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Aux antipodes de l’homme pressé, le très serein Romain Grau, qui avoue volontiers « L’échec, c’est toujours pénible, mais ça ne me fait pas vraiment peur », est la seule nouveauté issue des élections municipales de Perpignan, soldées le 28 juin 2009 par la réélection confortable de Jean-Paul Alduy, du Parti Radical, associé à l’UMP. Ancien socialiste, né à Perpignan le 21 juin 1975, cet enfant du pays rural bouleverse le paysage politique des Pyrénées-Orientales, en assumant une appartenance catalane euro-compatible, au contraire des politiciens vintage. Tout à la fois avocat à Neuilly, spécialisé dans le Droit fiscal et le Droit public, paysan à Villemolaque par héritage viticole, doté d'un profil presque chimérique, et très courtisé, Romain Grau engrange les contacts dans la vraie vie à un rythme Facebook. Candidat aux municipales de son village en 1995, à l’âge de 19 ans, cet énarque (promotion 2004) repêché par Jean-Paul Alduy au nom de « l’ouverture » lancée par Nicolas Sarkozy, souhaite rompre avec une politique provinciale de deuxième division, tout en étant profondément provincial. Un pari risqué, au pays de l’immobilisme.
La Clau : Votre profil est idéal pour faire Préfet de la Martinique ou intriguer dans les ministères, mais vous préférez vous réinstaller à 100% en Pays Catalan. Repli ou retour ?
Romain Grau : Retour ! J’ai une carrière à Paris, une autoroute, toute tracée. Mais j’ai deux enfants, de 6 mois et 4 ans, et je tiens à les élever chez nous et à leur apprendre le catalan. Faire de la politique m’a toujours tenté, mais toujours chez moi, pas ailleurs, où je n’ai aucune légitimité. Je ne suis pas tenté par un parachutage à Meaux ou à Melun. J’aime mon pays, j’y ai ma famille et mes amis.
Vous êtes improbable ! Avocat à Neuilly, vous parlez catalan sans accent, par continuité familiale… Vous ressemblez au maire de Figueres, Santi Vila, 36 ans, et à Jordi Hereu, maire de Barcelone, 44 ans… La jeunesse en politique est-elle possible par ici ?
J’ai 34 ans et la jeunesse est un atout. Je ne pense pas que cela pose problème au sein du conseil municipal de Perpignan. Jean-Paul Alduy est lui-même très jeune, car il a l’essentiel de la jeunesse : il sait avoir des idées nouvelles. La jeunesse, c’est le renouvellement, savoir douter de soi, amener des idées nouvelles, hériter d’une tradition et la transformer. La jeunesse, c’est l’ambition, le projet, l’optimisme. Sur cet aspect-là je me sens pleinement catalan, et je pense que notre histoire collective est une histoire d’échange, de projets, d’optimisme, de construction (ndlr : il scande chaque mot en faisant trembler le cendrier sur la table) et je m’intègre complètement à cette histoire catalane. Et puis, bon, « Être né quelque part », on ne le choisit pas, certes ! Mais notre identité est là, et il faut savoir vivre avec, sans en grossir les défauts ni en glorifier les avantages. J’adore parler et surtout entendre parler le catalan. J’apprécie également beaucoup échanger avec le Sud. Il s’agit en plus d’une opportunité économique et culturelle essentielle, et c’est au fond un des axes majeurs de notre modernité dans notre XXIe siècle. Cela peut faire très mégalo de dire ça comme ça, mais un des visages de notre modernité sera la diversité, le pluralisme, la variété. Etre catalan, être français (ndlr : la scansion vibrante reprend), avoir un regard vers la péninsule ibérique, être très méditerranéen, ce sont autant d’atouts pour les années à venir. Je suis pour la mise en valeur de ces atouts. Dans cette perspective, il faut savoir passer à une étape suivante sur un certain nombre de sujets essentiels pour les Perpignanais, comme notre politique catalane.
Au nom de l’ouverture, le maire de Perpignan, Jean-Paul Alduy, vous a placé à l’Agglomération Perpignan-Méditerranée. Pour vraiment interagir sur la réalité ?
A l’Agglo, je suis en charge de l’économie. C’est passionnant car l’Agglo va être amenée à se recentrer sur l’économie dans les années à venir. Mais attention, il ne s’agit pas d’une féodalité créée spécialement pour moi. Les relations que j’ai avec Jean-Paul... (ndlr : il se reprend en ajoutant le nom de famille au simple prénom) avec Jean-Paul Alduy, sont des relations de loyauté et d’amitié, d’une part, mais également de confiance et de professionnalisme. Je connais mes marges de manœuvre : il est le patron, prend des décisions tout en me laissant une marge de manœuvre appréciable. De mon côté, Je vais prouver, en avançant, mon efficacité, et nourrir ainsi ma liberté.
6 jours après sa victoire aux municipales, Jean-Paul Alduy vous "prélevait" de l’opposition. C’était préalablement pacté ?
De son côté, peut-être. Il faudrait le lui demander. Mais nous n’en avions pas parlé avant. J’y avais moi-même déjà réfléchi, mais « juste comme ça ». Je me suis présenté aux municipales, par amitié pour Jean Codognès (ndlr : socialiste dissident et adversaire de Jean-Paul Alduy). Ma réflexion a maturé très vite, et les choses ont fait sens progressivement.
En France, il est impossible de progresser en politique sans étiquette de gros parti…
Je n’ai pas d’appartenance partisane. Dans ma jeunesse, j’ai été socialiste, notamment en raison de ma position d’attaché parlementaire de deux députés de notre département (ndlr : Henri Sicre et Jean Codognès). Je ne suis pas éloigné d’une position modérée centre-droit / centre-gauche. Mais dans mon esprit, ce qui compte, c’est le territoire et les gens qui y vivent. Demain, j’aurai peut-être une étiquette politique, ou peut-être pas. J’aime Perpignan et si, pour bien servir les Perpignanais, il est nécessaire d’avoir une étiquette politique, je la prendrai. Mais, si pour bien servir les Perpignanais et savoir être un homme de rassemblement et de synthèse, ça passe par ne pas avoir d’étiquette politique, je choisirai toujours Perpignan plutôt qu’un parti politique. C’est pour moi la seule chose qui compte.
Serez-vous candidat à la mairie en 2014, en succession de Jean-Paul Alduy ?
Beaucoup de gens me posent régulièrement cette question, mais je crains que ma réponse ne soit décevante. Je suis un homme d’action. Je veux d’abord prouver ce que je peux faire. Je pense que la succession de Jean-Paul Alduy ne regarde que Jean-Paul Alduy, et les électeurs, qui seront, quoiqu’il arrive, seuls vrais juges. Mais, très honnêtement, je ne pense pas que la question de la succession se pose aujourd’hui. Une fois posé ce préalable, je ne vous mentirai pas : qui n’aurait pas envie d’être maire d’une aussi belle ville que Perpignan ? Donc ma réponse est bien sûr « oui » en tant que Perpignanais. Mais en tant qu’homme politique, non, je n’y pense pas. Je pense d’abord à l’action et au domaine de compétences, à bien faire ce qui m’a été confié, à servir l’intérêt général, c'est-à-dire les Perpignanais, sur ce domaine de compétence, aux côtés de Jean-Paul Alduy, dans une relation de grande loyauté avec Jean-Paul Alduy. Et le reste, c’est de la poésie !
Bonjour, je cherche à contacter maître Romain Grau, a-t-il un cabinet pour le joindre? Merci de vos réponses.
Lee parti pris est donc annonçé ! Vous oubliez le passé où Pierre SERGENT a manqué de peu de gagner , il sera peut être un renouvellement en ce sens avec Louis ALIOT, bras droit de madame LE PEN et qui de ce fait sera le mieux plaçé pour ramener PERPIGNAN dans la sécurité, la propreté et l'organisation. Ceux que vous citez du PS au UMPS ont amené la ville et sa banlieue dans le plus parfait coupe-gorge où plus personne n'ose sortir même le jour sinon qu'avec la trouille au ventre ... Lire tout le commentaire
Chère Mis, Vraiment vous êtes affligeant ! Le mieux est sûrement de ne pas vous répondre : tant de bêtise !!! Pour info, Romain Grau était présent au dernier conseil d'agglo. Il était également présent à l'avant dernier conseil municipal...
Pourquoi citer Puigmal ici ?? Romain Grau est conseil juridique du Maire de St Estève, certes, mais conseiller ou défendre quelqu'un dans le cadre de son activité professionelle engage-t-il sur le plan des idées et des moeurs ?? Si c' était le cas combien d' avocats defandant des criminels seraient eux aussi des assassins ?? Soyons serieux . La vrai valeur d' un élu est de savoir ecouter tout le monde , et de savoir expliquer sa position afin de la faire partager . Ici comme dans beaucoup ... Lire tout le commentaire
Il faudra bien que monsieur Grau choisisse si il est le dauphin d'ALDUY ou de PUIGMAL.... A jouer sur tout les tableaux on perd tout....