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Blogs > Nicolas Caudeville > Annabelle Brunet : "On a besoin de discours plus simples et efficaces "


Samedi 25.11.2006. 00:00h

Annabelle Brunet : "On a besoin de discours plus simples et efficaces "

Y'a-t-il de jeunes femmes politiques sous les cieux nord-catalans ? Perle rare, Annabelle Brunet, 30 ans, est conseillère juridique, membre de la majorité municipale de Perpignan et vice-présidente nationale des jeunes de l'UDF.

La clau : Vous êtes conseillère municipale de Perpignan... Comment ?
Annabelle Brunet :
Comme peu de personnes peuvent le dire, j’ai toujours été à l’UDF. Aux origines de mon engagement, il s’agissait plus de réfléchir sur des questions nationales. Puis, j’ai vu que l’on pouvait aussi agir en local. Jean-Paul Alduy, le maire de Perpignan alors UDF, est venu me voir en 2001 en me disant "tu es merveilleuse, j’ai absolument besoin de toi" (sourire)... Et cela n'a aucun lien avec la nouvelle et toute récente loi sur la parité bien évidemment. Ce n’est qu’une question de compétences…

la clau : Pourquoi les femmes sont-elles si peu représentées en politique ?
A. B. :
Elles sont nouvelles dans ce monde là, même si la parité a renouvelé ce monde là. Même si le résultat n’a pas été mauvais. Certains ne se posaient pas de questions, se disaient c’est la femme de quelqu’un, c’est la fille de quelqu’un. Elles sont juste là pour la photo ou faire le ficus. Pas mal de femmes ont été élues en France en 2001. Ce sont des nanas qui ont pris leur rôle très à cœur, qui font un boulot remarquable du point de vue du temps qu'elles y passent et des résultats obtenus. Mais dans la représentation politique en général, dès que la parité n’est plus imposée par la loi, elles disparaissent à nouveau. Il suffit de regarder leur proportion à l’assemblée nationale : c’est plus que léger… Les partis politiques préfèrent payer des amendes plutôt que de respecter la parité sur les listes électorales. Il faut que les femmes, qui sont aussi des êtres humains, et qui ont envie de faire de la politique, insistent là-dessus. Et qu’elles ne se laissent pas impressionner parce que soi-disant un homme qui briguerait un mandat serait plus compétent qu’elles.

la clau : La femme a une vision particulière de la politique ?
A. B. : Je ne le crois pas. Il y a certains sujets sur lesquels la femme a été conditionnée pendant tellement d’années qu’elle va avoir, peut être, la connaissance d’un certain domaine. Elle va pouvoir apporter des solutions. Mais c’est plutôt une question d’organisation de la société. De plus en plus, ces différences s’estomperont. Hommes et femmes commencent à avoir le même type de vie et finiront par être sur un même pied d’égalité. On est avant tout des êtres humains qui faisons de la politique.

la clau : Vous cumulez les handicaps : femme, et jeune en plus. Ce sont des freins pour accéder au pouvoir ?
A. B. : Il y a une grosse différence entre le discours et les faits : les hommes politiques disent : "Il faut des femmes et des jeunes". Et puis, au moment de donner les investitures, on vous dit "Tu as le temps, c’est peut être un peu trop tôt, surtout qu'un tel veut se présenter, c’est peut-être sa dernière chance, tu comprends…". Là, c’est la même chose. Il faut vraiment que les jeunes qui ont envie de s’investir le fassent. Et que ceux qui ne veulent pas le faire réfléchissent. On est à une époque charnière où on a vraiment besoin d’entendre des discours plus francs, plus simples et plus efficaces, parce qu’on est en train de s’enliser dans l’inefficacité. Il est temps que ça cesse.

la clau : Aujourd'hui même les vieux sont jeunes, et le maire de Perpignan, Jean-Paul Alduy, peut dire "Je ne suis pas vieux, ma compagne est jeune". C'est un moyen pour piquer leur place aux jeunes ?
A. B. :
Il ne faut pas faire du jeunisme, mais il ne faut pas faire du "vieillisme" non plus. C’est un état d’esprit. On peu avoir l’esprit jeune. Il des choses qu’on a vécues ou pas. Quand j’allais encore a l’école il n’y avait ni Internet, ni téléphones portables. Fondamentalement, la génération qui va suivre sera modelée par ça. Ça fait partie des éléments de vie et d’environnement qui jouent un rôle important dans la manière dont on perçoit les choses. Je n’ai rien contre un homme de 64 ans comme Jean-Paul Alduy, qui veut faire de la politique. Il a raison, il a du temps. Il n’en reste pas moins que la vision de la vie est différente.

la clau : Avec les médias, la présidentielle française de 2007 est déjà au deuxième tour ! Pourquoi François Bayrou, le patron de votre parti, s'engage-t-il, puisqu’on sait que ce sera Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy ?
La dernière fois, en 2002, on a dit la même chose et on a eu un 21 avril ! Il faut laisser les autres candidats présenter leur programme. Bayrou, c’est la révolution civique !

la clau : En ce moment, vous lisez quel livre ?
V.D. : Le Statut de la Catalogne Sud, voté cette année, qui définit la nouvelle Catalogne (Sud).

la clau : Le dernier CD que vous avez écouté ?
V.D. : Ça fait un peu cliché, mais c'est vrai : j'écoute "Cali live" en boucle...

la clau : Votre dernier film ?
V.D. : Le journal de Bridget Jones !



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