Logo
rellotge
nuvols_parcials19º
Girona
nuvols_parcials18º
Perpignan
nuvols_parcials24º
Barcelona
sol22º
Toulouse

Vendredi 3 septembre 2010. 00:46h
lema

Blogs > Jean-Bernard Bassach > Nos sociétés ont besoin d'avoir peur


Vendredi 3.4.2009. 21:00h

Nos sociétés ont besoin d'avoir peur

La France, premier consommateur européen de psychotropes, est un modèle de société stressée et flippée : les antidépresseurs, à 9,7%, étaient au 2ème rang des produits remboursés en 2000, selon l'assurance-maladie, Angoisse du lendemain ?
« Le cri », Edvard Munch (1894-1895) « Le cri », Edvard Munch (1894-1895)

Certaines peurs sont ancestrales et restent gravées à jamais dans l’inconscient collectif. En Grèce, on menace toujours les enfants par la formule : si tu n’es pas sage, le Catalan va venir te gronder. Une référence à la terreur exercée par les Almogavares au XIIIe et au XIVe siècle. La peur en tant que régulateur social est ainsi réelle depuis des temps immémoriaux. Les masques Yorubas ont toujours eu ce rôle de régulateur social : dans cette culture de l’Ouest africain, le vol est un fait exceptionnel, car à la moindre vue d’un masque symbolisant l’autorité, la peur engendrée chez le présumé coupable est telle qu’il se dénonce avant même d’être confondu. Après 1789, l’univers des croyances religieuses et païennes, qui fait la part belle aux mythes en tout genre (esprit saint, monstre marin, gafaret…) commence sérieusement à être mis en doute par une population de moins en moins crédule. Les lumières amorcent leur travail de sape contre l’ignorance crasse dans laquelle l’Ancien Régime a cantonné la population illettrée. Le territoire des peurs ancestrales recule au rythme de la scolarisation. Mais autant il est possible de mentir à une population donnée pour un temps limité, autant on ne peut mentir indéfiniment à l’ensemble de l’humanité. Il en va de même pour la peur.

Occupation et colonisation, des cas d’école

De 1940 à 1944, l’armée allemande n’a jamais pu pratiquer une domination effective de l’Europe continentale, tout simplement parce qu’elle n’a jamais disposé d’un nombre d’hommes suffisant pour contrôler l’ensemble des populations soumises. C’est par la peur et la terreur que l’occupant réussit à maintenir sa domination. La peur de l’uniforme vert-de-gris associée à une surenchère propagandiste permit de tenir, bon an, mal an, sous la botte hitlérienne, des populations plus préoccupées par le besoin de se nourrir que par un idéal de liberté bafouée. La colonisation est un autre cas flagrant d’escroquerie à grande échelle. La domination anglaise de l’Inde s’appuyait à la fin du XIXe siècle sur une armée coloniale de 65.000 hommes pour une population de 300.000 millions d’individus ! Comment réussir un tel tour de force si ce n’est par le maintien d’une peur globale ? Il a fallu attendre la ruine de l’Empire et la levée des masses par Gandhi pour pousser les Anglais vers la sortie. Encore une fois, la crainte de la répression fut bravée par le plus grand nombre.

« La peur est une nécessité »

Les exemples de domination par la peur sont la face visible du pouvoir des apparences. Parmi ceux qui soutiennent l’idée qu’une culture de la peur est délibérément mise en place, on peut citer le linguiste Noam Chomsky, le journaliste Alex Jones ou le sociologue Barry Glassner. Dans les pays totalitaires règne la culture de la peur, le contrôle et la censure des médias, plus difficiles à cerner chez les médias privés. D’après N. Chomsky « dans un système dit démocratique où une telle menace n'est pas explicite, le contrôle sur l’homme est exercé en déformant l’information par des menaces plus abstraites ou virtuelles ». Le mensonge des médias US - relayé par l’ensemble des journalistes occidentaux - concernant l’hypothétique menace nucléaire irakienne brandie par le dictateur Saddam Hussein est un autre cas flagrant de mauvaise fois propagandiste d’un gouvernement pour justifier d’une action militaire amorale. La peur est un pathos. Elle naît d’un état émotif. Comme l’inhibition, elle est une nécessité. Depuis la fin de la guerre froide, les politiques de la peur se multiplient, au point d'en faire un des adversaires les plus redoutables des démocraties libérales contemporaines. La confiance dans la gestion scientifique des risques est fortement ébranlée. Un des enjeux majeurs de nos sociétés est d'assurer la gestion éclairée des peurs et le contrôle social de ce qui est censé y remédier : les compétences.



Commentaires

#2. dede66 30.5.2009. 13.54h

Ce qui a de bien avec la peur c'est surtout qu'elle fait vendre. Et dans une société dîte de consommation c'est primordial. Les américains sont depuis des lustres les champions du monde dans ce domaine et les néo-libéraux dont Nicolas Sarkozy en était encore il n'y a pas si longtemps le porte-flingue, l'ont instillé en France depuis une bonne dizaine d'années dans notre pays. ( A noter que la gauche s'en était servie pour se ma... Lire tout le commentaire


#1. ^JM 04.4.2009. 11.41h

" une armée coloniale de 65.000 hommes pour une population de 300.000 millions d’individus " 300.000 millions... ca fait beaucoup... ^^


5 !10 !20 !Tous
1

loading


Commentaires

Votre commentaire, envoyé avec succès, sera validé très bientôt.
loading

Les commentaires liés aux informations publiées par La Clau engagent exclusivement la responsabilité de leurs auteurs et ne sauraient en aucun cas engager la responsabilité de La Clau.
© la-clau.net, 2006-2010
Crédits | Mentions légales | PUBLICITÉ | CONTACT