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Vendredi 3 septembre 2010. 00:50h
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Blogs > Marc Delclòs > "L’espoir de renouveau est tel que l’on y croit pas"


Vendredi 5.2.2010. 21:00h

"L’espoir de renouveau est tel que l’on y croit pas"

Dans une révolution silencieuse, les comportements et les représentations du monde peuvent changer dans les années 10 en Europe. En Pays Catalan aussi ?
"Hope", Ashley Rose © Ashley Rose

La décennie s’est achevée prématurément en septembre 2008, avec la crise financière. L’idéologie politique et économique des USA, ébranlée, a même touché la partie de l’humanité épargnée par la fracture numérique, qui apprend à vivre entre menaces virtuelles et souffrances réelles, dans une subite prise de conscience des problèmes environnementaux. En Catalogne du Nord, exception faite de la victoire de l’équipe de rugby de l’USAP, championne de France depuis le 6 juin 2009, les années 2000 sont désertes, mais les projets à livrer en 201X sont légion. L’espoir d’un renouveau est tel que la population n’ose pas y croire, lasse d’attendre le train de la croissance, ou à grande vitesse. Les années 10 seront-elles en Pays Catalan celles d’une rupture d’apparence, ou celles d’une réelle renaissance ? Dans une société où la mémoire « vive » efface les séquences survenues il y a quelques mois, seule la médiatisation fait revivre les repères historiques glorieux. Mais pas pour le Pays Catalan, dont la florissante industrie textile de jadis, le Royaume de Majorque, et même la récente épopée économique, il y a 100 ans, n’existent plus.

Grands-messes et rues vides

Si une chose n’a pas disparu des mémoires, c’est bien la frontière, qui reste matérialisée au Perthus. Pourtant, au fil des années 10, les grandes surfaces du Roussillon seront probablement délaissées au profit du giga-marché de la Jonquera, où régneront les achats anonymes, impersonnels et massifs, dans des rites collectifs qui rassurent la population individualisée. Il en sera de même pour les temps forts de l’année, comme les grandes victoires sportives, les feux de la Saint-Jean, la Fête de la Musique et le festival du photojournalisme de Perpignan Visa pour l’Image, qui réuniront des milliers de personnes. Et puis c’est à peu près tout, entre ivresse collective et rues désespéramment vides. Ici aussi, comme ailleurs, l’homme aura cette capacité à s’ignorer superbement 350 jours durant, pour se vautrer dans une niaise frénésie.

 

Le "vivre ensemble" reste possible

L’implosion des cadres sociaux, favorisée par les changements d’employeurs, les églises qui se vident ou l’engagement politique résumé à un SMS, n’empêche pas les grands rassemblements. A Perpignan, les 15.000 manifestants contre la ligne électrique à Très Haute Tension (THT), mobilisés le 1er mars 2008, et les 45.000 signatures contre la Septimanie du président de la région Languedoc-Roussillon, Georges Frêche, en 2005, ont montré, en dépit de l’individualisme, une nouvelle façon d’être en société, entre la liberté du non-engagement et la responsabilité. Aujourd’hui, les prises de consciences collectives portées par Internet, notamment par le réseau Facebook, révèlent de nouvelles relations possibles. D’ailleurs, les vœux des élus favorables aux grands rassemblements sont aussi virtuels, dans la forme mais pas dans le fond, comme ceux de Jean-Paul Alduy pour l’agglomération de Perpignan-Méditerranée Communauté d’Agglomération, en 2010.

Transports : retour vers le futur

En 2020, grâce au télétravail, à la faible mobilité des personnes âgées et à son fort taux de chômage, l'agglomération du Roussillon aura certainement résolu ses problèmes de transport en s’inspirant de solutions apparues il y a 100 ans. En juillet 1910 était inaugurée la ligne de train Villefranche de Conflent-Mont-Louis, pour « désenclaver » la région de la Cerdagne, et voici qu’en décembre 2010 va s’ouvrir la ligne TGV Perpignan-Figueres, en attendant Barcelone-Paris dans 10 ans, pour désenclaver… la plaine du Roussillon ! De la même manière, le tramway du Roussillon, disparu en 1954, est réellement envisagé pour après 2020. Ou le très modeste aéroport de Perpignan de 1910, lancé par l’Aéropostale la décennie suivante, pourrait retrouver de sa superbe, 100 ans plus tard, grâce aux vols transatlantiques low cost, si l’aéroport de Girona ne les rafle pas tous. Mais sans préparation psychologique menée par des autorités, les habitants du Pays Catalan, placés, comme toujours, dans plusieurs cadres géographiques concurrents, devront obligatoirement s’inventer de nouvelles représentations de l’espace, et même du temps, à moins d’être étourdis par des changements subis plus que compris.



Commentaires

#1. FRED 02.7.2016. 10.00h

quoi renouveau ??? je dirais plûrot retard a la compréhension des choses ... Depuis 1990 nous avons la preuve que ce qui s' appelait le communisme et qui n'etait en fait qu'une dictature, ne fonctionne pas .. Puis que ce qu'on appelle le Capitalisme libéral, est une enorme foutaise qui ne survit que par manque de Proposition nouvelle ... alors quoi de "renouveau" dans tout cela ?? Personne dans le monde ni aucun pays , ne propose un systéme nouveau . Cela deviendra même impossible avec la m... Lire tout le commentaire


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