Logo
rellotge
Jeudi 4 décembre 2008. 07:00h
C4_728x90.gif
nuvols
Toulouse
nuvols_parcials
Girona
nuvols_parcials
Perpignan
nuvols_parcials
Barcelona

Actu et Société en Catalogne Nord et Sud
Blogs > Sengué Wangpo > J'ai un jardin, extraordinaire… Ou le pouvoir de Jardiland


Vendredi 31.3.2006. 00:00h

J'ai un jardin, extraordinaire… Ou le pouvoir de Jardiland

Le français Jardiland engrange plus de 650 millions d'euros par an et ouvre une nouvelle enseigne à Perpignan au printemps 2006, tandis que les Français offrent en moyenne 6 milliards d'euros annuels à leurs jardins ! Les escla
J'ai un jardin, extraordinaire… Ou le pouvoir de Jardiland J'ai un jardin, extraordinaire… Ou le pouvoir de Jardiland

Depuis l'antiquité, les jardins occupent une place importante dans l'histoire des plus grandes civilisations. Les premiers jardins véritablement célèbres, dont on vante depuis toujours la grandeur et la beauté, furent ceux de Babylone. Ils n'étaient pas suspendus comme la légende le rapporte, mais plutôt disposés en terrasses, et furent considérés comme une des sept merveilles du monde antique. Les roses de Perse sont présentes dans de nombreuses œuvres d'art : sculptures et poèmes. Et que dire de la toute puissante Rome antique où César lui-même avait de fabuleux jardins autour de son palais ; jardins que même les riches Gaulois imiteront.
En France, c'est à partir du moyen-âge que l'on trouve trace des premiers jardins d'agrément tel qu'on les imagine de nos jours. On y cultive des plantes potagères, des plantes ornementales, des arbres fruitiers ou encore des arbustes taillés. Toutefois, la plupart des jardiniers à cette époque le sont plus par nécessité alimentaire que pour le plaisir des yeux. A partir de la Renaissance, sous l'influence italienne, les jardins deviennent un enjeu pour tous les rois et reines qui se lancent alors dans une course à la démesure. Château de Chenonceau, château de Villandry, château de Versailles, autant de noms de lieux où les jardins majestueux et gigantesques sont encore considérés comme le reflet de la puissance et de la grandeur de leurs illustres occupants.

Et si certains de nos contemporains avaient hérité de cette fièvre ? On peut légitimement se poser la question. Car, il faut se l'avouer, aujourd'hui le jardinage est devenu pour la majorité des pratiquants un loisir personnel, quasi égoïste au sens étymologique du terme. Assister à la ruée de tous ces droits descendants de Le Nôtre (jardinier français le plus célèbre après Nicolas…) qui sont de plus en plus nombreux à s'entasser dans les jardineries, particulièrement le dimanche, pour dénicher l'essence rare qui va faire de leur lopin de terre un havre de paix insolite et unique à leurs yeux est un spectacle de plus en plus fréquent. La surface des nouvelles jardineries est éloquente. Les matériaux utilisés pour les édifier sont de plus en plus nobles. Leur implantation au cœur des zones commerciales et de loisirs était chose rare il y a quelques années. Désormais, on voit de magnifiques structures en bois et verres, à l'architecture moderne et entourées de vastes parking cohabiter avec des cinémas, des restaurants, des grandes surfaces de l'alimentaire, etc. Il est ainsi possible d'inviter sa promise au cinéma et de lui offrir des fleurs en même temps ! Pas mal non ?

Des jardineries françaises uniformisées sur l’ensemble du territoire. Judicieux ?

Il y a cependant une ombre au tableau de ces grandes surfaces commerciales dédiées au jardinage. Certes oui il y a les plantes, les arbustes, les fleurs, les arbres ; oui il y a les tondeuses, les tracteurs, les brouettes, les seaux ; oui encore pour les pots, les nains, les fontaines ; mais il y a aussi les animaux ! Des poissons, des oiseaux, des rongeurs, des chiens, des chats, autant d'êtres vivants dont la provenance est parfois suspecte, et le sort plus qu'hypothétique. Une jardinerie Lilloise peut-elle et doit-elle commercialiser les mêmes espèces qu'une jardinerie Perpignanaise ? Sûrement pas. Les produits vendus sont des organismes vivants, issus de différents milieux, et qui exigent un certain climat pour survivre. De nombreuses plantes en pot peuvent s'acclimater à la majorité des régions du territoire français mais il n'en est pas de même pour les animaux dont les origines imposent souvent des conditions de vie spécifiques. Des millions de poissons meurent chaque année en aquarium à défaut de propriétés hydrologiques adaptées. Et que dire des rongeurs venus d'Afrique, des oiseaux tropicaux, et de tous ces animaux dits exotiques qui meurent très vite du simple fait du milieu ambiant dans lequel ils se retrouvent ? Ils seraient bien mieux là d'où ils n'auraient jamais du partir !

Si la tendance générale est au jardin paysager, c'est probablement que l'apparent désordre et la liberté d'ordonnance offrent aux jardiniers, dont le quotidien est soumis à tant de jougs, le spectacle apaisant d'une libre végétation. Peut-être est-ce le début d'une réconciliation avec la nature, une participation ?



Commentaires


Aucun commentaire sur cette article

loading


Commentaires

Votre commentaire, envoyé avec succès, sera validé très bientôt.
loading

Les commentaires liés aux informations publiées par La Clau engagent exclusivement la responsabilité de leurs auteurs et ne sauraient en aucun cas engager la responsabilité de La Clau.
© la-clau.net, 2006-2008
Crédits | Mentions légales | PUBLICITÉ | CONTACT