En janvier 2008, la Cour Européenne des droits de l’homme a condamné la France pour avoir refusé d’accorder un agrément d’adoption à une candidate homosexuelle. Alors que l’adoption pour des couples homosexuels continue d’être interdite, la France a ainsi été condamnée pour avoir violé un principe de non-discrimination. Outre le débat sur l’homo-parentalité, ce refus d’agrément fut justifié par l’absence de référent paternel qui remettrait en cause le développement harmonieux d’un enfant adopté. Un enfant aurait donc impérativement besoin de la présence d’un père et d’une mère pour pouvoir s’épanouir, représentation discutable nous renvoyant au modèle longtemps idéalisé de la famille bourgeoise du XIXème siècle. Composé d’un couple hétérosexuel marié et de leurs enfants biologiques, ce modèle fut en effet longtemps présenté comme une forme de structure familiale prétendument naturelle et universelle. Mais l’histoire et l’anthropologie montrent que la famille n’a pas de définition intemporelle et universelle.
Quand la polygamie émancipe la femme
La famille n’a pas toujours été définie de la même manière et n’est pas représentée identiquement dans toutes les cultures. Par exemple, une cinquantaine de pays autorisent et pratiquent dans des proportions variables la polygamie, strictement interdite en France et publiquement réprouvée par le candidat Sarkozy en 2007. L’image de la polygamie, souvent associée chez nous à juste titre à l’asservissement de la condition féminine, est ainsi différente au Sénégal : les travaux du sociologue M. Wone révèlent que dans ce pays où le célibat est une opprobre pour une femme dépassant la trentaine, la polygamie permet notamment aux femmes de se « partager » les jeunes hommes restés aux pays et sans obligation d’émigrer pour gérer leur survie. De plus, la polygamie, qui n’est pas obligatoire et qui n’oblige pas non plus toutes les épouses d’un même homme à vivre sous le même toit, permet également aux jeunes citadines d’accéder à l’autonomie financière et d’avoir leur propre logement gracieusement payé par leur mari qu’elles ne voient au final qu’une à deux journées par semaine. Il résulte ainsi que la polygamie sénégalaise reste socialement acceptée et jouit même d’une représentation qui en fait, dans certains milieux, un vecteur d’émancipation féminine, un comble pour les Occidentaux qui ne peuvent la percevoir que sous la forme d’une barbarie.
L’évolution de la société française
Il existe donc différentes façons de concevoir la famille, le rôle des parents et la place des enfants. En France, par ailleurs, la conception de l’enfant a considérablement évolué depuis le XVIIème siècle. Auparavant, la relation parents-enfants d’aujourd’hui n’était pas socialement valorisée, et l’enfant lui-même, considéré comme un petit adulte, n’était pas encore perçu comme un individu à part entière envers lequel père et mère ont des responsabilités morales, éducatives et juridiques. En termes de structures familiales, la société française a, de plus, considérablement évolué depuis les années 1970 notamment sous les effets de l’individualisation croissante. Pour seule preuve, depuis 2007, les enfants nés hors mariage sont majoritaires, constat inimaginable il y a seulement 40 ans, à cause de la forte dévalorisation sociale et quasi-révolue du concubinage, du divorce et bien évidemment des familles recomposées. Sans oublier la diversification des structures familiales françaises, avec l’explosion des familles monoparentales et la question de la « parentalité », qui désigne autant la fonction d’être parent que le fait d’assumer des enfants non biologiques. Le profil de la famille française et le regard porté sur elle ont considérablement changé, et il est encore plus difficile aujourd’hui d’en donner une définition ferme. Mais la famille, plus que jamais relative, reste une valeur sûre des sociétés modernes.
No estic pas d'acord amb tu, Daniel. El concepte de mare i pare és universal el que succeeix a l'Àfrica i a altres cultures com la musulmana és deguda al masclisme però no surggeix d'una manera natural. Ho pots comprovar fàcilment preguntant als infants quins pares volen, et contestaran els que tinc ara i mai els voldrien canviar perquè l'amor als progenitors és natural. En efecte, segons els estudis pedagògics, aquests afirmen que un nin pateix molt més pel divorci de llurs pares que ... Lire tout le commentaire
L'expérience me confirme qu'il faut un père et une mère à un enfant. Je le vois en ce moment dans une famille où la mère a quiité le domicile conjugal depuis bientôt un an : les enfants reportent toute leur affection sur l'une de leurs "mamies".