« Quand il entendit le son de la trompe, le peuple poussa un cri de guerre formidable et le rempart s’écroula sur lui-même. » (Jos 6 20). C’est ainsi que Josué eut la faculté de remporter la ville de Jéricho que Yahvé lui avait livrée ; il put, de la sorte, libérer le souffle prisonnier de cette cité cananéenne, première de la terre promise. Si la destruction d’un mur est symbole de libération, son érection est l’image d’une barrière entre deux mondes : de la muraille de Chine et du mur d’Hadrien, au mur/frontière entre les Etats-Unis d’Amérique et le Mexique en passant par le rideau de fer (matérialisé par le mur de Berlin), tous sont l’image de la partition entre le monde civilisé et le monde barbare, le bien et le mal, le paradis et l’enfer. Tous ont le même rôle : se prémunir d’un danger, se protéger d’une invasion.
Barbarie extérieure et intérieure
Toutefois l’image du mur s’est renversée : au lieu de cantonner le barbare à l’extérieur de l’Empire civilisé qui tend à se développer, donc d’être tourné vers l’extérieur, le mur s’est, en quelque sorte, tourné vers l’intérieur et devient l’image de la forteresse assiégée. Ce n’est plus la limite périphérique d’un centre en extension, en expansion, c’est la frontière avec un extérieur menaçant qui met en péril un centre qui se resserre, qui diminue. Alors que, dans le passé, les barbares étaient appelés à se civiliser ou à disparaître au loin, de nos jours, l’image du mur nous renvoyant à la forteresse assiégée nous renvoie l’image d’une civilisation repliée sur elle-même tremblant de la généralisation de la barbarie qui la menace de l’extérieur, voire de l’intérieur.
Mur anti-attentats
L’image même de ce renversement réside toute entière en ceci : le Peuple qui, en des temps bibliques, faisait s’effondrer les murs qui enfermaient le souffle, ce même Peuple, de nos jours, bâtit un mur pour se protéger contre des attentats. Ce qu’il faut voir ce n’est pas, par un raccourci de l’histoire bien trop rapide, que l’agresseur d’une époque mythique devient l’agressé d’une époque historique, mais que ce contre quoi il s’est battu a intégré, petit à petit, ce qu’il est devenu : de l’expansion au repli, de la mission divine qui appelle à la mise en danger à la mission temporelle qui demande plus de sécurité.
Nous revivons, plus ou moins inconsciemment, l’image de la destruction de Jéricho, du sac de Rome, du pillage de Byzance etc. Cela va plus loin encore que l’idée répandue de décadence de l’Occident ; c’est, peut-être, le signe annonciateur de la fin d’un cycle, de la disparition d’une civilisation (la notre) qui se ferait avec plus de fracas, du moins pour nous, que la chute de l’Empire d’Occident. A défaut de voir régner le socialisme voulu par quelqu’un comme Cornélius Castoriadis, par exemple, nous subissons la barbarie ; mais quelle barbarie si ce n’est la notre, incapables que nous sommes de dompter et de dominer notre hubris, cet orgueil démesuré de l’Homme qui le conduit immanquablement à sa chute.
Si nous aimons tant nous enivrer de la chute des murs, du renversement des barrières, s’il nous plait tant de commémorer leurs anniversaires (du bicentenaire, en 1789, de la Révolution française, qui aurait abattu les murs séparant les ordres sociaux, au vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin, en 2009, qui aurait marqué la fin du communisme), c’est peut-être pour mieux se cacher les murs qui nous entourent et qui continuent de se construire de manière visible ou non.
Les murs visibles
Comment oublier la matérialisation des frontières entre les hommes à l’heure où les marchandises doivent pouvoir s’échanger sans entrave ? Il s’agit d’une réponse à la peur : peur de la pauvreté (d’où le mur entre les USA et le Mexique), peur de la violence (d’où le mur entre Israël et la Palestine et son frère : le nouveau mur en acier, financé par les américains, entre l’Egypte et la bande de Gaza permettant tout à la fois de lutter contre l’immigration africaine en Israël et pourrait être le préambule à une nouvelle offensive israélienne contre Gaza) ; mais ce qui se fait au niveau des Etats se vit et se voit au quotidien : de plus en plus de zones résidentielles sont clôturées pour permettre à leurs habitants de rester entre soi et laisser au-dehors les dangers de la mixité sociale.
Ce qu’il y a de frappant dans cela est le passage quasi sans transition du kibboutz au mur : de l’utopie socialiste d’un monde nouveau à la réalité d’un Etat en état de siège (ce qui pourrait rendre compte de la polysémie du terme « sionisme » d’ailleurs : possibilité d’être ce que l’on est chez soi ou nationalisme exacerbé ?). Mais un lien unit ces deux positions extrêmes : la volonté de rester entre soi, la volonté de se préserver en partageant une expérience collective quitte à se replier sur soi-même (sans trop savoir ce qu’est ce « soi » d’ailleurs . Au fond, qu’est-ce que l’identité ?). Mais si les murs nous protègent de l’autre, qu’est-ce qui peut nous protéger contre nous-mêmes ? Chacun n’est-il pas à lui-même son pire ennemi, son ennemi le plus intime qui connaît toutes ses failles, toutes ses faiblesses, tous ses renoncements ?
La bonne société choisit ses murs
Cet enfermement volontaire, dans lequel nous nous retrouvons entre, nous conduit à une acceptation tacite de l’enfermement, à la généralisation de l’univers carcéral dans toutes ses composantes qui vont de l’infantilisation (par la perte d’une partie de notre liberté ainsi que de notre responsabilité) au panoptisme (l’acceptation de la surveillance, voire sa demande, où la caméra remplace l’œilleton). Nous assistons à l’opposé du grand renfermement du XVIIème siècle : ce ne sont plus les pauvres et les anormaux qui sont parqués dans quelques endroits par la « bonne société », mais c’est cette bonne société contemporaine qui se parque dans quelques ghettos choisis.
Ce repli défensif s’associe souvent avec la frustration d’une expansion impossible, de la non reconnaissance d’une autorité qui devrait être reconnue avant même d’être connue ; un peu à l’image d’Israël qui s’enferme dans des murs en rêvant de devenir la puissance biblique qu’elle aurait dû être. (« Or Dieu se fit voir à Jacob une nouvelle fois à Louza, lorsqu’il arriva de la Mésopotamie de Syrie, et Dieu le bénit. Et Dieu lui dit : ‘‘Ton nom est Jacob ; tu ne t’appelleras plus Jacob, mais Israël sera ton nom.’’ Dieu lui dit : ‘‘Je suis Ton Dieu ; croîs et multiplie-toi ; des nations et des rassemblements de nations viendront de toi, et des rois sortiront de tes reins. Et la terre que j’ai donnée à Abraam et à Isaac, je te l’ai donné ; elle sera à toi et je donnerai cette terre à ta descendance après toi. " Gn. 35 9-12).
Nous retrouvons là le choc entre une Histoire universelle et les histoires particulières, entre l’histoire d’un peuple (les Hébreux : les émigrants descendants d’Abram) et celle d’un Etat (Israël fondé en 1948). Cela transparaît dans l’impossibilité pour cet Etat de connaître sa capitale : Tel-Aviv pour la communauté internationale (à l’exception du Costa-Rica et du Salvador), Jérusalem selon l’Etat d’Israël.
Mais les murs, aussi haut soient-ils, n’assurent jamais la victoire ; cela est connu depuis Troie, qui fut prise par la ruse d’Ulysse, jusqu’à la ligne Maginot rendue inutile par l’audace allemande. En revanche, les murs invisibles sont beaucoup plus efficaces dans les faits.
Les murs invisibles
Bien entendu, les murs physiques ne font que concrétiser les murs psychologiques, les préjugés que nous pouvons tous avoir (de la dangerosité du pauvre Mexicain au fanatisme du terroriste Palestinien). Mais ce n’est pas de cela dont il est question ici. Pas même des barrières mentales qui peuvent exister après l’abolition de barrières physiques comme ce put être le cas dans le sud des Etats-Unis d’Amérique après l’abolition de l’esclavage et celle de la ségrégation ; le sujet qui se développe dans un parc humain donné absorbe, d’une certaine manière, ce pourquoi il s’est replié sur lui-même et revendique cela comme étant sa différence qui doit être respectée en tant que telle (c’est pourquoi le politiquement correct est né dans les milieux anti-anti-racistes).
Ces langues qui isolent
Ce dont il s’agit, à présent, c’est ce mur de la langue contre lequel on peut se heurter quotidiennement dans les Pyrénées-Orientales, de par une situation excentrée et frontalière. Il convient, avant tout, d’évoquer que la non connaissance, le cas échéant, d’au moins une langue officielle d’un pays, devrait être la condition de bon sens pour vivre dans ce pays. Comment, en effet, se faire comprendre des autorités et avoir la possibilité de faire respecter ses droits s’il y a une impossibilité de connaître ces droits ? L’intervention du traducteur ne devrait être là que comme un soutien pour apprécier les subtilités de la langue.
Notre idée n’est pas d’opposer des langues, mais de voir comment, au lieu de favoriser la communication, elles peuvent isoler. De ce point de vue, l’exemple du catalan est marquant.
La IIIème République, laïcarde et jacobine, a eu pour slogan bien connu en Pays Catalan : « Parlez français, soyez propres. ». Il est de bon ton, dans certains milieux, d’oublier ce fait et de ne retenir que ce méchant roi de France, Louis XIV, qui, par un édit de 1700, aurait empêché aux gentils Roussillonnais de parler leur bon catalan ; cela est faux puisqu’il s’agit en réalité d’une mesure (que continuera son successeur Louis XV en 1753) qui vise à l’utilisation du français pour les actes publics – il ne s’agit aucunement de changer la vie des habitants de cette Province en les obligeant à parler différemment, ce que fera ultérieurement la République dans son souci d’uniformisation du citoyen. Par ailleurs, cette mesure n’est pas isolée : elle s’inscrit dans un cadre général qui débute en 1621 avec le Béarn ; il ne s’agit en réalité que de la continuation et de l’application de l’ordonnance de Villers-Cotterêts, prise le 10 août 1539 par François Ier, prescrivant la rédaction en « langage maternel français » afin d’éviter toute ambiguïté ou incertitude des arrêts. Dès lors, il convient de voir dans l’utilisation du français non pas une politique linguistique imposée par la France (ce qui serait commettre un important anachronisme) mais l’affermissement du pouvoir monarchique dans l’unification de l’institution juridique.
Cet hygiénisme moral servait, entre autre, un impératif d’efficacité : pouvoir transmettre, au front, les ordres en une seule langue compréhensible de tous ; cela permettait, au surplus, d’éradiquer certains foyer réfractaires au progrès pour ne pas dire réactionnaires (la IIIème République, qui ne devait être qu’une transition avant la majorité du prétendant au trône de France, a été portée sur les fonds baptismaux par les monarchistes avant qu’ils ne se fassent éliminer).
Sur l’identité nationale française
L’entrée en matière sur l’usage exclusif du français a été amplifiée beaucoup plus tard par la loi du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française dont le premier et le deuxième alinéa du l’article premier disposent : « Langue de la République en vertu de la Constitution, la langue française est un élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France. Elle est la langue de l'enseignement, du travail, des échanges et des services publics. » ; Cela pourrait servir de base à une réflexion sur l’identité nationale française. Toutefois, cette loi a moins été prise pour lutter contre l’usage des langues régionales que contre le recours abusif à l’anglais ; à ce titre, nous trouvons confirmation de cela au travers de l’article 75-1 de la Constitution, qui dispose : « Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France », au point qu’il existe une Délégation Générale à la Langue Française et aux Langues de France, dépendant du ministère de la culture, donc de Paris. Sont considérées les langues de France et non les langues régionales (métropolitaines et ultramarine), la distinction n’est pas neutre puisque sont, ainsi, intégrés : l’arabe dialectal, l’arménien occidental, le berbère, le judéo-espagnol, le romani et le yiddish. De la sorte la République ne renoue pas avec la grandeur de la France via la richesse de ses provinces, mais prend acte de la déconstruction d’une image dans un égalitarisme stupéfiant niant une Histoire au profit de diverses lectures plus ou moins partisanes.
Ici, il convient de rappeler que la loi de 1994, prise à l’initiative du Ministre de la culture de l’époque, Monsieur Jacques Toubon, n’abroge en aucune façon la loi Deixonne du 11 janvier 1951 relative à l’enseignement des langues et dialectes locaux qui tend à préserver le patrimoine régional de la France, et donc à ce titre, l’apprentissage de la langue, de la littérature et du folklore Basque, Breton, Occitan et Catalan ; une loi en 1974 sera prise pour le Corse, en 1981 pour le Tahitien, en 1992 pour le Mélanésien et en 2006 pour le Gallo, le Francique et l’Alsacien).
Le français face à Twitter
Il n’en demeure pas moins qu’aux termes de la loi de 1994 : « Toute inscription ou annonce apposée ou faite sur la voie publique, dans un lieu ouvert au public ou dans un moyen de transport en commun et destinée à l'information du public doit être formulée en langue française. » – peu importe d’ailleurs que les règles de la langue française soient respectées, après tout qui s’en soucie à part quelques vieux grigous qui font encore attention au genre (et oui, « après-midi » est masculin alors qu’ « espèce » est féminin), portent un soin particulier à la concordance (« après que » est suivi de l’indicatif puisque ce qui arrive est certain alors que « avant que » implique un conditionnel), luttent vainement contre les barbarismes les plus courants (« suite à » n’est pas français et ne saurait remplacer « à la suite de », tout comme « par contre utilisé » pour « en revanche » ou « au contraire ») et, à l’écrit, vérifient les accords ? Nous sommes à l’heure de l’efficacité, de la réactivité, des SMS et de l’information délivrée en un minimum de caractères via Twitter.
Le catalan sans statut
Après tout, pourquoi pas, mais alors il faudrait, pour être conséquent, trouver ce relâchement acceptable à l’égard de notre langue territoriale : le catalan. La guéguerre débute ici avec la question : la langue qui se parle dans les Pyrénées-Orientales est-elle le catalan ou est-ce du « roussillonnais » ? De façon abrupte, elle pourrait être traduite par : est-il question d’une langue à part entière ou est-ce un patois ? En effet, le catalan est une langue reconnue par la Constitution espagnole et, du fait de l’existence de l’Etat andorran, il s’agit même d’une langue reconnue au plan international puisqu’il s’agit d’une langue officielle ; alors que le catalan dans sa modalité du Nord, tout comme le breton, le corse, le savoyard et tant d’autres dialectes « français » ne bénéficient d’aucun statut.
Cela n’est pas neutre ; il n’est qu’à apprécier l’évolution réalisée du Statut d’Autonomie de la Catalogne du 23 mars 1983 à l’actuel en date du 18 juin 2006. Alors que le premier prévoyait dans son article 3 :
« 1. La llengua pròpia de Catalunya és el català.
« 2. L'idioma català és l'oficial de Catalunya, així com també ho és el castellà, oficial a tot l'Estat espanyol.
« 3. La Generalitat garantirà l'ús normal i oficial d'ambdós idiomes, prendrà les mesures necessàries per tal d'assegurar llur coneixement i crearà les condicions que permetin d'arribar a llur igualtat plena quant als drets i deures dels ciutadans de Catalunya.
« 4. La parla aranesa serà objecte d'ensenyament i d'especial respecte i protecció. »
Le Statut en vigueur aujourd’hui dispose dans son article 6 :
« 1. La llengua pròpia de Catalunya és el català. Com a tal, el català és la llengua d'ús normal i preferent de les administracions públiques i dels mitjans de comunicació públics de Catalunya, i és també la llengua normalment emprada com a vehicular i d'aprenentatge en l'ensenyament.
« 2. El català és la llengua oficial de Catalunya. També ho és el castellà, que és la llengua oficial de l'Estat espanyol. Totes les persones tenen el dret d'utilitzar les dues llengües oficials i els ciutadans de Catalunya tenen el dret i el deure de conèixer-les. Els poders públics de Catalunya han d'establir les mesures necessàries per a facilitar l'exercici d'aquests drets i el compliment d'aquest deure. D'acord amb el que disposa l'article 32, no hi pot haver discriminació per l'ús de qualsevol de les dues llengües.
« 3. La Generalitat i l'Estat han d'emprendre les accions necessàries per al reconeixement de l'oficialitat del català a la Unió Europea i la presència i la utilització del català en els organismes internacionals i en els tractats internacionals de contingut cultural o lingüístic.
« 4. La Generalitat ha de promoure la comunicació i la cooperació amb les altres comunitats i els altres territoris que comparteixen patrimoni lingüístic amb Catalunya. A aquests efectes, la Generalitat i l'Estat, segons que correspongui, poden subscriure convenis, tractats i altres mecanismes de col•laboració per a la promoció i la difusió exterior del català.
« 5. La llengua occitana, denominada aranès a l'Aran, és la llengua pròpia d'aquest territori i és oficial a Catalunya, d'acord amb el que estableixen aquest Estatut i les lleis de normalització lingüística. »
La reconnaissance d’un statut permet non seulement de faire valoir les droits qui lui sont reconnus, mais encore de les développer ; au point que, ici, nous avons une véritable politique linguistique en faveur du catalan qui est mise en œuvre. Mais cette question va plus loin. Le catalan tel qu’il est enseigné dans le Roussillon est le catalan standard de Barcelone. Le « roussillonnais » apparaît, de la sorte, comme un archaïsme, certes touchant et attachant, d’une langue moderne et moderne. Dès lors, la question qui semble agiter beaucoup de monde est celle de savoir si le « roussillonnais » est bien du catalan à défaut d’être du bon catalan ; la question est à poser, d’autant plus à la lecture du sous-titre du second volume du Petit dico d’aquí de Monsieur Gérard Jacquet : « Glossaire du français parlé en Roussillon » dont la première entrée est ‘‘Afram’’ et la dernière ‘‘Xò fa que’’.
Les Gitans dissimulés
Par ailleurs, il est d’usage de déplorer la perte de ce parler qui ne le serait plus guère que par quelques vieux du haut Vallespir, sorte d’irréductibles villageois retranchés dans leurs montagnes et défendant un mode de vie obsolète – à l’image d’Astérix… le Gaulois. C’est oublier qu’il est utilisé quotidiennement, constamment et maternellement par la population gitane, de tous âges, sédentarisée à Perpignan ou encore à Pia et à Millas ; cet aspect est systématiquement omis au point que cela ne peut paraître que suspect (le gitan ne se réduirait pas à la guitare et aux menus larcins, il serait aussi vecteur de l’identité locale !).
C’est peut-être ce point, qui permet de faire la synthèse de ces deux aspects : le physique et le psychologique. Nous vivons une époque crépusculaire où un mur sépare deux images que nous nous faisons de nous-mêmes ; ce mur est le présent qui se vit comme le regret d’une image de notre passé idéalisé (voire re-fabriqué) et le remord de ne pouvoir se donner les moyens de correspondre à l’image du futur que nous rêvons d’avoir.
Totalitarisme administratif
Les murs que nous construisons et dans lesquels nous vivons sont le fruit de cette double frustration – qui nous fait perdre de vue la volonté d’être qui nous sommes. Et, d’une certaine manière il ne peut en être qu’ainsi à l’allure de la mondialisation que nous vivons dans ce qu’elle participe à la destruction des communautés à échelle humaine permettant à l’Homme de se développer sereinement dans un milieu qu’il peut appréhender et dans lequel il n’est pas, et ne se sent pas seul. Rappelons-nous que le plus grand des totalitarismes naît et se développe dans le rapport direct entre l’individu isolé et la machinerie administrativo-étatique – cela ne nous est pas étranger, il suffit de se souvenir de la loi Le Chappelier qui, interdisant les corps intermédiaires (via les corporations) dans l’exubérance révolutionnaire, interdisait aux salariés le droit de se regrouper pour faire valoir leurs revendications. Il est à déplorer que, souvent, l’enfer est pavé de bonnes intentions.
C'est plus simple que ça.La France doit gérer une immigration proportionnée à l'importance de ses nombreuses ex colonies. Cette population se compose de gens parfaitement intégrés quand d'autres préfèrent vivre en communauté pour des raisons toutes simples de religion etc... A tous on exige de respecter les lois de la République. Quant à la violence, le chacun pour soi, la division, la loi du plus fort, je trouve ces accusations assez dérisoires. Des retraités qui ont travaillé 40 ... Lire tout le commentaire
Ouuups... Mandra d'article, si us plau...
@ Sergio qui me paraît bien naïf :"Les communautés s'intègrent sans problème". Et bien non justement elles ne s'intègrent pas à la nation française, elles vivent en communautés comme vous l'écrivez, séparées les unes des autres. L'assimilation dont on a retenu que les aspects les plus caricaturaux répondait à une aspiration : Comment devenir ce que l'on était pas, c'est à dire Français? Comment intégrer la communauté nationale? Il s'agissait d'un beau projet certes plus diffic... Lire tout le commentaire
Jusqu'à récemment on parlait d'assimilation sinon rien. On a découvert comme par miracle que ce principe était ridicule voire contre productif. A mon avis aujourd'hui des communautés s'intègrent SANS PROBLEMES et concervent leur IDENTITE. A Paris, les Chinois dans le 13ème, les Arabes à Barbès, des Africains dans le 14ème et Saint-Denis, des Juifs dans le 19ème, des Saoudiens aux Champs Elysées. A Perpignan, les Gitans rue Lucia, des Arabes place Cassagnes, des Bobos à Las Cobas. Po... Lire tout le commentaire
J'ai retenu de l'histoire, que les vainqueurs de 1918 ont isolé les vaincus avec les conséquences que nous connaissons. Les vainqueurs de 1967 et leurs alliés me semblent s'être mis dans la même situation. Analyse bien trop primaire pour être acceptable. Retour aux murs invisibles du sujet et aux totalitarismes administratifs, "fonctionnaire, mon frère, tu construis une mur ... etc."( § St Ex ) le sujet n'est pas récent non plus , je suis bien d'accord... Et je trouve aux élections, be... Lire tout le commentaire