Une pensée d'ailleurs plus complexe qu'il n'y paraît car elle combine une réaction de rejet du marronnier estival de la sexualité -même sous couvert d'en faire la critique-, avec une réaction personnelle de défense contre l'étalage public de l'intime. En même temps, comme ce thème rentre à l'évidence dans le cadre de l'hédonisme dominant consubstantiel de la marchandisation totale de l'individu par le capitalisme de consommation, il m'a semblé qu'il y avait là prétexte à un exercice intéressant d'objectivation participante. Le vrai sujet sera donc pour moi : pourquoi La Clau, ce "mag actu et société" original à bien des égards, donne-t-elle de la sorte dans ce conformisme ressassé ? L'originalité –pour autant qu'on la cultive- n'aurait-elle pas été d'éviter ce type d'exercice ?
La Clau, elle a tout d'une grande !
D'une certaine manière c'est une sorte de consécration pour un jeune magazine où les journalistes amateurs sont largement majoritaires que de s'exprimer sur des marronniers, comme les grands. Et dans la catégorie "marronniers", le sexe estival est un passage obligé. Mais que peut-on écrire dans La Clau qui ne soit pas écrit ailleurs ? Le devoir de critique en honneur à la Clau appelé de surcroît par la question « Que cache l’abondance de sexe partout ? » impose une certaine radicalité. Quant à la touche nord-catalane, elle devrait être apportée comme à l'habitude dans ce domaine par l'évocation des "installations" de la Jonquera. La récupération marchande du "jouissez sans entraves" soixante-huitard pourrait aussi inspirer quelques propos bien sentis. Finalement, ma réponse à cette question sera : le sexe est tellement abondant qu'il y en a même dans La Clau et en conséquence il est peut-être superfétatoire de se demander ce que cela cache !
Néanmoins, occupez-vous de vos fesses !
En effet, si vous ne le faites pas vous-mêmes, le capitalisme de consommation s'en occupera, et pas de la meilleure des manières. Car non seulement par magazines interposés il vous abreuvera de recommandations et de prescriptions de comportement propres à dessiner dans vos esprits une sorte de normalité élargie au maximum, incorporant notamment les déviances et allant même quelquefois jusqu'à une certaine légitimation des perversions sexuelles, mais aussi et surtout il fera de vous un consommateur débridé et complètement déculpabilisé de programmes nocturnes pour adultes, de lingerie sexy, de DVD habités par des légions d'étudiantes dévergondées et des bataillons d'infirmières lubriques et pour finir il remplira vos chevets d'indispensables sex-toys sans lesquels vous vous sentiriez ringardisé à tout jamais. Accessoirement la consommation de piles électriques sera boostée, et ce n'est pas le petit lapin Duracell qui s'en plaindra ! Quant à vos boîtes mail, elles vous proposent déjà une variété infinie de pilules qui feront de vous, si vous êtes un homme, "une bête de sexe" proche du priapisme muni d'un pénis monstrueux dont vous pourrez commenter les performances dans les dîners en ville. Et pour le cas où tous ces usages et ces comportements calibrés auxquels vous vous croiriez obligés de vous conformer vous procureraient quelques bleus à l'âme, des escouades de sexologues, psychologues, marabouts, voyantes, astrologues, numérologues vous soulageront surtout le portefeuille et si votre pouvoir d'achat ne peut y pourvoir vous pourrez toujours écouter Brigitte Lahaie sur RMC car son expertise ne fait aucun doute et vaut bien celle d'un plombier auquel on confierait un cours de Dynamique des Fluides à l'Université. Si vous échappez à toutes ces injonctions, il vous restera heureusement – du moins je veux encore le croire - la tendresse, la pudeur et la délicatesse des sentiments…
Eh bien si c'est épidermique que de mettre en cause le capitalisme de consommation et la marchandisation du corps, je me demande ce que doit être une analyse en profondeur...peut-être piocher chez Freud ou chez Lacan ? Mais la psychologie des profondeurs n'est pas mon truc, désolé ! lol
D'alleurs en validant sur le plan économique les dispositifs d'exploitation du sexe mon commentateur ne souligne-t-il pas que mon propos n'est pas tout à fait erroné sur ce plan-là ?
Robert Marty semble nous faire une réaction épidermique sur un sujet que La Clau a bien fait de traiter dans la mesure où il appartient à un magazine de société de se pencher sur un fait de société. La montée en puissance des lieux d’échanges sexuels en Catalogne Nord en est un. Faut-il s’en émouvoir où carrément s’en plaindre ? Oui si on considère que les « conneries »... Lire la suite
Un peu de d'humanité. Cela existe encore ? Merci Robert Marty