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Samedi 6.10.2007. 00:00h

Faillite française : un mensonge d’état ?

La Corse est terre de traditions et de convictions. Comme dans toute région à forte identité, les politiciens français ne s’y sentent pas à l'aise. Un mal qui semble avoir atteint les pros de la com’ de Matig
Faillite française : un mensonge d’état ? Faillite française : un mensonge d’état ?

Je suis à la tête d'un Etat qui est en situation de faillite sur le plan financier, je suis à la tête d'un Etat qui est depuis 15 ans en déficit chronique, je suis à la tête d'un Etat qui n'a jamais voté un budget en équilibre depuis 25 ans. Ça ne peut pas durer". Déclaration du premier ministre français en déplacement en Corse le 21 septembre 2007. Le thème de la communication est un sujet qui me tient particulièrement à cœur et qui nourrit chez moi bien des interrogations. Notamment sur les techniques utilisées par certains de nos hommes politiques. Est-il nécessaire de rappeler que ce milieu ne laisse rien au hasard lorsqu’il s’agit de communication ? Tout haut responsable local, régional ou national ne se déplace jamais sans une troupe de diplômés bien-pensants, dopés à la positive attitude. Des pros de la com’ qui préparent le terrain avant de lâcher le boss dans l’arène. À en croire les sondages, ça fonctionnait plutôt bien depuis quelque temps. Oui mais voilà, il y a eu ce voyage en Corse.

Le triste sort de François, 1er ministre

En déclarant avec son air de chien battu que la France, classée au 6e rang des puissances économiques mondiales est "en faillite", François Fillion dévoile bien maladroitement les desseins de sa politique. Non, pardon, de la politique de son tonitruant président. Car tout le problème est là. Pendant que ce dernier arpente les plateaux télé et autres studios radio en quête de pouvoir absolu par l’image et le son, il faut bien qu’il y en ait un qui distille les scuds. Et en douceur en plus, sous peine de se voir décanillé au premier remaniement. C’est précisément ce que notre cher François a tenté. Bien maladroitement.

En politique, le mensonge est un art

Il n’est pas simple de trouver des arguments forts pour fédérer le peuple autour d’un projet antisocial. La tâche est encore plus complexe quand on est une marionnette à la tête d’un gouvernement qui souhaite que l'Etat se désengage davantage du quotidien des citoyens. En déclarant que la France est en faillite, l’objectif de François Fillion et de ses fidèles serviteurs de l'idéologie libérale est de faire oublier que sa politique signifie moins de service public, moins de solidarité et plus de chacun pour soi. Ils veulent aussi couvrir la tête de l’état. Car il ne faut pas oublier que Super Sarko est un panier percé et un habitué de la dette publique. Le problème avec lui et son équipe, c’est que l’art du mensonge, eux, ils le maîtrisent parfaitement. Non la France n’est pas en faillite. La dette française est aujourd’hui à 66,6 % du PIB, soit presque 11 points en-dessous de la moyenne des pays de la zone euro qui se situe à 77,5 %. Avant la monnaie unique, la Belgique subissait une dette publique à plus de 130 % du PIB, pour atteindre aujourd’hui les 80 %. Parmi les membres du G7, les Etats-Unis et le Japon caracolent en tête, avec près de 158% du PIB pour ce dernier. Certes l’Etat français dépense inutilement, mais c’est pour assumer ses goûts de luxe, cas unique en Europe, comme celui de doubler son pouvoir politique régional par un pouvoir administratif préfectoral, assurer la superbe des ministères, conforter le centralisme. De l’argent, la France en a. Le tout est de savoir où il va.

Des oursins dans les poches

Dans le nord de l’Europe, la Suède, la Norvège ou le Danemark ont réussi à concilier une dette raisonnable avec un Etat fort et solidaire, preuve que cela reste possible. Malheureusement ce n'est pas l'objectif de nos dirigeants actuels. La lutte des classes appartient désormais aux riches qui obtiennent ainsi des faveurs. Leur paquet fiscal coûtera à l’Etat 15 milliards d’euro par an. Personne n’est dupe. C’est toujours confortable de dire qu’on est en faillite quand on a décidé de fermer les vannes. Enfin, fermées oui, mais pas pour tous…



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