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Blogs > Olivier Massot > Le rêve américain, entre fiction et réalité


Jeudi 8.1.2009. 01:19h

Le rêve américain, entre fiction et réalité

La mise en scène américaine qui fait de la fiction une réalité et inversement est peut-être le ressort qui pérennise le fameux « rêve américain ».

Un certain 12 septembre, un brillant éditorialiste d’un grand journal du soir intitulait son article : « Nous sommes tous américains » ; il ne s’agissait pas, à proprement parler, d’une empathie sirupeuse à l’égard de ce que venait de subir les habitants de New York, mais plutôt de consacrer la mondialisation qui venait de s’élever à un nouveau sommet dans l’effondrement des tours : un événement local devenait global, une tragédie nationale devenait un drame mondial. Les élections américaines de 2008 ont accentué le partage de sentiments. Mais il y a autre chose que la fascination de midinette de la vieille Europe et, en particulier de la France, pour cette super-puissance ; il y a, également, autre chose que cet intérêt stratégique indiscutable à connaître l’évolution de la politique aux USA afin de prévoir l’évolution du monde tant cet Etat a su s’imposer sur la scène internationale.

Peut-on se glisser vraiment dans la peau d’Obama ?

La campagne électorale pour les élections du futur président des Etats-Unis d’Amérique semble n’avoir jamais été aussi regardée en France, où rien n’a été épargné : depuis les investitures (de préférence pour le parti démocrate : rendez-vous compte un Noir face à une Femme, le « choc des minorités », tout ce que la correction politique aime) aux émissions et éditions spéciales pour suivre en direct les résultats. Et tout le monde se prête au jeu : journalistes (pouvant enfin exprimer leur « opinion »), politiques (qui, dans leur ensemble de « droite » et de « gauche », « néo-libéraux » et « crypto-socialistes », s’intègrent dans le consensus mou en faveur du candidat démocrate les premiers pour donner un visage humain au libéralisme, les seconds pour revendiquer leur appartenance à la gauche – le problème étant que le clivage politique ne passe pas au même endroit en France et aux USA, mais qu’importe –), sondeurs, tout ce petit monde nous a fait vivre dans cet imaginaire : si nous étions Américains… Mais, ce faisant, un préalable est omis : il nous est demandé de choisir en tant qu’Américains virtuels, certes, mais sans jamais se débarrasser de nos préjugés européens, français, ici catalans. Nous touchons là une limite des projections qui n’intéresse plus personne puisqu’elle concerne l’histoire, la culture, la civilisation d’un groupe humain et qu’elle implique une certaine façon de penser à l’individu (qui de ce fait n’est pas totalement libre mais « prisonnier » d’un environnement qui lui préexiste). Cette difficulté n’a d’ailleurs pas échappé aux tenants du néo-libéralisme ; John Rawls pose ainsi comme préalable que les principes de sa théorie de justice doivent être choisis en se plaçant derrière un « voile d’ignorance » afin d’assurer une égalité des sujets dans le choix desdits principes (sinon les sujets pourraient avoir des revendications pour conserver leur avantage ou contester leur désavantage que le hasard ou les contingences sociales auraient pu leur octroyer – et ainsi perpétuer une certaine injustice).

La réalité est elle aussi une fiction

Comprenons-nous bien. Si toute fiction est le fruit d’une construction, d’une production, il en va de même pour la réalité. La première assertion semble aller de soi : la fiction est une œuvre de l’esprit ; c’est ainsi que le Dictionnaire (huitième édition de l’Académie française) pose que la fiction est une invention fabuleuse – c’est-à-dire qu’elle renvoie à quelque vérité, à une certaine morale dont rend compte la fable –, alors qu’avec le positivisme d’Emile Littré la fiction s’oppose au réel en ce qu’elle est une invention fictive – c’est-à-dire une invention non-réelle. Nous voyons, de la sorte, une disjonction entre fiction et réalité qui est loin d’être évidente au départ : de mode de narration, la fiction devient technique de validation du monde séparant le réel du fictif. Ce qui peut sous-entendre qu’il y a une Réalité placée là qui se distingue et s’oppose à la fiction ; un pas de plus nous entraînerait à dire qu’il y a une Réalité objective « naturelle », « brute » qui serait masquée par l’ensemble des fictions sociales dont il faudrait se départir pour parvenir à la vérité de la réalité. Même la réalité est une construction. Les choses « réelles » ne sont pas d’abord là-devant ; elles s’intègrent dans un monde mouvant et en émergent : la réalité n’est pas au monde, elle est avec le monde, elle se construit avec lui et se modifie avec lui. Ce monde doit être pris dans toute sa complexité ; c’est pourquoi il convient de ne pas opposer imaginaire et réel, affectif et logique, subjectif et objectif : il convient de revenir sur l’ensemble des dichotomies qui ont eu pour but de simplifier la réalité pour mieux l’entendre et l’expliquer (mais cette explication valide au XVIIe siècle devient simpliste actuellement). Au bel ordonnancement du monde auquel correspondait une réalité objective scientifiquement atteignable et techniquement reproductible, nous préférons voir un monde chaotique ouvert à l’irrationnel où la réalité est multiforme et composée d’éléments disparates qui donnent au réel sa réalité, chaque fois particulière.

Le « documentaire » assume sa part de « fiction »

L’heure est au souci de réalisme : toute fiction se veut la plus réaliste possible, voire plus réelle que le réel même. Bien entendu il y a un intérêt là-dessous : c’est intégrer à la réalité des personnes qui s’en désintéressent ; l’exemple le plus récent et le plus pertinent étant l’usage de la publicité par le candidat démocrate à l’élection présidentielle aux Etats-Unis à l’intérieur de jeux vidéos (l’idée est que les encarts publicitaires à l’intérieur d’un jeux – destinés à en accroître le réalisme – font la publicité non pas d’une enseigne de ce monde virtuel mais bien celle d’un candidat « réel » extérieur au jeu et à sa virtualité). Nous avons là un bel exemple de complexité où le monde « imaginaire » et le « réel » se chevauchent et participent à la réalité du sujet. Mais ce besoin de réalisme permettant d’accréditer ce qui est communément appelé « fiction » est déjà banal : la plupart des séries ont leur(s) consultant(s) – ces (anciens) professionnels ou proches qui doivent valider la crédibilité de telle ou telle situation –, la mode, à présent, est aux sosies ou tout du moins à faire jouer l’acteur qui a le plus de ressemblance avec celui qu’il incarne – et, à ce titre, le dernier film d’Oliver Stone W. en est un exemple frappant : avec Josh Brolin jouant les George Walker Bush, nous sommes loin d’Anthony Hopkins interprétant Nixon ; et quand la ressemblance n’est pas suffisante, il y a toujours recours au maquillage (pensons à Marion Cotillard « devenant » Piaf). La nouveauté est que le besoin de réalisme touche également les documentaires et, ainsi, l’information c’est-à-dire la transcription du réel : les reconstitutions ne suffisant plus (la ficelle est un peu grosse et le rendu pas assez réaliste) le recours à la caméra cachée se répand, et les informations se scénarisent de plus en plus. De la sorte nous voyons et consommons des « fictions » qui sont de plus en plus « réelles » et des « documentaires » qui deviennent de plus en plus des « fictions ». Ce mélange des genres a d’ailleurs était consacré au festival de Cannes par la remise de la Palme d’Or en 2004 à Michael Moore pour son « documentaire » Fahrenheit 9/11.

La fiction mentirait moins que le réel

Il n’y a pas que la réalité qui devient fiction ; la fiction trouve à s’incarner dans la réalité : quelques fictions (séries et films) ont déjà joué l’élection présidentielle américaine : un Président noir (notamment la série 24H) et un vice-Président femme (en particulier Air Force One). Mais la différence entre la « fiction » et la réalité est que la fiction, voulant être vraisemblable, ne nous cache rien de sa fabrication : elle dit tout à tel point que certains « bonus » retraçant le tournage du film ou de la série durent plus longtemps que la fiction elle-même : la réalité de la fiction devient un documentaire aussi important que la fiction elle-même – elle certifie le réalisme de la fiction. Tout doit être montré. Du moins en ce qui concerne la fiction, pour ce qui est de la fabrication du réel, c’est une autre histoire : un universitaire de la côte Est des Etats-Unis s’est bien fait passer pendant plus de huit années pour un bouseux profond ayant les yeux proches du bonnet.

Le « Il faut tout montrer » devient pornographie

En levant le mystère de la fabrication, en éventant le secret de la production, ce que nous perdons est le côté merveilleux du récit (ce qui le rend encore plus crédible, encore plus réel). Toutefois, et ceci est loin d’être anecdotique, la suppression du secret marque une évolution fondamentale de notre société. En effet, le secret est ce qui s’oppose au politique, à ce qui est public ; le secret est ce qu’il y a de plus intime dans la sphère privée et vouloir le connaître est une tendance de tout totalitarisme. Il y a bien une dictature des masses qui veut tout savoir de ce qu’elle voit : tel est le cas, dans la majorité des cas, du public face à un numéro de magie (et le magicien représente une aristocratie qui ne dévoile ses secrets que très rarement et uniquement à certaines personnes). Ce à quoi nous assistons est plus pernicieux : ceux qui devraient être les garants du secret le jettent en pâture suivant le dictat du « il faut tout montrer », « nous n’avons rien à cacher ». Dès lors, il devient facile de décrédibiliser le secret et de le perdre en le dévoilant. Ce qui est en jeu, ici, est la disparition d’une transcendance qui apparaît, notamment, dans la perte du secret quand il est tu (le secret existe mais ce sur quoi il porte est oublié) au profit de la disparition du secret dans le dévoilement de son objet. Cette exhibition se rapproche de la pornographie.

Justement, les USA sont les rois du porno

Il est intéressant de noter que l’un des pays les plus religieux au monde soit, également, celui où la pornographie est une véritable industrie (dont le chiffre d’affaire annuel dépasse régulièrement les 10 milliards de dollars). Pour autant il serait trop simplificateur de réduire cette apparente opposition à deux rapports différents au secret : sa vénération sacrée d’un côté, sa négation profane de l’autre. Il y a du secret dans la pornographie (et pas seulement en relation avec la plastique ou l’endurance des acteurs) ; et ce secret est double : il réside dans sa production et dans sa consommation. Nous ne reviendrons pas sur le fait que la consommation de produits pornographiques est, au moins discrète, sinon secrète dans la plus part des cas (la preuve serait la disparition des cinémas porno au profit de la vidéocassette d’abord, du DVD ensuite, d’Internet enfin – et le lien entre l’évolution technique et la diffusion de la pornographie n’est pas le fruit du hasard d’autant que l’offre de films à caractère pornographique est bien plus importante que celle des films « grand public », ainsi en 2004, pas moins de 3.500 films « grand public » ont été tournés dans le monde alors que sur la même période il y en eut 11.000 pornographiques. De l’usage collectif et public nous passons à une utilisation individuelle et privée).

« Plus une scène est réaliste, plus elle est truquée »

Plus intéressant est le secret de la production de l’objet pornographique et plus particulièrement du film. Cette fiction particulière à un mode de narration spécifique qui brouille le rapport à la réalité. Une fiction « classique », même celle se voulant le plus réaliste possible, ira vite sur les gestes du quotidien pour s’appesantir sur les ressorts de l’intrigue : la vie s’efface pour devenir fictive alors que l’accident, par souci de réalisme, va prendre son temps ; le rapport est une accélération du banal (aucun héros ne cherche une place pour garer sa voiture) et un rendu dans le temps de l’événement. La fiction « pornographique », elle, renverse les codes : les gestes ordinaires prennent le temps qu’ils prennent dans la « réalité » (une personne qui se rase, même si elle ne se rase pas vraiment, prendra le temps que cela prend « en vrai »), alors que l’événement attendu (l’acte sexuel) sera ralenti et prendra plus de temps. Il en résulte que plus une scène est « réaliste », plus elle est truquée, plus elle est « fictive », qu’il s’agisse d’une fiction classique ou pornographique : rares sont les fusillades réelles qui ont l’intensité de celles des films policiers, rares sont les actes sexuels réels (d’une durée moyenne de 7.3 minutes selon une étude de 2005) qui ont l’intensité de ceux des films pornos (après tout « hardeur » n’est pas un boulot de « glandeur »). Tout est une question de montage.

Secret religieux, secret pornographique

La différence entre le secret dans la religion et le secret de la pornographie est davantage à rechercher dans le rapport à la liberté. Conservé et protégé en tant que tel, le secret, ainsi que nous l’avons vu, permet de se préserver du politique ; parallèlement, cela donne à cet espace politique une certaine valeur dont chaque citoyen est comptable. Nous avons donc une certaine responsabilisation du citoyen à l’égard du politique en lui garantissant une sphère qui n’intègrera pas ce domaine. Nier et divulguer le secret conduit, peut-être pas nécessairement mais quasi mécaniquement – c’est-à-dire que des mécanismes de rattrapage sont toujours envisageables –, à rendre le lieu politique purement formel ne servant plus qu’à la publicité, à la mystification et à la pornographie.

Une morale différente entre France et USA

Il est tentant, ici, de faire un parallèle entre la France et les Etats-Unis, à l’avantage de la France, en disant que dans ce pays on fait peu de cas de la vie privée des hommes d’Etat (de la double vie de François Mitterrand au divorce puis au re-mariage puis à la séparation et à la réconciliation s’enchaînant avec un nouveau divorce pour s’achever avec un nouveau mariage de l’actuel Président de la République, en passant par Félix Faure… privilège des Rois, la république ne renonce pas à son héritage monarchique), alors que la prude Amérique a failli destituer un Président pour une affaire fumeuse et, hier encore, persiste et signe dans son attitude intransigeante à l’égard du directeur du FMI. Il ne s’agirait là que d’une dichotomie formelle ; il n’y a sûrement pas plus d’indifférence en France que d’indignation aux Etats-Unis. En tout cas la différence n’est pas tant sur le plan de l’espace politique que sur celui de la religion : un Etat de tradition catholique est, peut-être, plus enclin à être compréhensif envers les faiblesses de l’homme qu’un Etat de tradition protestante, qui serait, certainement, plus rigoriste sur ces questions – et, à cet égard, il serait intéressant de faire une étude comparée entre l’Italie et la Confédération Helvétique, du moins dans ses cantons protestants.

Mise en scène électorale totale

Il n’en demeure pas moins vrai, comme le soulignait Castoriadis en 1983 que, dans les sociétés occidentales, la liberté, d’un point de vue sociologique ne sert qu’« à la publicité, aux bavardages politiciens et à la pornographie ». C’est d’ailleurs ce que nous a donné à voir l’élection du Président des Etats-Unis, le 4 novembre 2008. Ce fut la campagne la plus chère de tous les temps (le budget global étant de 2.5 milliards de dollars). Nous avions l’habitude de voir le mélange publicité/bavardage politicien, nous avons franchi un nouveau seuil : un candidat qui se met en scène (le dernier spot électoral le représentant dans ce qui avait tout pour ressembler au bureau ovale, donc in situ, habile mélange de fiction et de réalité d’un Noir à la maison blanche) et met en scène sa propre famille – le départ précipité au chevet de sa grand-mère (blanche) malade qui décèdera avant la date fatidique lui permettant d’émouvoir un peu plus l’électorat. Remarquons que le budget de campagne est à la hauteur de l’événement puisque le Président, réellement élu aux Etats-Unis (par des citoyens qui ont effectivement votés), est virtuellement le Président du monde (outre le statut de Super-puissance du pays, par l’acclamation de sujets qui n’avaient pas à voter : imaginez que 75% des Chinois auraient été pour lui !?), par un tour de passe-passe médiatique sans précédent puisque à la hauteur de la globalisation.

En somme, il en est du rêve américain comme du dollar. Le dollar est leur monnaie et notre problème ; le rêve américain est leur réalité et notre fiction.

Loin du cliché du petit-fils de l’Oncle Tom

Ainsi donc, les « américains » nous ont choisi un nouveau « Maître du monde ». Il s’agirait, là, d’une victoire de la Démocratie ; curieux retour en grâce d’un système tant vilipendé il y a quatre ans, puisque montrant qu’il était mécaniquement possible – par le jeu de désignation des grands électeurs – d’être élu en ayant gagné certains Etats sans pour autant avoir la majorité des suffrages dans l’ensemble du pays (système demeuré inchangé par ailleurs). La démocratie triompherait du seul fait qu’un membre d’une « minorité visible » a pu être élu à la tête d’une super-puissance ségrégationniste jusqu’à il n’y a pas si longtemps. Toutefois, il convient de remarquer que le candidat Obama n’a pas fait une campagne communautaire ; de ce fait, il ne se pose pas en tant que représentant des Afro-américains (le pourrait-il d’ailleurs en tant que métis ?). Le parcours de cet homme est, à ce sujet, significatif : diplômé de l’Université de Columbia (New York) en sciences politiques il les reprend à la faculté de droit de Harvard ; nous sommes loin du cliché du petit-fils de l’Oncle Tom : à croire que les Black Panthers se sont coulées dans le moule WASP (l’Amérique blanche, anglo-saxone et protestante) – oui, ils le peuvent !

Porte-parole d’une minorité à travers le monde

Plus que la victoire de la démocratie, c’est peut-être davantage la victoire de la propagande. Monsieur Barak Obama n’a, en effet, utilisé que des fonds privés pour payer sa campagne électorale (la plus chère jamais vue). Et c’est d’ailleurs cela qui c’est produit : d’un coup d’un seul, sans jamais avoir fait mine de l’être, le futur président des Etats-Unis d’Amérique est devenu le porte-parole d’une minorité à travers le monde. Cet événement local (mis en œuvre depuis des décennies du révérend Martin Luther King qui fit un rêve au Président George Walker Bush qui prit dans son administration des gens de couleur à des postes de premier plan – Collin Powell et Condolessa Rice –) où une personne faisant partie d’une « minorité visible » mais parfaitement intégrée à la majorité de la société dans laquelle elle évolue, parvient au poste suprême et devient, petit à petit, la figure de proue de l’ensemble des défenseurs des droits au particularisme, revêt un caractère global. Un peu comme si la propagande locale, en passant sous silence un particularisme, avait pour effet au niveau, au niveau global, de donner plus d’ampleur à ce particularisme en le soulignant davantage.

Victoire d’une croyance

Barak Hussein Obama peut se montrer en tant que Messie. Ce n’est pas son message qui importe, ainsi que trop semblent l’entendre en se focalisant sur ses promesses, c’est sa performance en tant qu’il est performatif : il est l’incarnation du Verbe. Il l’a dit : à tous ceux qui doutent (non pas sur la démocratie) mais de la réalité actuelle du rêve des Pères Fondateurs voici la réponse : Moi ! Il n’y a là aucune démonstration : juste l’affirmation de ce qui est (en fonction d’un système discutable – puisque discuté et inchangé –) ; c’est une question de croyance. C’est par cette foi que se retrouve le rêve de Franklin, Jefferson et Washington : il s’agit de croire – au changement, à la liberté, à la possibilité de pouvoir, etc. Bref, il ne s’agit que de reconstituer un Grand Récit ; toute la question est de savoir quelle adhésion il recevra.



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