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Blogs > Ingrid Obiol > Les citoyens-reporters, une concurrence pour les journalistes


Vendredi 6.3.2009. 21:00h

Les citoyens-reporters, une concurrence pour les journalistes

Le dérapage de Georges Frêche sur les « cons » ; et les « catalans » ; confirme que la technologie permet à n'importe qui à l'aide d'un téléphone mobile d'être à peu près journaliste. Désormais, les informations sont indépendantes du professionnalisme.
Téléphone portable et portrait de Georges Frêche, président de la région Languedoc-Roussillon (montage) Téléphone portable et portrait de Georges Frêche, président de la région Languedoc-Roussillon (montage)

La notion de tribu et d'appartenir au groupe fait que le réseau s'étende de plus en plus. Toujours plus. Bien que nous soyons en temps de crise, le champ des télécommunications est encore un terrain de bonnes récoltes. Selon ABI Research, l'année dernière se sont vendus dans le monde 1.210 millions de téléphones mobiles, 5,4% plus qu'en 2007. Et par ricochet, 1.210 millions de personnes sont devenues reporters potentiels à travers les caméras intégrées qu'ont tous ces téléphones, avec toujours plus de qualité. En février 2009 s'est déroulé à Barcelona le Mobile World Congress, où les professionnels et les compagnies du secteur décident comment et avec quoi nous communiquerons dans l'avenir. Le succès de ce congrès de téléphonie mobile reflète le degré de pénétration des télécommunications dans tous les domaines de notre société. Parmi les nombreuses nouveautés, il faut mettre détacher le modèle Idou, présenté par l'entreprise japonaise-suédoise Sony Ericsson, doté d'un écran panoramique et d'appareil photos de 12 mégapixels !

Journalistes et citoyens en concurrence

Les téléspectateurs de la Méteo de la Télévision de la Catalogne (TV3) peuvent interagir depuis longtemps en tant que collaborateurs, en envoyant des images photographiques sur des phénomènes météorologiques de partout dans le pays, en amenant un plus visuel à ces infos météo. Évidemment, les photographies selectionnées sont de qualité, avec un résultat réussi aussi bien pour l'audience que pour la participation. Internet et tous les outils technologiques qui existent sont une nouvelle opportunité pour des journalistes potentiels, qui ont la possibilité d'utiliser les canaux de diffusion qui avant étaient seulement à la disposition de la caste sélective des professionnels. Évidemment, aujourd'hui les deux collectifs cohabitent dans un même espace et bien qu'ils jouent dans des ligues différentes, ils sont toujours en concurrence. La différence basique entre les uns et les autres est qu'un journaliste professionnel doit se déplacer sur le lieu des faits pour couvrir une nouvelle, et un amateur, se trouve simplement déjà sur le lieu des faits quand on lui donne l'opportunité de démontrer sa valeur. L'été 2008 les images prises par un citoyen de l'accident d'avion à l'aéroport de Barajas, à Madrid, ont été les premières juste après qu'un avion s'écrase. Cet homme les a enregistrées depuis son poste de travail. La vitesse de l'information est si grande que les professionnels savent que très probablement devant une catastrophe ils recevront des images immédiates enregistrées par quelqu'un qui passait sur le lieux des faits et avait son inséparable téléphone mobile avec appareil photographique et capacité de filmer. Aussi, le mépris du président de la région Languedoc-Roussillon envers les électeurs, les cons et les Catalans a été diffusé à travers une série d'enregistrement faits par un étudiant en course, bien que la mauvaise foi du président argue que le document n'a pas de valeur officielle. Bien sur qu'il n'en a pas.


Manque temps pour bien travailler

Ben Bradlee, ex éditeur du Washington Post declarait il y a de cela des années que « Le fondement du journalisme est de chercher la vérité et l'expliquer ». Dans l'actualité, le problème est que nous vivons dans une société du spectacle, où précisément la notion de l'information est un direct prolongé dans le temps immédiat. Il n'y a pas de temps pour réaliser un bon travail. La réalité doit se surpasser, ceci est la perversion journalistique. A cause de ce rythme frénétique il est de plus en plus difficile d'analyser et de réfléchir sur un fait déterminé. Nous ne pouvons nous pas arrêter justement parce que nous sommes devenus une société qui prime le « Show must go on » par-dessus tout. Les images que nous pouvons recevoir par le téléphone mobile, par courrier électronique, à la télévision ou dans la presse écrite ou numérique doivent choquer. C'est la consigne en or. L'objectif : ressentir toute sorte d'émotions. Peu importe qui a fait les photos, si celles-ci sont de mauvaise qualité ou si il n'y a point d'enregistrement. Le plus important c'est que ce que nous voyons ne nous laisse pas indifférents.



Commentaires

#1. René - Suisse 23.3.2009. 17.08h

"Désormais, les informations sont indépendantes du professionnalisme". Encore faut-il savoir de quelles informations on parle? Dans la profession, on a l'habitude de mettre en avant l'importance du sujet en premier place, or aujourd'hui, le neuf pour le neuf et le divertissant deviennent l'aune et les paramètres de la profession. Gavé de nouvelles inutiles et superfétatoires, comment l'Homme pourra vraiment devenir un citoyen, en relation pleine avec les autres plutôt qu'en voyeur atomisÃ... Lire tout le commentaire


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