Deprecated: Assigning the return value of new by reference is deprecated in /var/www/vhosts/la-clau.net/subdomains/blogs/httpdocs/comuns/utils.php on line 247 Deprecated: Function split() is deprecated in /var/www/vhosts/la-clau.net/subdomains/blogs/httpdocs/libs/entrada.php on line 174 Deprecated: Function split() is deprecated in /var/www/vhosts/la-clau.net/subdomains/blogs/httpdocs/comuns/utils.php on line 56 Deprecated: Function split() is deprecated in /var/www/vhosts/la-clau.net/subdomains/blogs/httpdocs/comuns/utils.php on line 56
Les voitures enflammées à Perpignan, en boucle sur LCI, c’était le 29 mai 2005. Du jamais vu. Les exclus descendaient vers la cité clean jusqu’à la rue Foch, visible à l’écran. On parlait d'"Emeutes" sur TF1, LCI, France 2 et RTL, mais de simples "événements" pour la presse locale prise d’affect, rappelant les "événements" algériens débutés en 1959. Pour la première fois de l’histoire, les rédactions désignaient la mosaïque culturelle de Perpignan par le mot "communautés", ou grossissaient le trait, comme France Télévisions, le 6 juin : "La ville est en proie à une guerre communautaire entre Maghrébins et Gitans". La crise identitaire française englobait Perpignan dans sa problématique sur fond de précampagne présidentielle et, vendredi 3 juin, Nicolas Sarkozy débarquait deux heures après sa nomination au ministère de l’Intérieur, pour une visite en footing. Nouvellement présent à Perpignan le 23 février 2007, il visitait plus calmement le quartier de Mailloles avec sa porte-parole Rachida Dati. A la diffusion des reportages à 20H on constatait la mise en "quotas banlieue" médiatiques et politiques de ce quartier populaire... Une mise en scène tordue, mais la preuve qu’il s’était réellement passé quelque chose à Perpignan.
Naissance d’une amnésie
Le doute s’est installé dès que le marché de la grogne a été raflé par les émeutes nationales, du 27 octobre au 17 novembre 2005, en région parisienne, dans les grandes villes (sauf Marseille) et dans les villes moyennes (mais pas à Perpignan, décidément en dehors de la tendance). Cette actu au top grâce aux images choc et au couvre-feu autorisé le 8 novembre ont laminé le souvenir de Perpignan. Avec un poil de recul, ce phénomène de l’info qui chasse l’autre rappelle la "tempête" de décembre 1999 : arbres arrachés à Paris, 91 morts sur le Nord de l'Europe, mais rien dans le département des Pyrénées-Orientales, dont les habitants ont néanmoins vécu l'émotion sur écran, en oubliant presque "leur" désastre climatique survenu le mois précédent, les 12 et 13 novembre, causant la mort de 3 personnes autour de Perpignan. Si l'émotion télé incruste les images dans les consciences et crée des hiérarchies de mémoires, alors, les émeutes de 2005 à Perpignan et l’aiguat de 1999 à Estagel sont négligeables, même pour les gens du pays. Surréaliste ! Sur le lit de mort de ces faits de proximité, la mémoire repose sur la tradition orale, donc elle va crever.
Les médias, une inégalité territoriale
Le mouchard Google donne peu d’infos avec les mots-clés "émeutes Perpignan" : des liens Yahoo! racoleurs vers des articles supprimés, trois vidéos "Sarkozy à Perpignan" sur YouTube, un demi-article du Monde, deux du Figaro, une galerie de photos sous le feu et une myriade de sites militants, dont un néonazi, garnis de copiés-collés. Alors, le pouvoir de faire exister l’émeute du 29-N revient à TF1-France 2-M6-Canal-I-Télé etc. Mais, hors du refrain de l’abrutissement des masses par l’image, c’est la géographie qui parle, car le point commun transparent entre les grands médias, qui font la vie et la mort des faits dans tous les foyers provinciaux, c’est Paris.
Quand la télé éloigne le proche et rapproche l'éloigné
L’assassinat du petit Grégory, en 1984, est dans toutes les mémoires, mais pas celui des gamines d’Elne, Ingrid et Muriel, en 1991. Et les volcans d’Auvergne sont pour les Perpignanais psychologiquement plus proches (433 km) que ceux d’Olot (102 km). Cette perversion naît de l’implantation territoriale des médias importants, dont les présentatrices sont les plus jolies, dont le ton est plus pro. En Europe, où les états disposent de plusieurs capitales, les médias de référence sont distribués sur les territoires et perpétuent des mémoires de proximité. Mais, au fait… Le 29 mai 2005 était aussi une journée de référendum européen, non ?