Au travers de peintures, photos et textes, elle peuple nos pupilles de lumières, de contrastes, d’impressions, de sensations, de saveurs que ses yeux ont su collecter et que ses mains ont su retranscrire. Plongeons dans cet univers rafraîchissant, comme le patio arboré dans lequel elle a posé ses valises. L’espace d’un instant, offrez-vous le luxe de quelques grammes de finesse dans ce monde de brute…
La Clau : Avez-vous de nombreuses expositions à votre compteur ?
Florence Jou : « C’est la première fois que j’ai un lieu à investir où je vais mêler trois disciplines autour du voyage : les lieux que j’ai visités, les gens que j’ai rencontrés ou que je n’ai pas rencontrés. La peinture est abstraite , j’ai travaillé avec de l’huile, de l’encre de chine et des collages. Les photos, ce sont des photos à l’argentique que je développe, des atmosphères de villes la nuit ou des vues maritimes, des feux d’artifices aussi. Quand je dis atmosphère, j’entends que ces photos ne sont pas de la figuration distincte. Je travaille beaucoup dans les noirs et leurs contrastes, les ambiances nocturnes. Les textes vont de la poésie à la nouvelle, avec un ton cynique et acidulé, un peu à la Prévert, assez cocasses, ce sont des scènes que j’ai vues dans des bars, que j’ai vécues ou que j’ai inventées. »
Pourquoi faire de l’art lorsqu’on pourrait travailler à l’usine ?
J’ai un métier, je suis professeur de français. Je m’occupe des 5ème, 4ième , 3ème . Face à mes élèves, je commence à poser les cadres, pour qu’après les moments de relâchement puissent être mieux appréciés. Pour l’art, j’ai commencé par la photo. Un ami m’a montré comment développer des photos noir et blanc . Après du coup, il me manquait la couleur. J’aurais pu faire de la photo couleur, mais cela ne m’intéressait pas. Je me suis mise à la peinture. J’ai acheté une toile, j’ai pris des cours. Puis j’ai mis des coups de pinceaux. De toutes manières je ne conçois pas ma vie sans créer ! Ce n’est pas pour laisser une trace, par rapport à l’envol du temps, je ne peux pas dire. C’est surtout à un moment donné, tu es poreux, poreux au monde. Tu ressens des choses. Pleins de gens ressentent des choses, mais moi j’ai besoin de les retranscrire et prendre un risque là-dedans. Au « Sud », je montre une étape où il y aura de bonnes choses, des choses ratées, le tout étant de créer. Parce que si j’aboutissais d’entrée ce n’aurait pas temps d’intérêt. C’est un petit moment que je propose aux gens. »
je vois monsieur caudeville que vous accordez beaucoup d'attention aux jeunes artistes féminines. Vous leur donnez une autre image que celle véhiculée par (notamment) la publicité , passant de la femme objet à la femme dynamique qui s'épanouit Merci