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Blogs > Jonathan Prescot > Olivier Ferrand : "La clef du futur est la capacité à l’utopie"


Samedi 25.11.2006. 00:00h

Olivier Ferrand : "La clef du futur est la capacité à l’utopie"

36 ans, belle gueule et regard pétillant, Olivier Ferrand, candidat socialiste sur la 4ème circonscription nord-catalane, me tend la main franchement. Mais, parachuté et énarque, l’intelligence seule permettra-t-elle de s
Olivier Ferrand : "La clef du futur est la capacité à l’utopie" Olivier Ferrand : "La clef du futur est la capacité à l’utopie"

La clau : Comment devient-on animal politique, c’est quoi votre parcours ?
Olivier Ferrand :
Je suis né dans la politique, ma mère soutenait Gaston Deferre à Marseille. Après l’ENA, le Ministère des Finances m’a conduit du FMI à la Banque Mondiale et à l’OMC. Mais c’est comme conseiller de Lionel Jospin à Matignon que débute vraiment ma carrière politique. Ensuite, au plan européen, j’ai été conseiller de Pierre Moscovici et de Romano Prodi. Aujourd’hui, je suis adjoint au Maire du 3ème arrondissement à Paris, prof à Sciences-Po, et bientôt à l’Université de Perpignan.

la clau : Pourquoi ici ? La mer est plus bleue qu’à Marseille ?
O.F. : Originaire de Marseille, ma culture c’est la Méditerranée. En 1995, quand j’ai travaillé dans le département des Pyrénées-Orientales, j’en suis tombé amoureux. Lorsqu’Henri Sicre, actuel député du secteur Vallespir-Albères-Côte Vermeille, a décidé de ne pas se représenter, j’ai postulé. Et puis j’ai le sentiment de pouvoir être utile, ce département est sous-évalué et cumule les handicaps, j’ai envie d’apporter mon dynamisme et mes compétences : on manque de relais dans les dossiers structurants… Le TGV Montpellier-Perpignan ne s’est pas fait car les Catalans n’ont pas pesé assez lourd, pareil pour la THT, initialement prévue dans les Pyrénées-Atlantiques. Je saurai porter les dossiers où il faut, avec vigueur. Ma carrière politique pouvait se poursuivre à Paris avec Delanoë, mais mon choix personnel est de venir ici.

la clau : En politique, la France a la culture du vieux. Vous avez décidé d'être patient ?
O.F. : (rire)… Oui, en France il y a une énorme prime à l’ancienneté : à l’Assemblée Nationale il n’y a que 3 députés de moins de 40 ans, sur 577 ! C’est d’ailleurs pour casser cette logique que le PS s’est doté de règles de renouvellement approuvées par ses militants, je m’étonne qu’aujourd’hui certains les contestent…

la clau : Êtes-vous contre le cumul des mandats ?
O.F. : Ah oui ! L’éthique minimale en politique est de se consacrer entièrement à son mandat. Par exemple, le problème au parlement c’est les députés absents pour cause de mandats locaux. Ne pas cumuler c’est aussi la garantie de pouvoir fédérer et d’être efficace. Ici, trop de projets d’intérêt général ne voient pas le jour à cause d’antagonismes entre élus, ou par manque de suivi des dossiers. C’est un gros handicap pour les Catalans.

la clau : Vous êtes Strauss-Kahnien... Si je vous dis"Ségolène Royal", vous stoppez l’interview ?
O.F. : rire)… Dans le département des Pyrénées-Orientales, 95% des amis qui me soutiennent ici sont "ségolistes", nous faisons campagne ensemble. Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn incarnent le renouvellement générationnel. Ségolène le personnifie avec un charisme indéniable et Dominique par ses idées.

la clau : En 2004, vous avez déclaré devant des parlementaires européens : "Il est de votre pouvoir que l’utopie d’aujourd’hui devienne la réalité de demain". L’utopie a un avenir ?
O.F. : Plus que jamais ! Dans les trente glorieuses, la question était de gérer un monde qui se portait bien. Depuis les années 1980 le monde va de plus en plus mal. Il faut trouver les idées permettant de sortir de la crise. La clef du futur n’est plus la gestion mais la capacité à l’utopie.

la clau : Au plan local, sur le thème Chômage-Foncier-Habitat, avez-vous quelque chose de neuf à dire ?
O.F. : Ma façon de faire de la politique est très participative. Je connais ces dossiers depuis 1995 mais j’ai d’abord voulu contacter ici ceux qui peuvent drainer vers moi les problèmes et les projets, pour bien les comprendre. Je vais maintenant me tourner vers les habitants pour élaborer des propositions que je porterai les 3 derniers mois de la campagne législative en 2007. J’écoute ce que les gens ont à me dire, alors que j’ai l’impression que beaucoup de politiques locaux parlent sans écouter...

la clau : Quand la planète se mondialise, ça sert à quoi d’être catalan selon vous ?
O.F. : C’est un atout considérable dans la mondialisation d’avoir un ancrage et des repères. Être catalan c’est une identité culturelle, centrée autour d’un art de vivre et d’une tradition historique. C’est aussi une capacité d’intégration formidable pour les nouveaux arrivants… Mais le catalanisme est aussi une véritable opportunité économique, ouverte sur une entité transfrontalière dynamique, de 13 millions d’habitants, dotée d’une langue internationale. Il faut définir et mettre en œuvre un catalanisme moderne et offensif. Le TGV accélérera ces mutations.

la clau : Vous lisez quoi en ce moment ?
O.F. : Le dernier livre de Daniel Cohen "Trois leçons sur la société post-industrielle".

la clau : Vous écoutez quels CD dans votre voiture ?
O.F. : Je suis très éclectique, de Bruce Springsteen en passant par l’Opéra moderne ou Bénabar…

la clau : Votre dernier film ?
O.F. : L’avant-première du dernier James Bond, "Casino Royale".



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