Certains malins, comme Fabrice Thomas, ont senti le vent tourner et ont vu venir le 11 septembre de l’info papier. Ici ou ailleurs, certains de ces observateurs-acteurs ont su percevoir que ce ne serait pas les dinosaures qui survivraient à la chute des météores, darwinisme oblige. Mais le personnage rencontré n’est pas un chevalier blanc... plutôt un anti-héros de la presse, pour tout dire, qui affirme «Tout comme il y a des chats, je suis un journaliste de gouttière ! » et se définit lui-même comme « Journaliste avant toute chose. Quant à mes opinions, je suis de gauche avec des valeurs de droite. Et de droite avec des idées de gauche… ». Son site personnel autogestionné "Perpignan tout va bien" fait les grandes heures de la politique en Catalogne Nord, avec, il est vrai, un parti pris certain.
La Clau : Les journalistes sur Internet sont-ils de vrais journalistes ?
Fabrice Thomas : Depuis quelques mois, une critique et un discrédit se sont jettés sur Internet : les informations diffusées ne seraient pas vérifiées, internet serait une affaire d’amateurs, tandis que les médias traditionnels offriraient une information sérieuse, rigoureuse etc. Le débat n’est pas là. Dans la presse, il y a des journalistes qui ne font pas leur boulot, qui ne vérifient pas leurs infos, et des journalistes qui le font très rigoureusement. C'est pareil sur le net.
En Catalogne nord, la manière de répondre à cette perte de vitesse a réssuscité « Le club de la presse » ?
Le club de la presse a existé dans les années 1980, et il était le symbole de la connivence d’un certain nombre de journalistes avec les politiques. Il a connu différentes crises différents soubresaut qui ont conduit à son arrêt. Le problème du club de la presse, c’est qu’il rassemble dans une même organisation, la presse et les communicants. Des personnes qui ont des vocations totalement différentes. D’un côté, on fait du marketing, on a quelque chose à vous vendre, et de l’autre côté on est là pour faire de l’information. Je signale d’ailleurs qu'il y a un grand nombre de pays où une telle chose est inconcevable. Dans les Pyrénées-Orientales, on sépare les choses. Mais ça marche tellement bien qu’il y a des journalistes qui ont quitté le club parce qu’ils se sont rendus compte qu’il y avait une main mise des gens de la communication. En plus, pour fonctionner, le club de la presse va voir les collectivités territoriales, Mairie de Perpignan, Agglomération, Conseil Général et Région, pour leur demander des subventions. A quelle indépendance peut-il prétendre ? Le symbole de ce mode de fonctionnement a été la manifestation inaugurale du club de la presse où, il y avait un très beau buffet fait par un traiteur, payé par les collectivités territoriales du département, dont les représentants, Jean-Paul Alduy et Christian Bourquin ont fait un discours.
En France, les gens se désintéressent de la presse en général, ou de la presse de papa ?
Il y a une tendance nationale et locale à une érosion de la presse écrite. Plus forte encore dans les Pyrénées-Orientales. De source officielle, le journal l’Indépendant perds 1% de ses ventes chaque année depuis quinze ans, alors que la population du département, actuellement autour de 430.000 habitants, est en forte croissance démographique. Je crois que ce marasme a un rapport avec les contenus et l’offre. Les contenus ne sont plus suffisamment intéressants ou captivant pour le lecteur. Quant à l’offre, caractérisée ici par son manque de pluralisme, elle semble donner au gens l’impression qu’il y a une vérité officielle et que les journalistes en sont les relais. Il faut une information de qualité, avec un réel travail journalistique et des enquêtes. A cette seule conditions, les lecteurs reviendront !
vérifier l'information ! non, ce ne sont ni le conseil général, ni la ville de perpignan qui ont financé un traiteur pour les apéritifs du club de la presse po et ni christian bourquin, ni jean paul alduy n'étaient présents ! c'est tout simplement et plus humblement la chambre d'agriculture roussillon et le conseil interprofessionnel des vins du roussillon qui ont offert les produits locaux d'un "apéritif paysan" et les "peti... Lire la suite
Si la presse roussillonaise ne se vend plus c'est peut-être parce que la population qui augmente en arrivant d'autres coins de France en a peut-être juste rien à foutre d'entendre parler de sardanes, de castellers et d'espadrilles et se tourne vers des médias nationaux un peu moins centrés sur le nombril de la gare de Perpi.
Vu que ce sont toujours les mêmes qui ont de (vraies*) casseroles dans le département, en parler ou ne pas en parler peut s'apparenter à une opinion. Ne pas en parler (ou bien le faire uniquement pour déminer, comme le fait notre cher quotidien) me paraît une prise d'opinion. Fabrice Thomas c'est : 1 - des faits. 2 - Un humour un peu acide. Mais au moins, lui, vérifie toutes ses infos... pas comme certains quotidiens. –––––––
*Vraies = avec des trucs en justice et ... Lire la suite
C'est quand même assez révélateur que même sur votre site (censé prendre de la distance et apporter une réflexion indépendante à ses lecteurs) on en soit toujours à dénigrer les uns et les autres, Fabrice Thomas aujourd'hui, un autre demain, plutôt que réagir sur le fond des sujets et des problèmes. Tant que le sport numéro 1 des Roussillonnais restera le dénigrement de l'autre (de préférence celui qui essaye de penser ou d'agir), les féodaux n'ont pas grand chose à craindre.
Pourquoi Fabrice Thomas crache-t-il dans la soupe ? Parce qu'il n'a pas eu sa part ?