La Déclaration « internationale », devenant « universelle », des Droits de l’Homme – comme parachèvement, au lendemain de la seconde guerre moniale, des diverses consécrations de droits et libertés fondamentaux – laisse entendre que la conception de l’Homme qu’elle promeut vaut pour tous les temps et tous les lieux. Une première mise en perspective doit intervenir dès à présent : en 1948, seuls 58 Etats étaient membres de l’ONU, et il y en a actuellement plus du double du fait de la décolonisation et de l’éclatement du bloc soviétique. Par ailleurs, deux Etats présents lors du vote, l’Afrique du Sud et l’Arabie Saoudite, s’abstiennent lors du vote afin de pouvoir continuer à justifier l’apartheid pour les uns, le statut de la femme pour les autres.
Dès lors, deux questions se posent : quelle est la portée de l’Universel et que peut-il y avoir d’universel en l’Homme.
L’universel ou la domination d’une idéologie
Le christianisme est le plus bel exemple de pensée universelle qui tend à devenir hégémonique. Ainsi, dans la controverse de Valladolid, la question n’était pas tant de savoir si les Indiens allaient être sauvés par le Christ (l’universalité de la religion donnait une réponse nécessairement affirmative) mais de savoir pourquoi et comment christianiser ces nouvelles contrées. C’est sur ce point que s’opposèrent Sepúlveda, tenant d’une intervention autoritaire de la couronne d’Espagne afin d’éduquer ces populations barbares, et Las Casas, défendant une approche plus nuancée et une adaptation de la pratique aux coutumes locales. Mais l’Histoire, soucieuse d’efficacité, retient l’approche de Sepúlveda puisque nous la retrouvons dans l’histoire de la colonisation et actuellement dans celle des droits de l’Homme. Dans tous les cas, il s’agit pour les tenants de l’intervention forcée de se reconnaître une mission civilisatrice par rapport à des populations jugées tour à tour barbares, réfractaires à la modernité, ne partageant pas notre conception de l’Homme.
Quoiqu’il en soit, il revient toujours à l’homme blanc chrétien de dire ce qui est, et, par la suite, de l’appliquer partout dans le monde. En définitive, nous ne sommes pas si éloignés de cela du XVIe siècle : il ne s’agit plus d’apporter la lumière du message christique, mais celle d’un message humain tout aussi messianique. Dans l’un et l’autre cas il s’agit de délivrer ceux qui ne pensent pas comme nous de leur erreur (être de bons chrétiens hier, être de bons citoyens aujourd’hui). Et pour cela, tous les moyens sont bons de l’acculturation à la violence étatique, il s’agit de faire régner notre conception de l’Homme.
L’Homme ou la généralisation d’une hypothèse
Que peut-il y avoir d’universel dans l’homme ? Des proportions anatomiques ? Il ne s’agirait là que d’une « normale » peut-être généralisable, mais la généralisation n’est pas universelle. L’universalisation appelle une abstraction qui ne réside pas dans la répétition d’un phénomène empirique. Aussi, la raison serait ce dénominateur commun à l’espèce humaine. C’est elle qui, de tout temps, à fait de tout homme mon frère, mais qui n’a pas empêché les Romains de réduire en esclavage les populations conquises. Cela prête à caution : un homme moins raisonnable, voire déraisonnable, aurait-il moins d’humanité que moi ? Cela semble être une horreur que de penser pareille chose. Cette approche relative de la raison permet encore de discréditer les opposants et les « autres » afin de pouvoir justifier notre domination. En fait, ce qui apparaît être le plus universel dans l’Homme serait la notion d’Etre et aurait, ainsi, maille à partir avec la métaphysique. Le problème est que nous retombons dans des conceptions philosophiques occidentales d’un Etre qui s’inscrit dans une histoire, une théologie, une métaphysique, une philosophie qui ont eu lieu dans une portion restreinte de l’Univers de sorte que ce qu’il y a plus universel dans l’Homme c’est la volonté de l’homme occidental d’universaliser son point de vue (l’individualisme, le libre arbitre, la démocratie formelle, etc.). Quand bien même relativiserait-il tout il le ferait par rapport à ses propres connaissances, par rapport à son monde et ne pourrait pas relativiser ce relatif en le mettant systématiquement en perspective.
La question demeure aussi vive : est-il possible de faire le bonheur de l’Autre à son corps défendant ?
No tots els catalans parlem francés... ;)
Texte indigeste et propos (à la mode) sans base solide. Dire "la pluie mouille" ou "manger est nécessaire " sont des faits universels, ce n'est pas parce qu'un peuple l'aurait écrit en premier (quelque soit son obédience) que cela serait faux pour autant. Relisez la déclaration des droit de l'homme... elle fixe un cap, un objectif humaniste et généraliste pour l'humanité, mais elle ne "gomme"' en rien les cultures ou les traditions locales (sauf évidemment si une tradition appelle à tu... Lire tout le commentaire
democrassi quand j'entend se mot sa me donne vraiment pas envi d'en faire la demo-nstration alors je reste cra-sseux et assi
L'humanisme reste la philosophie mère de la notion de progrès; laquelle transpire au cours du siècle des Lumières. Mais la démocratie ou plutot un régime de type démocratique (dans son sens le plus moderne) n'en est pas obligatoirement l'aboutissement; c'est l'Etat moderne qui l'est qu'elle que soit son régime ou l'idéologie qui l'habite. Nombres d'état, conservateurs ou intégristes, croient profondément au progrès comme une arme de défense pour protéger leurs idées, leur coutume... Lire tout le commentaire