Logo
rellotge
Vendredi 29 août 2008. 23:33h
C2_728x90.gif
nuvols_parcials22º
Girona
sol24º
Barcelona
sol26º
Toulouse
sol24º
Perpignan

Actu & Société en Catalogne Nord & Sud
Blogs > Martin Casals > L'Université, un retardateur de chômage


Samedi 14.10.2006. 00:00h

L'Université, un retardateur de chômage

Le taux de réussite au Bac 2006, 73,9%, constitue un danger, car ce diplôme aujourd'hui offert ne concernait que 25% des jeunes Français en 1975 alors que l'emploi n'était pas encore en crise. Désormais, le Bac au rabais
L'Université, un retardateur de chômage L'Université, un retardateur de chômage

Le rêve de tous les ministres de l'Education depuis 1980 ha dévalué le baccalauréat… De Savary à De Robien, en passant par Jospin, Bayrou, Lang ou Chevènement, qui a imposé le "Bac pour tous" en 1984, la République a souvent fait cadeau de l'accès aux études supérieures à trois générations, mais sans actualiser ses données économiques. La ligne d'arrivée égalitaire du Bac sacré a progressivement écrasé les vocations, surtout en dehors des couches socioculturelles élevées. Ainsi, les jeunes qui en d'autre temps ou latitudes auraient souhaité devenir maçons, chauffeurs ou animateurs culturels, ont décroché un diplôme général sans valeur réelle sauf celle de niveau plancher pour les études supérieures. Supérieures ? Une fois le Bac passé, les enfants sont baladés dans des filières recommandées par les parents, la meilleure amie ou la mode. En 30 ans, malgré le changement de réalité et les mutations de la crise, l'irréalisme légal et l'irréalisme juvénile sont intacts, les campus continuant d'être le dernier réduit d'enfance abrité par la famille et le système éducatif, avant la grande chute dans la galère. Plus que jamais les dépenses (un esprit mal tourné listerait ici le téléphone portable, les cigarettes et l'indispensable voiture neuve, auxiliaires de la location de l'appartement) sont à la charge des parents et des parents confiants, qui investissent dans les études de leur descendance car eux-mêmes n'y ont pas eu accès (cela fera bientôt un siècle que l'on explique la même chose). Qui ne sait pas que le "travail" à la fac repose sur deux mois, janvier et mai, l'œuvre d'un universitaire avisé étant d’empocher des examens. Le reste du temps, place à l'imagination de solutions pour réparer ce monde injuste, à coups de fêtes, herbe, alcool et sexe... Chercher du travail ? En 2005, 47% des étudiants de France y ont été "obligés", selon le syndicat UNEF. Justement, tous les ans, les syndicats d’étudiants téléguidés organisent des grèves afin d'éloigner le gris de l'espace concret au profit du rose vendu par l'école primaire et le collège. Mais la vie en rose n'admet pas la recherche d'un job à temps partiel pour se faire la main… S'il est certain que les horaires universitaires français ne collent pas avec les horaires de travail (sur le même principe que La Poste), la souplesse des étudiants de Girona ou Barcelone est surprenante : ceux-ci parviennent à étudier le jour et dispenser des cours le soir ou travailler le week-end dans la restauration, tandis qu’à Perpignan l’on mise d’entrée de jeu sur la myriade des aides d’état. L’attitude estudiantine changerait-elle si le tissu économique de Catalogne Nord n’était pas déchiré ? L’un dans l’autre, tout cela doit bien influer sur le caractère profond des citoyens de chaque territoire…

L’Université, un parking d’Etat pour freiner la poussée du chômage ?

La vie concrète n'intervient qu'après la respiration universitaire, car l'art hexagonal est d'isoler les études de la réalité, ce qui rend difficile un accès progressif au réalisme économique. Mais la chute n'est douce que pour les étudiants au bon nom de famille (le piston devait exister déjà au temps de l'Homme de Tautavel). Pour les autres, l'Université est une machive de déceptions graduelles, voire calculées ? Elle est suivie par les files d'attente au théâtre, où le travail consiste à apprendre les techniques pour en chercher, avec lustrage de CV et entretiens d'embauche fictifs, tout en croyant que le boulot va sortir des canalisations administratives. Avec un peu de chance, le théâtre politique imagine à Perpignan, en 2005, la "Maison de l'Emploi" de l'Agglomération Perpignan-Méditerranée, ouverte à l'issue de 4 millions d'euros de travaux et la bénédiction du Ministère de l'Emploi. Un méandre supplémentaire dans le labyrinthe du travail, pour l'ex-jeunesse vorace qui finit par admettre que si elle décroche un emploi, il n'aura aucun rapport avec les études suivies, malgré quelques années d'expérience, une paire de Masters et plusieurs langues maîtrisées. Les moins chanceux visiteront les rues de l'esclavage telles l'avenue Général De Gaulle-De la gare de Perpignan ou le Boulevard Kennedy. Là, dans la nuée d'agences d'intérim, on leur dira qu'ils sont trop diplômés, mais qu'on les rappelera pour passer en entretien et signer un sous-contrat. La machine à déceptions racle le plancher. Pour certains, à partir de 25 ans viendra la consolante RMI, accessible sans difficultés.
L’étudiant sud-catalan, au fait de la rareté des bourses et des aides au logement, se débrouille, car s'il ne choisit pas un bon master ou une formation à la carte et ciblée (à partir de 6.000 euros) il n'ira nulle part. Nulle part, c'est l'Agence Catalane de l'Emploi (Agència Catalana d’Ocupació), version sud-catalane de l’ANPE. Au Sud, où manquent aussi vocations et personnalité lors des orientations universitaires, le mimétisme chic a saturé les facultés de Communication audiovisuelle et de Commerce. Les facs de Médecine sont à la mode grâce aux séries télé du style "Urgences". Ainsi, le pays est rempli d'employés-journalistes, de serveurs-avocats et de taxis-psychologues!
En territoire français comme en territoire espagnol, la tendance est claire : 20% des étudiants abandonnent leurs études, chaque année dans l'hexagone, 42% ne termine pas son cursus sur la péninsule ibérique. D'ailleurs, si tous réussissaient leurs examens, à quoi cela servirait ? Martin Casals | 14.10.06 [Donnez votre avis]



Commentaires


Aucun commentaire sur cette article

loading


Commentaires

Votre commentaire, envoyé avec succès, sera validé très bientôt.
loading

Les commentaires liés aux informations publiées par La Clau engagent exclusivement la responsabilité de leurs auteurs et ne sauraient en aucun cas engager la responsabilité de La Clau.
© la-clau.net, 2006-2008
Crédits | Mentions légales | PUBLICITÉ | CONTACTEZ-NOUS