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Samedi 19.5.2007. 00:00h

Pour former les jeunes, le Bac M, comme "Misère" !

Les diplômes français sont inadaptés au marché du travail ? Un Bac en phase avec notre temps pourrait révolutionner la formation. Est-ce vraiment un délire ?
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L'orientation scolaire est souvent un parcours hasardeux dont certains ne sortent pas indemnes. Le phénomène grandit en France, où le catalogue des formations, congelé depuis trop longtemps, correspond aux besoins des années 1980. Mais un petit dernier arrive pour la rentrée 2007 dans tous les lycées. Déjà, les blasés du système et autres chauffeurs de salles lâchent dans un bref soupir "Un de plus…". Mais non, là, c'est vraiment autre chose, c'est du sur mesure, c’est l'aboutissement de plusieurs années de recherche et de travail sur le terrain. Car ce qui fait l'efficacité d'un diplôme, c'est sa capacité à permettre à ceux qui l'obtiennent de s'insérer dans le monde cruel du travail. Et c'est précisément la première qualité du dernier-né de la grande famille des baccalauréats professionnel, le prochainement incontournable Bac Pro Vide-greniers.

Enfin un Bac ouvert sur la vraie vie

Bac "M" ça ne fait pas très sérieux mais il suffit de consulter les matières contenues dans ce cursus post moderne pour en mesurer la qualité et la précision : mathématiques financières, français de la rue, langues vivantes du Nord de l'Europe, histoire de l'art contemporain, géographie locale, gestion de la relation client, négociation commerciale, marketing, gestion d'un point de vente, psychologie appliquée, gestion des réclamations et des conflits. Un programme pléthorique aux accents prononcés. Un immense éventail de connaissances à assimiler pour affronter les situations les plus extrêmes. Un entraînement digne d'un sportif de haut niveau destiné à ceux qui auront le privilège d'être diplômés de la filière. Car les places sont chères et peu nombreuses. Les possibilités de stages ne sont pas légion et toute proposition n'est pas bonne à prendre, il faut "bien tomber" pour être sûr de réussir à l'examen. Il y a bien des bourses de stages sur internet, quelques offres affichées de-ci-delà dans un rond-point ou sur la pile d'un pont. Mais le plus souvent il faut se débrouiller seul et battre le pavé pour dénicher la perle rare.

Un nouveau métier : commercial du pauvre

Durant les deux années de ce bac pro si pointu, c'est sur le terrain que les étudiants vont apprendre quantité de méthodes et techniques inédites pour devenir des … des quoi au fait ? Des vendeurs en vide-greniers ? Des commerciaux de la précarité ? A vous de voir. En tout cas, ils devront savoir vendre l'invendable : du peigne du chien au pot-au-lait, toutes sortes d'objets qui parfois ont bercé notre enfance et que nos ainés conservaient pour leur utilité. Ils devront affronter les hordes de "vers luisants" qui apparaissent dès l'arrêt de leur break, venus scruter l'hypothétique butin. Aguerris au casting, ils sauront aussi dénicher l'imposteur, celui qui croyait que le jeu consistait à payer sa place et à étaler en vrac sur une bâche plastique de chez Gifi les quelques breloques réunies lors du dernier grand ménage. Ils le classeront persona non grata, il sera blacklisté.

Seul le pognon compte

Car si certains dictionnaires disent encore à propos du vide-greniers qu'il constitue un "revenu d'appoint non négligeable pour les retraités et les RMIstes", il est surtout devenu un business lucratif et alléchant, et la France, même du Sud, s’en fait une spécialité. Inconnu il y a 20 ans, le business du ras de terre s’amplifie en 2007 dans un bon tiers des villages de Catalogne Nord, où seul existait le marché aux puces des bords de Têt de Perpignan. Business pour les organisateurs, mais surtout pour ce nombre croissant de vendeurs du dimanche qui sont la honte des antiquaires et qui font de la misère un fond de commerce puant. Si nos greniers ou nos garages regorgent de souvenirs et d'objets dont l'utilité n'a de sens que lorsqu'ils sont dans nos mains, prêtons-les, donnons-les. Mais ne réservons pas à notre patrimoine intime une fin abjecte. J'aime mon vieux presse-purée.



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