Le transfrontalier touche beaucoup de milieux, jusqu’aux plus insolites. Ainsi le 23 avril dernier, la ville de Perpignan la Catalane ne fêtait pas la Sant Jordi, mais recevait la visite de trois touristes d’exception. Ils venaient de Figuères, de la prison de la ville plus précisément. Un seul était ressortissant de l’Union Europeénne. Après avoir déjà visité Girona et Olot, ils découvraient Perpignan. Détenus modèles au comportement exemplaire, les trois prisonniers, condamnés à des peines inférieures à quatre ans, ont vécu cette journée avec l’humilité et la sérénité de ceux qui n’ont rien à cacher, de ceux qui savent tirer profit des secondes chances de la vie. Accompagnés de 3 employés de la prison, ils avaient rendez-vous le matin avec deux guides de l’Office de Tourisme de Perpignan, au Palais des Rois de Majorque. Curieux, et attentifs aux explications des guides, les trois touristes ont pu tout au long de la matinée découvrir la riche histoire d’un monument majeur d’une ville qu’ils ne connaissaient pas, ou très peu. L’un d’entre eux évoquait le quartier Saint Jacques, qu’il avait connu naguère, mais ce passé lié au traffic de drogue est bien loin, à présent. Après un bon repas pris dans un restaurant traditionnel du centre-ville, une ballade historique classique leur a permis d’apprécier le centre historique perpignanais tout au long de l’après-midi. Finalement, et on l’oublierait presque, la prison peut être un moyen de découverte et d’aprentissage d’une culture et de ses valeurs. L’un d’entre eux, membre de la colla de Castellers Figueres, exprimait son désir de revenir à Perpignan pour une démonstration. Belle expérience humaniste, promesse et espoir d’une future (ré)insertion réussie.