Passé le Traité des Pyrénées, en 1659, la première grande réorganisation territoriale est intervenue en mars 1790 avec la création de 83 départements. Puis, après 1918, l’importance du transport ferroviaire a précédé l’idée d’infrastructures supra-départementales, mais ce ne sera qu’après 1945, dans un contexte de planification aidé par l’avènement de l’automobile, que naissent les régions. Edgar Faure lance ses “programmes d'action régionale” en 1955 et, un an plus tard, une première mouture du découpage régional de Serge Antoine voit le jour. Il ne s’agit alors que d’un “échelon de travail” pour des régions qui se doivent toutes de compter plus d’un million d’habitants et de regrouper plusieurs départements, sans les scinder. La carte des régions de 1956 ressemble à la fois à l’actuelle et à celle des provinces de l’Ancien Régime. Les Pyrénées-Orientales sont rattachées à Toulouse, mais passent de Midi-Pyrénées au futur Languedoc-Roussillon en 1960.
L’envie de divorce est-elle légitime ?
Avec près de 20% de la population régionale du Languedoc-Roussillon, les Pyrénées-Orientales font objectivement les frais de leur région : depuis avril 2004, hors "contrats territoriaux", les investissements régionaux ont offert 1338 euros par habitant au département de l’Hérault, soit une enveloppe de 1,338 milliards, pour seulement 416 millions au département des Pyrénées-Orientales, équivalant à 924 euros par habitant. Le manque à gagner s’élève ainsi à 65 millions d’euros. Mais à la présidence, l’accession d’un Catalan serait un signe d’équilibre, comme l’envisage Georges Frêche, dont le poulain Christian Bourquin est déjà pressenti pour 2014. Jusque là, bien que depuis 1988 l’Hôtel de Région, à Montpellier, soit l’œuvre de l’architecte catalan Bofill, jamais aucun Catalan n’a présidé l’institution. Sur ses cinq présidents, on compte les deux Audois Francis Vals (1974) et Robert Capdeville (1983-1986), le Gardois Edgar Tailhades (1974-1983), le Lozérien Jacques Blanc (1986-2004) et l’actuel président Tarnais Georges Frêche.
Nimes regarde la Provence, Carcassonne aime Toulouse...
Perpignan, à des distances de 150 à 200 km de Montpellier, Toulouse et Barcelone, n’est pas la seule à questionner la cohérence territoriale régionale : la préfecture de l’Aude se trouve à moins de 100 km de Toulouse et à 150 km de la préfecture de Région. En ajoutant que l’aire urbaine de la première est le double de la seconde, on comprend mieux pourquoi le Carcassonnais lorgne davantage vers le Capitole que la Comédie. Nîmes, pourtant proche de Montpellier, appartient à un maillage urbain propre au delta du Rhône, proche d’Avignon et d’Arles sur Rhône, orienté vers Aix-en-Provence et Marseille. Enfin, les Lozériens, outre ne pas avoir fait partie de la Septimanie, sont à équidistance de Clermont-Ferrand et de Montpellier et regardent plus le Massif Central que la Méditerranée.
Portée par la non appartenance au Languedoc, l’exception catalane justifierait alors une région distincte pour les Pyrénées-Orientales, à l’image de la Corse, séparée de PACA en 1972. A l’échelle européenne, sa pertinence serait plus forte que la Rioja, région espagnole de 316.000 habitants pour 5.045 km², contre 440.000 habitants pour 4.116 km² en Catalogne du Nord. Mais cette idée, désormais dépassée, est progressivement remplacée par une ouverture au Sud.
Exister dans une région encore trois fois plus grande
Plus que des divisions, Serge Antoine envisageait des fusions, notamment Provence-Alpes-Côte d'Azur et Languedoc-Roussillon ou encore l'Aquitaine et Midi-Pyrénées. D’autres, plus larges, sont proposées par l’Union européenne, dont la nomenclature d’Unités Territoriales Statiques (NUTS 1) regroupe la Corse, PACA et le Languedoc-Roussillon, alors qu’en 2003 le découpage interrégional pour les élections européennes de 2004 (utilisé à nouveau en 2009) rassemblait Aquitaine, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon.
Les élections régionales de 2010 précèdent la réforme des collectivités territoriales françaises dont naîtront les "conseillers territoriaux". Au passage, le projet de loi prévoit la possibilité de fusion pour des départements ou des régions, par consentement de toutes les assemblées concernées et de la population, via un référendum. Pour les Pyrénées-Orientales, l’inclusion dans un espace deux ou trois fois plus vaste est-elle un espoir de développement ? Des partenariats établis sur un axe Perpignan-Girona sont-ils plus souhaitables, pour enfin d’exister dans le triangle Barcelone-Toulouse-Montpellier ?
je puis dire une chose à MONTPELLIER on nous traite par dessus la jambe depuis longtemps les deux premiers representants du département pour siéger au C/R furent tirés au sort parmi les C/G - et pour nous representer le sort désigna NARCISSE PLANAS et le Dr LOUIS CAMO De la bouche même de ces deux grands Messieurs de la politique catalane j'ai entendu le même discours - ( ce ne sera pas la peine de se déplacer on compte pour du beurre on ne nous encoute pas ) – je n... Lire tout le commentaire
Je n'ai rien contre Montpellier mais je refuse de voir la Catalogne du Nord traitée comme une remorque du Languedoc;le responsable est son pharaonique chef qui fait tout pour effacer ce qui fait la personnalité et l'originalité de notre Catalogne.
Excusez moi mais dire que l'on a que Montpellier à la bouche est une grossière méchanceté car cette ville dans laquelle j'y ai vécu 7 années de bonheur et de tristesse aussi, mais c'est une ville qui est géniale de part les évolutions faîtes par mr Frêche quand il était maire de la ville et d'autre part un modèle d'évolution de la société française ! Ayant vécu à Montpelli... Lire tout le commentaire
Ja se que es utopic, pero el Rosello podria anar junt amb la Catalunya del Sud. Una Europa unida ens pot dur a la superacio de les fronteres, els ser d'una mateixa "Regio" i al mateix cop de dos estats, no vec perque no podria ser quelcom semblan en un futur. Un primer pas es l'Hospital transfronterer de Puigcerda i es podria seguir en moltes mes coses.
Excellent article. Merci de ces éclaircissements clairs et objectifs.
Il en ressort aussi la nécessité d'une sratégie économique pour notre pays.
Le développement d'un térritoire ausi "structuré" qu"un département français passe nécessairement
par une volonté politique. Nationale, dans une perspective globale ( celà existe déjà..Heureusement influencéé par notre appartenance à l'espace économique européen..)et Régionale ensuite qui en a les compétences et leviers.
Manif... Lire tout le commentaire