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Blogs > François Biribi > Professeurs agressés : quelles solutions ?


Vendredi 3.3.2006. 00:00h

Professeurs agressés : quelles solutions ?

Thème habituel dans l'actualité française, le malaise enseignant est un indicateur de santé sociale des plus fiables. Au contact des adultes de demain, les profs oeuvrent au sein d'un système jadis huilé, aujourd'
Professeurs agressés : quelles solutions ? Professeurs agressés : quelles solutions ?

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n filigrane de toutes ces affaires de violences physiques et verbales en lycées et collèges qui défraient la chronique globale française, apparaît un problème jusque là mal connu. Ce que l’on comprend de ci de là, si on examine bien les faits relatés avec prudence, c'est que la solidarité ne joue pas souvent entre les professeurs et les directeurs d¹établissement. Ces plaintes contre X pour non-assistance à personne en danger étonnent les non-initiés aux méandres de l¹Education Nationale. En effet, que cache donc ce X qui n’assiste pas les personnels en danger ?
Je me permettrai d’ébaucher quelques réponses, ayant personnellement vécu au début de ma carrière d'enseignant un événement éprouvant, et, mauvais hasard, ayant parmi mes proches une collègue qui fut embarquée dans un scénario identique.
Quasiment à dix ans d¹intervalle, dans des établissements n’ayant aucun lien entre eux, les mêmes éléments se sont dupliqués : dans les deux affaires, le rôle joué par la gendarmerie ou la police fut apaisant et bénéfique; à chaque fois, le rôle du chef d¹établissement fut néfaste et ubuesque. En réexaminant ces deux mésaventures, je suis étonné par le professionnalisme irréprochable des forces de l’ordre et par l’amateurisme non éclairé des chefs d¹établissement.

Désignation des chefs d'établissements scolaires : des erreurs de casting

Comment l’Education nationale française recrute-t-elle les proviseurs de lycées et les principaux de collèges ? En grande majorité, ces « directeurs », pompeusement rebaptisés, sont des fonctionnaires issus du corps des professeurs. Des professeurs qui, arrivés à la quarantaine ou à la cinquantaine, attirés par un meilleur salaire et/ou une fonction de pouvoir, quittent le corps des enseignants pour devenir des administratifs. De perfides rumeurs de salles de profs sous-entendent que ce ne sont pas forcément les meilleurs professeurs qui se découvrent cette soudaine et tardive vocation et que le nombre de candidats au concours de chef d'établissement est souvent inférieur au nombre de places... Oublions ces rumeurs, peut-être pas totalement infondées !
Une chose est certaine : une grande majorité de chefs d’établissement sont d’anciens professeurs propulsés au rang de chefs d¹entreprise, car la gestion d’un établissement s'apparente de plus en plus à celle d’une entreprise.
Ne nous leurrons pas, la gestion d’un budget, d¹un établissement et d’un personnel aussi nombreux qu’hétéroclite ne s’apprend pas en quelques mois de formation interne et sur le tard.
Les grands corps et établissements administratifs sont gérés par des énarques, par des titulaires des IRA (Instituts Régionaux d'Administration) ou par des fonctionnaires bien spécifiques (Ecole de Rennes des directeurs d¹hôpitaux). Il faut également passer des concours de haut niveau pour être officier de l’armée française, officier de marine marchande ou commissaire.
Par quel miracle, suffirait-il d’être un ancien professeur lassé par l'enseignement pour devenir un bon chef d’établissement ?
Certes, il existe de bons chefs d'établissement, heureusement !
Je serais tenté d¹écrire qu’ils sont tombés dans la potion magique administrative dès leur naissance.
Mais les autres ? Ont-ils vraiment la bonne formation pour assister les personnels en danger ?
Pourquoi ne créerait-on pas, par exemple, une « école de proviseurs et de principaux » qui recruterait de jeunes étudiants au niveau des Instituts de Sciences Politiques ?
C’est un débat qu¹il serait opportun d’ouvrir dans un pays où, pour reprendre le titre d¹un quotidien de la presse écrite (Libération), « neuf professeurs par jour » subissent une agression... François Biribi | 03.03.06 [Donnez votre avis]



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