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Samedi 3.11.2007. 00:00h

Centrisme en Europe : le grand méli-mélo

Le centrisme européen, c’est un peu le panier de la ménagère : il contient beaucoup de denrées, toutes comestibles. Mais une fois associées, elles s’accommoderont plus ou moins bien ensemble...
Centrisme en Europe : le grand méli-mélo Centrisme en Europe : le grand méli-mélo

Mathématiquement, définir la position exacte du centre de quelque chose impose d’en connaître les limites. L’inconvénient avec l’échiquier politique, ce sont ses évolutions permanentes. D’où une grande difficulté à déterminer précisément où se trouve son centre. La tâche se complique encore lorsqu’on aborde le problème sous un angle européen. Chaque pays membre de l’union possède au moins un parti politique qui se réclame du centre. Si cela correspondait à une même position pour tous, Il suffirait de juxtaposer tous les programmes politiques pour voir apparaître par transparence une harmonie parfaite dans les idées et les projets. Or tout citoyen européen sait que ce n’est pas le cas. Le centrisme semble être plus une affaire d’alliance et de stratégie politique que l’incarnation d’un projet commun. Il suffit pour s’en convaincre d’observer les marchandages auxquels se livrent actuellement les centristes français.

Centrisme, un joli parfum d’utopie avec le pouvoir comme objectif

Définir une volonté commune à tous les centristes européens, autre que celle de gouverner, est donc très délicat. On trouve sous la bannière alliance centriste (voir le site du Centre de Recherche & d'Etude du Centrisme : http://www.centrisme.free.fr) Albert Pintat Santolària, chef du gouvernement libéral andorran et partisan d’un libéralisme fort. En Belgique, Didier Reynders, du mouvement réformateur belge, francophone et européen convaincu, y côtoie son contraire en politique intérieure notamment, en la personne de Guy Verhofstadt du parti libéral démocrate flamand. Avant la naissance du MODEM, les partis français UMP et UDF étaient réunis dans la même famille PPE-DE (Parti Populaire Européen – Démocrates Européens, parti considéré au centre) au même titre que la CDU d’Helmut Kohl, conservateur et partenaire historique de François Mitterrand, socialiste et progressiste. Le centre dans l’Angleterre de Tony Blair n’est pas celui de Matti Vanhanen, premier ministre finlandais associé d’abord avec les socio-démocrates et le parti populaire, puis lors de son deuxième mandat avec les conservateurs et les Verts ; mais toujours adhérent du parti centriste finlandais (KESK).

Quand l’union des Centres ressemble… à de la désunion

Ce dernier exemple matérialise assez bien l’espace de progression des centristes européens. Une zone sans bornes dans laquelle évoluent souvent des petits partis qui deviennent, en s’unissant, une entité de gouvernement. Les forces politiques européennes savent depuis toujours que pour fonctionner, les parlements nationaux ont besoin de majorités qui ne peuvent s’obtenir que dans l’union. Mais pour durer, elles ne doivent pas être uniquement de circonstances. La situation politique italienne est à ce propos très intéressante. Pour gouverner, Romano Prodi a créé en 2006 une alliance de centre gauche, L'Unione. Malheureusement pour lui, une fois au pouvoir, les divergences se sont exacerbées, notamment avec l’extrême gauche. C’est pourquoi il a créé, avec Walter Veltroni, maire de Rome, un nouveau Parti Démocrate italien. Il rassemble, en vue des élections de 2011, les héritiers du parti communiste et les anciens de la Marguerita, parti démocrate chrétien, deux formations politiques au pouvoir. On mesure à la fois le potentiel de réformes et la fragilité d’une telle alliance. La Suisse voisine fait également la part belle au centrisme politique. Sa situation est d’autant plus représentative de la dérive possible que l’Union Démocratique du Centre (UDC) est populiste et d’extrême-droite !
Aujourd’hui, le rassemblement démocratique semble la meilleure voie pour atteindre le pouvoir en Europe. Mais si l’union fait la force, les centristes européens ne doivent pas oublier de rester cohérents et éloignés des extrêmes.



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