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Blogs > Esteve Valls > Immobilier : « Les Espagnols n’achèteront pas à Perpignan, malgré le TGV »


Vendredi 14.11.2008. 21:00h

Immobilier : « Les Espagnols n’achèteront pas à Perpignan, malgré le TGV »

Etienne Roca, agent immobilier à Perpignan, n’avait jamais vu ça : 30% de dévaluation des biens en pays catalan et des villas à 1.2 millions d’euros qui se vendent sans problème, sur fond de bouleversements territoriaux.
Etienne Roca, agent immobilier depuis 1976 à Perpignan Etienne Roca, agent immobilier depuis 1976 à Perpignan

Installé en 1976, Etienne Roca avoue « Je n’ai jamais ressenti une crise aussi forte. Même en 1982, avec des taux d’intérêt à 17%, on faisait des ventes ». La baisse amorcée et à venir, de « 20 à 30%, et même plus » succède aux de prix « horriblement élevés » depuis 2000, consécutifs, selon lui, à « l’histoire de l’euro ». Dans sa vitrine, boulevard Clemenceau à Perpignan, les sommes baissent depuis septembre : « Les gens ne rentrent plus dans mon agence pour des villas à 500.000 euros. C’est fini ». Ce qui marche maintenant, c’est le modeste ou le luxe, mais l’intermédiaire est en panne.

La Clau : Après le scandale de la hausse des prix depuis 2000, où en sommes-nous ?

Etienne Roca : Tout le monde a participé à l’explosion générale ! Mettez-vous à la place des propriétaires terriens qui préfèrent vendre leurs terrains à 50 ou 80 euros qu’à 10 ou 20 euros… Mais maintenant, ils ne vendront plus. Vous avez vu toutes ces villas 3 ou 4 faces à 500.000 euros ? Surtout, il y a beaucoup de gens endettés, entre 2001 et 2008, avec des biens qu’ils ont perdu de la valeur : à Perpignan et ailleurs, il y a maintenant des études notariales qui étudient non plus les plus-values mais les moins-values.

Cette sorte d’«argus» immobilier est nouvelle ?

Oui, car, encore en 1990, un lotisseur pouvait acheter des terrains à bâtir pour 20 francs le mètre carré, puis on est passé à 40 francs, puis l’euro est intervenu, et, encore début 2008, un propriétaire terrien ne cédait rien à moins de 50 euros, mais tout cela est terminé. Ce qui se vend maintenant ce sont les toutes petites parcelles, de 200 à 300 mètres carrés, car les consommateurs peuvent payer 60.000 euros avec un petit crédit de 120.000 euros : pour un total de 180.000 euros, les banques suivent. Mais si on achète des terrains à 150.000 ou 200.000 euros pour faire une seule maison, obtenir un crédit est illusoire.

C’est un grand changement pour la jeunesse, formatée au rêve de la maison !

Absolument. Comment voulez-vous qu’un jeune couple qui gagne en tout 2500 euros, avec deux enfants et deux voitures, achète un terrain de 200.000 euros pour y faire une villa au même prix ? Qui dispose aujourd’hui de 400.000 euros ? Il est certain que l’on va revenir en arrière. Les appartements se vendront, comme toujours, mais il faut arrêter de rêver aux villas. A mon avis, on va s’orienter vers les appartements : on trouve maintenant des F3 avec garage pour 160.000 euros.

Quel est le futur du territoire, connecté au Sud par le TGV en 2012 ?

Par rapport au Languedoc nous avons un gros atout car il nous reste du foncier, mais il doit être vendu raisonnablement. Je ne souhaite pas que l’on remplisse le territoire de maisons, il ne faut plus faire n’importe quoi, mais l’arrière-pays devrait être préservé car la tendance actuelle est la construction restreinte au niveau du terrain, avec des étages. Quant aux effets de la gare TGV de Perpignan, j’entends dire « Les Espagnols vont pouvoir venir ici ! ». En fait, c’est nous qui irons à Barcelone, qui est une grande ville avec des atouts commerciaux. Qu’y’a-t-il à Perpignan ? Le TGV nous connectera à Barcelone et Paris, mais l’inverse est une hypothèse. Les Catalans du Sud ont des déjà une côte avec des coins très jolis, des équivalents de Canet, Saint-Cyprien, Collioure… Je ne vois vraiment pas les Espagnols acheter ici, malgré le TGV. Il est beaucoup plus certain que de nombreux retraités descendront du Nord de la France et continueront d’acheter ici. Et la clientèle anglaise est plus à la rue que nous avec la crise, pendant que les Irlandais se cassent la gueule. Les Espagnols pareil.

Mais le grand standing, avec des villas à 1,2 ou 1.5 M d’euros persiste…

Largement ! Le grand luxe se vend bien, avec une clientèle très restreinte, par exemple à Saint-Cyprien. Mais sur un simple lotissement, à Céret, cette année, j’ai connu quelques difficultés… En fait, les prix intermédiaires n’attirent plus, et la vieille tendance du Pays Catalan à gagner de l’argent sans rien faire, en vendant, est terminée.



Commentaires

#7. nagahitam 28.11.2008. 14.17h

Jack palmer a raison, d'ailleurs sur Perpignan et les P.O. beaucoup de mythes ont alimenté la hausse totalement injustifiée des prix immobiliers : arrivée massive d'Anglais et d'Hollandais, de retraités du Nord, du TGV et des infrastructures, "la pierre c'est du béton" etc... Tout une jeunesse soucieuse pour son avenir professionel dans cette région sinistrée en terme d'emploi a donc fait comme la génération de ses parents : ACHETER à n'importe quel prix, s'auto persuadant que quelques... Lire la suite


#6. jack palmer 28.11.2008. 11.50h

L'impact du TGV? Quel joli MYTHE, Voici l'impact sur Reims... a 45 mn de PARIS ... A vous de voir! http://www.bulle-immobiliere.org/forum/viewtopic.php?f=26


#5. Ramon Martin 22.11.2008. 13.11h

Fa encara no 4 anys que vaig comprar 2 apartaments a Perpinya, la rendabilitat es força bona, molt mes que a Barcelona. La idea es comprarne 2 més aquest any si els preus son bons. Se d'altra gent de Catalunya Sud que fa el mateix.


#4. Jean luc 21.11.2008. 21.49h

Ne pas se faire d'illusion sur le TGV. Il profite aux mégapoles en bout de ligne (Paris, Marseille, Barcelone) mais pas aux villes intermédiaires : Macon, Le Creusot ont une gare TGV depuis 1981, sont elles plus riches pour autant ? Et Vendome doté depuis 1989 est devenue une cité dortoir pour cadres parisiens en mal de verdure...


#3. Ca fidel 16.11.2008. 10.59h

Sóc de catalunya nord i pensi que si els bancs jugaben un tan si poc el joc els nostres joves comprarien com ho han fet els pares.

Nous sommes un département de la façade mediterranénne parmi les moins chers d'Europe.  Je veux bien que l'on me parle des prix soit disant exagerés mais sortez du 66 F nombril du monde et vous verrez que malgré la crise les prix se maintiennent pour les bons produits. Arrêtons ce catatrophisme et cette sinistrose propre aux pays sous-developpÃ... Lire la suite


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