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Blogs > Sengué Wangpo > Lama Sonam : "Le bonheur est dans la voie spirituelle"


Samedi 15.12.2007. 00:00h

Lama Sonam : "Le bonheur est dans la voie spirituelle"

En septembre 2007, à Barcelone, le Dalaï Lama répond en riant à un journaliste : "God is not my business !". Nous avons voulu en savoir plus. C’est à Montpellier, au Centre Bouddhiste Tibétain, que Lama Sonam Tshering nous a reçus.
Lama Sonam Tshering Lama Sonam Tshering

La Clau : Alors qu’en Europe consommation et matérialisme sont des valeurs puissantes, qu’est-ce qui explique l’engouement et le succès du bouddhisme ?

Lama Sonam : Le matérialisme est présent dans le monde entier. Comprendre ce qu’est le matérialisme et comprendre la voie spirituelle sont deux choses complètement différentes. Le Bouddha Dharma, c’est pour nous une aide afin de nous connaître nous-mêmes. On cherche le bonheur, qui ne se rencontre pas dans le matérialisme mais se trouve dans le fondement de l’esprit. De quelle manière on le comprend, de quelle manière on cherche, ce sont des informations que l’on obtient grâce aux enseignements du Bouddha. C’est ça le bouddhisme : trouver vraiment comment nous sommes, la nature de notre esprit, afin de trouver la paix, la clarté et le bonheur. Cette richesse ne se trouve que dans la voie spirituelle.

La Clau : Justement, les religions occidentales considèrent Dieu comme un être supérieur, inaccessible. Qu’en est-il de Bouddha ?
L.S. :
Ca dépend de la façon qu’ont les gens d’observer et de comprendre les choses. Parmi les bouddhistes, certains considèrent Bouddha comme un dieu. Mais quand on est vraiment dans la voie spirituelle bouddhiste, Bouddha est un maître, une aide pour nous expliquer comment il a atteint l’éveil. En tout être il y a une graine de bouddhéité, l’important est la manière de l’utiliser et de la faire fonctionner. Ca dépend donc de nous. Dans le bouddhisme on ne croit pas à quelque chose de supérieur. Bouddha disait, "je montrais le chemin, j’ai vu la manière de trouver la voie de la libération, je vous l’ai présenté, maintenant chacun de vous peut choisir d’étudier et d’essayer de comprendre" Il laisse une liberté totale. Pour le reste, je n’ai aucun jugement sur les différentes voies.

La Clau : Comment devient-on bouddhiste ? Quel est le chemin ?
L.S.
: (rire)... Cette question est très commune en Europe car on aime bien faire des raccourcis. Fondamentalement, il n’y a pas de façon de devenir bouddhiste. C’est d’abord quelqu’un qui cherche à savoir qui il est dans le monde où il vie. Qu’est-ce qui fait qu’il habite cette planète. Quel est le sens de sa vie et de sa mort. C’est ensuite comprendre ce qu’expliquent les enseignements de Bouddha. Chacun choisi son chemin avec ses préférences intimes. Dire je suis bouddhiste parce que je pratique le bouddhisme, c’est laisser parler son ego. Fondamentalement il n’y a pas de règles.

La Clau : On a vu récemment des moines bouddhistes affronter la junte militaire en Birmanie. N’y a-t-il pas contradiction avec les valeurs de non violence du bouddhisme ?
L.S. : Je suis personnellement triste de voir ce genre de choses, mais les moines Theravada ne peuvent ni pratiquer librement ni enseigner leur spiritualité. C’est pour leur liberté qu’ils ont manifesté, mais aussi par amour, altruisme et compassion, pour le reste de la population, en prenant les devants. Dans l’absolu, ces actes sont opposés à la voie bouddhiste mais la réalité "relative" est très dure à vivre localement... C’est aussi la manifestation de l’aspect humain de l’esprit, d’où l’importance de toujours pratiquer.

La Clau : Entre Bouddhisme et Science, il n’y a pas l’opposition que nous pouvons constater entre Christianisme et Science. Pourquoi ?
L.S. : Les enseignements de Bouddha ont 2500 ans. Les nouvelles technologies, les nouvelles méthodes de recherches sont extraordinaires et certaines choses, déjà expliquées dans l’enseignement de Bouddha, sont désormais connues des hommes grâce à la science. Il faut s’en réjouir ! En fait, ce que les scientifiques qualifient de progrès et de grandes découvertes logiques sont des phénomènes qui puisent leur origine très loin dans le temps. La science va juste leur donner un nom, un titre. Mais je ne suis pas sur que nous ayons le même but. (Rires)



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