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Blogs > Olivier Massot > Oser questionner l’Islam en France


Samedi 10.1.2009. 23:33h

Oser questionner l’Islam en France

Les seules religions prétendues universelles et conquérantes sont l’Islam et la religion chrétienne. Mais l’Occident prudent, France en tête, prend la seconde avec des pincettes, quitte à s’y perdre.
Perpignan, Place Cassanyes, janvier 2009 © Photo François Crochard - La Clau Perpignan, Place Cassanyes, janvier 2009 © Photo François Crochard - La Clau

Ce n’est pas qu’il y a un problème de l’Islam à Perpignan, en France ou n’importe où dans le monde (aucune religion n’est un problème en soi), c’est davantage un problème avec l’Islam qui se pose à nous de manière de plus en plus prégnante. Pour en parler, pour en discuter, il convient de lever l’hypocrisie postmoderniste qui consiste, a priori, à renoncer aux valeurs et à promouvoir une équivalence bien pensante – le fameux « tout vaut tout » politiquement correct qui conduit à considérer comme identiques le ramadan et le Carême, la Pâque juive et les solennités pascales chrétiennes en ne considérant que le folklore des actes de foi (tout en oubliant que si des comportements semblables existent entre ces trois religions c’est qu’elles descendent d’un tronc commun abrahamique).

L’islam, comme la chrétienté, sont ramifiés

Nous sommes en présence de trois religions monothéistes qui apparaissent successivement dans l’Histoire de l’humanité : la religion judaïque, d’abord, la religion chrétienne, ensuite, la religion musulmane, enfin. Chacune de ces trois religions a, par ailleurs, évolué différemment et a subi diverses divisions à des degrés plus ou moins prononcés. Ainsi, si la religion hébraïque semble être la plus « intègre », la chrétienté est divisée en trois grands mouvements (catholicisme, orthodoxie et protestantisme – lui-même se subdivisant en deux grandes branches que sont le luthéranisme et le calvinisme) et le monde musulman se scindant en une orthodoxie sunnite qui se divise en quatre rites : hanéfite (principalement en Turquie et en Asie centrale), malékite (dans les pays du Maghreb en Afrique de l’ouest et centrale), chaféite (essentiellement dans le golfe persique et en Afrique orientale) et hanbalite (en Arabie Saoudite) et divers schismes dont le principal représentant est le chiisme qui se partage entre duodémiens et septimamiens – nous citerons, également, pour mémoire, les khâridjites, qui furent à peu près tous décimés par leurs coreligionnaires. Nous pouvons délaisser ici la religion hébraïque car elle n’est en rien une religion de conquête et qu’elle ne vise aucun universalisme, bien au contraire dans un certain sens : le Peuple élu ne pouvant s’accroître que de manière organique (la religion passant par les femmes) et la conversion étant strictement contrôlée.

Islam ouvertement conquérant

Seules les religions chrétiennes et musulmanes passent pour être universelles et conquérantes. Quelques bémols doivent tout de même être apportés. En effet, l’universalité, aussi prônée qu’elle soit, n’est pas appliquée à la lettre dans les faits ; c’est ainsi qu’apparaît le concept de dhimmi en Islam : le dhimmi est un non-musulman qui est autorisé à vivre dans un territoire islamisé dans un état d’infériorité et moyennant le paiement d’une somme la Jizya (la grande tolérance affichée était de payer le prix de sa vie et de vivre sa foi en toute discrétion, quasi clandestinement). Par ailleurs, l’esprit de conquête n’apparaît pas de la même façon dans la religion musulmane et dans la religion chrétienne. Alors que le Coran est ouvertement un appel à la conquête : nous passons de la riposte proportionnée II 190 « Combattez dans le chemin de Dieu ceux qui luttent contre vous » et II 194 « Soyez hostiles envers quiconque vous est hostile, dans la mesure où il vous est hostile » à une volonté de conquête affirmée au IX 29 « Combattez : ceux qui ne croient pas en Dieu et au Jour dernier ; ceux qui ne déclarent pas illicite ce que Dieu et son Prophète ont déclaré illicite ; ceux qui, parmi les gens du Livre, ne pratiquent pas la vraie Religion. Combattez-les jusqu’à ce qu’ils payent directement le tribut après s’être humiliés. » ; cette évolution s’explique historiquement par le fait qu’une partie de la Révélation a lieu à La Mecque (de 610 à 622) et où Mahomet s’inscrit dans la tradition prophétique rappelant l’unicité et la toute-puissance de Dieu et qu’une seconde partie débutant avec l’Hégire en 622 prend place à Yathrib (qui deviendra Médine « citée du Prophète ») jusqu’à la mort de Mahomet en 632 – où le maître spirituel se mue en chef temporel et où la révélation devient plus sévère envers les croyants et plus dure contre le mécréants. Mais cette seule explication nous fait, nécessairement, revenir sur la nature incréée du Coran – voire sur la révélation même de l’archange Gabriel (du fait de cette parfaite adaptation aux circonstances alors que le message s’annonce universel et intangible).

Chrétienté politiquement conquérante

L’esprit de conquête anime la chrétienté à des fins politiques : plutôt que de voir s’entre-déchirer l’Occident chrétien, l’idée de convertir les gentils et les infidèles se développe en même temps que la volonté de (re)conquérir les Lieux Saints. Ce n’est pas, nécessairement, que l’esprit de conquête et d’expansion naît avec les croisades (il fallut, d’abord, que la religion chrétienne devienne la religion de référence, puis unique, de l’Empire), mais c’est la marque d’une idée particulière à la religion chrétienne qui se met en œuvre : la laïcité. Cette idée, promue par le Christ dans sa parole (« rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » [Mt 22 21, Mc 12 17, Lc 20 25] ainsi que « Mon royaume n’est pas de ce monde ; si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour empêcher que je ne fusse livré aux Juifs ; mais voilà, mon royaume n’est pas de ce monde » [Jn. 18 36]), développée par les Pères de l’Eglise sous l’image des deux citées, des deux glaives, du soleil et de la lune et théorisée, d’une certaine façon par l’Aquinâte dans sa construction du droit. L’Église se constitue peu à peu en puissance politico-spirituelle distincte mais influant l’autorité politico-temporelle ; et ce d’autant plus que se constituent des Eglises structurées et hiérarchisées à l’image de la structure administrative romaine ainsi que cela apparaît au sein de l’Eglise catholique, mais aussi au travers des Eglises orthodoxes (en revanche, la dispersion, pour ne pas dire la division du protestantisme en plusieurs Eglises s’il lui a permis d’atteindre les comportements individuels – rappelons-nous de Weber et de son étude L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme – il n’a pas eu la vocation à répondre en miroir aux institutions étatiques mais de prôner un certain libéralisme plus redoutable encore : le niveau de réponse n’est pas le même à une collectivité institutionnalisée catholique ou orthodoxe, le protestantisme privilégie une action personnelle, individuelle, privée).

Religions de soumission ou de liberté

Nous retrouvons, d’une certaine façon, les conséquences de l’absence de structure fermement établie, d’organisation administrative fortement organisée, d’Eglise à proprement parler en Islam ; mais, alors que le protestantisme vise la libération de l’individu, l’islam en appelle à sa soumission. Et si le Musulman est soumis à Dieu [II 112] il devient, également, soumis à Mahomet [XLIX 14]. Nous touchons là toute la difficulté qu’il y a à se repérer dans les sources de l’Islam. En effet, la seule soumission à Dieu n’implique que le suivi du Coran, mais la soumission au Prophète ouvre les sources de la religion musulmane à la vie et à l’exemple de Mahomet ; c’est ainsi qu’au Coran s’ajoute, se sur-ajoute, la Sunna, c’est-à-dire la transmission des paroles, des gestes, des silences, des actions du Prophète qui peut être complétée par la Sira (la biographie perdue de Mahomet écrite par ibn Ishaq et dont seule subsiste la version abrégée de Ibn Hicham). L’exemple du Prophète est rapporté dans des hadith qui sont parfaits, bons ou faibles selon le degré de véracité qu’ils comportent – par ailleurs, les hadith parfaits sont également hiérarchisés selon qu’ils sont rapportés par Al Bukhari et Muslim, par un des deux, par aucun des deux mais remplissant les conditions de validité des deux, par aucun des deux mais remplissant les conditions de validité de l’un des deux, enfin le hadith parfait selon l’opinion des autres auteurs. Pareil foisonnement des sources n’est pas pour faciliter la compréhension et l’étude de la religion musulmane.

Les portes de l’effort, refermées au Xème siècle

Il convient de préciser que les deux sources Coran et Sunna sont également les deux sources sacrées du droit musulman, de la Loi, de la Sharî’a qui sont complétées par l’assentiment de la Communauté et la déduction analogique, d’abord, la coutume et la jurisprudence ensuite, pour finir avec les décrets et autres actes du souverain. Nous nous intéresserons plus particulièrement ici à l’ijtihâd à cet effort fait par les juristes pour résoudre une question qui n’était pas tranchée ni par le Coran, ni par la Sunna. Mais les portes de l’effort ont été refermées au Xe siècle au profit de l’imitation qui consiste en un retour vers les enseignements des bons et pieux musulmans des toutes premières générations afin de réaliser le « grand jihâd », le jihâd des âmes pour devenir un meilleur musulman en luttant contre ses mauvaises passions (en l’occurrence celle de remettre en cause, de questionner les sources de l’islam voire pire encore : innover en matière de foi cela allant contre le Coran : « Tu ne trouveras ni changement ni déviation dans la coutume de Dieu » [XXXV 43] et « Telle était déjà, auparavant, la coutume de Dieu. Tu ne trouveras aucun changement dans la coutume de Dieu » [XLVIII 23]).

Musulmanes voilées, conduisant et portant des talons hauts

Mais alors, l’Islam est compatible avec le monde contemporain ? La question n’est pas de savoir comment, ni pourquoi, une religion qui a permis une certaine amélioration de la condition féminine (par rapport à celle de la société bédouine préislamique encore que l’Islam considère la femme comme soumise à l’homme – cf note 1), qui a su développer un si grand raffinement dans les arts, qui a favorisé la recherche du savoir, accompagné les progrès scientifique en médecine, astronomie, mathématiques, agriculture, etc. (bref nous n’allons pas aller plus loin dans la psalmodie des poncifs orientalistes) n’est plus aujourd’hui que l’ombre d’elle-même – il nous semble que c’est, justement, avec la fermeture de la porte de l’effort et le retour, pour ne pas dire repli, systématique sur un passé de plus en plus mythifié qui n’a pas permis une évolution, même aussi lente que celle de l’Eglise catholique, de la religion afin qu’elle soit, d’une certaine façon – car elle n’a pas à l’être totalement –, en adéquation avec la société. En revanche se pose à nous la question du sens que revêt le fait de voir un musulman prendre l’avion, utiliser l’informatique ou tout autre média, vendre du pétrole, fumer, boire de l’eau gazéifiée ou, plus spécifiquement encore, une musulmane voilée conduire, ou porter des talons hauts, écouter de la musique sur un i-pod ou un téléphone, etc.

Note 1 :
II 228 « Les femmes ont des droits équivalents à leurs obligations, et conformément à l’usage. Les hommes ont cependant une prééminence sur elles. – Dieu est puissant et juste – »
IV 34 « Les hommes ont autorité sur les femmes, en vertu de la préférence que Dieu leur a accordé sur elles, et à cause des dépenses qu’ils font pour assurer leur entretien. »

Nous vivons dans le « territoire de la guerre »

N’en déplaise aux tenants du relativisme, l’approche est différente selon les situations. En effet, le même comportement d’un musulman se disant pratiquant et filmant une scène où apparaissent des personnages humains ou celui d’une musulmane voilée portant les atours de la « séduction occidentale » n’a pas le même sens selon que nous nous trouvons dans le Dar al Islam (territoire de l’Islam) ou dans le Dar al Harb (pays de la guerre – c’est-à-dire les territoires où « l’incrédulité » est majoritaire). Dans le premier cas il peut s’agir d’une subversion tendant à faire entrer les mentalités dans la modernité occidentale, dans le second cas c’est une « réaction identitaire » contre le mode de pensée dominant ; dans l’un et l’autre cas il s’agit, certes, d’une provocation mais sa signification est opposée. N’étant pas, encore, dans le Dar al Islam, mais demeurant toujours dans le monde de la guerre, nous considérerons, exclusivement, cette provocation à notre égard, nous, Occidentaux Chrétiens – ou habitants respectueux d’un pays de tradition judéo-chrétienne.

A Perpignan et ailleurs, une société aménagée par l’islam

Cette provocation, que les âmes bien pensantes pétries de correction politique sociologiseront à souhait, n’y voyant que la réponse faite à l’incapacité de notre société de proposer une intégration satisfaisante, ou encore d’offrir un avenir « acceptable » aux membres d’une communauté minoritaire, sera utilisée de manière à victimiser l’agent provocateur : cette jeune fille est obligée de porter le voile pour mille et une raisons (pression familiale, poids culturel et/ou cultuel, défense contre le regard et le jugement « des autres », etc.) en lui déniant tout libre arbitre dans le choix de se conformer au Livre (cf. note 2). D’autres y verront une forme nouvelle de colonisation, la poursuite du Jihad sous d’autres formes : « La guerre est tromperie », afin que l’Islam soit à la place qui lui revient intrinsèquement à savoir la première – dominant de manière hégémonique toutes les autres religions ; après tout, le Coran n’exhorte-t-il pas chaque croyant à combattre physiquement pour sa foi ? (cf. note 3). Il n’y a qu’à constater, dans le centre de Perpignan, le double mouvement de disparition de charcuteries traditionnelles et la multiplication des boucheries Hallal, ou encore, dans les grandes surfaces, l’apparition de rayonnages proposant, toujours plus, de produits Hallal alors qu’il n’y a toujours pas de rayon Kacher. C’est ainsi que nous nous sommes, petit à petit, habitués à entendre les esclandres que certains musulmans font dans les services médicaux lorsqu’une de leur femme (épouse, fille, sœur) est auscultée par un médecin homme – au point qu’il arrive que les prises en charge sont, quelques fois, différées ou aménagées afin de « ne blesser aucune susceptibilité » ; parallèlement il est rare d’entendre un musulman se plaindre d’être véhiculé en voiture, voire de conduire ou de voir conduire une musulmane. Ce pragmatisme montre bien que la volonté de remonter aux sources et d’appliquer un Islam pur, le plus proche possible des premières générations, trouve sa limite dans le confort que la société contemporaine propose – quitte à faire quelques compromis (après tout, Paris valait bien une messe).

Note 2 :
XXIV 31 « Dis aux croyantes : de baisser leurs regards, d’être chastes, de ne montrer que l’extérieur de leurs atours, de rabattre leurs voiles sur leurs poitrines, de ne montrer leurs atours qu’à leurs époux, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs époux, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs époux, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs sœurs, ou à leurs servantes ou à leurs esclaves, ou à leurs serviteurs mâles incapables d’actes sexuels ou aux garçon impubères. »
XXIV 60 « Il n’y a pas de faute à reprocher aux femmes qui ne peuvent plus enfanter et qui ne peuvent plus se marier, de déposer leurs voiles, à condition de ne pas se montrer dans tous leurs atours ; mais il est préférable de s’en abstenir. – Dieu est celui qui entend et qui sait – »
XXXIII 55 « Nul reproche à faire aux femmes du Prophète si elles paraissent dévoilées devant leurs pères, leurs fils, leurs frères, les fils de leurs frères, les fils de leurs sœurs et devant leur femmes et leurs propres esclaves. – Qu’elles craignent Dieu, Dieu est, en vérité, témoin de tout – »
XXXIII 59 « O Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles et aux femmes des croyants de se couvrir de leurs voiles : c’est pour elles le meilleur moyen de se faire connaître et de ne pas être offensées. – Dieu est celui qui pardonne, il est miséricordieux – »

Note 3 :
IV 95 « Les croyants qui s’abstiennent de combattre ; – à l’exception des infirmes – et ceux qui combattent dans le chemin de Dieu, avec leurs biens et leurs personnes, ne sont pas égaux ! Dieu préfère ceux qui combattent avec leurs biens et leurs personnes à ceux qui s’abstiennent de combattre. Dieu a promis d’excellentes choses ; mais Dieu préfère les combattants aux non-combattants et il leur réserve une récompense sans limite. »

« L’avènement de l’internationalisme »

« Le XXI siècle sera religieux ou ne sera pas » avait affirmé Malraux. Et face à l’effondrement des pratiques religieuses traditionnelles en Occident, nous assistons à un engouement surprenant en faveur de nouvelles spiritualités extrême-orientales (généralement au sein des classes aisées de type bo-bo) ainsi qu’un net développement de l’Islam via d’importantes conversions (il ne s’agit là que d’un ressenti bien entendu mais ce phénomène est notable en prison et dans les quartiers défavorisés). Dès lors la religion musulmane devient une force politique regroupant, si ce n’est les exclus, du moins ceux qui se sentent minoritaires et en désaccord avec l’ordre social en vigueur. Beaucoup y trouvent son compte : l’ultra-gauche ou l’extrême-gauche peut, enfin, voir l’avènement de l’internationalisme (à défaut de l’union des prolétaires de tous les pays, elle assiste à celle des croyants) – oubliant la réalité des querelles qui secouent la Umma non seulement sur des questions de dogme (entre sunnites et chiites) mais même à l’intérieur d’une même école sunnite entre des nationalités différentes voire au sein d’une même nationalité entre tribus ou ethnies ; la gauche peut utiliser cela comme arme pour atteindre les politiques d’assimilation jugées trop agressives et proposer une intégration alternative qui prendrait en considération de toutes les différences culturelles ; la droite, quant à elle, peut y trouver un repoussoir permettant de tout justifier y compris la construction en France de mosquées par des fonds publics malgré la loi de séparation des Églises et de l’Etat.

En définitive, seuls les laïcards, pourtant si prompts et si féroce lorsqu’il s’agit de brocarder les religions chrétiennes et de conspuer la religion catholique en particulier, sont les seuls à ne rien trouver à en dire ni à en redire y compris lorsqu’il s’agit de critiquer le sort de la femme musulmane (cf. notre 4 ou lorsque la mixité est remise en question dans des lieux publics comme les piscines.

Note 4 :
II 222 « Vos femmes sont pour vous un champ de labour allez à votre champ, comme vous le voudrez, mais faites, auparavant, une bonne action à votre profit. »
IV 34 « Admonestez celles [des femmes] dont vous craignez l’infidélité ; reléguez-les dans des chambres à part et frappez-les. »

Peur sourde à l’idée d’évoquer l’Islam

Nous touchons là à un problème crucial : celui de la réciprocité. Pourquoi prendre tant de gants, tant de précautions, pourquoi avoir besoin de se justifier avant de parler de cette religion particulière alors que n’importe qui se sent investi de la mission de dire n’importe quoi dès qu’il est question de la papauté par exemple ? Pourquoi y a-t-il une peur sourde dès qu’il s’agit de mettre l’Islam en question ? A croire que le « N’ayez pas peur » prononcé par un Pape souvent moqué a discrédité le message qu’il pouvait énoncer au monde, alors que le « Craignez Dieu », recommandation maintes fois faite aux croyants dans le Coran, est devenu un « Craignez-nous » asséné par la part la plus active des musulmans ce qui a pour effet de captiver l’attention et faire prendre au sérieux son message.

Une religion franco-compatible ?

L’Islam devient une force politique mettant à mal les principes mêmes de la démocratie républicaine française au point que les juridictions françaises semble être désorientées. Ainsi une juridiction judiciaire (le Tribunal de Grande Instance de Lille) a pu annuler en avril dernier un mariage entre deux musulmans pour nullité relative en raison de l’erreur sur une des qualités essentielles de l’épouse – en l’occurrence sa non-virginité ; certes, en appel, la Cour a procédé à une substitution de motif, mais un cap a été franchi. En revanche dans un arrêt du 27 juin 2008, le Conseil d’Etat confirme le refus d’accorder la nationalité française à une femme, de confession musulmane et portant la burqa, au motif que « si Mme A possède une bonne maîtrise de la langue française, elle a cependant adopté une pratique radicale de sa religion, incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française, et notamment avec le principe d'égalité des sexes ; qu'ainsi, elle ne remplit pas la condition d'assimilation posée par l'article 21-4 précité du code civil ; que, par conséquent, le gouvernement a pu légalement fonder sur ce motif une opposition à l'acquisition par mariage de la nationalité française de Mme A ». La République laïque, qui ne connaît que des citoyens, semble s’être laissée prendre en otage. Elle n’a rien à répondre face à une pratique ostentatoire de la religion – puisque elle ne peut prendre parti, et cette impartialité affichée lui fait défendre le relativisme total.

Pas de choc de civilisations

C’est une des faiblesses de nos démocraties contemporaines : un manque certain de convictions, la volonté de laisser tout se faire et tout se dire jusqu’à un point de non-retour qui conduit à une réaction étrange qui consiste à détourner les yeux : une femme peut vivre recluse, voilée et soumise à son mari en France pour des convictions religieuses. Elle ne sera pas Française, voilà sa sanction. Si elle l’est déjà ? Le point est que nous ne nous posons plus la question de la réciprocité : un chrétien peut-il pratiquer son culte dans un pays musulman de la même façon qu’un musulman le peut dans un pays de tradition judéo-chrétienne ? Les principes démocratiques sont-ils plus faibles que ceux de gouvernements autoritaires, les principes laïcs ont-ils une valeur moindre que les préceptes religieux ? Il n’y a pas de choc des civilisations, il y a avant tout un rapport de force qui nous montre que la sécularisation, la désacralisation de toutes les institutions provoque un double manque : d’une part, une croyance donnant un espoir et structurant les individus, d’autre part une foi commune qui rassemble les individus en vue de la réalisation d’un but. Avec la perte du merveilleux et celle du religieux, l’Occident chrétien s’étiole en une somme d’égoïsmes. En cela, la poussée de l’Islam ne serait que la contestation de l’ordre social tel qu’il est et qui rejoint l’objectif premier de cette religion : l’hégémonie et le retour à une origine « merveilleuse » où l’humanité avait la même religion (celle du Prophète) puisque selon la Tradition : « Tout enfant qui naît, naît musulman. Puis ce sont ses parents qui en font un juif, un chrétien ou un adorateur du feu. »

L’enjeu est une vision du monde

Certains voient actuellement une répétition de l’Histoire : de la chute de l’Empire romain et des invasions barbares – toutes choses étant égales par ailleurs, bien entendu. Pourtant quelques détails ne cadrent pas : les barbares étaient eux-mêmes chassés de leurs terres par d’autres tribus. C’était un élément d’extranéité qui a donné le coup de grâce à un Empire qui était chancelant. De nos jours, avec la mondialisation qui « profite » à tout le monde – y compris aux groupuscules les plus fondamentalistes quoique paradoxal que cela soit – il est difficile de trouver un extérieur, mieux, la plupart de ceux qui revendiquent une application rigoureuse de la Sharî’a ont la nationalité du pays où ils se trouvent ; la menace pesant sur une vision du monde est, à présent, interne. Nous sommes à l’heure du choix, d’un choix véritable car impossible pour une république démocratique et laïque.



Commentaires

#11. Woot S Kinsasha 14.5.2009. 01.45h

Je ne sais pas si il est si difficile que ça de parler de l' Islam et de le critiquer en France ... en revanche des sujet tel que le sionisme et même la laïcité posent immédiatement des problèmes... Je m' explique, je crois en la laïcité telle qu'elle a été énoncée en 1905; c'est à dire l'assurance qu'aucun agent de l'état n'exprime son appartenance religieuse durant l'exercice de ses fonction. Evidemment je suis profondément attaché à la séparation de l'Eglise et de l'Etat. C'... Lire tout le commentaire


#10. domi75 01.3.2009. 11.55h

cet article m interpelle...dès lors que l'on parle de la religion musulmane, il est interdit d'emettre un avis différent de celui porté par cette religion sans etre condidéré de tous les maux..l'histoire récente montre malheureusement que la cohabitation avec les musulmans est difficile dès lors qu ils deviennent OU SONT majoritaires...vivre l'instant présent en se voilant la face, car le prOblème est mineur est notre comportement...mais demain ??????????JE NE PENSE PAS ETRE FACHO OU LE... Lire tout le commentaire


#9. JULIE 15.2.2009. 16.05h

bonjour a tous! je souhaite m'exprimer sur ce sujet je vois que cet article a une vision totalement islamophobe en effet l'auteur parle de l'islam comme religion peu développée et peu humaine or je ne pense pas qu'une religion développée vers le monde moderne garde toute son authenticité. Revenons-nous au colonialisme? un colonialisme moderne de la pensée?!?


#8. xavier 21.1.2009. 09.13h

jULIEN ME FAIT BIEN MARRER.Où trouve t'il ses sources? Il n'y a qu'à ouvrir ses yeux et se tenir au courant de ce qui se passe dans toutes nos grandes villes(pour le moment) à moins que....


#7. Julien 21.1.2009. 01.10h

Un article "documenté" ? C'est à dire que ce sont les citations que l'on retrouve dans nombre d'articles de blogs d'extrême droite. Alors l'auteur peut-il nous citer ses sources : éditions, pages, etc. ? ou a t il surfé et fait un copier coller à partir de textes islamophobes ? Le "une de leurs femmes" en listant "épouse fille et soeur" il relève de la psychiatrie ? Manifestement ce garçon fantasme sur la polygamie mais nous parle des enfants, de la sorité, il faut être moisi dans son... Lire tout le commentaire


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