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Blogs > Nicolas Caudeville > J.L. Démelin, maire de Font-Romeu : changer d’altitude pour le tourisme


Vendredi 25.7.2008. 21:00h

J.L. Démelin, maire de Font-Romeu : changer d’altitude pour le tourisme

Comme un village-sur-plage ajouté en appendice d’un village ancien, Font-Romeu est une commune sortie de terre pour le tourisme, mais dans laquelle une vraie vie s’est greffée. Les problèmes de la plage sont-ils ceux des alpages ?
Jean-Louis Démelin, maire de Font-Romeu depuis mars 2008 Jean-Louis Démelin, maire de Font-Romeu depuis mars 2008

Loin du tourisme de masse du littoral, la principale « ville » de la région de la Cerdagne française, Font-Romeu, jadis un simple ermitage, a été inventée grâce au Train jaune en 1910 puis s’est développée par la construction de son Grand Hôtel et l'arrivée du tourisme climatique pour clients aisés. Son site olympique créé en altitude pour préparer les sportifs français aux Jeux Olympiques d'été de 1968 à Mexico, faisant découvrir le ski au plus grand nombre, accueille toujours un Centre National d'Entraînement en Altitude où viennent se préparer les plus grands athlètes de toutes disciplines. Son domaine skiable, Pyrénées 2000, compte 40 pistes et 29 remontées mécaniques, son lycée climatique et sportif accueille 300 élèves en pôle espoir, dont plusieurs dizaines en section athlétisme, football, natation, hockey sur glace etc. Son maire, Jean-Louis Demelin, dont c’est le premier mandat, a été correspondant du secteur pour le quotidien L’Indépendant. Il nous donne son point de vue sur une gestion équilibrée d’un tourisme de qualité, c'est-à-dire, dans la réalité des fait destiné aux classes plutôt aisées.

La Clau : La vocation touristique de Font-Romeu provient du fait que l’économie, notamment agraire était exsangue ?

Jean-Louis Démelin, maire de Font-Romeu : Depuis le siècle dernier, Font-Romeu connaît une tradition touristique de qualité, et a été reconnue comme telle dès 1926. Son climat favorise un tourisme différent. En hiver, bien sûr, nous avons le ski, mais, l’été, la station n’est pas vide, puisqu’en comptant globalement la Cerdagne et le Capcir, on passe de 15.000 à 60.000 habitants. C’est aussi une ville étudiante, qui accueille 300 personnes pour la formation sportive STAPS. Il y aussi du tourisme scientifique avec le four d’Odeillo, qui fonctionne à l’énergie solaire renvoyée par un champ de 63 miroirs installés sur 8 terrasses qui en éclairent un plus grand, parabolique. Sa puissance thermique est de 1 MW, et, avec celui de Tachkent, en Ouzbékistan, il est un des deux plus grands fours solaires du monde. De manière générale mon équipe municipale et moi-même sommes soucieux de tout mettre en oeuvre pour la réussite des vacances, dans un environnement préservé.

Le tourisme a donc bien éliminé les autres secteurs économiques ! La pression immobilière vous touche de quelle manière ?

C’est vrai, les promoteurs espagnols avaient énormément investi sur ce territoire de Cerdagne, à tel point qu’il était très difficile voire impossible pour les habitants à l’année d’acheter ou de louer à des prix convenables, exactement comme en Roussillon. Mais la bulle immobilière a crevé au Sud, laissant place à une large chute des prix. Par ricochet, les prix en Cerdagne et ici à Font-Romeu se sont tassés, et les habitants, les étudiants et les saisonniers peuvent désormais se loger à prix correct. Mais, laissez-moi vous offrir un scoop : nous allons recevoir la réalisation d’un parc de 300 habitations de luxe, financé par des promoteurs espagnols sur un design de l’architecte -bien connu- Jean Nouvel !

Le tourisme a un impact sur l’environnement et la société… Ici aussi ?

Ici, les gens se parlent, ils échangent, ils participent pas mal. Au niveau de l’environnement, désormais nous ne construisons qu’aux normes urbanistiques « Haute Qualité Environnementale », avec une moindre pollution, une moindre consommation de ressources pas ou peu renouvelables, une recyclabilité accrue, une souplesse de conversion à d’autres usages, des coûts d’exploitation réduits et de faibles impacts sanitaires pour diminuer au maximum notre empreinte biologique. Cela se traduit aussi par un nettoyage constant de notre espace. Et aussi, pour les installations du domaine skiable, par exemple, l’utilisation d’huile recyclable pour le graissage de la mécanique des remonte-pentes.



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