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Blogs > Joan Betriu > La Jonquera, ou le renforcement visible de la frontière


Vendredi 11.7.2008. 21:00h

La Jonquera, ou le renforcement visible de la frontière

Village anodin il y a encore 20 ans, La Jonquera a frémi il y a 10 ans et explose désormais en un Vegas version alcool-tabac-jambon-prostitution. Aux limites du monde réel.
La Jonquera : une emplette, à deux pas du bordel et du buffet libre. Avril 2008 La Jonquera : une emplette, à deux pas du bordel et du buffet libre. Avril 2008

Je ne savais pas si j’étais dans une version locale de « Bienvenue chez les Ch’tis » –mais ce serait de ma part faire montre de prétention ou de condescendance envers ceux-là qui sont des types sympas!– ou plutôt dans une version plus récente des « Charlots font l’Espagne », mais tous les clichés y étaient. Des magasins sur des kilomètres, des petits gars qui viennent de France et l’Europe entière pour acheter dans le macro hypermarché des bouteilles d’alcool, de l’huile d’olive, des cigarettes, de l’essence, etc. Peut-être était-ce plutôt « Bienvenidos a Tijuana », la ville franche où tout devient possible, ou, quoi qu’il advienne, on a l’impression de faire quelque chose de génial, en tout cas des affaires, un Las Vegas de la petite consommation. La Jonquera –et le Perthus–, une ville à part dans la géographie catalane, un lieu qui ne décrit ni le Nord ni le Sud de la Catalogne, celle du Nord s’arrête au Boulou, celle du Sud commence à Figueres, un coin qui n’est peut-être même pas dans notre Europe moderne ou mentale…

La dernière frontière

Là-bas, dans cette enclave hors du temps et de l’espace, tout est mieux, tout est accessible, tout est meilleur marché. En tout état de cause, c’est que croient ceux qui font de heures d’embouteillages pour parvenir au détroit, aux limites du monde légal, réel et normal. Que l’on aille au « Perthus espagnol » ou à la Jonquera même, on est ailleurs, une Andorre à portée de la main, en plus trash peut-être, car ici pas de luxe, pas de vraies grosses et bonnes affaires comme dans le monde plus soft du fond des Pyrénées : ici, pas forcément de voitures clinquantes, des magasins de luxe ou d’hôtels 5 étoiles partout. Ici, c’est l’Ouest du Pecos, pour quelques kilomètres. Ici, c’est Lidl et Aldi encore moins chers –mais certainement de meilleure qualité–, ici ce sont les restaurants de masse tendance « Buffet libre » où l’énorme coûte quelques euros. Ici, on trouve dans le même magasin, petit ou grand, des olives, de la viande, du fromage, du pastis, des sombreros mexicains, des maillots du PSG, de Manchester et du Real Madrid mais aussi des tapis, des habits, du parfum, des plantes, des toreros en peluche, etc. et après le restaurant, le bowling, le bordel et la station-service, dans le hangar d’à-côté, du carrelage, des vêtements de sport de marque, des fruits et légumes ; ici on côtoie l’aventure entre camionneurs et putains, entre policiers et nos voisins du village. Ici, on est surtout persuadé que c’est mieux qu’à la maison, que de toute manière, on a même bluffé celui qui nous a vendu son produit alors qu’il a gagné les paris depuis longtemps. Ici, finalement, c’est encore l’Espagne de toujours, une île dans la région environnante. C’est l’Espagne que les Français ont en tête : en fait, c’est vrai qu’ils s’y font encore détrousser.

La jonquérisation des esprits

Mais il faut voir qu’ils ont tous raison : ceux qui viennent du Nord et ceux qui viennent du Sud. Tout le monde y trouve son meilleur compte et c’est bien là que résident en grande partie le vrai et le juste, surtout s’ils en ressortent tous contents. Alors pourquoi cracherais-je sur le bonheur d’autrui qui ne me dérange même pas ? D’autant qu’à y bien réfléchir, ils ont tous raison et ensuite, ils décrivent tous un malaise qui se vit ailleurs. Si l’on fait des dizaines voire des centaines de kilomètres pour venir là, si l’on vient en vacances à Canet, à Port-Vendres ou à Arles et que l’on fait avec ferveur le chemin sinueux des lacets des Cluses pour parvenir au Nirvana perthusien, c’est que finalement ce doit être mieux et que ce n’est en rien un chemin de croix. Plus au nord, la vie est devenue trop chère, ici, les euros se comptent encore dans la tête comme des pesetas. Et vous pouvez le vérifier, pour beaucoup de choses, c’est vrai !… Alors ne jetons pas la pierre, ni aux vendeurs ni aux consommateurs, tous y trouvent leur bonheur. Une sorte d’exutoire naturel né d’une frontière qui l’est bien peu pour des milliers de gens qui rêvent de sortir de la grisaille hebdomadaire et qui voient encore qu’il existe un endroit merveilleux à portée des porte-monnaies.



Commentaires

#13. Ulysse 02.3.2016. 03.45h

Tant qu'il existera une république construire sur le droit divin, l'homme restera un "Sujet". Soit, l'homme est vu par nos démocraties successives, comme un "Sujet" qui doit payer pour son Roi et sa cour. Soyez certains, l'eldorado du commerce viendra par être régenté, pourtant, c'est l'espoir du peuple de vivre à ces coûts de vie et des hommes du travail pour qu'il travail grâce à la consommation du peuple. Il faut recommencer à couper des têtes pour faire voir que le peuple commande... Lire tout le commentaire


#12. Colombo 23.11.2008. 18.11h

Qu'on ne me parle plus des magasins de la Jonquera parce que nous avons compris(enfin) que, à part l'essence les alcools et les cigarettes, çà ne vaut plus le coup d'aller faire ses courses là-bas, pour plusieurs raisons. D'abord, en plus de l'autoroute, l'essence et des parkings à 3€, il faut se méfier des prix de l'alimentation car en Espagne ils ne veulent pas se plier aux directives Européennes qui obligent à mentionner le prix au litre et au kilo. Ce qui fait que par exemple les t... Lire tout le commentaire


#11. Vicenç Marquès i Sanmiquel 06.10.2008. 00.01h

Un toc d'atenció a «Sergio». Això que dius de que Catalunya està en territori espanyol no és cert. Catalunya està ubicada dins d'un gran tros de terra de la Península Ibèrica. Va ser la nació espanyola qui, per la força de les armes se la va annexionà i Espanya es pensa que Catalunya és seva. Però la immensa majoria de catalans, de cap manera ens sentim espanyols. Que et quedi ben clar això «Sergio»! Ja ho sé que no t'agrada, perquè tu si que et deus sentir espanyol tot i vis... Lire tout le commentaire


#10. Sergio 12.8.2008. 23.01h

Hola, solo para precisar que Cataluña está en territorio Español y es normal que se hable Castellano, además casi nigún visitante entiende el Catalán.


#9. iris 09.8.2008. 09.14h

On peut acheter en Espagne, pour sa consommation personnelle, les mêmes quantités de boissons alcoolisées et de cigarettes que l'on peut acheter chez un commerçant français; Au dessus d'une certaine quantité il faut un titre de transport. Pouvez -vous acheter chez un buraliste français 50 cartouches de cigarettes ?


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