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La personnalisation des dernières élections municipales à Perpignan avec, en épilogue, l’affrontement attendu entre Madame Jacqueline Amiel-Donat et Monsieur Jean-Paul Alduy, étrangement arbitré par Monsieur Jean Codognès, a montré avec encore plus d’acuité le désenchantement de la ville. Cela se traduit, bien évidemment par une érosion constante de la participation, mais surtout par une lassitude, confinant à de l’abattement, des Perpignanais.
Jamais la formule de Juvénal « du pain et des jeux » n’a été aussi pertinente : il semble que tout dissoudre dans une fête permanente et artificielle devienne de plus en plus une réponse politique ; des festivités improvisées à l’occasion de la victoire en finale de l’USAP à l’organisation des sacro-saints « Jeudi de l’angoisse », tout est mis en place pour que l’hubris – le débordement de tous les instincts – prenne le pas sur la dike – l’organisation du vivre ensemble par le Droit. C’est ainsi qu’en peu de temps l’image de la ville a changé sans qu’une quelconque opposition crédible ne fut mise en place.
Une ville dont le centre se cherche
Il suffit de faire quelques pas dans les rues de Perpignan pour se rendre compte que cette ville a une forte population de personnes âgées ; ce n’est peut-être qu’un ressenti, mais il est confirmé par la disparition, en centre-ville, de deux écoles, l’une privée (le Cours Maintenon) et l’autre publique (l’Ecole Lavoisier) ce qui pose aux parents habitants le « cœur de ville » quelques problèmes d’intendance.
La douceur du climat semble être contrebalancée par les contradictions d’une politique pointilliste. Ainsi, les espaces verts disparaissent petit à petit au profit du granit et des fontaines sèches, laissant toujours plus de place aux terrasses de cafés voire de brasseries. De la sorte, le marché du centre-ville a été sacrifié, permettant le développement de marchés de quartier, ne vivant guère plus qu’un jour par semaine (le samedi matin) ; la nature ayant horreur du vide, ce sont les bars de la place de la République qui se sont agrandis, présentant le charmant visage d’une jeunesse adepte du bistrot la journée, et sombrant dans un éthylisme qui n’a rien de mondain du jeudi soir au dimanche matin. Il faut vivre dehors, y compris manger dans la rue, alors que passe la benne à ordures, aux horaires immuables : à l’heure où les premiers commencent à manger sont ôtées les poubelles du quartier, bon appétit.
Cela induit le problème suivant : certaines personnes vivent (toujours) dans ce cœur de ville et travaillent (encore) ; il en faut bien. Ceux-là ont l’impression de vivre dans un centre commercial, sans bénéficier des facilités qui y sont attachés (Perpignan la Catalane n’est qu’un slogan : dans les faits, les magasins, attachés pour la plupart à la traditionnelle coupure 12h-14h, ferment plus volontiers le soir à 18h55 qu’à 19h01). Par ailleurs, ces riverains subissent tant le bruit des noctambules, jusque tard dans la nuit, que ceux de la voirie tôt le matin ; tout le monde se moquant d’eux et du repos auquel ils peuvent aussi aspirer avant d’entamer une journée de travail, leur permettant de s’acquitter des impôts locaux. C’est cette classe moyenne, volontairement oubliée du personnel politique tant elle paie toujours les frais des politiques – plus intéressés à faire du « social » pour des raisons électoralistes davantage qu’humanistes.
Une périphérie parcellaire, à l'américaine
Si le centre-ville de Perpignan perd son esprit de village, il n’est pas gagné par la périphérie, à l’exception de quelques enclaves, comme les quartiers de Saint-Assiscle ou Saint-Martin, et quelques lieux de celui du Vernet. L’heure est aux contrastes entre un individualisme intransigeant, qui se retrouve aussi bien dans l’impersonnalité des « grands ensembles » du quartier du Moulin-à-Vent par exemple, que dans les villas-bunkers du Mas Vermeil, et un communautarisme exacerbé, qui se caractérise par la clôture physique d’un ensemble de maisons individuelles protégeant des personnes devant avoir les mêmes caractéristiques socio-économiques et/ou socio-professionnelles, comme au Haut-Vernet ou vers le quartier Catalunya, au Sud. Voilà un système apparenté à celui qui se rencontre aux USA, qui renie l’histoire européenne et le développement du phénomène communal aux environs de l’an mille.
Les « zones périphériques », pourtant agréables à vivre d’un premier abord, sont aussi peu vivantes que la plupart des lotissements-dortoirs alentours ; seuls s’y croisent régulièrement quelques retraités du Nord venus profiter du soleil catalan pour passer leurs vieux jours – et subissant notre chère Tramontane. Pourtant, il n’est pas rare que des voisins se disputent à cause d'un bruit de tondeuse ou de marteau, des problèmes de voisinage habituels, accrus par l’agressivité générale de la société : le calme est d’autant plus de rigueur dans ces périphéries qu’il est refusé au centre.
Dès lors, aucune politique ne sera crédible si elle se résume au seul « comment vivre ensemble ? », cette question, valide encore dans les années 1980, est devenue obsolète. La première question à se poser est « quel est ce « nous » qui veut, ou qui dit vouloir, vivre ensemble ? ». Sans un travail préliminaire sur l’identité, toute politique sera vouée à l’échec faute de connaître ce qui est commun.
NATO.....il ne peut y avoir aucune solution aux quartiers délabrés ....n'oubliez pas que ce sont les gitans qui ont fait J P Alduy avec 3000 voix en 1993 ....pas touche.... bien sur il faudrait un haussmann et démolir.... mais où reloger l'electorat gitan.....
Je suis plutot d accord avec l article, bien que le vieillissement de la population au centre ne me paraisse pas etre le facteur le plus troublant du centre ville de perpignan. On oscille entre la jeunesse dorée et la zone de non droit celon la rue adjacente a la place "Rep" que l on croise. Il n y a aucune solution depuis 10 ans aux quartiers délabrés du centre historique... Mais on a la Fnac. J attends impatiemment le TGV qui va soit disant booster le commerce perpignanais et les centres d ... Lire tout le commentaire
olivier MASSOT.... faites donc de la dialectique er poussez votre raisonnement jusqu'a ses consequences logiques ....grace a l'action de jean paul , c'est vrai ,le centre ville n'est plus qu'une reserve de vieux et de bistrots ...il chasse les voitures y compris les livraisons et celles des dépanneurs....où garer une voiture outil de travail ,lorsqu'on a de petits moyens et qu'on habite au centre , on demenage ailleurs dés que possible ... meme chose lorsqu'on a des enfants d'age scolaire... Lire tout le commentaire
Je partage tout à fait l'opinion d'Olivier Massot sur la qualité de vie à Perpignan. Quelle honte de voir ces quartiers entiers non entretenus (ou mal entretenus),de voir les parcs et le peu d'espaces verts squattés par les SDF et leur horde de chiens.Je dois me rendre 2 fois par semaine à Perpignan pour accompagner mes enfants au Conservatoire de musique. J'ai eu bien du mal à croire que ce bâtiment si sale etait bien Le Conservatoire de Perpignan !!!! Compte tenu du prix à payer pour l... Lire tout le commentaire
Bonjour à tous, Ayant vécu à différends endroits de France, je peux vous dire que Perpignan n'est pas si pourri que l'on veut bien le faire croire! D'accord le centre n'est pas celui de Montpellier que j'ai fréquenté durant 7 ans mais ici au moins pour ceux qui veulent du calme et moins d'agressivité qu'ailleurs c'est l'idéal. Car excusez moi du peu mais ailleurs comme ici c'est la même chose, le climat entre les personnes à changer. Il y a une espèce d'hypocrisie dans le fait de dire... Lire tout le commentaire