Bien que le parcours de l'USAP lors de la saison 2008-2009 ait été aux antipodes du chemin de croix, le parallèle entre rugby et religion est parfois troublant. D'ailleurs, le stade Aimé Giral n'est-il pas souvent rebaptisé "la cathédrale" ? Le rugby semble bien être la religion (ou l'opium) du peuple nord-catalan, comme le chantait déjà Joan Pau Giné dans "L'Allioli" ("amb l'USAP que sempre guanya").
Depuis le schisme de 1895, qui portait sur une compensation économique à cause d'un manque à gagner, les deux religions ont connu des destins différents. Dans les années 30, le Catalan Jean Galia, devient un prédicateur hors-paire du XIII et sa pratique gagne du terrain jusqu'au coup d'arrêt marqué par le gouvernement de Vichy. Après, une persécution en règle, la pratique treiziste repris de sa superbe et retrouva même son rang de religion en 1993, en récupérant le nom de "rugby".
Le rugby (à XV), tardera quasiment un siècle pour passer à son tour à la nouvelle doctrine: le professionnalisme. En effet, c'est seulement aux alentours de 1995, soit 100 ans après le "schisme septentionnal", que l'élite du quinze réalise sa conversion.
Le baptême:
L'USAP, opta alors pour une conversion rapide, dès 1998 elle célèbre son baptême au stade de France, mais trouve face à elle l'archétype même du rugby néo-professionnel. Dur apprentissage, Perpignan se réveille sans le "planxot" et avec la gueule de bois, non pas à cause du culte dionysiaque pratiqué par certains supporters, mais à cause du match joué dans l'enceinte dionysienne !
La communion privée:
En 2003, après, avoir témoigné régulièrement sa foi, arrive enfin l'âge de raison et le moment de la communion. Après que ses fidèles, aient fait une courte écartade en se rendant au Temple (Bar), la jeune catalane, avec sa voisine occitane comme marraine, réalise sa première communion dans une terre où la ferveur catholique est bien connue.
La communion solennelle:
L'année suivante, sans perdre de temps, la décidément très pieuse catalane, fait sa communion solennelle. Elle renouvelle sa foi, mais est déçue en voyant que les autres communiant(e)s sont toujours plus gâtée qu'elle.
La confirmation:
Suite à de profonds questionnements sur sa croyance en 2008 et après même avoir envisagé une apostasie. La pieuse roussillonaise décide de poursuivre son parcours dans la course aux sacre(ment)s. Le samedi 6 juin 2009, face à des auvergnats toujours en voie de conversation, l'USAP remporte le "planxot" de la réconciliation qui peut ainsi revenir au pied du Castillet avant que certains supporters ne reçoivent l'extrême onction !
En paraules de Karl Marx “Die Religion ... ist das Opium des Volkes” . A partir d’aquesta afirmació ens podem preguntar: quin és l’opi del poble Nord-Català? L’USAP. Un dels millors referents/sentiments de la catalanitat en la Catalunya Nord. Desitgem que l’opi de la catalanitat s’estengui per tots els Països Catalans, ja que com el Barça, l’USAP és més que un club! O no?