br /> <strong>Les murs visibles <br /> </strong><br /> Comment oublier la mat&eacute;rialisation des fronti&egrave;res entre les hommes &agrave; l&rsquo;heure o&ugrave; les marchandises doivent pouvoir s&rsquo;&eacute;changer sans entrave ? Il s&rsquo;agit d&rsquo;une r&eacute;ponse &agrave; la peur : peur de la pauvret&eacute; (d&rsquo;o&ugrave; le mur entre les USA et le Mexique), peur de la violence (d&rsquo;o&ugrave; le mur entre Isra&euml;l et la Palestine et son fr&egrave;re : le nouveau mur en acier, financ&eacute; par les am&eacute;ricains, entre l&rsquo;Egypte et la bande de Gaza permettant tout &agrave; la fois de lutter contre l&rsquo;immigration africaine en Isra&euml;l et pourrait &ecirc;tre le pr&eacute;ambule &agrave; une nouvelle offensive isra&eacute;lienne contre Gaza) ; mais ce qui se fait au niveau des Etats se vit et se voit au quotidien : de plus en plus de zones r&eacute;sidentielles sont cl&ocirc;tur&eacute;es pour permettre &agrave; leurs habitants de rester entre soi et laisser au-dehors les dangers de la mixit&eacute; sociale.<br /> <br /> Ce qu&rsquo;il y a de frappant dans cela est le passage quasi sans transition du kibboutz au mur : de l&rsquo;utopie socialiste d&rsquo;un monde nouveau &agrave; la r&eacute;alit&eacute; d&rsquo;un Etat en &eacute;tat de si&egrave;ge (ce qui pourrait rendre compte de la polys&eacute;mie du terme &laquo; sionisme &raquo; d&rsquo;ailleurs : possibilit&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre ce que l&rsquo;on est chez soi ou nationalisme exacerb&eacute; ?). Mais un lien unit ces deux positions extr&ecirc;mes : la volont&eacute; de rester entre soi, la volont&eacute; de se pr&eacute;server en partageant une exp&eacute;rience collective quitte &agrave; se replier sur soi-m&ecirc;me (sans trop savoir ce qu&rsquo;est ce &laquo; soi &raquo; d&rsquo;ailleurs . Au fond, qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;identit&eacute; ?). Mais si les murs nous prot&egrave;gent de l&rsquo;autre, qu&rsquo;est-ce qui peut nous prot&eacute;ger contre nous-m&ecirc;mes ? Chacun n&rsquo;est-il pas &agrave; lui-m&ecirc;me son pire ennemi, son ennemi le plus intime qui conna&icirc;t toutes ses failles, toutes ses faiblesses, tous ses renoncements ? <br /> <strong><br /> La bonne soci&eacute;t&eacute; choisit ses murs<br /> </strong><br /> Cet enfermement volontaire, dans lequel nous nous retrouvons entre, nous conduit &agrave; une acceptation tacite de l&rsquo;enfermement, &agrave; la g&eacute;n&eacute;ralisation de l&rsquo;univers carc&eacute;ral dans toutes ses composantes qui vont de l&rsquo;infantilisation (par la perte d&rsquo;une partie de notre libert&eacute; ainsi que de notre responsabilit&eacute;) au panoptisme (l&rsquo;acceptation de la surveillance, voire sa demande, o&ugrave; la cam&eacute;ra remplace l&rsquo;&oelig;illeton). Nous assistons &agrave; l&rsquo;oppos&eacute; du grand renfermement du XVII&egrave;me si&egrave;cle : ce ne sont plus les pauvres et les anormaux qui sont parqu&eacute;s dans quelques endroits par la &laquo; bonne soci&eacute;t&eacute; &raquo;, mais c&rsquo;est cette bonne soci&eacute;t&eacute; contemporaine qui se parque dans quelques ghettos choisis.<br /> <br /> Ce repli d&eacute;fensif s&rsquo;associe souvent avec la frustration d&rsquo;une expansion impossible, de la non reconnaissance d&rsquo;une autorit&eacute; qui devrait &ecirc;tre reconnue avant m&ecirc;me d&rsquo;&ecirc;tre connue ; un peu &agrave; l&rsquo;image d&rsquo;Isra&euml;l qui s&rsquo;enferme dans des murs en r&ecirc;vant de devenir la puissance biblique qu&rsquo;elle aurait d&ucirc; &ecirc;tre. (&laquo; Or Dieu se fit voir &agrave; Jacob une nouvelle fois &agrave; Louza, lorsqu&rsquo;il arriva de la M&eacute;sopotamie de Syrie, et Dieu le b&eacute;nit. Et Dieu lui dit : &lsquo;&lsquo;Ton nom est Jacob ; tu ne t&rsquo;appelleras plus Jacob, mais Isra&euml;l sera ton nom.&rsquo;&rsquo; Dieu lui dit : <em>&lsquo;&lsquo;Je suis Ton Dieu ; cro&icirc;s et multiplie-toi ; des nations et des rassemblements de nations viendront de toi, et des rois sortiront de tes reins. Et la terre que j&rsquo;ai donn&eacute;e &agrave; Abraam et &agrave; Isaac, je te l&rsquo;ai donn&eacute; ; elle sera &agrave; toi et je donnerai cette terre &agrave; ta descendance apr&egrave;s toi. &quot;</em> Gn. 35 9-12). <br /> Nous retrouvons l&agrave; le choc entre une Histoire universelle et les histoires particuli&egrave;res, entre l&rsquo;histoire d&rsquo;un peuple (les H&eacute;breux : les &eacute;migrants descendants d&rsquo;Abram) et celle d&rsquo;un Etat (Isra&euml;l fond&eacute; en 1948). Cela transpara&icirc;t dans l&rsquo;impossibilit&eacute; pour cet Etat de conna&icirc;tre sa capitale : Tel-Aviv pour la communaut&eacute; internationale (&agrave; l&rsquo;exception du Costa-Rica et du Salvador), J&eacute;rusalem selon l&rsquo;Etat d&rsquo;Isra&euml;l.<br /> <br /> Mais les murs, aussi haut soient-ils, n&rsquo;assurent jamais la victoire ; cela est connu depuis Troie, qui fut prise par la ruse d&rsquo;Ulysse, jusqu&rsquo;&agrave; la ligne Maginot rendue inutile par l&rsquo;audace allemande. En revanche, les murs invisibles sont beaucoup plus efficaces dans les faits.<br /> <br /> <strong>Les murs invisibles<br /> </strong><br /> Bien entendu, les murs physiques ne font que concr&eacute;tiser les murs psychologiques, les pr&eacute;jug&eacute;s que nous pouvons tous avoir (de la dangerosit&eacute; du pauvre Mexicain au fanatisme du terroriste Palestinien). Mais ce n&rsquo;est pas de cela dont il est question ici. Pas m&ecirc;me des barri&egrave;res mentales qui peuvent exister apr&egrave;s l&rsquo;abolition de barri&egrave;res physiques comme ce put &ecirc;tre le cas dans le sud des Etats-Unis d&rsquo;Am&eacute;rique apr&egrave;s l&rsquo;abolition de l&rsquo;esclavage et celle de la s&eacute;gr&eacute;gation ; le sujet qui se d&eacute;veloppe dans un parc humain donn&eacute; absorbe, d&rsquo;une certaine mani&egrave;re, ce pourquoi il s&rsquo;est repli&eacute; sur lui-m&ecirc;me et revendique cela comme &eacute;tant sa diff&eacute;rence qui doit &ecirc;tre respect&eacute;e en tant que telle (c&rsquo;est pourquoi le politiquement correct est n&eacute; dans les milieux anti-anti-racistes).<br /> <strong><br /> Ces langues qui isolent<br /> </strong><br /> Ce dont il s&rsquo;agit, &agrave; pr&eacute;sent, c&rsquo;est ce mur de la langue contre lequel on peut se heurter quotidiennement dans les Pyr&eacute;n&eacute;es-Orientales, de par une situation excentr&eacute;e et frontali&egrave;re. Il convient, avant tout, d&rsquo;&eacute;voquer que la non connaissance, le cas &eacute;ch&eacute;ant, d&rsquo;au moins une langue officielle d&rsquo;un pays, devrait &ecirc;tre la condition de bon sens pour vivre dans ce pays. Comment, en effet, se faire comprendre des autorit&eacute;s et avoir la possibilit&eacute; de faire respecter ses droits s&rsquo;il y a une impossibilit&eacute; de conna&icirc;tre ces droits ? L&rsquo;intervention du traducteur ne devrait &ecirc;tre l&agrave; que comme un soutien pour appr&eacute;cier les subtilit&eacute;s de la langue.<br /> <br /> Notre id&eacute;e n&rsquo;est pas d&rsquo;opposer des langues, mais de voir comment, au lieu de favoriser la communication, elles peuvent isoler. De ce point de vue, l&rsquo;exemple du catalan est marquant.<br /> <br /> La III&egrave;me R&eacute;publique, la&iuml;carde et jacobine, a eu pour slogan bien connu en Pays Catalan : &laquo; Parlez fran&ccedil;ais, soyez propres. &raquo;. Il est de bon ton, dans certains milieux, d&rsquo;oublier ce fait et de ne retenir que ce m&eacute;chant roi de France, Louis XIV, qui, par un &eacute;dit de 1700, aurait emp&ecirc;ch&eacute; aux gentils Roussillonnais de parler leur bon catalan ; cela est faux puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit en r&eacute;alit&eacute; d&rsquo;une mesure (que continuera son successeur Louis XV en 1753) qui vise &agrave; l&rsquo;utilisation du fran&ccedil;ais pour les actes publics &ndash; il ne s&rsquo;agit aucunement de changer la vie des habitants de cette Province en les obligeant &agrave; parler diff&eacute;remment, ce que fera ult&eacute;rieurement la R&eacute;publique dans son souci d&rsquo;uniformisation du citoyen. Par ailleurs, cette mesure n&rsquo;est pas isol&eacute;e : elle s&rsquo;inscrit dans un cadre g&eacute;n&eacute;ral qui d&eacute;bute en 1621 avec le B&eacute;arn ; il ne s&rsquo;agit en r&eacute;alit&eacute; que de la continuation et de l&rsquo;application de l&rsquo;ordonnance de Villers-Cotter&ecirc;ts, prise le 10 ao&ucirc;t 1539 par Fran&ccedil;ois Ier, prescrivant la r&eacute;daction en <em>&laquo; langage maternel fran&ccedil;ais &raquo;</em> afin d&rsquo;&eacute;viter toute ambigu&iuml;t&eacute; ou incertitude des arr&ecirc;ts. D&egrave;s lors, il convient de voir dans l&rsquo;utilisation du fran&ccedil;ais non pas une politique linguistique impos&eacute;e par la France (ce qui serait commettre un important anachronisme) mais l&rsquo;affermissement du pouvoir monarchique dans l&rsquo;unification de l&rsquo;institution juridique.<br /> <br /> Cet hygi&eacute;nisme moral servait, entre autre, un imp&eacute;ratif d&rsquo;efficacit&eacute; : pouvoir transmettre, au front, les ordres en une seule langue compr&eacute;hensible de tous ; cela permettait, au surplus, d&rsquo;&eacute;radiquer certains foyer r&eacute;fractaires au progr&egrave;s pour ne pas dire r&eacute;actionnaires (la III&egrave;me R&eacute;publique, qui ne devait &ecirc;tre qu&rsquo;une transition avant la majorit&eacute; du pr&eacute;tendant au tr&ocirc;ne de France, a &eacute;t&eacute; port&eacute;e sur les fonds baptismaux par les monarchistes avant qu&rsquo;ils ne se fassent &eacute;liminer). <br /> <strong><br /> Sur l&rsquo;identit&eacute; nationale fran&ccedil;aise<br /> <br /> </strong>L&rsquo;entr&eacute;e en mati&egrave;re sur l&rsquo;usage exclusif du fran&ccedil;ais a &eacute;t&eacute; amplifi&eacute;e beaucoup plus tard par la loi du 4 ao&ucirc;t 1994 relative &agrave; l&rsquo;emploi de la langue fran&ccedil;aise dont le premier et le deuxi&egrave;me alin&eacute;a du l&rsquo;article premier disposent : <em>&laquo; Langue de la R&eacute;publique en vertu de la Constitution, la langue fran&ccedil;aise est un &eacute;l&eacute;ment fondamental de la personnalit&eacute; et du patrimoine de la France. Elle est la langue de l'enseignement, du travail, des &eacute;changes et des services publics. &raquo;</em> ; Cela pourrait servir de base &agrave; une r&eacute;flexion sur l&rsquo;identit&eacute; nationale fran&ccedil;aise. Toutefois, cette loi a moins &eacute;t&eacute; prise pour lutter contre l&rsquo;usage des langues r&eacute;gionales que contre le recours abusif &agrave; l&rsquo;anglais ; &agrave; ce titre, nous trouvons confirmation de cela au travers de l&rsquo;article 75-1 de la Constitution, qui dispose : <em>&laquo; Les langues r&eacute;gionales appartiennent au patrimoine de la France &raquo;</em>, au point qu&rsquo;il existe une D&eacute;l&eacute;gation G&eacute;n&eacute;rale &agrave; la Langue Fran&ccedil;aise et aux Langues de France, d&eacute;pendant du minist&egrave;re de la culture, donc de Paris. Sont consid&eacute;r&eacute;es les langues de France et non les langues r&eacute;gionales (m&eacute;tropolitaines et ultramarine), la distinction n&rsquo;est pas neutre puisque sont, ainsi, int&eacute;gr&eacute;s : l&rsquo;arabe dialectal, l&rsquo;arm&eacute;nien occidental, le berb&egrave;re, le jud&eacute;o-espagnol, le romani et le yiddish. De la sorte la R&eacute;publique ne renoue pas avec la grandeur de la France via la richesse de ses provinces, mais prend acte de la d&eacute;construction d&rsquo;une image dans un &eacute;galitarisme stup&eacute;fiant niant une Histoire au profit de diverses lectures plus ou moins partisanes.<br /> <br /> Ici, il convient de rappeler que la loi de 1994, prise &agrave; l&rsquo;initiative du Ministre de la culture de l&rsquo;&eacute;poque, Monsieur Jacques Toubon, n&rsquo;abroge en aucune fa&ccedil;on la loi Deixonne du 11 janvier 1951 relative &agrave; l&rsquo;enseignement des langues et dialectes locaux qui tend &agrave; pr&eacute;server le patrimoine r&eacute;gional de la France, et donc &agrave; ce titre, l&rsquo;apprentissage de la langue, de la litt&eacute;rature et du folklore Basque, Breton, Occitan et Catalan ; une loi en 1974 sera prise pour le Corse, en 1981 pour le Tahitien, en 1992 pour le M&eacute;lan&eacute;sien et en 2006 pour le Gallo, le Francique et l&rsquo;Alsacien). <br /> <strong><br /> Le fran&ccedil;ais face &agrave; Twitter<br /> </strong><br /> Il n&rsquo;en demeure pas moins qu&rsquo;aux termes de la loi de 1994 : <em>&laquo; Toute inscription ou annonce appos&eacute;e ou faite sur la voie publique, dans un lieu ouvert au public ou dans un moyen de transport en commun et destin&eacute;e &agrave; l'information du public doit &ecirc;tre formul&eacute;e en langue fran&ccedil;aise. &raquo;</em> &ndash; peu importe d&rsquo;ailleurs que les r&egrave;gles de la langue fran&ccedil;aise soient respect&eacute;es, apr&egrave;s tout qui s&rsquo;en soucie &agrave; part quelques vieux grigous qui font encore attention au genre (et oui, &laquo; apr&egrave;s-midi &raquo; est masculin alors qu&rsquo; &laquo; esp&egrave;ce &raquo; est f&eacute;minin), portent un soin particulier &agrave; la concordance (&laquo; apr&egrave;s que &raquo; est suivi de l&rsquo;indicatif puisque ce qui arrive est certain alors que &laquo; avant que &raquo; implique un conditionnel), luttent vainement contre les barbarismes les plus courants (&laquo; suite &agrave; &raquo; n&rsquo;est pas fran&ccedil;ais et ne saurait remplacer &laquo; &agrave; la suite de &raquo;, tout comme &laquo; par contre utilis&eacute; &raquo; pour &laquo; en revanche &raquo; ou &laquo; au contraire &raquo;) et, &agrave; l&rsquo;&eacute;crit, v&eacute;rifient les accords ? Nous sommes &agrave; l&rsquo;heure de l&rsquo;efficacit&eacute;, de la r&eacute;activit&eacute;, des SMS et de l&rsquo;information d&eacute;livr&eacute;e en un minimum de caract&egrave;res via Twitter. <br /> <strong><br /> Le catalan sans statut<br /> </strong><br /> Apr&egrave;s tout, pourquoi pas, mais alors il faudrait, pour &ecirc;tre cons&eacute;quent, trouver ce rel&acirc;chement acceptable &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de notre langue territoriale : le catalan. La gu&eacute;guerre d&eacute;bute ici avec la question : la langue qui se parle dans les Pyr&eacute;n&eacute;es-Orientales est-elle le catalan ou est-ce du &laquo; roussillonnais &raquo; ? De fa&ccedil;on abrupte, elle pourrait &ecirc;tre traduite par : est-il question d&rsquo;une langue &agrave; part enti&egrave;re ou est-ce un patois ? En effet, le catalan est une langue reconnue par la Constitution espagnole et, du fait de l&rsquo;existence de l&rsquo;Etat andorran, il s&rsquo;agit m&ecirc;me d&rsquo;une langue reconnue au plan international puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une langue officielle ; alors que le catalan dans sa modalit&eacute; du Nord, tout comme le breton, le corse, le savoyard et tant d&rsquo;autres dialectes &laquo; fran&ccedil;ais &raquo; ne b&eacute;n&eacute;ficient d&rsquo;aucun statut.<br /> <br /> Cela n&rsquo;est pas neutre ; il n&rsquo;est qu&rsquo;&agrave; appr&eacute;cier l&rsquo;&eacute;volution r&eacute;alis&eacute;e du Statut d&rsquo;Autonomie de la Catalogne du 23 mars 1983 &agrave; l&rsquo;actuel en date du 18 juin 2006. Alors que le premier pr&eacute;voyait dans son article 3 : <br /> <br /> &laquo; 1. La llengua pr&ograve;pia de Catalunya &eacute;s el catal&agrave;. <br /> &laquo; 2. L'idioma catal&agrave; &eacute;s l'oficial de Catalunya, aix&iacute; com tamb&eacute; ho &eacute;s el castell&agrave;, oficial a tot l'Estat espanyol. <br /> &laquo; 3. La Generalitat garantir&agrave; l'&uacute;s normal i oficial d'ambd&oacute;s idiomes, prendr&agrave; les mesures necess&agrave;ries per tal d'assegurar llur coneixement i crear&agrave; les condicions que permetin d'arribar a llur igualtat plena quant als drets i deures dels ciutadans de Catalunya. <br /> &laquo; 4. La parla aranesa ser&agrave; objecte d'ensenyament i d'especial respecte i protecci&oacute;. &raquo;<br /> <br /> Le Statut en vigueur aujourd&rsquo;hui dispose dans son article 6 :<br /> <br /> &laquo; 1. La llengua pr&ograve;pia de Catalunya &eacute;s el catal&agrave;. Com a tal, el catal&agrave; &eacute;s la llengua d'&uacute;s normal i preferent de les administracions p&uacute;bliques i dels mitjans de comunicaci&oacute; p&uacute;blics de Catalunya, i &eacute;s tamb&eacute; la llengua normalment emprada com a vehicular i d'aprenentatge en l'ensenyament. <br /> &laquo; 2. El catal&agrave; &eacute;s la llengua oficial de Catalunya. Tamb&eacute; ho &eacute;s el castell&agrave;, que &eacute;s la llengua oficial de l'Estat espanyol. Totes les persones tenen el dret d'utilitzar les dues lleng&uuml;es oficials i els ciutadans de Catalunya tenen el dret i el deure de con&egrave;ixer-les. Els poders p&uacute;blics de Catalunya han d'establir les mesures necess&agrave;ries per a facilitar l'exercici d'aquests drets i el compliment d'aquest deure. D'acord amb el que disposa l'article 32, no hi pot haver discriminaci&oacute; per l'&uacute;s de qualsevol de les dues lleng&uuml;es. <br /> &laquo; 3. La Generalitat i l'Estat han d'emprendre les accions necess&agrave;ries per al reconeixement de l'oficialitat del catal&agrave; a la Uni&oacute; Europea i la pres&egrave;ncia i la utilitzaci&oacute; del catal&agrave; en els organismes internacionals i en els tractats internacionals de contingut cultural o ling&uuml;&iacute;stic. <br /> &laquo; 4. La Generalitat ha de promoure la comunicaci&oacute; i la cooperaci&oacute; amb les altres comunitats i els altres territoris que comparteixen patrimoni ling&uuml;&iacute;stic amb Catalunya. A aquests efectes, la Generalitat i l'Estat, segons que correspongui, poden subscriure convenis, tractats i altres mecanismes de col&bull;laboraci&oacute; per a la promoci&oacute; i la difusi&oacute; exterior del catal&agrave;. <br /> &laquo; 5. La llengua occitana, denominada aran&egrave;s a l'Aran, &eacute;s la llengua pr&ograve;pia d'aquest territori i &eacute;s oficial a Catalunya, d'acord amb el que estableixen aquest Estatut i les lleis de normalitzaci&oacute; ling&uuml;&iacute;stica. &raquo; <br /> La reconnaissance d&rsquo;un statut permet non seulement de faire valoir les droits qui lui sont reconnus, mais encore de les d&eacute;velopper ; au point que, ici, nous avons une v&eacute;ritable politique linguistique en faveur du catalan qui est mise en &oelig;uvre. Mais cette question va plus loin. Le catalan tel qu&rsquo;il est enseign&eacute; dans le Roussillon est le catalan standard de Barcelone. Le &laquo; roussillonnais &raquo; appara&icirc;t, de la sorte, comme un archa&iuml;sme, certes touchant et attachant, d&rsquo;une langue moderne et moderne. D&egrave;s lors, la question qui semble agiter beaucoup de monde est celle de savoir si le &laquo; roussillonnais &raquo; est bien du catalan &agrave; d&eacute;faut d&rsquo;&ecirc;tre du bon catalan ; la question est &agrave; poser, d&rsquo;autant plus &agrave; la lecture du sous-titre du second volume du Petit dico d&rsquo;aqu&iacute; de Monsieur G&eacute;rard Jacquet : &laquo; Glossaire du fran&ccedil;ais parl&eacute; en Roussillon &raquo; dont la premi&egrave;re entr&eacute;e est &lsquo;&lsquo;Afram&rsquo;&rsquo; et la derni&egrave;re &lsquo;&lsquo;X&ograve; fa que&rsquo;&rsquo;.<br /> <strong><br /> Les Gitans dissimul&eacute;s<br /> <br /> </strong>Par ailleurs, il est d&rsquo;usage de d&eacute;plorer la perte de ce parler qui ne le serait plus gu&egrave;re que par quelques vieux du haut Vallespir, sorte d&rsquo;irr&eacute;ductibles villageois retranch&eacute;s dans leurs montagnes et d&eacute;fendant un mode de vie obsol&egrave;te &ndash; &agrave; l&rsquo;image d&rsquo;Ast&eacute;rix&hellip; le Gaulois. C&rsquo;est oublier qu&rsquo;il est utilis&eacute; quotidiennement, constamment et maternellement par la population gitane, de tous &acirc;ges, s&eacute;dentaris&eacute;e &agrave; Perpignan ou encore &agrave; Pia et &agrave; Millas ; cet aspect est syst&eacute;matiquement omis au point que cela ne peut para&icirc;tre que suspect (le gitan ne se r&eacute;duirait pas &agrave; la guitare et aux menus larcins, il serait aussi vecteur de l&rsquo;identit&eacute; locale !).<br /> <br /> C&rsquo;est peut-&ecirc;tre ce point, qui permet de faire la synth&egrave;se de ces deux aspects : le physique et le psychologique. Nous vivons une &eacute;poque cr&eacute;pusculaire o&ugrave; un mur s&eacute;pare deux images que nous nous faisons de nous-m&ecirc;mes ; ce mur est le pr&eacute;sent qui se vit comme le regret d&rsquo;une image de notre pass&eacute; id&eacute;alis&eacute; (voire re-fabriqu&eacute;) et le remord de ne pouvoir se donner les moyens de correspondre &agrave; l&rsquo;image du futur que nous r&ecirc;vons d&rsquo;avoir.<br /> <br /> <strong>Totalitarisme administratif<br /> </strong><br /> Les murs que nous construisons et dans lesquels nous vivons sont le fruit de cette double frustration &ndash; qui nous fait perdre de vue la volont&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre qui nous sommes. Et, d&rsquo;une certaine mani&egrave;re il ne peut en &ecirc;tre qu&rsquo;ainsi &agrave; l&rsquo;allure de la mondialisation que nous vivons dans ce qu&rsquo;elle participe &agrave; la destruction des communaut&eacute;s &agrave; &eacute;chelle humaine permettant &agrave; l&rsquo;Homme de se d&eacute;velopper sereinement dans un milieu qu&rsquo;il peut appr&eacute;hender et dans lequel il n&rsquo;est pas, et ne se sent pas seul. Rappelons-nous que le plus grand des totalitarismes na&icirc;t et se d&eacute;veloppe dans le rapport direct entre l&rsquo;individu isol&eacute; et la machinerie administrativo-&eacute;tatique &ndash; cela ne nous est pas &eacute;tranger, il suffit de se souvenir de la loi Le Chappelier qui, interdisant les corps interm&eacute;diaires (via les corporations) dans l&rsquo;exub&eacute;rance r&eacute;volutionnaire, interdisait aux salari&eacute;s le droit de se regrouper pour faire valoir leurs revendications. Il est &agrave; d&eacute;plorer que, souvent, l&rsquo;enfer est pav&eacute; de bonnes intentions.]]></description>
	</item>

	<item>
		<title><![CDATA[&quot;10 grosses minutes en 2ème mi-temps, et après c'est à nous&quot;]]></title>
		<link>http://blogs.la-clau.net/vicenc-dumas/bloc/10-grosses-minutes-en-2eme-mi-temps-et-apres-cest-a-nous-372</link>
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		<pubDate>Fri, 05 Feb 2010 21:00:00 +0100</pubDate>
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		<description><![CDATA[On n'aura pas assez insist&eacute; sur la valeur de cette extraordinaire victoire de l'&eacute;quipe catalane &agrave; l'&acirc;ge du professionnalisme, c'est &agrave; dire du fric, des paillettes et du pr&eacute;parateur mental de son adversaire. Avec son 6&egrave;me budget du championnat, ses neuf Catalans sur la feuille de match, dont nombre de d&eacute;butants &agrave; ce niveau, issus de l'un des d&eacute;partements les plus pauvres de France, l'USAP n'avait pas la t&ecirc;te du champion du jour. Et pourtant elle l'a fait et Marty a dit qu'elle allait le faire: plan de match trop bien appris ? Suffisance? On ne saura jamais vraiment ce qu'il est pass&eacute; par la t&ecirc;te du trois-quarts centre, pas m&ecirc;me lui, mais au fond cela sonne comme un aveu inconscient de confiance absolue, de foi, de ces moments rares de croyance int&eacute;grale dans le r&eacute;sultat attendu. L&agrave; o&ugrave; n'importe quelle &eacute;quipe de l'USAP aurait dout&eacute;, celle-l&agrave; a cru qu'elle pouvait &ecirc;tre tout simplement une des meilleures du monde. Comme souvent, cette r&eacute;v&eacute;lation vient de l'ext&eacute;rieur, et il aura suffi que le meilleur joueur du monde dise qu'il accepte de jouer dans cette &eacute;quipe, avant de sagement s'asseoir en tribune, pour que celle-ci croie en elle et se hisse tout en haut de l'&eacute;chelle : on ne remerciera jamais assez Dan Carter d'avoir prouv&eacute; que l'USAP n'avait pas besoin de lui sur le terrain pour &ecirc;tre Championne de France. Car &agrave; partir de l&agrave;, tout est possible, n'en d&eacute;plaise aux proph&egrave;tes de toutes les chapelles. <br /> <br /> <strong>Cette absence de croyance qui rend aveugle<br /> </strong><br /> L'&eacute;quipe perpignanaise de l'USAP a comme caract&eacute;ristique propre de r&eacute;ellement regrouper les aspirations de &laquo; l'&icirc;le Catalogne Nord &raquo;, ce territoire taill&eacute; comme un lieu sacr&eacute;, avec sa plaine ferm&eacute;e, ses vall&eacute;es et sa montagne mythique qui fait face &agrave; la mer. Isol&eacute; et ferm&eacute; par essence, ce pays souffre aujourd'hui&nbsp;de l'&eacute;change g&eacute;n&eacute;ralis&eacute; et de l'&eacute;conomie du savoir. Oubli&eacute; par Paris, massacr&eacute; par Montpellier, poliment ignor&eacute; par Barcelone, le pays envoie ses jeunes ailleurs, compte ses ch&ocirc;meurs, ses retrait&eacute;s et ses touristes tout en constatant que son PIB est plus proche d'une r&eacute;publique ex-communiste d'Asie Centrale que du Limousin ou de la province de Murcia, alors que son jeu politique est proche des meilleures r&eacute;publiques banani&egrave;res. Qui croit encore au Pays Catalan ? Quel catalan du Nord pourrait croire encore qu'il pourrait faire partie de l'&eacute;lite des territoires europ&eacute;ens ? Tout comme en rugby, la d&eacute;faite est avant tout morale. On n'y croit pas, &laquo; &Eacute;s lo que hi ha &raquo; comme on peut l'entendre. Et cette absence de croyance rend aveugle aux bouleversements de l'&eacute;poque, aux opportunit&eacute;s qui s'ouvrent, aux atouts et aux exceptionnels avantages que donne individuellement et collectivement l'appartenance &agrave; ce territoire. Combien de villes r&ecirc;veraient de se situer &agrave; moins de 200 km d'une m&eacute;tropole au rayonnement mondial ? <br /> <br /> <strong>&laquo; 10 ann&eacute;es difficiles, et apr&egrave;s c'est &agrave; nous &raquo;<br /> </strong><br /> Lors de la victoire de l'USAP en finale du championnat de France de rugby, les journalistes parisiens ont imm&eacute;diatement rapproch&eacute; ce succ&egrave;s de ceux du Bar&ccedil;a, alors que l'hebdomadaire &laquo; Midi Olympique &raquo; titrait simplement &laquo; Campi&oacute; &raquo;, ce qu'aucun Catalan du Nord n'aurait pu penser ou dire. Pour eux, c'&eacute;tait &eacute;vident, l'&eacute;mergence europ&eacute;enne et mondiale de la Catalogne et de Barcelone n'&eacute;tait pas &eacute;trang&egrave;re &agrave; la victoire perpignanaise. &Eacute;tonnant pour les Perpignanais, ce logique&nbsp;amalgame est plus qu'un appel &agrave; assumer enfin cette catalanit&eacute; qui fait la richesse de ce petit pays,&nbsp;d'autant plus si elle est porteuse d'un dynamisme &eacute;conomique et d'une cr&eacute;ativit&eacute; propres &agrave; la capitale catalane, &agrave; l'inverse de la ruralit&eacute; du d&eacute;partement, la langue propag&eacute;e par G&eacute;rard Jacquet eut-elle &agrave; en souffrir. Au fond, acc&eacute;der au dynamisme &eacute;conomique pour le Pays Catalan ne serait pas plus difficile que pour un trouble-f&ecirc;te juif galil&eacute;en d'imprimer des milliards de consciences durant des si&egrave;cles. Il suffit avant tout d'y croire, et que cette croyance soit partag&eacute;e par une majorit&eacute; qui pousse dans le m&ecirc;me sens comme les 22 Catalans le 6 juin dernier. A l&rsquo;abordage des ann&eacute;es 10, on n'attend plus que celui qui dira <em>&laquo; Il y aura dix ann&eacute;es difficiles, et apr&egrave;s c'est &agrave; nous &raquo;.</em>]]></description>
	</item>

	<item>
		<title><![CDATA[Années 10, le pire et le meilleur des mondes]]></title>
		<link>http://blogs.la-clau.net/christian-lagarde/bloc/annees-10-le-pire-et-le-meilleur-des-mondes-371</link>
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		<pubDate>Fri, 05 Feb 2010 21:00:00 +0100</pubDate>
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		<description><![CDATA[Les signes que nous envoie l&rsquo;actualit&eacute; dont les &eacute;v&eacute;nements se succ&egrave;dent et s&rsquo;oblit&egrave;rent les uns les autres sont contradictoires. Les d&eacute;r&egrave;glements climatiques, la tectonique des plaques, le poker des salles de cotation, le djihad islamique et autres joyeuset&eacute;s qui s&eacute;vissent &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle mondiale ; les d&eacute;r&eacute;glementations sociales, le creusement des in&eacute;galit&eacute;s et des d&eacute;ficits que l&rsquo;on per&ccedil;oit dans des contextes plus proches, le tout en temps r&eacute;el, constituent de nombreux et puissants &eacute;l&eacute;ments de brouillage de r&eacute;f&eacute;rences et de valeurs auxquelles on est d&rsquo;autant plus enclin, par compensation, &agrave; se raccrocher. Et ce sentiment, exacerb&eacute; en France, de dilution dans une culture de moins en moins diff&eacute;renci&eacute;e, communiquant de mani&egrave;re de plus en plus obligatoire dans une seule et m&ecirc;me langue, cr&eacute;e un profond malaise chez le citoyen non encore d&eacute;c&eacute;r&eacute;br&eacute; par des m&eacute;dias tentaculaires et plut&ocirc;t adroitement et perversement pilot&eacute;s. Les r&eacute;cents hommages &agrave; l&rsquo;ethnologue L&eacute;vi-Strauss, disparu en octobre 2009, ont par exemple de quoi surprendre : le discours de ce centenaire trop unanimement r&eacute;v&eacute;r&eacute;, farouche partisan de l&rsquo;&eacute;galit&eacute; intrins&egrave;que des hommes et de leurs cultures, ne s&rsquo;accorde gu&egrave;re avec les pratiques des puissances politico-&eacute;conomiques qui n&rsquo;ont pas h&eacute;sit&eacute; &agrave; en tresser les louanges. <br /> <br /> <strong>L&rsquo;impact de l&rsquo;horreur en direct</strong> <br /> <br /> Ces instances, dira-t-on, se complaisent volontiers dans les enterrements de premi&egrave;re classe. Au-del&agrave; de l&rsquo;in&eacute;vitable cocorico de circonstance et du politiquement correct, n&rsquo;y a-t-il pas l&agrave; n&eacute;anmoins une forme confuse et expiatoire de v&eacute;ritable reconnaissance de ce que l&rsquo;on concourt quotidiennement &agrave; d&eacute;truire ? La marche du monde se r&eacute;sume-t-elle &agrave; des &eacute;crans de contr&ocirc;le : &laquo; les voyants sont au vert &raquo;, march&eacute;s au cadran et postes de travail des traders ? Rien n&rsquo;est moins s&ucirc;r. Les peurs et les chagrins, l&rsquo;oppression et la mis&egrave;re du monde qui frappent des individus si &eacute;loign&eacute;s de nous dans l&rsquo;espace et dans leurs us et coutumes, nous les font appara&icirc;tre, &agrave; nous, individus si mal &agrave; l&rsquo;aise dans notre propre vie incomparablement moins inconfortable et tourment&eacute;e que la leur, comme des fr&egrave;res en humanit&eacute; pour qui se d&eacute;clenchent en surench&egrave;re toutes les formes possibles de solidarit&eacute;. Car &agrave; l&rsquo;&eacute;vidence, la premi&egrave;re d&eacute;cennie du XXIe si&egrave;cle aura &eacute;t&eacute; celle de catastrophes climatiques et humanitaires qui nous aurons rappel&eacute;, au-del&agrave; de toutes les technologies et sensations de ma&icirc;trise des &eacute;l&eacute;ments, la vuln&eacute;rabilit&eacute; des hommes, pauvres en particulier. <br /> <br /> <strong>Entre g&eacute;n&eacute;rosit&eacute; et &eacute;go&iuml;smes</strong> <br /> <br /> Dons en esp&egrave;ces et en mat&eacute;riels, engagements dans l&rsquo;humanitaire, manifestations de solidarit&eacute; et collectes n&rsquo;ont jamais aussi bien fonctionn&eacute;, visiblement tout au moins, que depuis que les t&eacute;l&eacute;viseurs et Internet nous rapprochent, parfois jusqu&rsquo;aux limites quantitatives et morales du tol&eacute;rable, de ceux qui souffrent, injustement frapp&eacute;s tant&ocirc;t par la nature, tant&ocirc;t par les hommes, parfois par les deux conjugu&eacute;s comme en Ha&iuml;ti. Ce spectacle est ambivalent : il nous attire, par curiosit&eacute; plus ou moins malsaine, et il nous g&ecirc;ne, parce qu&rsquo;il nous renvoie &agrave; l&rsquo;injustice de nos petits privil&egrave;ges. Dans l&rsquo;acte de charit&eacute; revisit&eacute;, en sommes-nous rest&eacute;s &agrave; un comportement de dames patronnesses, vivant le bien-&ecirc;tre sur le dos de la pauvret&eacute; et se donnant bonne conscience, l&rsquo;espace d&rsquo;un don ? Dans un tout autre registre, le flop de la Conf&eacute;rence de Copenhague en dit tout aussi long : la lucidit&eacute; assortie de g&eacute;n&eacute;rosit&eacute; ne trouve-t-elle pas ses limites dans la pr&eacute;servation de nos int&eacute;r&ecirc;ts &eacute;go&iuml;stes ? Le monde des ann&eacute;es 10 est donc &agrave; la fois le pire et le meilleur des mondes. D&rsquo;une mani&egrave;re ou d&rsquo;une autre, c&rsquo;est d&eacute;sormais un monde grand ouvert, dans lequel peuvent s&rsquo;exercer les pires turpitudes et se nouer des &eacute;lans humanistes de solidarit&eacute;. En cela il est, comme toujours du reste et sans doute plus longtemps, une bouteille &agrave; moiti&eacute; vide et &agrave; moiti&eacute; pleine. Jetons, si vous le voulez bien, celle-ci plut&ocirc;t que celle-l&agrave; &agrave; la mer.]]></description>
	</item>

	<item>
		<title><![CDATA[&quot;L’espoir de renouveau est tel que l’on y croit pas&quot;]]></title>
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		<pubDate>Fri, 05 Feb 2010 21:00:00 +0100</pubDate>
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		<description><![CDATA[La d&eacute;cennie s&rsquo;est achev&eacute;e pr&eacute;matur&eacute;ment en septembre 2008, avec la crise financi&egrave;re. L&rsquo;id&eacute;ologie politique et &eacute;conomique des USA, &eacute;branl&eacute;e, a m&ecirc;me touch&eacute; la partie de l&rsquo;humanit&eacute; &eacute;pargn&eacute;e par la fracture num&eacute;rique, qui apprend &agrave; vivre entre menaces virtuelles et souffrances r&eacute;elles, dans une subite prise de conscience des probl&egrave;mes environnementaux. En Catalogne du Nord, exception faite de la victoire de l&rsquo;&eacute;quipe de rugby de l&rsquo;USAP, championne de France depuis le 6 juin 2009, les ann&eacute;es 2000 sont d&eacute;sertes, mais les projets &agrave; livrer en 201X sont l&eacute;gion. L&rsquo;espoir d&rsquo;un renouveau est tel que la population n&rsquo;ose pas y croire, lasse d&rsquo;attendre le train de la croissance, ou &agrave; grande vitesse. Les ann&eacute;es 10 seront-elles en Pays Catalan celles d&rsquo;une rupture d&rsquo;apparence, ou celles d&rsquo;une r&eacute;elle renaissance ? Dans une soci&eacute;t&eacute; o&ugrave; la m&eacute;moire &laquo; vive &raquo; efface les s&eacute;quences survenues il y a quelques mois, seule la m&eacute;diatisation fait revivre les rep&egrave;res historiques glorieux. Mais pas pour le&nbsp;Pays Catalan, dont la florissante industrie textile de jadis, le Royaume de Majorque, et m&ecirc;me la r&eacute;cente &eacute;pop&eacute;e &eacute;conomique, il y a 100 ans, n&rsquo;existent plus.<br /> <br /> <strong>Grands-messes et rues vides<br /> </strong><br /> Si une chose n&rsquo;a pas disparu des m&eacute;moires, c&rsquo;est bien la fronti&egrave;re, qui reste mat&eacute;rialis&eacute;e au Perthus. Pourtant, au fil des ann&eacute;es 10, les grandes surfaces du Roussillon seront probablement d&eacute;laiss&eacute;es au profit du giga-march&eacute; de la Jonquera, o&ugrave; r&eacute;gneront les achats anonymes, impersonnels et massifs, dans des rites collectifs qui rassurent la population individualis&eacute;e. Il en sera de m&ecirc;me pour les temps forts de l&rsquo;ann&eacute;e, comme les grandes victoires sportives, les feux de la Saint-Jean, la F&ecirc;te de la Musique et le festival du photojournalisme de Perpignan Visa pour l&rsquo;Image, qui r&eacute;uniront des milliers de personnes. Et puis c&rsquo;est &agrave; peu pr&egrave;s tout, entre ivresse collective et rues d&eacute;sesp&eacute;ramment vides. Ici aussi, comme ailleurs, l&rsquo;homme aura cette capacit&eacute; &agrave; s&rsquo;ignorer superbement 350 jours durant, pour se vautrer dans une niaise fr&eacute;n&eacute;sie. <p>&nbsp;</p> <p><strong>Le &quot;vivre ensemble&quot; reste possible<br /> </strong><br /> L&rsquo;implosion des cadres sociaux, favoris&eacute;e par les changements d&rsquo;employeurs, les &eacute;glises qui se vident ou l&rsquo;engagement politique r&eacute;sum&eacute; &agrave; un SMS, n&rsquo;emp&ecirc;che pas les grands rassemblements. A Perpignan, les 15.000 manifestants contre la ligne &eacute;lectrique &agrave; Tr&egrave;s Haute Tension (THT), mobilis&eacute;s le 1er mars 2008, et les 45.000 signatures contre la Septimanie du pr&eacute;sident de la r&eacute;gion Languedoc-Roussillon, Georges Fr&ecirc;che, en 2005, ont montr&eacute;, en d&eacute;pit de l&rsquo;individualisme, une nouvelle fa&ccedil;on d&rsquo;&ecirc;tre en soci&eacute;t&eacute;, entre la libert&eacute; du non-engagement et la responsabilit&eacute;. Aujourd&rsquo;hui, les prises de consciences collectives port&eacute;es par Internet, notamment par le r&eacute;seau Facebook, r&eacute;v&egrave;lent de nouvelles relations possibles. D&rsquo;ailleurs, les v&oelig;ux des &eacute;lus favorables aux grands rassemblements sont aussi virtuels, dans la forme mais pas dans le fond, comme ceux de Jean-Paul Alduy pour l&rsquo;agglom&eacute;ration de Perpignan-M&eacute;diterran&eacute;e Communaut&eacute; d&rsquo;Agglom&eacute;ration, en 2010. <br /> <br /> <strong>Transports : retour vers le futur</strong> <br /> <br /> En 2020, gr&acirc;ce au t&eacute;l&eacute;travail, &agrave; la faible mobilit&eacute; des personnes &acirc;g&eacute;es et &agrave; son fort taux de ch&ocirc;mage, l'agglom&eacute;ration du Roussillon aura certainement r&eacute;solu ses probl&egrave;mes de transport en s&rsquo;inspirant de solutions apparues il y a 100 ans. En juillet 1910 &eacute;tait inaugur&eacute;e la ligne de train Villefranche de Conflent-Mont-Louis, pour &laquo; d&eacute;senclaver &raquo; la r&eacute;gion de la Cerdagne, et voici qu&rsquo;en d&eacute;cembre 2010 va s&rsquo;ouvrir la ligne TGV Perpignan-Figueres, en attendant Barcelone-Paris dans 10 ans, pour d&eacute;senclaver&hellip; la plaine du Roussillon ! De la m&ecirc;me mani&egrave;re, le tramway du Roussillon, disparu en 1954, est r&eacute;ellement envisag&eacute; pour apr&egrave;s 2020. Ou le tr&egrave;s modeste a&eacute;roport de Perpignan de 1910, lanc&eacute; par l&rsquo;A&eacute;ropostale la d&eacute;cennie suivante, pourrait retrouver de sa superbe, 100 ans plus tard, gr&acirc;ce aux vols transatlantiques low cost, si l&rsquo;a&eacute;roport de Girona ne les rafle pas tous. Mais sans pr&eacute;paration psychologique men&eacute;e par des autorit&eacute;s, les habitants du Pays Catalan, plac&eacute;s, comme toujours, dans plusieurs cadres g&eacute;ographiques concurrents, devront obligatoirement s&rsquo;inventer de nouvelles repr&eacute;sentations de l&rsquo;espace, et m&ecirc;me du temps, &agrave; moins d&rsquo;&ecirc;tre &eacute;tourdis par des changements subis plus que compris.</p>]]></description>
	</item>

	<item>
		<title><![CDATA[Pays Catalan 2050 : la fiction d’une dictature de l’authentique]]></title>
		<link>http://blogs.la-clau.net/jean-bernard-bassach/bloc/pays-catalan-2050-la-fiction-dune-dictature-de-lauthentique-368</link>
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		<pubDate>Fri, 08 Jan 2010 21:00:00 +0100</pubDate>
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		<description><![CDATA[A quoi ressemblera le Pays Catalan en 2050 ? Loin des grands centres industriels d&eacute;sert&eacute;s par des populations abandonn&eacute;es &agrave; leur triste sort, les gouvernants, incapables d'enrayer les cataclysmes &eacute;cologiques en cha&icirc;ne, ont d&eacute;l&eacute;gu&eacute; leurs comp&eacute;tences &agrave; de micro-Etats. Vers 2035, un nouveau protectorat nord-catalan voit le jour. Arc-bout&eacute; aux Pyr&eacute;n&eacute;es, derniers remparts naturel pr&eacute;serv&eacute; en partie, l'Homo Catalanicus s'adapte aux changements politiques et climatiques, par le red&eacute;veloppement intensif des cultures maraich&egrave;res, survenu apr&egrave;s la mont&eacute;e du niveau des mers et l&rsquo;investissement massif du Principat d'Andorre dans les technologies de pointes en Cerdagne. Tourisme &oelig;nologique et conservatisme &eacute;clair&eacute; portent&nbsp;eux-m&ecirc;mes une renaissance r&eacute;gionale. <br /> <br /> <strong>D&eacute;gustation de vin en ballon dirigeable</strong> <br /> <br /> La morosit&eacute; engendr&eacute;e par la fin de l'Europe communautaire et la guerre civile des ann&eacute;es 20 ont pouss&eacute; les gens &agrave; retrouver l&rsquo;essentiel, comme le partage de bons produits de terroir en pleine nature. Soucieux de proposer une halte &agrave; celles et ceux qui, arriv&eacute;s en masse apr&egrave;s l'explosion des centrales nucl&eacute;aires de Dampierre et Paluel en 2025, ou qui traversent le continent pour acc&eacute;der &agrave; la nouvelle f&eacute;d&eacute;ration eurom&eacute;diterran&eacute;ene, les Catalans de Nogent et du Nord fran&ccedil;ais proposent des ballades gastronomiques et des d&eacute;couvertes de paysages. Gr&acirc;ce aux dirigeables de derni&egrave;re g&eacute;n&eacute;ration produits en masse apr&egrave;s l'ultime crise p&eacute;troli&egrave;re, on peut ais&eacute;ment acc&eacute;der &agrave; la plateforme h&eacute;liport&eacute;e de Villefranche-de-Conflent et visiter sa forteresse ou la baie de Paulilles, avec panorama unique sur les criques. <br /> <br /> <strong>&laquo; Caste de producteurs Bio &raquo;</strong> <br /> <br /> Avec l'&oelig;notourisme, les habitants du New Pays Catalan ne s'y sont pas tromp&eacute;s et d&eacute;veloppent l'&eacute;cologie, la gastronomie et le respect de la nature. La caste des producteurs Bio r&eacute;pond aux cahiers des charges du gouverneur de Perpignan, qui surveille de pr&egrave;s l'impact de la consommation sur la nature. La r&eacute;gion rec&egrave;le autant de sites magnifiques que de produits de consommation de qualit&eacute;. L&rsquo;agglom&eacute;ration de Perpignan-Girona est d&eacute;sormais situ&eacute;e &agrave; une heure en monorail subaquatique, et &agrave; deux heures en dirigeable de toutes les capitales nord-africaines. Au petit matin, vous montez dans un minicigare gonfl&eacute; &agrave; l'h&eacute;lium, accompagn&eacute;s d'un guide-sommelier. Celui-ci vous fait d&eacute;couvrir sa r&eacute;gion par ses produits authentiques. Au programme, visites de domaines, d&eacute;gustations et ballades dans des endroits &agrave; couper le souffle. Y&rsquo;a-t-il meilleur endroit au monde que le Col de Banyuls pour go&ucirc;ter un cru de proximit&eacute;, avec quelques anchois en escalivada, p&ecirc;ch&eacute;s en Argentine et conditionn&eacute;s &agrave; Collioure ? <br /> <br /> <strong>La mer regagne la plaine du Roussillon <br /> </strong><br /> Apr&egrave;s l'&eacute;cotourisme, les nanotechnologies fournissent le plus grand nombre d'emplois dans le nouveau p&ocirc;le &eacute;conomique du comt&eacute; de Cerdagne. Toute la plaine de haute montagne est parsem&eacute;e de fermes Hi-Tech sp&eacute;cialis&eacute;es dans les &eacute;oliennes pour particuliers et la construction de nos fameux dirigeables catalans. Produits par la guilde des commer&ccedil;ants de Perpignan, ces appareils sillonnent le monde pour acheminer passagers et marchandises. Pr&eacute;figur&eacute;e d&egrave;s 1980 par la multiplication des plans d&rsquo;eau municipaux et des lacs, la mer a repris ses droits historiques sur la plaine du Roussillon. Le mono jet-foil est le moyen de transport par excellence : pour rejoindre Mallorca du port de C&eacute;ret, l'id&eacute;al est de longer les villages d'ostr&eacute;iculteurs de Saint-Genis- des-Fontaines, Saint-Andr&eacute; de Sor&egrave;de&nbsp;et Nou Argel&egrave;s, en faisant du cabotage sur le versant Nord du massif des Alb&egrave;res. <br /> <br /> <strong>Visas sp&eacute;ciaux pour travailleurs migrants</strong><br /> <br /> Immuable transit migratoire du Sud du Nord, la nouvelle fronti&egrave;re administrative est install&eacute;e sur les contreforts des Corbi&egrave;res. Pour les t&eacute;m&eacute;raires europ&eacute;ens qui r&eacute;ussissent &agrave; traverser la zone interdite, le passage ne se fait pas sans difficult&eacute;s. De la Narbonnaise, certains sont s&eacute;lectionn&eacute;s sur place par les entrepreneurs africains et directement achemin&eacute;s &agrave; Alger ou Marrakech gr&acirc;ce aux visas sp&eacute;ciaux pour travailleurs migrants. Ma&icirc;tres des airs et des mers, pourvoyeurs de produits de luxe et sp&eacute;cialistes des &eacute;changes transm&eacute;diterran&eacute;ens, les Catalans du Nord renouent avec leur pass&eacute; glorieux et se placent en interlocuteurs multilingues privil&eacute;gi&eacute;s entre Europe et Afrique.]]></description>
	</item>

	<item>
		<title><![CDATA[Fiction d’un Pays Catalan rattaché à la Catalogne en 2043]]></title>
		<link>http://blogs.la-clau.net/esteve-valls/bloc/fiction-dun-pays-catalan-rattache-a-la-catalogne-en-2043-367</link>
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		<pubDate>Fri, 08 Jan 2010 21:00:00 +0100</pubDate>
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		<description><![CDATA[<p>La question <em>&laquo; &Ecirc;tes-vous d&rsquo;accord pour que la Catalogne devienne un &eacute;tat de droit ind&eacute;pendant, d&eacute;mocratique et social, int&eacute;gr&eacute; &agrave; l&rsquo;Union Europ&eacute;enne ? &raquo;</em>, pos&eacute;e par r&eacute;f&eacute;rendum aux habitants de la Catalogne du Sud en 2009 et 2010, pr&eacute;c&egrave;de des &eacute;lections parlementaires, cet automne, sur fond de suggestions &agrave; la souverainet&eacute; nationale. L&rsquo;&eacute;ventualit&eacute; d&rsquo;un d&eacute;tachement du Royaume d&rsquo;Espagne sous la forme d&rsquo;une r&eacute;publique est d&rsquo;ailleurs devenue, au fil de la derni&egrave;re d&eacute;cennie, moins une id&eacute;e saugrenue qu&rsquo;un sc&eacute;nario parmi d&rsquo;autres, comme l&rsquo;av&egrave;nement d&rsquo;une Espagne f&eacute;d&eacute;rale. En territoire catalan de France, l&rsquo;incidence d&rsquo;un Etat catalan serait &eacute;vidente et embarassante, tant cet extr&ecirc;me Sud de la France, extr&ecirc;me Nord de la Catalogne historique, pr&eacute;cise ses schizophr&eacute;nies par la multiplicit&eacute; de ses noms : &ldquo;Pyr&eacute;n&eacute;es-Orientales&rdquo;, &ldquo;Pays Catalan&rdquo;, &ldquo;Roussillon&rdquo;, &ldquo;Catalogne Nord&rdquo;, &ldquo;Catalogne du Nord&rdquo;. <br /> <br /> <strong>Int&eacute;r&ecirc;ts &eacute;conomiques concrets</strong><br /> <br /> Le gag de la Radio T&eacute;l&eacute;vision Belge, la RTBF, qui a mis en sc&egrave;ne, en d&eacute;cembre 2006, une partition de la Belgique, Wallonie d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute;, Flandres de l&rsquo;autre, avait un soup&ccedil;on de possible. En Europe, alors que l&rsquo;Ecosse autonome s&rsquo;est engag&eacute;e dans un processus vers l&rsquo;ind&eacute;pendance, apr&egrave;s 300 ans de perte de souverainet&eacute;, une constatation saute aux yeux : &agrave; l&rsquo;identique de la Catalogne du Sud, les lignes qui bougent dans l&rsquo;opinion n&rsquo;opposent plus des fanatiques, partisans ou opposants d&rsquo;une ind&eacute;pendance forcen&eacute;e, mais des strat&eacute;gies &eacute;conomiques divergentes, accompagn&eacute;es des structurations territoriales appropri&eacute;es. Les prises d&rsquo;ind&eacute;pendance semblent se d&eacute;lester&nbsp;de charges &eacute;motionnelles, sur l&rsquo;exemple des Etats baltes, Estonie, Lettonie et Lituanie, souverains depuis 1991, jusqu&rsquo;&agrave; une possible souverainet&eacute; de la Nouvelle-Cal&eacute;donie fran&ccedil;aise, autour de 2020. Les nouveaux Etats, con&ccedil;us en fonction de viabilit&eacute;s &eacute;conomiques, pourraient ainsi r&eacute;sulter de simples ajustements techniques valid&eacute;s par l&rsquo;Union Europ&eacute;enne. Celle-ci, f&eacute;d&eacute;rale et protectionniste, &agrave; terme pilot&eacute;e par un seul pr&eacute;sident, d&eacute;cisionnaire, favoriserait sans sentiments ses efficacit&eacute;s internes pour mener sa propre mont&eacute;e en puissance, forc&eacute;e par la pression &eacute;conomique mondiale, en particulier asiatique. <br /> <br /> <strong>L&rsquo;atroce supplice de devoir d&eacute;cider</strong><br /> <br /> La perte de souverainet&eacute; des vieux Etats-nations, favorisant une d&eacute;concentration des pouvoirs en remplacement de la d&eacute;centralisation, peut sugg&eacute;rer une autonomie, &agrave; l&rsquo;europ&eacute;enne, des 22 r&eacute;gions fran&ccedil;aises, &agrave; ne pas confondre avec l&rsquo;ind&eacute;pendance, mais avec la probl&eacute;matique d&rsquo;une Catalogne du Nord sous influence languedocienne, attir&eacute;e et tiraill&eacute;e, dans ses r&eacute;alit&eacute;s les plus anodines, par le retour en force de la Catalogne du Sud. Aguich&eacute; et questionn&eacute;, le d&eacute;partement des Pyr&eacute;n&eacute;es-Orientales devrait alors, dans un atroce supplice, d&eacute;cider de son avenir, comme un enfant devenu majeur, &agrave; l&rsquo;approche des 400 ans de son annexion par le Royaume de France (1659-2059). D&eacute;cider, alors que l&rsquo;histoire, qui n&rsquo;a jamais pr&eacute;dispos&eacute; les habitants de ces &ldquo;comtats&rdquo; du Nord &agrave; s&rsquo;imaginer un devenir propre, a grav&eacute; dans le marbre le concept de tutelle obligatoire, quelle qu&rsquo;elle soit. <br /> <br /> <strong>2050, une Catalogne du Nord convalescente et ind&eacute;pendante</strong><br /> <br /> A ce point, la fiction se m&ecirc;le d&rsquo;une r&eacute;gion &ldquo;Pays Catalan&rdquo;, n&eacute;cessaire apr&egrave;s la disparition des d&eacute;partements fran&ccedil;ais, autour de 2017, et le divorce, autour de 2020, d'une r&eacute;gion Languedoc-Roussillon reproduisant le centralisme parisien &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle montpelli&eacute;raine. La tant esp&eacute;r&eacute;e ouverture, en 2013, de la Ligne TGV Perpignan-Barcelone-Madrid, acc&eacute;l&eacute;rerait le clivage entre les vieux Catalans de souche, adeptes de l&rsquo;attente, et les nouveaux Catalans, libres de rancoeurs identitaires. Ces derniers, d&eacute;sormais dot&eacute;s de racines, ne seraient pas les derniers &agrave; voter &ldquo;Oui&rdquo; &agrave; un r&eacute;f&eacute;rendum, encourag&eacute; vers 2043 par l&rsquo;Union Europ&eacute;enne, pour le re-rattachement du Nord &agrave; la Catalogne du Sud, elle-m&ecirc;me &eacute;rig&eacute;e en Etat en 2022. Cette derni&egrave;re, dont le PIB passerait de fait du 4&egrave;me au 6&egrave;me rang europ&eacute;en, encouragerait un nouveau basculement mental pour les Catalans du Nord. Les anciennes Pyr&eacute;n&eacute;es-Orientales devraient alors assumer un pass&eacute; fran&ccedil;ais, retrouver une vocation m&eacute;diterran&eacute;enne, rompre une m&eacute;canique tut&eacute;laire qui remplacerait Paris par Barcelone, tout en apprenant, enfin, &agrave; dialoguer avec Paris et Barcelone.</p>]]></description>
	</item>

	<item>
		<title><![CDATA[Fiction 2050 : le Pays Catalan devient une Californie européenne]]></title>
		<link>http://blogs.la-clau.net/oliver-massot/bloc/fiction-2050-le-pays-catalan-devient-une-californie-europeenne-369</link>
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		<pubDate>Fri, 08 Jan 2010 21:00:00 +0100</pubDate>
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		<description><![CDATA[J&rsquo;ai les larmes aux yeux cet apr&egrave;s-midi. N&rsquo;y voyez rien de triste : comment &ecirc;tre triste par une si douce fin de journ&eacute;e o&ugrave;, sur le toit de notre cher Castillet, dernier vestige d&rsquo;une &eacute;poque r&eacute;volue, tout n&rsquo;est que calme et beaut&eacute;. Seul le sifflement de quelques hirondelles ponctue le temps qui passe, car ici, &agrave; Perpignan, cela fait bien longtemps d&eacute;j&agrave; que la mythique horloge de Ducommun, n&rsquo;&eacute;graine plus les quarts. N&rsquo;y voyez pas plus le sentimentalisme du grand-p&egrave;re; &eacute;mu de voir ses petits-enfants jouer l&agrave;, devant lui, qui&nbsp;contemple cette ville qui a tant chang&eacute;. Si l&rsquo;envie de pleurer m&rsquo;&eacute;treint c&rsquo;est parce que je voie la chance qu&rsquo;ont ces enfants de grandir ici, en Catalogne Nord, en ce 21 avril 2050.<br /> <br /> J&rsquo;ai du mal &agrave; comprendre comment certains, tels de petits Isocrate, veulent id&eacute;aliser le pass&eacute;, quitte d&rsquo;ailleurs &agrave; le recr&eacute;er de toute pi&egrave;ce pour pleurer la splendeur perdu d&rsquo;une gloire imaginaire. Nous avons &eacute;t&eacute; tent&eacute;s par cela : une Ur-Catalogne, qui n&rsquo;a jamais exist&eacute;, et que nous aurions d&ucirc; reconqu&eacute;rir. Je peux vous le dire, &agrave; l&rsquo;aube de mes 80 ans, moi qui ai connu la vie &laquo; avant &raquo; : notre &acirc;ge d&rsquo;or est devant nous.<br /> <br /> <strong>Insurrection &eacute;vit&eacute;e de peu<br /> </strong><br /> C&rsquo;&eacute;tait au d&eacute;but de ce XXIe si&egrave;cle, la crise &eacute;conomique et financi&egrave;re avait fait des ravages, mais n&rsquo;avait rien &eacute;t&eacute; par rapport &agrave; la crise sociale et &eacute;cologique qui s&rsquo;en est suivie. A y repenser, le titre de cet &eacute;ditorial de l&rsquo;&eacute;poque a quelque chose de messianique, il nous avait bien fait rire en son temps : <em>&laquo; Le plus dur est pass&eacute;, le pire est &agrave; venir &raquo;</em>. Car &agrave; la suite de la crise &eacute;conomique, des ph&eacute;nom&egrave;nes climatiques et g&eacute;ologiques importants ont fait passer l&rsquo;aiguat de 1940 pour une bruine rafra&icirc;chissante. Perpignan est devenu un port, tandis que la plupart des grandes villes c&ocirc;ti&egrave;res, de Naples &agrave; Valence, ont &eacute;t&eacute; d&eacute;truites ou ne permettent aucun &eacute;tablissement durable.<br /> <br /> Ce choc a &eacute;t&eacute; doubl&eacute; de la fin du carburant fossile qui a provoqu&eacute; l&rsquo;effondrement brutal de ce qui restait d&rsquo;&eacute;conomie. Le ch&ocirc;mage progressait de fa&ccedil;on fulgurante, les pouvoirs publics avaient toutes les peines du monde &agrave; maintenir un semblant d&rsquo;ordre, nous &eacute;tions &agrave; la limite de l&rsquo;insurrection et du basculement vers cet &eacute;tat de nature qui fait de l&rsquo;Homme un loup &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de son semblable. Mais si le pire &eacute;tait &agrave; craindre, il ne s&rsquo;est pas produit. <br /> <br /> <strong>2015-2045, Les &laquo; Trente travailleuses &raquo;<br /> </strong><br /> Il s&rsquo;en est fallu de peu que la Catalogne disparaisse. Cependant, par un heureux hasard, la dynastie encore au pouvoir &agrave; l&rsquo;&eacute;poque, est parvenue &agrave; faire d&eacute;bloquer des fonds de reconstruction pour notre cit&eacute; et a obtenu le classement de tout le territoire en &laquo; zone d&rsquo;aide et d&rsquo;action prioritaires &raquo;. Ce fut leur dernier acte. <br /> En effet, eu &eacute;gard de l&rsquo;ampleur des d&eacute;fis qui se mat&eacute;rialisaient devant nous, ce sont les forces vives du pays qui ont favoris&eacute; son nouveau d&eacute;part. Certes, les fonds nationaux et europ&eacute;ens permettaient le d&eacute;veloppement des activit&eacute;s de production d&rsquo;&eacute;nergie propre, mais le retour sur investissement des grands parcs &eacute;oliens et des usines mar&eacute;motrices ne devait pas intervenir avant aujourd&rsquo;hui. Nous avons r&eacute;ussi &agrave; maintenir l&rsquo;activit&eacute; agricole traditionnelle du bassin m&eacute;diterran&eacute;en, bas&eacute;e sur le bl&eacute;, l&rsquo;olive et la vigne, et d&eacute;velopp&eacute; toute l&rsquo;industrie de transformation de ces produits. Mais cela ne suffisait pas. <br /> <strong><br /> Les Chinois sauvent l&rsquo;&eacute;conomie<br /> </strong><br /> La v&eacute;ritable r&eacute;volution nous a &eacute;t&eacute; rendue possible par l&rsquo;intervention active de la communaut&eacute; chinoise qui, au cours des ann&eacute;es, n&rsquo;a cess&eacute; de s&rsquo;accro&icirc;tre. Voyant qu&rsquo;il leur &eacute;tait possible d&rsquo;investir sur notre territoire, dot&eacute; d&rsquo;une main d&rsquo;&oelig;uvre moins co&ucirc;teuse du fait de notre classement en ZAAP, la Chine a lanc&eacute; les premi&egrave;res usines sp&eacute;cialis&eacute;es dans la fabrication des objets nano, rapidement suivies d&rsquo;une activit&eacute; de recherche et de d&eacute;veloppement. Cela a g&eacute;n&eacute;r&eacute; un besoin de cerveaux qui a permis le red&eacute;ploiement de l&rsquo;Universit&eacute;, florissante comme jamais. De proche en proche, tout le tissu &eacute;conomique s&rsquo;est recompos&eacute; et a permis l&rsquo;am&eacute;lioration de l&rsquo;&eacute;ducation et le progr&egrave;s de l&rsquo;&eacute;cologie.<br /> <br /> C&rsquo;est pour cela que, en cette fin d&rsquo;apr&egrave;s-midi, sur le toit du Castillet o&ugrave; mes petits-enfants jouent paisiblement face au port de Perpignan, je pleure en contemplant notre Canigou qui semble devoir &ecirc;tre le seul &eacute;l&eacute;ment &eacute;ternel de la Catalogne Nord : nous parvenons, apr&egrave;s bien des &eacute;preuves, &agrave; notre &acirc;ge d&rsquo;or. C&rsquo;est serein qu&rsquo;il m&rsquo;est, alors, possible d&rsquo;imaginer ma mort. A nos petits-enfants d&rsquo;&eacute;crire la suite.]]></description>
	</item>

	<item>
		<title><![CDATA[Le Roussillon est-il capable de se réinventer ?]]></title>
		<link>http://blogs.la-clau.net/christian-lagarde/bloc/le-roussillon-est-il-capable-de-se-reinventer-366</link>
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		<pubDate>Fri, 11 Dec 2009 21:00:00 +0100</pubDate>
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		<description><![CDATA[Au milieu des salves de la modernisation, en plein d&eacute;bat fran&ccedil;ais sur la n&eacute;cessit&eacute; de serrer la ceinture des pouvoirs et des services publics, il fallait bien que les &laquo; collectivit&eacute;s territoriales &raquo; entrent dans le collimateur. Parce que la loi de 1982, en instituant les r&eacute;gions, n&rsquo;a fait que la moiti&eacute; du chemin, la plus facile, et que l&rsquo;empilement des instances est apparu depuis lors aberrant et dispendieux. Les d&eacute;partements sont donc menac&eacute;s, et les Pyr&eacute;n&eacute;es-Orientales parmi eux. Sauf qu&rsquo;ici, les limites d&eacute;partementales co&iuml;ncident peu ou prou avec le territoire historique catalan, toujours existant en tant que tel, et que les immenses difficult&eacute;s de dilution de ce territoire dans une r&eacute;gion qui n&rsquo;est pas le Languedoc signifient que la greffe aura, encore longtemps, du mal &agrave; prendre. <br /> <br /> <strong>Qui veut &ecirc;tre ray&eacute; de la carte ?</strong> <br /> <br /> La derni&egrave;re fois, en 2004, la droite locale vent debout contre le pr&eacute;sident Fr&ecirc;che s&rsquo;&eacute;tait alli&eacute;e &agrave; la litanie bariol&eacute;e des catalanistes, nationalistes, ind&eacute;pendantistes. Gageons que ce coup-ci, les partenaires de ces derniers seront avant tout de gauche. L&rsquo;alliance objective entre le minimaliste &laquo; accent catalan de la R&eacute;publique &raquo;&nbsp;cr&eacute;&eacute; par le Conseil G&eacute;n&eacute;ral des Pyr&eacute;n&eacute;es-Orientales, et les effaceurs de fronti&egrave;re donnera lieu &agrave; des assauts de catalanit&eacute;, en d&eacute;fense d&rsquo;un h&eacute;ritage aux contours sacralis&eacute;s et mus&eacute;ifi&eacute;s que l&rsquo;on pr&eacute;sentera comme mill&eacute;naire, intemporel, abstrait. Il y a l&agrave; une r&eacute;action l&eacute;gitime, universelle dans son particularisme, de crainte d&rsquo;une dilution forc&eacute;e des sp&eacute;cificit&eacute;s dans le Grand-Tout de la mondialisation. Qui est pr&ecirc;t &agrave; se laisser de bonne gr&acirc;ce rayer de la carte, &agrave; se faire assimiler dans la joie par d&eacute;culturation ? <br /> <br /> <strong>Une culture recompos&eacute;e </strong><br /> <br /> Au moment m&ecirc;me o&ugrave;, &agrave; grand tapage m&eacute;diatique agr&eacute;ment&eacute; d&rsquo;immondes d&eacute;rapages sans filet, on questionne l&rsquo;identit&eacute; fran&ccedil;aise, la question est identique dans les Pyr&eacute;n&eacute;es-Orientales. Veut-on raisonner en termes culturels ou politiques, c&rsquo;est-&agrave;-dire en termes d&rsquo;h&eacute;ritage dans le sillage de Fichte, ou bien, en outre, du vivre ensemble tourn&eacute; vers l&rsquo;avenir propos&eacute; par Ernest Renan ? Que met-on dans le premier lot : un paquet cl&eacute;s-en mains &agrave; prendre ou &agrave; laisser, ou bien un &eacute;difice que l&rsquo;on sait construit au gr&eacute; de circonstances, significatives ou fortuites, appel&eacute; &agrave; se recomposer comme il l&rsquo;a fait par le pass&eacute; ? Reconna&icirc;tre qu&rsquo;on a &laquo; nationalis&eacute; &raquo; la sardane &agrave; partir d&rsquo;une tradition issue d&rsquo;une simple r&eacute;gion int&eacute;rieure &agrave; la Catalogne, ou que le pin aux trois branches de la ville de Berga, dans la province de Barcelone, est une r&eacute;interpr&eacute;tation qui est all&eacute;e, par manipulations successives, de la Sainte-Trinit&eacute; &agrave; celle politico-linguistique des pays de langue catalane, ou encore que les castellers sont un tout r&eacute;cent produit d&rsquo;importation en Catalogne Nord, est-il honteux ? Tous les groupes humains r&eacute;&eacute;crivent et enjolivent (&laquo; inventent &raquo;, au sens de l&rsquo;historien britannique Hobsbawm) leur histoire, parce qu&rsquo;il leur faut se (re)trouver et c&eacute;l&eacute;brer des valeurs, et que les leurs sont toujours &laquo; meilleures &raquo; que celles du voisin. <br /> <br /> <strong>Quel projet, &agrave; l&rsquo;&eacute;cart des m&eacute;tropoles ? <br /> </strong><br /> Qui saurait dire ce que vient faire l&rsquo;hymne de &laquo; L&rsquo;estaca &raquo;, &agrave; la symbolique li&eacute;e &agrave; l&rsquo;h&eacute;ro&iuml;sme des anti-franquistes, dans l&rsquo;environnement rugbystique perpignanais ? &Ecirc;tre catalan et aimer le rugby n&rsquo;est pas une &eacute;vidence. On sait que le d&eacute;bat sur les Catalans de souche est vici&eacute;, car le sentiment d&rsquo;appartenance n&rsquo;a pas le m&ecirc;me sens aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;en 1900, ni en 1945. Dans la recomposition identitaire, certains &eacute;l&eacute;ments perdurent, d&rsquo;autres sont remplac&eacute;s. Le Conseil G&eacute;n&eacute;ral PS des Pyr&eacute;n&eacute;es-Orientales a quelques bonnes raisons de se dresser contre la r&eacute;forme visant &agrave; cr&eacute;er des conseillers territoriaux en lieu et place des g&eacute;n&eacute;raux et des r&eacute;gionaux ; le personnel politique, ici et ailleurs, a tout lieu de craindre pour ses pr&eacute;bendes. Et leurs &eacute;lecteurs ? Et revient la conception renanienne de la nation : au-del&agrave; de l&rsquo;h&eacute;ritage, quel projet pour un territoire qui ne s&rsquo;incarnerait plus dans une entit&eacute; politico-administrative sp&eacute;cifique ?<br /> <br /> D&eacute;mographiquement, sur quelles bases accueillera-t-on les prochains arrivants ? On avait cru comprendre, ces derni&egrave;res ann&eacute;es, que les marges, en tant que traits d&rsquo;union, auraient un vrai r&ocirc;le &agrave; jouer dans une dynamique de la fronti&egrave;re (<em>&quot;fronteer&quot;</em> plut&ocirc;t que <em>&quot;border&quot;</em>). Mais la promotion des m&eacute;tropoles en France pourrait bien renvoyer la Catalogne du Nord et ses semblables &agrave; sa marginalit&eacute;. Avec, dans ce cas pr&eacute;cis, une fronti&egrave;re politique qui, au-del&agrave; des revendications, n&rsquo;est pas pr&egrave;s de bouger, et des ancrages culturels &agrave; la fois doubles, pour le meilleur, et schizophr&egrave;nes, pour le pire.]]></description>
	</item>

	<item>
		<title><![CDATA[Pays Catalan cherche mode d'emploi]]></title>
		<link>http://blogs.la-clau.net/esteve-valls/bloc/pays-catalan-cherche-mode-demploi-364</link>
		<comments>http://blogs.la-clau.net/esteve-valls/bloc/pays-catalan-cherche-mode-demploi-364</comments>
		<pubDate>Fri, 11 Dec 2009 21:00:00 +0100</pubDate>
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		<description><![CDATA[L&rsquo;insularit&eacute; de la vieille &ldquo;Province du Roussillon&rdquo;, baptis&eacute;e de la sorte par les services de Louis XIV, dispara&icirc;t. Si son statut de &ldquo;province &eacute;trang&egrave;re&rdquo;, en vigueur jusqu&rsquo;en 1780, l&rsquo;a prise en &eacute;tau entre une nouvelle fronti&egrave;re du Sud, et la France, elle-m&ecirc;me &eacute;trang&egrave;re, la surprise de la d&eacute;cennie 2000 aura &eacute;t&eacute; que l&rsquo;av&egrave;nement concret de la R&eacute;gion Languedoc-Roussillon, par son pr&eacute;sident depuis 2004, Georges Fr&ecirc;che, plus que la fin illusoire de la fronti&egrave;re avec l&rsquo;Espagne, est le facteur qui rompt l&rsquo;isolement multis&eacute;culaire. En appui, les nouvelles populations donnent corps &agrave; un Languedoc-Roussillon uniforme, sur le m&ecirc;me amalgame selon lequel on r&eacute;sume en &laquo; chinois &raquo; un restaurant tha&iuml;landais ou vietnamien, tandis que les embouteillages se multiplient par manque d&rsquo;anticipation sur les infrastructures. Pour illustrer la vie, que l&rsquo;on appelle maintenant &laquo; locale &raquo; en signe d&rsquo;insignifiance, l&rsquo;invasion contemporaine du drapeau catalan et du mot &laquo; catalan &raquo; mettent en sc&egrave;ne l&rsquo;identit&eacute;, depuis qu&rsquo;est amorc&eacute;e la pente vers sa disparition. On remarquera cependant que les &laquo; ralls &raquo;, ou &laquo; s&eacute;nats &raquo; populaires des villages du Roussillon, consistant en des rassemblements assis, &agrave; l&rsquo;ombre, sont d&eacute;sormais souvent d&eacute;volus &agrave; des p&eacute;p&eacute;s maghr&eacute;bins, preuve d&rsquo;un cousinage d&rsquo;appr&eacute;hension de l&rsquo;espace public entre autochtones et populations du Sud, dans une permanence insoup&ccedil;onn&eacute;e d&rsquo;un mode d&rsquo;emploi de la voie publique.<br /> <br /> <strong>Un parc &agrave; th&egrave;me avec ambiance surfaite<br /> </strong><br /> Le prestige du Nord sur le Sud, avec pour singularit&eacute;, dans la France du Sud, la multiplication des retrait&eacute;s en baskets, existe aussi en Italie ou en Espagne, mais surtout dans l&rsquo;hexagone, o&ugrave; le Sud reste mineur, par tradition r&eacute;publicaine h&eacute;rit&eacute;e de l&rsquo;absolutisme. Ce sch&eacute;ma prend m&ecirc;me un caract&egrave;re officiel lorsque la s&eacute;rie t&eacute;l&eacute;vis&eacute;e &agrave; succ&egrave;s &laquo; Plus belle la vie &raquo;, tourn&eacute;e &agrave; Marseille et diffus&eacute;e sur la cha&icirc;ne France 3, parle parisien, sauf lorsqu&rsquo;un de ses personnages, vulgaire tenancier de bar, ouvre la bouche. Dans la famille des Suds fran&ccedil;ais, le d&eacute;partement des Pyr&eacute;n&eacute;es-Orientales, jardin mara&icirc;cher de la France entre 1880 et 1980, serait alors devenu un terrain baln&eacute;aire pour touristes, y compris pour nombre de ses nouveaux ressortissants en activit&eacute; professionnelle. Mais surtout, une synth&egrave;se culturelle, abstraite comme l&rsquo;identit&eacute; fran&ccedil;aise, ni vraiment du Sud global, ni ch&rsquo;timi, ni picarde ou parisienne, composerait sa culture r&eacute;elle, mensong&egrave;rement proclam&eacute;e comme &laquo; catalane &raquo; par les slogans officiels, dans une perspective de croissance &agrave; 550.000 habitants en 2020. En cons&eacute;quence, par absence de dispositif d&rsquo;accueil des arrivants cons&eacute;quent, la diff&eacute;rente fondamentale avec un parc &agrave; th&egrave;me, artificiellement anim&eacute;, dans une ambiance surfaite, serait infime.<br /> <br /> <strong>Une lampe &agrave; bronzer g&eacute;ante, en catalan<br /> </strong><br /> Un regard sur le &laquo; mouvement catalan &raquo;, nomm&eacute; ainsi par analogie abusive avec un &laquo; mouvement basque &raquo; autrement plus consistant, s&rsquo;av&egrave;re n&eacute;cessaire pour saisir le &laquo; tour de magie &raquo; op&eacute;r&eacute; lors des deux derni&egrave;res d&eacute;cennies dans ce pays catalan de France. En effet, la vague de d&eacute;fense du territoire, apparue dans les ann&eacute;es 1920, enterr&eacute;e par 1939 puis n&eacute;e du &laquo; demandons l&rsquo;impossible &raquo; de 1968, a mis&eacute; lourd sur la langue catalane, d&eacute;sormais relativement subventionn&eacute;e, en d&eacute;laissant son pr&eacute;alable &eacute;conomique, par cons&eacute;quence social, et en fuyant l&rsquo;analyse d&rsquo;un conditionnement g&eacute;n&eacute;ral imputable &agrave; la structure de l&rsquo;Etat centralisateur. Car contrairement &agrave; Bretagne, &agrave; la Corse et au Pays Basque, la d&eacute;croissance du territoire a pu continuer en marge d&rsquo;une promotion identitaire croissante. En 2010, le tableau g&eacute;n&eacute;ral pr&eacute;sente ainsi une promotion de la langue et de quelques valeurs cosm&eacute;tiques, d&rsquo;ordre culinaire ou festif, herm&eacute;tique &agrave; la probl&eacute;matique socio-&eacute;conomique et &agrave; la perte de personnalit&eacute; d'un pays transform&eacute; en lampe &agrave; U.V. g&eacute;ante. Pire, la langue peut parfois &ecirc;tre&nbsp;cyniquement &eacute;rig&eacute;e en compl&eacute;ment touristique. Simultan&eacute;ment, Montpellier, Toulouse et Narbonne se r&eacute;inventent, tandis que Figueres et Girona op&egrave;rent une mutation qui les transformera en cit&eacute;s des Flandres. Ainsi, l&rsquo;insularit&eacute; originelle persiste, non plus, comme il y a 100 ans, par une personnalit&eacute; territoriale et un foisonnement &eacute;conomique, mais dans l&rsquo;inverse parfait, une essence mourante, galvaud&eacute;e par les autocollants, puisque inconsistante et aussi irr&eacute;elle, &agrave; terme, que le merveilleux monde de Walt Disney.]]></description>
	</item>

	<item>
		<title><![CDATA[Le Roussillon, une province déresponsabilisée]]></title>
		<link>http://blogs.la-clau.net/oliver-massot/bloc/le-roussillon-une-province-deresponsabilisee-365</link>
		<comments>http://blogs.la-clau.net/oliver-massot/bloc/le-roussillon-une-province-deresponsabilisee-365</comments>
		<pubDate>Fri, 11 Dec 2009 21:00:00 +0100</pubDate>
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		<description><![CDATA[<p>Un simple accident sur la voie publique &agrave; Perpignan peut faire prendre conscience de l&rsquo;&eacute;loignement progressif des centres de d&eacute;cision. Personnellement concern&eacute; cet automne, lors des d&eacute;clarations usuelles aupr&egrave;s de mon assureur perpignanais j&rsquo;ai eu la surprise d&rsquo;&ecirc;tre &laquo; mis en relation &raquo; avec une plate forme bas&eacute;e je ne sais o&ugrave;, car, vu l&rsquo;heure tardive &agrave; laquelle je t&eacute;l&eacute;phonais, mon appel avait &eacute;t&eacute; d&eacute;vi&eacute;. Le premier jour ouvrable suivant, mon assureur m&rsquo;apprit que, ayant &eacute;t&eacute; bless&eacute;, ce n&rsquo;&eacute;tait pas lui, &agrave; qui je fais pourtant parvenir les primes, qui g&eacute;rerait mon dossier, mais un responsable bas&eacute; &agrave; Marseille. C&rsquo;est &agrave; peu pr&egrave;s &agrave; cette &eacute;poque que le parking Wilson de Perpignan, dont l&rsquo;&oelig;il derri&egrave;re la cam&eacute;ra se trouve au Louvre &agrave; Paris, lorsque le personnel local n&rsquo;est plus physiquement pr&eacute;sent, d&eacute;cida de &laquo; d&eacute;centraliser &raquo; son service abonnement &agrave; Paris. <br /> <br /> <strong>Recentralisation f&eacute;roce <br /> </strong><br /> Nos &eacute;v&eacute;nements personnels et anodins mis bout &agrave; bout montrent un r&eacute;am&eacute;nagement majeur du territoire : au nom d&rsquo;une rationalisation des co&ucirc;ts et d&rsquo;une certaine id&eacute;e du progr&egrave;s ou de la modernit&eacute; passant par la d&eacute;mat&eacute;rialisation du travail, la d&eacute;centralisation conduit &agrave; une recentralisation, plus f&eacute;roce que le jacobinisme, car moins explicable. Cette &eacute;volution offre une manne providentielle &agrave; certains territoires, qui affirment leur position strat&eacute;gique, alors que d&rsquo;autres, comme les Pyr&eacute;n&eacute;es-Orientales, sont rel&eacute;gu&eacute;s dans des zones d&eacute;laiss&eacute;es voire oubli&eacute;es, comme le laisse entendre le passage &agrave; la TNT, dans sa version fran&ccedil;aise, qui laisse de c&ocirc;t&eacute; les territoires les plus recul&eacute;s. <br /> <br /> <strong>Am&eacute;nagement territorial in&eacute;galitaire</strong> <br /> <br /> Le gouvernement ne voulait pas faire de l&rsquo;am&eacute;nagement territorial avec l&rsquo;Administration. Selon ce principe, les garnisons et les tribunaux, de m&ecirc;me que les h&ocirc;pitaux, ne doivent pas servir &agrave; mailler le territoire national afin de lui donner une certaine coh&eacute;rence liant fraternit&eacute; des ruraux et des citadins, et l'&eacute;galit&eacute; de tous devant l&rsquo;imp&ocirc;t et&nbsp;les services publics. Ce choix se fait au nom d&rsquo;une efficacit&eacute; lib&eacute;rale de rationalisation et de pragmatisme, et maints commentateurs nous expliquent qu&rsquo;&ecirc;tre plus proche des attentes du justiciable, du malade ou du citoyen passe, parfois, par un &eacute;loignement physique.<br /> <br /> <strong>La fin de Perpignan-Centre du Monde ?</strong><br /> <br /> Nous pouvions alors attendre que l&rsquo;am&eacute;nagement du territoire, que ce maillage organisant la vie des personnes, se fasse avec des groupes qui ne sont plus totalement &eacute;tatiques tout en demeurant structurants : l&rsquo;organisation des transports avec la SNCF, l&rsquo;approvisionnement &eacute;nerg&eacute;tique avec EDF, GDF, V&eacute;olia, les moyens de communication avec Orange ou SFR. Mais le constat, du moins en Roussillon, est d&eacute;sastreux : la nouvelle gare de Perpignan sera loin de demeurer le centre du monde, l&rsquo;essentiel des services administratifs, y compris l&rsquo;activit&eacute; fret malgr&eacute; le march&eacute; international de Saint Charles, &eacute;tant diss&eacute;min&eacute; de Toulouse, voire Bordeaux, jusqu&rsquo;&agrave; Lyon en passant par Marseille. Il en va de m&ecirc;me pour l&rsquo;&eacute;nergie, tandis que certaines approches a&eacute;riennes sur l&rsquo;a&eacute;roport de Perpignan sont effectu&eacute;es par la tour de contr&ocirc;le de Montpellier. Petit &agrave; petit, la plaine du Roussillon se vide de ses centres de d&eacute;cision et n&rsquo;est plus capable de rien, y compris politiquement, puisque la repr&eacute;sentation de la principaut&eacute; d&rsquo;Andorre a &eacute;t&eacute; prise par la r&eacute;gion Midi-Pyr&eacute;n&eacute;es. <br /> <br /> <strong>M&eacute;pris de la ruralit&eacute;</strong> <br /> <br /> Il semble bien que la tendance &agrave; l&rsquo;amenuisement des territoires p&eacute;riph&eacute;riques au profit de sites r&eacute;gionaux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t national (qui permettent, si ce n&rsquo;est d&rsquo;une certaine recentralisation, la r&eacute;apparition d&rsquo;un f&eacute;odalisme certain) n&rsquo;aille s&rsquo;acc&eacute;l&eacute;rant en &eacute;tant ent&eacute;rin&eacute;e par la future loi sur les collectivit&eacute;s territoriales. Ne nous y trompons pas, ce dont il est question est non seulement l&rsquo;image que veut se donner la France, mais surtout la place que ses provinces peuvent avoir, et ainsi la traduction juridique du m&eacute;pris des centres pour leur(s) p&eacute;riph&eacute;rie(s), la perte de pouvoir de la France rurale et provinciale &ndash; et en particulier du Roussillon, m&ecirc;me si son pouvoir, depuis bien longtemps, n&rsquo;a gu&egrave;re &eacute;t&eacute; exerc&eacute; avec brio, mais apr&egrave;s tout, en d&eacute;mocratie, nous avons les repr&eacute;sentants que nous m&eacute;ritons.</p> <p><strong>D&eacute;mission collective de la population&nbsp;<br /> </strong><br /> Il est facile de raconter que si nous en sommes, ici, o&ugrave; nous en sommes, c&rsquo;est par la connivence et la complaisance de quelques uns. La v&eacute;rit&eacute; est que cela n&rsquo;a &eacute;t&eacute; possible que par la d&eacute;mission collective de la population qui, &agrave; pr&eacute;sent, a beau jeu de se r&eacute;inventer, &agrave; peu de frais, une appartenance, pour ne pas dire une identit&eacute;, en se pr&eacute;sentant comme la victime d&rsquo;un pass&eacute; plus ou moins &eacute;loign&eacute; (ce sera la faute du Royaume de France ou de certains &eacute;lus territoriaux, ou des deux). Mais qu&rsquo;avons-nous fait, nous Roussillonnais ? Nous nous sommes cach&eacute; la v&eacute;rit&eacute;, pour ceux qui sont rest&eacute;s sur le sol natal et les tr&egrave;s rares qui y sont revenus, et continuons &agrave; nous bercer d&rsquo;illusions : le TGV changera notre vie. Certainement, mais pas n&eacute;cessairement en notre faveur, car il peut marquer un peu plus notre enclavement et nous r&eacute;duire au stade de ces ruminants qui regardent passer les wagons et voient fuir le train de l&rsquo;Histoire. <br /> <br /> <strong>Glaciation ici, r&eacute;chauffement l&agrave;-bas</strong> <br /> <br /> C&rsquo;est, ainsi, et ce n&rsquo;est pas nouveau : le d&eacute;partement des Pyr&eacute;n&eacute;es-Orientales a &eacute;t&eacute; de longue date dans l&rsquo;opposition, &agrave; quelques exceptions pr&egrave;s, et le temps pr&eacute;sent ne d&eacute;roge pas &agrave; la r&egrave;gle, m&ecirc;me si nos d&eacute;put&eacute;s font partie de la majorit&eacute; nationale et le Conseil G&eacute;n&eacute;ral de la couleur de la majorit&eacute; des Conseils G&eacute;n&eacute;raux. Alors que le sommet de Copenhague s&rsquo;engage sur la voie de la lutte contre le r&eacute;chauffement climatique, notre bonne ville de Perpignan inaugure sa patinoire &agrave; ciel ouvert afin d&rsquo;attirer du monde pour son march&eacute; de No&euml;l. A croire que certains scientifiques ont raison d&rsquo;affirmer que le r&eacute;chauffement global de la terre peut passer par la glaciation de certaines zones, mais, malheureusement, le mois de novembre 2009 a &eacute;t&eacute; tr&egrave;s chaud.</p>]]></description>
	</item>

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		<title><![CDATA[Du devoir de mémoire au droit à l'oubli]]></title>
		<link>http://blogs.la-clau.net/oliver-massot/bloc/du-devoir-de-memoire-au-droit-a-loubli-363</link>
		<comments>http://blogs.la-clau.net/oliver-massot/bloc/du-devoir-de-memoire-au-droit-a-loubli-363</comments>
		<pubDate>Wed, 18 Nov 2009 17:00:00 +0100</pubDate>
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		<description><![CDATA[<p><em>&laquo; Souvenez-vous des &oelig;uvres accomplies par nos p&egrave;res en leur temps, vous gagnerez une grande gloire et un nom immortel &raquo;</em>, tel fut le testament de Mattathias &agrave; ses enfants ; c&rsquo;est pareil testament qui semble nous &ecirc;tre refus&eacute; au profit d&rsquo;une m&eacute;moire toujours vive. En effet, pour se souvenir, pour se re-m&eacute;morer, quelque chose, il faut, en partie au moins, l&rsquo;avoir oubli&eacute;e ; c&rsquo;est ainsi que se forme l&rsquo;Histoire. De nos jours, nous sacrifions volontiers cette Histoire &agrave; une m&eacute;moire qui est voulue plus pr&eacute;sente que le pr&eacute;sent, qui ne veut rien oublier &ndash; et qui, de la sorte, n&rsquo;apprend rien de son pass&eacute; qu&rsquo;elle souhaite revivre ind&eacute;finiment. L&rsquo;&eacute;v&eacute;nement est c&eacute;l&eacute;br&eacute; en tant que tel, hors de tout contexte. <br /> <strong><br /> L&rsquo;imposition de la m&eacute;moire</strong> <br /> <br /> A l&rsquo;image biblique de Mattathias, nous pr&eacute;f&eacute;rons nous identifier &agrave; celle de Funes, ce personnage d&rsquo;une nouvelle de Borges, dont la &laquo; bizarrerie &raquo; est, non seulement, de ne rien oublier, mais encore, d&rsquo;avoir des souvenirs plus pr&eacute;cis et plus intenses que la pr&eacute;sente r&eacute;alit&eacute; ; de sorte que s&rsquo;il avait bien <em>&laquo; plus de souvenirs que n&rsquo;en peuvent avoir eu tous les hommes depuis que le monde est monde </em>&raquo; [p. 115], il se trouvait dans l&rsquo;incapacit&eacute; de penser puisque <em>&laquo; penser c&rsquo;est oublier des diff&eacute;rences, c&rsquo;est g&eacute;n&eacute;raliser, abstraire. Dans le monde surcharg&eacute; de Funes il n&rsquo;y avait que des d&eacute;tails, presque imm&eacute;diats. &raquo;</em> [p. 118].<br /> <br /> Ce &laquo; besoin &raquo; de ne rien oublier n&rsquo;est pas nouveau : il appara&icirc;t dans un texte de Jank&eacute;l&eacute;vitch en 1971 (Cf. &laquo; Pardonner ? &raquo;, in <em>JANKELEVITCH Vladimir</em>, L&rsquo;imprescriptible, Paris, Seuil, col. Points Essais, 1996, pp. 17-63). Il s&rsquo;agit l&agrave; de ne pas oublier pour ne pas pardonner. Mais cette d&eacute;marche s&rsquo;inscrit dans une r&eacute;flexion bien particuli&egrave;re sur l&rsquo;imprescriptibilit&eacute; des crimes contre l&rsquo;humanit&eacute; par leur nature (principe vot&eacute; par le Parlement fran&ccedil;ais en 1964 (Loi n&deg; 64-1326 du 26 d&eacute;cembre 1964 tendant &agrave; constater l&rsquo;imprescriptibilit&eacute; des crimes contre l&rsquo;humanit&eacute;. Article unique : &laquo;Les crimes contre l&rsquo;humanit&eacute;, tels qu&rsquo;ils sont d&eacute;finis par la r&eacute;solution des Nations Unies du 13 f&eacute;vrier 1946, prenant acte de la d&eacute;finition des crimes contre l&rsquo;humanit&eacute; telle qu&rsquo;elle figure dans la charte du tribunal international du 8 ao&ucirc;t 1945, sont imprescriptibles par leur nature &raquo; mais ne devenant d&eacute;finitif qu&rsquo;en 1976 apr&egrave;s une d&eacute;cision de la Cour de cassation) : <em>&laquo; Il est en g&eacute;n&eacute;ral incompr&eacute;hensible que le temps, processus naturel sans valeur normative, puisse exercer une action att&eacute;nuante sur l&rsquo;insoutenable horreur d&rsquo;Auschwitz. &raquo;</em> [p. 26]. (Cette d&eacute;cision est rendue le 30 juin 1976 par la chambre criminelle de la Cour de cassation dans le cadre de l&rsquo;affaire Touvier en censurant l&rsquo;arr&ecirc;t de la Chambre d&rsquo;accusation de la Cour d&rsquo;Appel de Paris qui, bien qu&rsquo;infirmant l&rsquo;ordonnance par laquelle le juge d&rsquo;instruction de Lyon d&eacute;clarait son incomp&eacute;tence, qualifiant les faits reproch&eacute;s &agrave; Paul Touvier de &laquo; crime d&rsquo;intelligence avec l&rsquo;ennemi &raquo;, infraction relevant de la Cour de S&ucirc;ret&eacute; de l&rsquo;Etat, confirmait la prescription de l&rsquo;action publique. La Cour de cassation, renvoyant par son arr&ecirc;t du 30 juin 1976 l&rsquo;affaire, &agrave; nouveau, devant la chambre d&rsquo;accusation de Paris, cette juridiction, dans un arr&ecirc;t en date du 27 juillet 1979 releva que l&rsquo;action publique n&rsquo;&eacute;tait pas couverte par la prescription, notamment en vertu de la loi du 26 d&eacute;cembre 1964 ; le dossier fut, alors, renvoy&eacute; au juge d&rsquo;instruction de Paris).<br /> <br /> <strong>&quot;Persuad&eacute; de bien servir le pays&quot;</strong><br /> <br /> A ce propos, il s&rsquo;agit de rappeler que le si le Procureur G&eacute;n&eacute;ral Mornet, requ&eacute;rant la peine de mort contre le Mar&eacute;chal P&eacute;tain d&egrave;s avant le proc&egrave;s, n&rsquo;avait pas pr&ecirc;t&eacute; serment comme cela avait &eacute;t&eacute; impos&eacute; aux fonctionnaires publics &agrave; partir de septembre 1941, c&rsquo;&eacute;tait parce que ce magistrat &eacute;tait &agrave; la retraite ; devenu Pr&eacute;sident honoraire de la Cour de cassation en 1940, il aurait &eacute;t&eacute;, &agrave; compter de mai 1940 directeur de la justice militaire, en ao&ucirc;t de la m&ecirc;me ann&eacute;e il a fait partie de la Cour de Riom en charge de juger les responsables de la &laquo; d&eacute;b&acirc;cle &raquo; (notamment L&eacute;on Blum et Edouard Daladier), enfin, qu&rsquo;il fut vice-pr&eacute;sident de la commission de r&eacute;vision des naturalisation depuis septembre 1940. C&rsquo;est s&ucirc;rement cet extrait de l&rsquo;hommage rendu par Monsieur l&rsquo;Avocat G&eacute;n&eacute;ral Gaston Albucher au Procureur G&eacute;n&eacute;ral Mornet devant la Cour de cassation, &agrave; l&rsquo;occasion de l&rsquo;audience solennelle de rentr&eacute;e le 2 octobre 1956 en pr&eacute;sence de Monsieur Fran&ccedil;ois Mitterrand, alors Garde des Sceaux : <em>&laquo; Avocat de la R&eacute;publique, donc avocat de gouvernements successifs, d&eacute;positaire de leur pens&eacute;e, agissant d'accord avec eux, il a d&eacute;fendu les int&eacute;r&ecirc;ts qui lui &eacute;taient confi&eacute;s avec d'autant plus de force qu'il &eacute;tait persuad&eacute; de bien servir le pays et la justice. L'histoire jugera son &oelig;uvre. &raquo; <br /> </em>Par ailleurs, le Pr&eacute;sident Mongibeaux avait, lui, pr&ecirc;t&eacute; serment de fid&eacute;lit&eacute; au Mar&eacute;chal.<br /> <br /> <strong>&laquo; Le pardon est mort dans les camps de la mort &raquo;<br /> </strong><br /> Le ton est donn&eacute;. Mais ici, le temps, la prescription, l&rsquo;oubli ne sont pas condamn&eacute;s en tant que tels mais en ce qu&rsquo;ils peuvent laisser la place &agrave; un pardon, purement hypoth&eacute;tique dans ce cas, comme le rappelle l&rsquo;auteur : <em>&laquo; Le pardon est mort dans les camps de la mort. &raquo;</em> [p. 50] tout en se demandant <em>&laquo; Pourquoi pardonnerions-nous &agrave; ceux qui regrettent si peu et si rarement leurs forfaits ? &raquo;</em> [p.52]. C&rsquo;est la peur de pardonner l&rsquo;impardonnable qui conduit &agrave; condamner l&rsquo;oubli : <em>&laquo; L&rsquo;oubli serait ici une grave insulte &agrave; ceux qui sont morts dans les camps, et dont la cendre est m&ecirc;l&eacute;e pour toujours &agrave; la terre ; ce serait un manque de s&eacute;rieux et de dignit&eacute;, une honteuse frivolit&eacute;. &raquo;</em> [p.62]. Si l&rsquo;oubli est impardonnable, ici, devons-nous, pour autant oublier le pardon ? Comment concilier l&rsquo;id&eacute;e que les Allemands ne sont pas responsables ni collectivement, ni en tant qu&rsquo;Allemands des exactions de la seconde guerre mondiale en ce qui concerne, essentiellement, les Juifs, avec celle qu&rsquo;il y avait <em>&laquo; bien peu d&rsquo;innocents parmi ces millions d&rsquo;Allemands muets ou complices &raquo;</em> [p. 44] au point que ce crime contre l&rsquo;humanit&eacute; est celui commis par un peuple tout entier au point que l&rsquo;Allemagne, y compris dans sa division, a des comptes &agrave; rendre. Ce point : l&rsquo;articulation entre responsabilit&eacute; individuelle et culpabilit&eacute; collective, n&rsquo;est pas tranch&eacute;.<br /> <br /> <strong>Un&nbsp;chapitre inexplicable de l'histoire</strong><br /> <br /> S&rsquo;il ne faut ni pardonner aux Allemands, ni oublier ce que l&rsquo;Allemagne a fait, la division de ce pays est parfaite en ceci qu&rsquo;elle stigmatise la cons&eacute;quence du crime, et le mur de Berlin incarnerait &agrave; la fois le juste ch&acirc;timent inflig&eacute; au peuple criminel et le devoir de m&eacute;moire d&ucirc; aux victimes. A la mal&eacute;diction du peuple Juif, qui aurait &eacute;t&eacute; d&eacute;icide, s&rsquo;ajouterait, sans n&eacute;cessairement se substituer, la condamnation du peuple allemand en tant qu&rsquo;humanicide. Non que la mise &agrave; mort du seul Christ soit assimilable en quoi que ce soit &agrave; l&rsquo;assassinat de millions de personnes : cela ne fonctionne que dans l&rsquo;exceptionnalit&eacute; de l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement ; il s&rsquo;agit d&rsquo;un bouleversement profond qui transforme l&rsquo;humanit&eacute;. C&rsquo;est cela que transmet Jank&eacute;l&eacute;vitch, il ne faut pas oublier pour ne pas pardonner parce que ce fait, la mise en &oelig;uvre de la solution finale, est singulier : <em>&laquo; Ce qui est arriv&eacute; est unique dans l&rsquo;histoire et sans doute ne se reproduira jamais, car il n&rsquo;en est pas d&rsquo;autres exemples depuis que le monde est monde ; un jour viendra o&ugrave; on ne pourra m&ecirc;me plus expliquer ce chapitre &agrave; jamais inexplicable dans les annales de la haine. &raquo;</em> [p. 61].</p> <p><strong>&quot;Tout le monde demandait pardon&quot;</strong>&nbsp;<br /> <br /> Le probl&egrave;me est que le devoir de m&eacute;moire, tout comme la notion de crime contre l&rsquo;humanit&eacute;, a &eacute;t&eacute; g&eacute;n&eacute;ralis&eacute; ; le refus d&rsquo;oublier l&rsquo;acte impardonnable s&rsquo;est banalis&eacute;. Dans le m&ecirc;me temps, nous nous sommes r&eacute;jouis, presque paradoxalement, de la r&eacute;unification allemande et de la chute du mur de Berlin ; la proscription des Allemands &eacute;tait lev&eacute;e de fait : le crime contre l&rsquo;humanit&eacute; est imprescriptible, pas le criminel. Paradoxalement, jamais l&rsquo;heure n&rsquo;a &eacute;t&eacute; autant &agrave; la repentance : personne ne pouvant &ecirc;tre pardonn&eacute;, chacun demandait pardon non pas tant pour ce qu&rsquo;il avait pu faire que pour ce qu&rsquo;il pouvait repr&eacute;senter &ndash; l&rsquo;homme se repentait d&rsquo;avoir &eacute;t&eacute; sexiste, le blanc esclavagiste, l&rsquo;Europ&eacute;en colonialiste, le chr&eacute;tien antis&eacute;mite, le politicien d&rsquo;avoir (eu) des principes, l&rsquo;intellectuel des id&eacute;es et le moraliste des valeurs, etc. tous d&rsquo;avoir &eacute;t&eacute; intol&eacute;rants. Ce faisant, cette &laquo; bien-pensance &raquo; toute politiquement correcte, induisait un nouveau ph&eacute;nom&egrave;ne : la victimisation &ndash; personne ne voulant &ecirc;tre bourreau, chacun disait &ecirc;tre victime.</p> <p><strong>Vichy, pas vraiment la France ?</strong>&nbsp;<br /> <br /> C&rsquo;est ici que se trouve le point d&rsquo;inflexion : revendiquer le statut de victime collective d&rsquo;un syst&egrave;me quel qu&rsquo;il soit (il peut s&rsquo;agir d&rsquo;un syst&egrave;me de gouvernement, d&rsquo;un syst&egrave;me &eacute;ducatif, d&rsquo;un syst&egrave;me social, d&rsquo;un syst&egrave;me moral, etc.) afin de d&eacute;culpabiliser, d&rsquo;abord, de d&eacute;responsabiliser, ensuite, le sujet individuel. La mode est, alors, &agrave; l&rsquo;image de l&rsquo;expiation puisqu&rsquo;elle se trouve d&eacute;gager de tout remord et de tout regret : demander pardon ne co&ucirc;te rien puisque rien n&rsquo;est de notre faute. Mieux, demander pardon de ce que nous avons fait (ou fait par des sujets &laquo; comme nous &raquo;) permet d&rsquo;excuser notre propre situation et de demander, en retour, que des excuses nous soient faites dans un tour de passe passe int&eacute;ressant &ndash; par exemple : l&rsquo;Etat fran&ccedil;ais (le gouvernement de Vichy) n&rsquo;&eacute;tait pas vraiment la France, la France la vraie &eacute;tait &agrave; Londres mais les juges qui ont condamn&eacute;s le Mar&eacute;chal P&eacute;tain et Pierre Laval ont jug&eacute; avant, pendant et apr&egrave;s la guerre et l&rsquo;occupation servant la loi . Cruel rappel que celui du fabuliste pour qui <em>&laquo; selon que vous serez puissant ou mis&eacute;rable, les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir &raquo;.</em> C&rsquo;est cela que nous voulons oublier &agrave; tout jamais, cette v&eacute;rit&eacute; humaine que nous rem&eacute;more sans m&eacute;nagement Nietzsche : c&rsquo;est l&rsquo;instinct m&ecirc;me du Droit qui remonte &agrave; l&rsquo;antiquit&eacute; grecque qui r&eacute;sonne et ne cesse <em>&laquo; de proclamer de sa voix d'airain des maximes comme celles-ci : &lsquo;&lsquo; Au vainqueur appartient le vaincu avec femme et enfant, corps et biens &rsquo;&rsquo;, &lsquo;&lsquo; La force donne le premier droit &rsquo;&rsquo; et &lsquo;&lsquo; Il n'y a pas de droit qui, en son principe, ne soit abus, usurpation, violence.&rsquo;</em>&rsquo; &raquo; (NIETZSCHE Friedrich, &laquo; L&rsquo;Etat chez les Grecs &raquo;, in &OElig;uvres philosophiques compl&egrave;tes, I'' Ecrits posthumes 1870-1873, NRF Gallimard, 1999, p. 181).</p> <p><strong>&quot;Une m&eacute;moire qui n'apprend rien&quot;</strong><br /> <br /> C&rsquo;est ce mouvement qui nous est demand&eacute; d&rsquo;oublier afin de mieux nous faire prendre partie sur le pass&eacute; &agrave; l&rsquo;aune des jugements contemporains ; ce qui r&eacute;active, sans cesse, une m&eacute;moire qui n&rsquo;apprend rien, qui ne transmet rien, qui ne fait que se juger elle-m&ecirc;me dans le confort intellectuel de la bonne conscience de l&rsquo;observateur. Cela a &eacute;t&eacute; patent lors des d&eacute;bats de la commission parlementaire dissertant sur l&rsquo;affaire d&rsquo;Outreau, en France, en 2004-2005&nbsp;: des d&eacute;put&eacute;s ont, ainsi, &eacute;t&eacute; amen&eacute;s &agrave; juger les actes, les d&eacute;cisions d&rsquo;un juge d&rsquo;instruction plusieurs ann&eacute;es apr&egrave;s les faits (de la sorte d&eacute;barrass&eacute;s de tout le poids affectif qui pouvait entourer cette affaire), reprochant <em>a posteriori</em> tel ou tel comportement que n&rsquo;avait pas trouv&eacute; bon de sanctionner la hi&eacute;rarchie judiciaire au moment o&ugrave; l&rsquo;enqu&ecirc;te se d&eacute;roulait. <br /> <br /> Il nous est tellement demand&eacute; de prendre position sur notre pass&eacute;, de le revivre d&rsquo;une fa&ccedil;on fictive ; connaissant, en effet, les tenants et les aboutissants de tel ou tel &eacute;v&eacute;nement, il nous est facile de savoir quelles seront les cons&eacute;quences de telle ou telle d&eacute;cision et, de la sorte, nous ranger ab initio du c&ocirc;t&eacute; des bons et des justes, en oubliant que nous projetons nos valeurs contemporaines &agrave; travers les &acirc;ges et &agrave; des &eacute;poques o&ugrave; elles n&rsquo;existaient pas (outre les quiproquos relatifs &agrave; certains principes comme la libert&eacute; ou la d&eacute;mocratie, cela pose la question de la relecture de ce pass&eacute; : est-il tenable de parler, par exemple, de &laquo; lutte des classes &raquo; avant sa th&eacute;orisation par Marx ?) . Ce qui est sans cesse mis de c&ocirc;t&eacute; est le doute : il convient d&rsquo;avoir des certitudes et ces certitudes sont celles qui sont v&eacute;hicul&eacute;es via une m&eacute;moire impos&eacute;e qui ne veut rien oublier dans sa qu&ecirc;te de v&eacute;rit&eacute; absolue. <br /> <br /> <strong>Universalisation d'Histoires particuli&egrave;res<br /> </strong><br /> C&rsquo;est ainsi que nous cristallisons notre r&eacute;flexion sur quelques faits jug&eacute;s relevant de nos jours et sur lesquels il nous faut prendre une position commune ; il s&rsquo;agit, en gros, de la R&eacute;volution, de l&rsquo;&oelig;uvre du I Empire, de la guerre d&rsquo;Espagne, de la seconde guerre mondiale (sp&eacute;cifiquement du gouvernement de Vichy), de la d&eacute;colonisation (plus particuli&egrave;rement des &eacute;v&eacute;nements en Alg&eacute;rie), pour ne rester que dans le cadre fran&ccedil;ais. Quelque avis nuanc&eacute; sur l&rsquo;ensemble de ces points est consid&eacute;r&eacute; comme r&eacute;visionnisme et doit &ecirc;tre catalogu&eacute; comme, au choix, conservateur, r&eacute;actionnaire, fasciste, etc. Il faut avoir les id&eacute;es claires sur ces sujets et quoi de plus clair que la simplification par dichotomie : d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute; les bons, ceux qui ont gagn&eacute;, de l&rsquo;autre les m&eacute;chants, ceux qui ont perdu.</p> <p><strong>Le Code Napol&eacute;on, issu de la royaut&eacute;</strong><br /> <br /> Le probl&egrave;me trouve &agrave; s&rsquo;exprimer dans une vision d&rsquo;une &eacute;volution historique &agrave; long terme. Par exemple voir dans le Code Napol&eacute;on la finalisation d&rsquo;un effort consid&eacute;rable entrepris d&egrave;s les ordonnances Colbert de rationalisation et de syst&eacute;matisation du droit, effort particuli&egrave;rement pris en compte par Napol&eacute;on Bonaparte qui r&eacute;unit quatre juristes faisant autorit&eacute; : Portalis, Maleville, Bigot de Pr&eacute;ameneu ainsi que Tronchet (ancien d&eacute;fenseur de Louis XVI) &ndash; ainsi le Code, legs de l&rsquo;Empire et fruit de la R&eacute;volution, trouve son germe dans la royaut&eacute; et devient &agrave; maturit&eacute; par le travail de personnes moyennement proches des id&eacute;aux r&eacute;volutionnaires les plus radicaux. De m&ecirc;me le projet de constitution pour la France qui fut &eacute;tabli sous le gouvernement de Vichy (de part l&rsquo;initiative de Pierre-Etienne Flandin, et continu&eacute; par l&rsquo;amiral Fran&ccedil;ois Darlan qui garda le m&ecirc;me ministre de la Justice, &agrave; savoir Joseph Barth&eacute;lemy, qui appela &agrave; former le Conseil National dans lequel nous trouvons des personnages aussi vari&eacute;s que : Antoine Pinay, Abel Bonnard, Lucien Lamoureux, Paul Faure, Andr&eacute; Amiaud ou Louis Lumi&egrave;re) pr&eacute;sente des organes et une modernit&eacute; que nous ne retrouvons &agrave; peine qu&rsquo;actuellement.<br /> <br /> <strong>Dante, Virgile, Foucault<br /> </strong><br /> L&rsquo;Histoire ne sert plus &agrave; justifier le pouvoir politique, la souverainet&eacute;, l&rsquo;Etat, ainsi que cela a &eacute;t&eacute; le cas dans le pass&eacute; (FOUCAULT Michel, &laquo; Il faut d&eacute;fendre la soci&eacute;t&eacute; &raquo;. Cours au Coll&egrave;ge de France 1976, Paris, Gallimard/Seuil, coll. &laquo; Hautes Etudes &raquo;, 1997, p. 58. Nous pouvons, ici, citer Dante : <em>&laquo; A la question donc je r&eacute;ponds que le peuple romain s&rsquo;adjugea &agrave; bon droit, et non en l&rsquo;usurpant, l&rsquo;office de Monarque, autrement dit l&rsquo;empire sur tous les mortels. Ce qui d&rsquo;abord se prouve ainsi : il convient qu&rsquo;&agrave; la t&ecirc;te de tous les autres peuples soit port&eacute; le plus noble ; le peuple romain fut le plus noble des peuples : donc il convenait qu&rsquo;il f&ucirc;t plac&eacute; par-dessus tous les autres. [&hellip;] Quant &agrave; la mineure, les t&eacute;moignages des anciens suffisent &agrave; nous en persuader ; car tout au long de l&rsquo;En&eacute;ide notre divin po&egrave;te Virgile, afin qu&rsquo;on en ait m&eacute;moire &eacute;ternelle, t&eacute;moigne que le tr&egrave;s glorieux roi En&eacute;e fut p&egrave;re du peuple romain [&hellip;] &raquo;</em> [DANTE, Monarchie, in &OElig;uvres compl&egrave;tes, Paris, NRF Gallimard, coll. &laquo; La Pl&eacute;iade &raquo;, 2000, pp. 666-667) jusqu&rsquo;&agrave; Bodin ( BERNS Thomas, Souverainet&eacute;, droit et gouvernementalit&eacute;. Lectures du politique moderne &agrave; partir de Bodin, Paris, L&eacute;o Scheer, coll. &laquo; Non &amp; Non &raquo;, 2005, p. 39-40.) o&ugrave; c&rsquo;est le droit positif, et plus particuli&egrave;rement le droit public, qui sera en charge de l&eacute;gitimer cette puissance (faisons appel, ici, &agrave; Pufendorf : <em>&laquo; Il y a seulement cette diff&eacute;rence, que le Pouvoir insinue plus directement la possession actuelle d&rsquo;une telle qualit&eacute; par rapport aux Choses ou aux Personnes, et ne d&eacute;signe qu&rsquo;obscur&eacute;ment la mani&egrave;re dont on l&rsquo;a acquise. Au lieu que le Droit donne &agrave; entendre proprement et distinctement, que cette qualit&eacute; a &eacute;t&eacute; l&eacute;gitimement acquise, et qu&rsquo;ainsi on se l&rsquo;attribue &agrave; juste titre. &raquo;</em> [PUFENDORF, Le droit de la nature et des gens. Ou syst&egrave;me g&eacute;n&eacute;ral des principes les plus importants de la morale, de la jurisprudence et de la politique T. I, Paris, A. Trevoux, 1740, p. 22]), avant que cela ne soit d&eacute;volu progressivement &agrave; l&rsquo;&eacute;conomie ( FOUCAULT Michel, Naissance de la biopolitique. Cours au Coll&egrave;ge de France 1978-1979, Paris, Gallimard/Seuil, coll. &laquo; Hautes Etudes &raquo;, 2004, pp. 85-86.) &agrave; partir du d&eacute;veloppement de la pens&eacute;e lib&eacute;rale au XIXe si&egrave;cle (le r&ocirc;le du droit public n&rsquo;&eacute;tant plus de fonder le pouvoir de l&rsquo;Etat mais de le limiter - Ibid., p. 40.). <br /> <br /> <strong>Vision de l'histoire biais&eacute;e par les codes contemporains</strong><br /> <br /> L&rsquo;Histoire devient, en cons&eacute;quence, autre chose, ainsi que le revendique Monsieur Pierre Lyautey, dans son avant propos d&rsquo;une histoire de France, en ces termes : <em>&laquo; Jadis, l&rsquo;Histoire se consacrait aux batailles, aux trait&eacute;s, aux annales des Gouvernements ; au seuil de ce si&egrave;cle, elle s&rsquo;attachait davantage aux r&eacute;alit&eacute;s financi&egrave;res, &eacute;conomiques et sociales et &agrave; l&rsquo;&eacute;volution des civilisations. Dans nos soci&eacute;t&eacute;s soumises aux techniques, aux progr&egrave;s industriels, et aux exigences des avions rapides, son r&ocirc;le est d&eacute;sormais nouveau. &raquo;</em> (LYAUTEY Pierre, Avant-propos, in Histoire de la France T. I, Paris, Philippe Lebaud, coll. &laquo; Club du Livre &raquo;, 1963, p. 13.). Le crime que nous commettons est de revisiter l&rsquo;Histoire en refusant d&rsquo;oublier qui nous sommes et en la relisant chaque fois avec notre mentalit&eacute; contemporaine ; d&egrave;s lors, nous ne pouvons avoir qu&rsquo;une compr&eacute;hension partielle et biais&eacute;e du pass&eacute;. En effet, nous nous mettons dans l&rsquo;incapacit&eacute; d&rsquo;appr&eacute;hender la mentalit&eacute; de nos pr&eacute;d&eacute;cesseurs alors que cela devrait &ecirc;tre primordial ainsi que le rappelle Fernand Braudel : <em>&laquo; A chaque &eacute;poque, une certaine repr&eacute;sentation du monde et des choses, une mentalit&eacute; collective dominante anime, p&eacute;n&egrave;tre la masse enti&egrave;re de la soci&eacute;t&eacute;. Cette mentalit&eacute; qui dicte les attitudes, oriente les choix, enracine les pr&eacute;jug&eacute;s, incline les mouvements d&rsquo;une soci&eacute;t&eacute; est &eacute;minemment un fait de civilisation. [&hellip;] Les r&eacute;actions d&rsquo;une soci&eacute;t&eacute; aux &eacute;v&eacute;nements de l&rsquo;heure, aux pressions qu&rsquo;ils exercent sur elle, aux d&eacute;cisions qu&rsquo;ils exigent d&rsquo;elle ob&eacute;issent moins &agrave; la logique, ou m&ecirc;me &agrave; l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t &eacute;go&iuml;ste, qu&rsquo;&agrave; ce commandement informul&eacute;, informulable souvent et qui jaillit de l&rsquo;inconscient collectif. &raquo;</em> (BRAUDEL Fernand, Grammaire des civilisations, Paris, Arthaud-Flammarion, 1987, p. 54.)<br /> <br /> <strong>S'accomoder de toute r&eacute;alit&eacute;<br /> </strong><br /> Loin d&rsquo;&ecirc;tre anecdotiques, ces inflexions marquent notre rapport &agrave; l&rsquo;Histoire et notre approche du pass&eacute;. En effet, relire l&rsquo;Histoire avec une lecture &laquo; lib&eacute;rale &raquo; du monde qui condamne toute intervention au nom d&rsquo;un laisser faire &eacute;quilibrant toute chose selon la loi du march&eacute; de l&rsquo;offre et de la demande, conduit &agrave; conclure que nous sommes ce que nous sommes non pas tant parce que nous avons voulu &ecirc;tre ce que nous sommes que parce que nous devions n&eacute;cessairement devenir ce que nous sommes ; de l&agrave;, &eacute;galement, la frivolit&eacute; contemporaine qui, au nom du pragmatisme, s&rsquo;accorde avec tout ce qui arrive (tout en pensant que cela aurait &eacute;t&eacute; aussi bien d&rsquo;une mani&egrave;re diff&eacute;rente - A ce sujet, il serait bon de reprendre Sloterdijk Peter, <em>Si l'Europe s'&eacute;veille. R&eacute;flexions sur le programme d'une puissance mondiale &agrave; la fin de l'&egrave;re de son absence politique</em>, Paris, Mille et une nuits, coll. &laquo; Essai &raquo;, 2003.), qui n&rsquo;est pas sans rappeler le qui&eacute;tisme.<br /> <br /> <strong>Chaque si&egrave;cle, les &quot;m&ecirc;mes erreurs&quot; et&nbsp;&quot;m&ecirc;mes calamit&eacute;s&quot;</strong><br /> <br /> Parvenant &agrave; ce point, nous ne pouvons que constater la confirmation de &laquo; l&rsquo;&ecirc;tre authentique &raquo; tel que critiqu&eacute; par Th&eacute;odor Adorno (ADORNO Theodor W., <em>Jargon de l'authenticit&eacute;. De l'id&eacute;ologie allemande</em>, Paris, Payot, coll. &laquo; Critique de la politique &raquo;, 2003, p. 129s.). En effet, ce &laquo; nous &raquo; qui relit l&rsquo;Histoire trouve son authenticit&eacute; dans la r&eacute;alisation de son destin qui est &laquo; notre &raquo; &ndash; d&egrave;s lors se r&eacute;actualise la pens&eacute;e selon laquelle <em>&laquo; Les Juifs sont punis parce qu&rsquo;ils sont ce destin &raquo;</em> et s&rsquo;&eacute;largit dans l&rsquo;assimilation de l&rsquo;ontologie et de la nature ; c&rsquo;est, d&rsquo;ailleurs le postulat de d&eacute;part de la fin de l&rsquo;Histoire telle que la conceptualise Francis Fukuyama (mais le concept de &laquo; fin de l&rsquo;histoire &raquo; a aussi une histoire et ce th&egrave;me cher &agrave; Fukuyama et aux n&eacute;o-lib&eacute;raux, se trouve chez Marx (&agrave; ce sujet voir DERRIDA Jacques, Spectres de Marx, Paris, Galil&eacute;e, coll. &laquo; La philosophie en effet &raquo;, 1997) : un peu comme si la pens&eacute;e qui devait montrer l&rsquo;inanit&eacute; d&rsquo;une id&eacute;ologie parvenait &agrave; un r&eacute;sultat identique. Comment, alors, ne pas penser &agrave; cette sentence de Mably : <em>&laquo; C&rsquo;est parce qu&rsquo;on d&eacute;daigne par indiff&eacute;rence, par paresse ou par pr&eacute;somption de profiter de l&rsquo;exp&eacute;rience des si&egrave;cles pass&eacute;s, que chaque si&egrave;cle ram&egrave;ne le spectacle des m&ecirc;mes erreurs et des m&ecirc;mes calamit&eacute;s. L&rsquo;imb&eacute;cile ignorance va &eacute;chouer contre des &eacute;cueils, autour desquels on voit encore flotter mille d&eacute;bris, restes malheureux de mille naufrages. Elle est oblig&eacute;e d&rsquo;inventer, et peut &agrave; peine &eacute;baucher des &eacute;tablissements dont on trouve le mod&egrave;le parfait dans un autre temps ou chez une autre nation. De-l&agrave; ces vicissitudes, ces r&eacute;volutions capricieuses et &eacute;ternelles auxquelles les Etats semblent &ecirc;tre condamn&eacute;s. Nous faisons ridiculement et laborieusement des exp&eacute;riences malheureuses, quand nous devrions profiter de celle de nos p&egrave;res. &raquo;</em> [MABLY Gabriel de, De l&rsquo;Etude de l&rsquo;histoire, Paris, Fayard, coll. &laquo; corpus des &oelig;uvres philosophiques en langue fran&ccedil;aise, 1988, p. 15]).<br /> <br /> <strong>&quot;V&eacute;rit&eacute; au de&ccedil;&agrave; des Pyr&eacute;n&eacute;es, erreur au-del&agrave;&quot;</strong><br /> <br /> C&rsquo;est ainsi que nous ne nous imaginons plus Grec ou Romain, comme cela pouvait encore &ecirc;tre le cas au XIXe si&egrave;cle (r&ecirc;vant, tel Isocrate, d&rsquo;incarner les derni&egrave;res valeurs d&rsquo;une civilisation grandiose mais &eacute;teinte) ; c&rsquo;est encore chez les juristes, et plus particuli&egrave;rement chez ceux qui ont eu la chance d&rsquo;&ecirc;tre familiaris&eacute;s avec le droit romain, que se retrouve ce sentiment notamment dans l&rsquo;apprentissage de cette affinit&eacute; du sens juridique : la connaissance du droit romain permettant une meilleure intelligence du droit positif contemporain (GIRARD Fr&eacute;d&eacute;ric, <em>Manuel &eacute;l&eacute;mentaire de droit romain</em>, Paris, Arthur Rousseau, 1898, p. 4s). Mais, aujourd&rsquo;hui, nous nous repr&eacute;sentons bien plus volontiers les Grecs ou les Romains &agrave; notre image (d&rsquo;o&ugrave; notre incompr&eacute;hension de l&rsquo;Histoire). Revenant, pour d&rsquo;autres motifs, &agrave; un prudent relativisme spatial que ne d&eacute;mentirait ni Montaigne (<em>&laquo; Quelle v&eacute;rit&eacute; que ces montagnes bornent, qui est mensonge au monde qui se tient au-del&agrave; ?</em> &raquo; [MONTAIGNE Michel de, Essais II XII &laquo; Apologie de Raymond Sebond &raquo;, in &OElig;uvres compl&egrave;tes, Paris, NRF Gallimard, coll. &laquo; La Pl&eacute;iade &raquo;, 1962, p. 563.]) ni Pascal (<em>&laquo; Plaisante justice qu&rsquo;une rivi&egrave;re borne ! V&eacute;rit&eacute; au de&ccedil;&agrave; des Pyr&eacute;n&eacute;es, erreur au-del&agrave;. </em>&raquo; [PASCAL Blaise, Pens&eacute;es, in &OElig;uvres compl&egrave;tes, Paris, NRF Gallimard, coll. &laquo; La Pl&eacute;iade &raquo;, 1954, p. 1149.]) &ndash; mais qui va &agrave; l&rsquo;encontre de toute la pens&eacute;e issue des Lumi&egrave;res (il faudrait, ici, reprendre &agrave; la fois l&rsquo;anthropologie kantienne avec sa critique de la facult&eacute; de juger : conceptuellement l&rsquo;homme est universalisable ainsi que son concept de dignit&eacute; humaine) &ndash; nous nous lan&ccedil;ons dans un universalisme temporel.<br /> <br /> <strong>Le pass&eacute;, vu par&nbsp;tradition nationale</strong><br /> <br /> Nous pr&eacute;f&eacute;rons, de nos jours, des histoires particuli&egrave;res, laissant entendre que la multiplicit&eacute; d&rsquo;images instantan&eacute;es (pr&eacute;cises et d&eacute;taill&eacute;es) et croyons cela tr&egrave;s moderne, car tr&egrave;s scientifique ; c&rsquo;est oublier l&rsquo;antiquit&eacute; et les premiers travaux des &laquo; historiens &raquo; tel dans la pr&eacute;face de L&rsquo;Enqu&ecirc;te : <em>&laquo; H&eacute;rodote d&rsquo;Halicarnasse pr&eacute;sente ici les r&eacute;sultats de son enqu&ecirc;te, afin que le temps n&rsquo;abolisse pas les travaux des hommes et que les grands exploits accomplis soit par les grecs, soit par les Barbares, ne tombent pas dans l&rsquo;oubli, et il donne en particulier la raison du conflit qui mit ces deux peuples aux prises. &raquo;</em> (HERODOTE, L&rsquo;Enqu&ecirc;te, in <em>&OElig;uvres compl&egrave;tes</em>, Paris, NRF Gallimard, coll. &laquo; La Pl&eacute;iade &raquo;, 2007, pp. 51-52.), ou encore dans celle de la Guerre du P&eacute;loponn&egrave;se : <em>&laquo; Tels sont donc les r&eacute;sultats de mes recherches sur les temps anciens. C&rsquo;est une &eacute;poque pour laquelle il est difficile d&rsquo;ajouter foi &agrave; tous les t&eacute;moignages qui peuvent s&rsquo;offrir &agrave; nous. Les hommes, en effet, acceptent et se transmettent sans examen, m&ecirc;me quand il s&rsquo;agit de leur propre pays, les traditions concernant les &eacute;v&eacute;nements du pass&eacute;. &raquo;</em> (THUCYDIDE, La Guerre du P&eacute;loponn&egrave;se, in <em>&OElig;uvres compl&egrave;tes</em>, Paris, NRF Gallimard, coll. &laquo; La Pl&eacute;iade &raquo;, 2007, p. 705).</p> <p><strong>Le leurre des histoires partielles ?<br /> </strong><br /> Fort de cela, nous pensons pouvoir nous passer d&rsquo;une Histoire g&eacute;n&eacute;rale et que seules quelques parties suffisent. Nous croyons, par l&rsquo;&eacute;tude approfondie de tel ou tel &eacute;v&eacute;nement historique sp&eacute;cifique, &ecirc;tre habilit&eacute;s &agrave; nous exon&eacute;rer d&rsquo;une &eacute;tude des mouvements de l&rsquo;Histoire et nous oublions que cela est impossible ainsi que le d&eacute;montrait Polybe : <em>&laquo; Ceux qui s&rsquo;imaginent qu&rsquo;&agrave; travers les histoires partielles, ils atteindront &agrave; une vue d&rsquo;ensemble correcte sont dupes, &agrave; mon avis, d&rsquo;une illusion. Autant pourrait-on croire qu&rsquo;en observant les parties pr&eacute;alablement s&eacute;par&eacute;es d&rsquo;un corps qui a &eacute;t&eacute; vivant et bien constitu&eacute;, on a sous les yeux l&rsquo;&eacute;quivalent de l&rsquo;animal lui-m&ecirc;me, dans la pleine activit&eacute; de son organisme et dans toute sa beaut&eacute;. [&hellip;] C&rsquo;est pourquoi il faut bien admettre que les histoires partielles ne contribuent que dans une tr&egrave;s faible mesure &agrave; une saine connaissance de l&rsquo;histoire universelle. L&rsquo;histoire n&rsquo;est vraiment int&eacute;ressante et instructive que si elle permet d&rsquo;observer l&rsquo;ensemble des &eacute;v&eacute;nements dans leur interd&eacute;pendance, avec leurs similitudes et leurs diff&eacute;rences. &raquo;</em> (POLYBE, Histoire, Paris, Gallimard, coll. &laquo; Quarto &raquo;, 2003, p. 71). <br /> <br /> <strong>Le droit d'oublier<br /> </strong><br /> Perdant cette m&eacute;moire &agrave; long terme au profit de cette r&eacute;p&eacute;tition d&rsquo;instant inlassablement psalmodi&eacute;s, nous perdons aussi la notion d&rsquo;oubli (l&rsquo;id&eacute;e de prescription qui laisse au temps la possibilit&eacute; de faire son &oelig;uvre pacificatrice qui attenue le sentiment d&rsquo;injustice et finit par gu&eacute;rir toutes blessures et qui permit &agrave; Louis XII de d&eacute;clarer : <em>&laquo; Le Roi de France ne venge pas les injures faites au duc d&rsquo;Orl&eacute;ans &raquo;</em>) et son travail de distinction, de classement entre l&rsquo;essentiel et l&rsquo;anecdotique ; ce qui se perd, &eacute;galement, est la transmission de l&rsquo;Histoire (universelle), chaque g&eacute;n&eacute;ration devant revivre de mani&egrave;re toujours plus intense quelques images d&rsquo;histoires particuli&egrave;res. Au nom de la science qui se veut pr&eacute;cise et objective pour montrer la V&eacute;rit&eacute; &ndash; et qui ne peut porter que sur des parties &ndash; nous perdons de vue l&rsquo;ensemble, le laissant flotter et d&eacute;river ; c&rsquo;est ainsi que meurt peu &agrave; peu le sens de l&rsquo;Histoire qui est, aussi, porteur de v&eacute;rit&eacute; (Rappelons-nous de Cervant&egrave;s et de son postulat : <em>&laquo; [&hellip;] la v&eacute;rit&eacute;, dont la m&egrave;re est l&rsquo;histoire, &eacute;mule du temps, d&eacute;p&ocirc;t des actions, t&eacute;moin du pass&eacute;, exemple et connaissance du pr&eacute;sent, avertissement de l&rsquo;avenir. &raquo;</em> [CERVANTES Miguel de, <em>Don Quijote de la Mancha</em>, Barcelona, Edicomunicacion, 1999, p. 60.]).<br /> <br /> <strong>Les scientifiques et les&nbsp;psys remplacent l'Eglise</strong><br /> <br /> Le probl&egrave;me devient, alors, celui de LA V&eacute;rit&eacute; d&eacute;ni&eacute;e &agrave; la religion qui, pourtant, durant un temps &eacute;tait la seule autorit&eacute; capable de la dire, elle est la propri&eacute;t&eacute; exclusive des scientifiques ; les pr&ecirc;tres d&rsquo;hier sont-ils les savants d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, apr&egrave;s tout la question se pose d&rsquo;autant mieux que les psy de tous ordres ont remplac&eacute;, dans une soci&eacute;t&eacute; la&iuml;cis&eacute;e comme la soci&eacute;t&eacute; fran&ccedil;aise, les confesseurs. Le Pardon de divin devient humain, mais l&rsquo;intercession demeure pour faire la paix avec soi-m&ecirc;me. L&rsquo;Histoire universelle a &eacute;t&eacute; discr&eacute;dit&eacute;e, comme l&rsquo;ensemble des Grands Discours, par la post-modernit&eacute;. C&rsquo;est ainsi que tout ce qu&rsquo;elle pouvait avoir de performatif a disparu, s&rsquo;est &laquo; d&eacute;construit &raquo; ; c&rsquo;est peut-&ecirc;tre l&agrave; que r&eacute;side le questionnement que ne fait qu&rsquo;effleurer la &laquo; crise identitaire &raquo; que conna&icirc;trait la France actuellement &ndash; mais qui ne fait que refl&eacute;ter la perte du sens de l&rsquo;Histoire et des v&eacute;rit&eacute;s qu&rsquo;elle engendre.</p>]]></description>
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		<title><![CDATA[L’irrédentisme identitaire ou le blues de la globalisation nationale]]></title>
		<link>http://blogs.la-clau.net/jean-bernard-bassach/bloc/lirredentisme-identitaire-ou-le-blues-de-la-globalisation-nationale-362</link>
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		<pubDate>Fri, 13 Nov 2009 21:00:00 +0100</pubDate>
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		<description><![CDATA[Tandis que le gouvernement fran&ccedil;ais de Nicolas Sarkozy lance en France un d&eacute;bat national sur &laquo; l&rsquo;identit&eacute; &raquo;, en Catalogne autonome, depuis les &eacute;lections de 2006, la question de l&rsquo;immigration constitue l'une des principales pr&eacute;occupations des citoyens et des d&eacute;cideurs politiques. Bien que le discours ringard et mesquin de &laquo; nation homog&egrave;ne&raquo; perdure, l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;une appartenance commune est vieille comme le monde. Depuis la Gr&egrave;ce antique, qui inventa le barbare pour d&eacute;signer l&rsquo;&eacute;tranger, diverses conceptions de &laquo; l&rsquo;identit&eacute; nationale &raquo; s&rsquo;entrecroisent. Les nations sont des communaut&eacute;s imagin&eacute;es, construites ou invent&eacute;es, plut&ocirc;t que transmises. Au cours des si&egrave;cles, elles sont apparues sous la forme de communaut&eacute;s de taille r&eacute;duite, et ont men&eacute;, pour certaines, une large politique d&rsquo;expansion.<br /> <br /> <strong>Exclusion, assimilation ou partage ?</strong> <br /> <br /> Longtemps, dans l&rsquo;histoire, l&rsquo;exclusion fut la r&egrave;gle. Trop d&rsquo;Etats ont encore recours &agrave; des crit&egrave;res ethniques pour l&rsquo;obtention de la citoyennet&eacute;. L&rsquo;assimilation ensuite, qui oblige les minorit&eacute;s nationales &agrave; accepter les symboles nationaux de la nationalit&eacute; majoritaire. Le cadre id&eacute;al reste la citoyennet&eacute; partag&eacute;e, o&ugrave; tous participent &agrave; la vie publique et s&rsquo;identifient aux valeurs communes de la nation. La plupart des nationalismes dits &laquo;civiques&raquo; occidentaux ne sont bien s&ucirc;r pas conformes &agrave; ce mode de &laquo;citoyennet&eacute; id&eacute;ale&raquo;. La vision nationaliste civique de la communaut&eacute; politique offre une autre inspiration. C&rsquo;est le cas dans les pays aux multiples communaut&eacute;s culturelles et linguistiques comme le Canada, dont les vagues successives de migrants, et plusieurs fondations constitutionnelles, favorisent l&rsquo;illusion que leur association mutuelle est bas&eacute;e uniquement sur des principes choisis. <br /> <br /> <strong>Crispation identitaire en Europe <br /> <br /> </strong>La fronti&egrave;re entre nationalisme ethnique et nationalisme civique semble relativement perm&eacute;able, tant l'histoire et la situation particuli&egrave;re d'un pays influent sur le type d'appartenance nationale pratiqu&eacute;. Au sein du territoire de la Catalogne du Sud, sous administration du Gouvernement de la Generalitat de Catalunya, ce n&rsquo;est que lors des dix derni&egrave;res ann&eacute;es que l&rsquo;arriv&eacute;e de nouveaux migrants a fourni un d&eacute;bat qui a r&eacute;ellement pris de l&rsquo;ampleur. Bien que le d&eacute;bat soit plus ancien en France, les discours gouvernementaux de ces derni&egrave;res semaines sur la citoyennet&eacute; et les valeurs ancestrales suppos&eacute;es, alors m&ecirc;me que la R&eacute;publique Fran&ccedil;aise dispose d&rsquo;une ind&eacute;pendance &eacute;vidente, c'est-&agrave;-dire d&rsquo;une haute capacit&eacute; de ma&icirc;trise de son propre destin, sont symptomatiques d'une ambiance g&eacute;n&eacute;rale assez banale en Europe : en Italie, la politique identitaire de Silvio Berlusconi est instrumentalis&eacute;e &agrave; l'extr&ecirc;me tandis qu'en Angleterre, pour la premi&egrave;re fois, le leader de l'extr&ecirc;me droite britannique vient de participer &agrave; un d&eacute;bat&nbsp;&agrave; la t&eacute;l&eacute;vision d'Etat, alors m&ecirc;me que plusieurs membres du gouvernement allemand ont sign&eacute; ces derniers temps quelques d&eacute;rapages verbaux au sujet de la communaut&eacute; turque, principale composante de l&rsquo;immigration dans le pays. Bref, ces vieilles habitudes x&eacute;nophobes&nbsp;rappellent que sur l'ensemble du vieux continent, les valeurs identitaires, dans leur penchant exploit&eacute; par une certaine extr&ecirc;me droite,&nbsp;repr&eacute;sentent 20% de l'&eacute;lectorat. <br /> <strong><br /> Acclimatation Vs assimilation nationale<br /> <br /> </strong>L&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t, r&eacute;cent et soudain en France, envers l'identit&eacute; nationale, se nourrit des difficult&eacute;s g&eacute;n&eacute;rales, dont la crise, avec banalisation d'un discours national populiste au sein des sph&egrave;res d&rsquo;&eacute;lite, politiques et intellectuelles europ&eacute;ennes, qui peut nuire aux libert&eacute;s individuelles. Mais le vrai paradoxe de nos soci&eacute;t&eacute;s est le vieillissement de leurs populations qui demanderait, ne serait-ce que dans le simple int&eacute;r&ecirc;t des &eacute;conomiques associ&eacute;es, une v&eacute;ritable politique d'accueil de migrants, &agrave; grande &eacute;chelle. La d&eacute;finition rationnelle de l&rsquo;identit&eacute;, c'est-&agrave;-dire son nouveau codage au sein de la R&eacute;publique Fran&ccedil;aise, constituerait alors une garantie de meilleure&nbsp;&laquo; naturalisation &raquo; des nouveaux venus. Implicitement, l&rsquo;entreprise actuelle de d&eacute;finition de l&rsquo;identit&eacute; nationale reviendrait &agrave; constater que l&rsquo;acclimatation des nouveaux migrants en France s&rsquo;&eacute;loigne d&eacute;sormais de l&rsquo;ancienne assimilation, qui exigeait l&rsquo;abandon total des signes identitaires originels, au profit de la synth&egrave;se r&eacute;publicaine, dans laquelle ils n&rsquo;entraient pas. S&rsquo;en suivrait alors un d&eacute;bat sur les diff&eacute;rences int&eacute;rieures au sein d&rsquo;un m&ecirc;me Etat, d&eacute;bat inimaginable en France.]]></description>
	</item>

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