Logo
rellotge
nuvols_parcials18º
Perpignan
nuvols_parcials17º
Girona
nuvols_parcials20º
Barcelona
sol16º
Toulouse

Jeudi 9 septembre 2010. 03:24h
lema

Blogs > Olivier Massot > Le sens insensé des Régions en France


Vendredi 5.3.2010. 21:00h

Le sens insensé des Régions en France

Prétendues amies de la décentralisation, les Régions françaises accentuent souvent la marginalisation de leurs périphéries. Le Languedoc-Roussillon n’échappe pas à la tendance.

Si la commune, héritière de la cité, a une origine quasi immémoriale, si le concept d’Etat remonte à la fin du XVe début du XVIe siècle, si le Département date de la Révolution Française, la Région n’apparaît qu’avec l’ordonnance du 10 janvier 1944 créant les Commissaires Régionaux de la République, aux pouvoirs exceptionnels justifiés par la guerre et la libération. Leur première charge était d’organiser l’épuration. Ainsi, la région est une jeune construction, longtemps marquée par l’échec du référendum relatif à la régionalisation -et à la réforme du Sénat- du 27 avril 1969, de sorte qu’il faudra attendre les lois de décentralisation au début des années 1980 pour qu’elle apparaisse non plus comme un établissement public à vocation spécialisée (ce qu’elle était depuis la loi du 5 juillet 1972) mais comme une véritable collectivité territoriale. Le découpage administratif devient politique.

L’ambiguïté de la région vient de ce découpage : la départementalisation avait permis de tourner la page de la composition en provinces de la France d’Ancien Régime, mais recréer, au nom de l’aménagement du territoire – devant servir à combattre les méfaits de la centralisation – et fabriquer des entités se situant entre le département et l’Etat, ne risquait-il pas de faire ressurgir ces anciennes Provinces ? Certes il n’y a que 21 régions en lieu et place des 39 Provinces du Royaume de France. La question porte moins sur la résurgence d’un royalisme romantique que sur l’apparition d’un pouvoir local qui viendrait concurrencer le pouvoir central (objectif pourfendu par la Révolution, qui avait justifié le nombre important des départements qui, ainsi émiettés, ne pouvaient entrer en conflit avec le pouvoir exécutif).

Dès lors, avec la région, se joue à nouveau cette partie si française opposant les jacobins aux girondins, le centralisme étatique à la décentralisation régionale, qui dure depuis aussi longtemps que la France existe, puisque ce débat naît avec l’affirmation du pouvoir royal au travers de l’absolutisme. De là le malaise régional qui est sensé exprimer la décentralisation mais qui joue une nouvelle centralisation.

La région, expression de la décentralisation

La France, à la différence de l’Espagne par exemple, n’a pas eu de périodes successives de centralisation et de décentralisation. Au contraire, l’œuvre unificatrice et centralisatrice entreprise par les Rois a été accentuée par la Révolution et l’Empire, et s’est perpétuée au fil des Républiques et autres gouvernements jusqu’à nos jours. Et ce n’est pas un hasard si l’idée d’aménagement du territoire, prélude à la décentralisation, est moins vue, comprise, imaginée comme l’apparition d’un réel pouvoir local que comme une façon de remédier aux inconvénients du centralisme. Nous restons bien là dans la perspective révolutionnaire tracée par Thouret au sujet de la création des départements : « Craignons donc d’établir des corps administratifs, assez forts pour entreprendre de résister au chef du pouvoir exécutif, et qui puissent se croire assez puissants pour manquer impunément de soumission à la législature. Les membres de ces corps seront déjà très forts par leur caractère de députés élus par le peuple ; n’ajoutons pas à cette force d’opinion la force réelle de leurs masses. ». L’idée demeure, il n’y a qu’à constater l’exclusion massive des colistiers de Monsieur Georges Frêche décidée par la direction du PS à Paris, en février 2010.

La province péjorative

Paris gouverne, la France suit. Les mots mêmes traduisent cela : le provincialisme est un terme péjoratif englobant tout à la fois un côté arriéré et un aspect pédant de celui qui veut faire comme si sans y parvenir tout à fait, il en est de même pour le régionalisme qui évoque un certain archaïsme et un refus de la modernité, y compris de la mondialisation. Cet aspect péjoratif perdure lorsqu’on préfère se dire « locavore » plutôt que défenseur des produits d’ici. Il faut à tout prix gommer ce qui peut faire « province » ou « régionaliste », chaque capitale régionale se rêve à l’image de La capitale : Montpellier se rêve d’être le Paris méditerranéen, du moins languedocien, et, ayant déjà la réplique de l’opéra Garnier parisien, les Montpelliérains se prennent, jouent, posent aux Parisiens en évoquant des problèmes similaires (transport, stress, surmenage, etc.) en oubliant que tout cela est à l’échelle de leur ville. Dès lors, comment s’étonner que le débat sur l’identité nationale n’a jamais abordé les identités territoriales, dans lesquelles se retrouverait toute la polémique de la dénomination « Septimanie ».

La région, source d’un nouveau centralisme

C’est ainsi que les régions se sont développées singeant l’Etat central. Si toutes les capitales régionales se sont développées plus ou moins au détriment de leur périphérie (sauf quand le Président de Région en était originaire), certaines poussent le vice jusqu’à affirmer être le laboratoire local de ce que le Président de Région pourrait faire à la France lorsque (ou si) il devenait Président de la République. Encore faut-il que le personnel politique local ait des prétentions nationales pour intéresser, ce qui est infiniment rare, tant il est considéré comme jouer en deuxième division, voire en division d’honneur.

La dichotomie ne réside plus entre la Capitale et les Provinces mais entre les centres régionaux urbains et les départements ruraux. Ce qui a été délocalisé n’est pas le centre de décision (Paris demeure la capitale d’où émanent toutes les décisions et, sauf exception, le député le moins charismatique de l’Assemblée nationale fera toujours plus d’audimat que n’importe lequel des conseillers régionaux) mais le point d’inflexion de la rivalité ville/campagne – ce qui a pour effet d’accroître les tensions puisque, plus proches, la différence de traitement est davantage visible.

Une campagne politique qui « se veut » régionale

Ce qui se passe en Languedoc-Roussillon, où l’arbitrage vient d’en haut et où toutes les têtes de listes, dans un souci d’égalité, ont leur moment de gloriole parisienne en passant sur les chaînes nationales et ont la consécration de la plus parisienne d’entre elles, Canal+, est évocateur. Cet écho national rendu à une campagne 2010, qui se veut régionale, est à mettre en parallèle avec le fait que les « candidats majeurs » à cette élection sont Héraultais lorsqu’ils ne sont pas Montpelliérains. A la reproduction des élites parisiennes, nous avons substitué la reproduction des édiles régionaux. Les « Empereurs aux petits pieds » ne sont plus, depuis longtemps, les Préfets, mais cette image semble plaire à nombre de Président de Région qui se verraient bien Auguste lorsqu’ils ne sont pas Pompée.

Montpellier vampirise la périphérie

Dès lors, il n’est plus question d’un Paris éloigné pour qui devait travailler la France entière, mais d’un Montpellier tout proche, d’un Toulouse voisin qui vampirisent les ressources des campagnes plus ou moins reculées. Mais une question demeure, celle du financement des régions qui aiment avoir des dépenses somptuaires (communication débordante, palais régionaux splendides, recrutement pléthorique de fonctionnaires territoriaux, etc.), avec des impôts qui demeurent du champ national – le paiement est bien centralisé à Lille. Et cela se déroule sans compter sur une centralisation rampante et silencieuse, mais redoutablement efficace, puisque touchant à la gestion même des collectivités territoriales. A ce titre, la disparition de la taxe professionnelle est fort éloquente, l’Etat pourvoyant au manque ainsi engendré.

C’est pourquoi la discussion actuelle sur la réforme de l’organisation territoriale mérite de retenir davantage l’attention de l’ensemble des citoyens quand bien même le sujet serait technique. En effet, ce qui est en jeu, ici, est le devenir de notre citoyenneté : serons-nous un individu face à une administration étatique déresponsabilisée dans le jeu européen, un sujet pris dans un réseau complexe de servitudes au profit d’un potentat local renouant avec la féodalité, ou un citoyen pouvant prendre une part active dans les délibérations qui le concernent à un niveau lui permettant de n’être pas qu’un administré et suffisamment clair pour être conscient de ses droits et de ses devoirs ?



Commentaires

#5. Nin 30.10.2016. 02.30h

Benvolgut Bolet, Allò que dius és fals! Quan la Catalunya Nord fou annexada a França Perpinyà era la segona vila de Catalunya, més grossa i més important que València, Palma i Lleida. Perpinyà era una de les quatre viles que tenia una llotja de mar -una institució importantíssima a Catalunya- i Portvendres era el Port Reial dels Reis de Mallorca car Jaume II s'instal·là a Perpinyà quan tenia sols desenou anys. Belleu el Rosselló era una perifèria, però a hores d'ara -i ho dic bas... Lire tout le commentaire


#4. Sergio 31.12.2015. 23.00h

Il faut s'accrocher aux branches. Quant à moi j'espère que nous verrons une refondation de cette région (seule entité viable à priori) avec un réel équilibre entre les différents pôles (le contraire de l'actuel Languedoc/Roussillon)


#3. El bolet - Cavaillon 18.12.2017. 13.45h

Et oui, quoiqu'il advienne le Roussillon sera toujours une périphérie, vue de Paris Montpellier ou Barcelone! Mais vivre dans une périphérie (pensons aux connotations de cette terminologie géo-économique) n'est pas forcément une déconvenue. Soyons positif, la vie est belle même dans un périphérie!


#2. judel.66 01.12.2015. 14.15h

au temps du grand Pierre 1° d'aragon suzerain du comte de toulouse , ce comté s'étendait sur midi pyrénées et languedoc ....on y vivait bien et en paix avec les parfaits cathares.....le roussillon lui etait dans le comté de barcelone......maintenant on est en europe....il est normal que l'on crée des groupements de departements reconstituant les anciennes provinces.... le departement est trop petit et , raisonnablement , montpellier peut faire ( grace a Freche )le chef lieu d'un... Lire tout le commentaire


#1. Ramon 01.12.2015. 09.30h

Ens podrieu explicar,pels que no som subdits francesos, com canviaràn les regions i els dpartaments amb la nova llei de collectivitats terrtorials? Merci


5 !10 !20 !Tous
1

loading


Commentaires

Votre commentaire, envoyé avec succès, sera validé très bientôt.
loading

Les commentaires liés aux informations publiées par La Clau engagent exclusivement la responsabilité de leurs auteurs et ne sauraient en aucun cas engager la responsabilité de La Clau.
© la-clau.net, 2006-2010
Crédits | Mentions légales | PUBLICITÉ | CONTACT