Mardi 13.5.2008. 23:42h
Depuis quelques années se répand une pratique au sein des établissements du secondaire ainsi qu’à l’université : le blocage. Il s’agit de faire du lycée ou de la Fac une place forte imprenable. Pour cela tous les moyens sont bons : poubelles, palettes, chaînes, cadenas, tout est utilisé afin d’empêcher l’entrée des élèves et des enseignants.
Les motifs varient au fil des ans. En 2006, le CPE fut l’apogée de cette pratique. Depuis, les raisons de bloquer n’ont pas manqué : réforme des universités, suppression des postes d’enseignants pour la rentrée 2008 ... Durant ces actions, trois groupes peuvent être distingués. Les bloqueurs, possédant déjà un esprit citoyen et revendicatif. Ils pensent par cette action pouvoir faire plier l’action du gouvernement comme en 2006. Face à eux se regardant en chiens de faïence ou allant parfois jusqu’à l’affrontement les anti-bloqueurs. Leur souhait est d’aller en cours, en général la pression des parents ou l’échéance d’une examen dictant cette conduite. Ils s’appuient sur le fait qu’il faut respecter la liberté d’étudier. Le troisième groupe, le plus important, est celui des passifs. Ils attendent la fin du blocus. Le blocage du lycée est pour eux un moyen de commencer les vacances ou de les rallonger.
Quels enseignements tirer de cela ? Doit-on voir dans cela une prise de conscience de la jeunesse d’un pouvoir de pression ? Mais peut-on réellement prendre au sérieux une personne âgée de 15 ans ? Quelles valeurs sont véhiculées lors de ce type d’action ? Celle du travail ? Non. En effet, pour beaucoup le fait d’aller à l’école ou non n’a pas de conséquence bien grave. Surtout quand on sait que l’année 2006 se caractérisa par un taux de réussite au Bac de 81,6% soit les meilleurs résultats depuis la « démocratisation » de la société. Celle de la démocratie ? Difficile de le dire, tant les votes à main levée du matin pour décider du blocage apparaissent mal organisées. De plus, un vote aussi démocratique qu’il soit peut-il légitimer une action illégale ? Beaucoup de questions qui risquent d’être posées de nouveau tant le blocage a de beaux jours devant lui.