Logo
rellotge
Samedi 30 août 2008. 11:10h
C2_728x90.gif
sol25º
Girona
nuvols_parcials23º
Perpignan
sol25º
Toulouse
sol25º
Barcelona

Actu & Société en Catalogne Nord & Sud
Blogs > Olivier Massot > La paupérisation est-elle inéluctable ?


Vendredi 2.5.2008. 23:00h

La paupérisation est-elle inéluctable ?

2,93% d’habitants du Pays Catalan et 0,5% de ceux du Bas-Rhin touchent le Revenu Minimum d’Insertion. Mais le baromètre RMI, indicateur de pauvreté, est guetté par le vice dès que les chiffres sont tordus à des fins partisanes.
Perpignan, quartier de la Réal, mars 2008 Perpignan, quartier de la Réal, mars 2008

Le Revenu Minimum d’Insertion (RMI), salaire de la pauvreté géré par les Départements français, varie de 394.16 à 940.61 € selon le nombre de personnes à charges et le logement du bénéficiaire. Celui-ci doit avoir 25 ans ou au moins un enfant à charge, résider en France et ne pas avoir de ressources dépassant le montant du RMI, qui fixe le seuil de l’aide publique aux pauvres. Le RMI a ses accessoires comme la Couverture Maladie Universelle de base et complémentaire, le dégrèvement de la taxe d’habitation et de la redevance audiovisuelle, le versement d’allocations sociales de logement, des réductions sur le téléphone, les transports, l’électricité et le chauffage, la gratuité des musées et une prime de Noël. Le département des Pyrénées-Orientales compterait 12.384 allocataires du RMI, ce qui le situerait au 19e rang français, entre l’Essonne, en région parisienne, et le Bas-Rhin alsacien. En tête de liste, les Bouches-du-Rhône comprendraient 67.300 allocataires. Le conditionnel s’impose du fait de l’extrême difficulté de trouver des chiffres récents et convaincants. En proposition de conjecture, la mise en relation avec les populations totales est captivante : les Pyrénées-Orientales se rapprochent des Bouches-du-Rhône, avec un taux proche de 3%, alors que l’Essonne et le Bas-Rhin évoluent entre 1 et 0.5%... D’ailleurs, le taux de chômage au 4e trimestre 2007 est de 10.7% en pays catalan, 10.3% dans les Bouches-du-Rhône, de 5.2% dans l’Essonne et 6.1% dans le Bas-Rhin, selon l’INSEE.

Le casse-tête des chiffres de la pauvreté

Le seul chiffre clair est celui du 1,16 million d’allocataires du RMI en France, Outremer inclus, au 31 décembre 2007, avec une chute de 8% en un an : l’ambiguïté des chiffres permet de leur faire tout dire selon qu’ils sont pris en valeur absolue, proportionnellement à quelque chose, de manière diachronique ou synchronique. Si les chiffres fluctuent, les idées attachées à la pauvreté sont plus pérennes. Ces concepts provoquent une vision manichéenne, avec d’un côté, les « bons pauvres » touchés par les coups du sort et meurtris par les aléas de la vie, et de l’autre les « mauvais pauvres », fainéants, se complaisant dans le quotidien sordide. Il s’en suit une caractérisation morale : les « bons pauvres », aux mœurs conformes aux normes sociales, méritent une aide, les « mauvais pauvres », jugés dangereux, sont criminalisés.

La notion de « pauvre » évolue dans le temps

Le justification morale de la discrimination dans la pauvreté est devenue économique, selon une idée simple qui court depuis la fin du XVIIIe siècle, formalisée par Tocqueville, dans son Mémoire sur le paupérisme de 1835 : le penseur politique français distingue la charité privée de la charité publique en favorisant la première, considérée comme une vertu établissant « des liens précieux entre le riche et le pauvre », et dénigre la seconde, susceptible de « maintenir dans l’oisiveté le plus grand nombre de pauvres et d’entretenir leurs loisirs aux dépens de ceux qui travaillent ». Tocqueville enchaîne avec « L’homme naît avec des besoins, et il se fait des besoins ». Le pauvre évolue dans le temps ! D’incapable de nourrir sa famille il devient incapable d’acquérir un standard de vie : la progression du confort de vie par la multiplication des sollicitations consuméristes augmente le nombre de pauvres. D’où un recours accru à l’aumône, devenue « aides sociales », seulement possible dans une situation favorable : seule une société assez riche peut secourir les indigents… Cyniquement, l’économiste italien Pareto souligne même que les sociétés incapables de nourrir tout le monde éliminent les sujets improductifs, enfants et vieillards, tandis que les sociétés riches créent des aides aux inactifs alors qu’elles doivent favoriser une « sélection naturelle » pour les éradiquer, accroître la richesse globale et épanouir le plus grand nombre… Et revient la question provocante, de Michel Rocard, premier ministre français en 1990 : « La France ne peut accueillir toute la misère du monde ». Sur l’exemple des Pyrénées-Orientales au malaise économique certain, la multiplication des pauvres conduirait à la paupérisation des territoires ?



Commentaires

#1. Melcior 28.6.2008. 09.51h

Etre Riche être Pauvre : individuellement ici on sait de quoi l'on cause; je suis plus riche que le SDF du coin de la rue et plus pauvre que le pharmacien de la rue. Internationalement parlant , au niveau de la planete cela devient plus delicat La France est plus riche que la Chine La France est plus pauvre que les USA Ce qui enrichit ou apauvrit un pays c'est sa capacité a gerer son social, son travail , sa politique generale etc etc dans le monde economiquement Mondialise Aujourd'hui ; t... Lire la suite


5 !10 !20 !Tous
1

loading


Commentaires

Votre commentaire, envoyé avec succès, sera validé très bientôt.
loading

Les commentaires liés aux informations publiées par La Clau engagent exclusivement la responsabilité de leurs auteurs et ne sauraient en aucun cas engager la responsabilité de La Clau.
© la-clau.net, 2006-2008
Crédits | Mentions légales | PUBLICITÉ | CONTACTEZ-NOUS