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Vendredi 3 septembre 2010. 00:35h
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Blogs > Christian Lagarde > Pourquoi faire de l’identité nationale un gadget politicien ?


Vendredi 13.11.2009. 21:00h

Pourquoi faire de l’identité nationale un gadget politicien ?

La débat sur la dénommée « identité nationale » française s’ouvre comme pour sauver un pays dont la personnalité, changeante, échapperait à ses dirigeants.
Eric Besson, Ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire Eric Besson, Ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire

Eric Besson, Ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire, remet le couvert : et si l’on reparlait d’identité nationale ? Comme ça, au hasard, à la veille des élections régionales de 2010, manière de rééditer le « coup » réussi en 2007 par celui qui est à présent son modèle politique, Nicolas Sarkozy. L’effet de surprise, cette fois, ne jouera pas, et la piètre mise en œuvre depuis lors, par quotas et charters interposés, réjouira ou non selon les bords politiques. Et le Front National moribond de se précipiter sur l’aubaine et de ressortir ses slogans éculés, et la gauche en pagaille de crier au loup en se drapant dans son tricolore républicain : « comme c’était écrit », si j’ose dire.

« Cacher, casser, enfermer les différences »

Qu’a-t-il été fait à mi-quinquennat du président Sarkozy pour faire aimer la « maison commune » France à tous ceux qui sont venus et à tous ceux qui continuent, toujours pour les mêmes motifs, sans doute aggravés par la crise, de se presser à sa porte ? La politique de la contrainte, de la mise en quarantaine et de l’expulsion, qui n’est autre que celle du bâton et de l’exclusion, nous est sans cesse rejouée, à grands tours de vis supplémentaires, à coup de lois qui s’empilent avant même que les précédentes aient été mises en application. Au gré, bien sûr, de la température de l’opinion, dont la mesure constante et obsessionnelle contribue à ruiner les finances publiques.

Enfants handicapés, jeunes dealers petit bras, pédophiles, toutes les formes de différence et de déviance sont traitées en France selon cette modalité : cacher, enfermer, ignorer, casser, pour éviter d’investir dans des structures adaptées, des personnels formés susceptibles de socialiser, de réinsérer. A force d’être traités dans la frilosité et à la calculette, de ne l’être jamais dans la générosité et dans l’intérêt bien compris de la collectivité nationale, les « problèmes » font sans cesse retour, comme les marronniers des journalistes, comme les cold cases de la télévision.

La Marseillaise et les essences : attention, danger

Que l’on demande aux immigrants de maîtriser suffisamment la langue française, que l’on tente d’endiguer la dérive communautariste (si on se défend de l’utiliser quand elle arrange), voilà qui semble acceptable ; que l’on fasse révérence au drapeau ou à La Marseillaise, c’est plus discutable, parce qu’ils posent toujours des frontières au nom desquelles un jour ou l’autre on s’étripera. Mais l’on en est toujours à exiger exclusivement de l’Autre étranger qu’il se conforme à nos coutumes et à nos valeurs – sans se demander du reste de quel « nous national » il s’agit, s’il n’a pas été obtenu par formatage antérieur de l’Autre intérieur. D’où que soit cet Autre, quelque soient ses caractéristiques propres, que fait-on de sa langue, de sa culture ?… Non pas qu’elles doivent supplanter les « nôtres », mais quel minimum d’intérêt leur accorde-t-on ? Encore une fois, on nous joue et rejoue le jeu de la normalité, sans se préoccuper d’accompagner vers elle, pour autant qu’elle existe. De plus en plus, apparaît l’évidente nécessité de l’investissement social, de l’intérêt pour l’humain que les systèmes cassent sans vergogne et dont la réparation finit par coûter cher.
L'humain est pluriel, divers, multicolore. Il n’est pas fait au moule, et c’est tant mieux. Si l’identité nationale française est toujours conçue comme un moule imposé, formaté, si c’est une essence, la République aura encore une fois raté. Parce que les essences – aussi bien la républicaine que les nationalistes de tout poil – sont faites pour les rayons des parfumeries, parce que l’essence n’est qu’une énergie fossile. Peut-être serait-il temps de nous accepter pluriels, hybrides, à la fois différents et semblables. Pour sauver, comme on dit, la planète. Et pourquoi pas aussi la nation française ?



Commentaires

#5. Masblanch 30.1.2015. 21.30h

Em fa l'efecte que, als catalans del nord, us passa quelcom de semblant al que ens passa als del sud, encara que en un estadi més embrionari: el vostre Estat se n'està adonant que la identificació Estat-Nació no ha acabat de reeixir i lluita per aconseguir-ho. Per sort per a vosaltres, la lluita la situa a nivell de debat obert i, per tant i en principi, perfectament democràtic. En canvi, per a nosaltres, el nostre Estat, havent constatat que aquella identificació ha senzillament fracassat... Lire tout le commentaire


#4. Janot 31.5.2016. 18.45h

Ce débat français ne me concerne pas directement car je partage de manière harmonieuse trois identités : la catalane (ma culture, ma langue et ma nationalité), l'européenne (la grande culture faite de diversité qui m'unit à 600 millions d'humains qui partagent des valeurs proches) la mondiale (car je suis un être comme les autres 8 milliads d'homo sapiens et l'avenir de la terre me concerne). Ce débat peut me concerner un peu car j'ai la citoyenneté française et je m'intéresse à ce... Lire tout le commentaire


#3. dédé 30.10.2015. 14.00h

La moindre des choses que l’on peut attendre et espérer en ce qui concerne l’identité nationale, c’est une forme de loyauté. Ce débat pour le moins flou est orienté et organisé et promu par un homme dont la loyauté laisse plutôt à désirer ce qui le discrédite d’emblée à mes yeux. Au delà de la saillie envers un homme qui a tellement de visages que je doute qu’il puisse se reconnaitre le matin quand il se rase en pensant à ses quotas, je demeure convaincu que l’identitÃ... Lire tout le commentaire


#2. Nin 16.11.2009. 12.11h

Merci de cet excellent article M° Lagarde. La question du "moment" choisi par le Gouvernement pour promouvoir un débat de ce genre, n'est certainement pas anodin d'un point de vue politqiue. Sur le fond, une des clefs est du ressort psychologique. l'Autre auquel vous faites référence, est en premier en nous mêmes. Dans la mesure ou j'ai peur de l'étranger, du noir, du gris, du méchand..etc, en Moi il m'est "confortable" et "nécessaire" de le situer à l'extérieur de moi, et le chasser..... Lire tout le commentaire


#1. cicéron 15.11.2009. 22.11h

Identitat i nacionalitat son pas sinonims...reduir l'identitat à la nacionalitat és una amputacio de la personalitat complexe de tots nosaltres...és ben bé xo lo que vol Sarkosy, sanar el poble de tot lo que li dona eïma per combatre la dreta i el Medef per més llibertat, igualtat, fraternitat....pour une vraie république pas bidon.....identité et nacionalité ne sont pas synonimes...réduire l'identité à la nationalité, c'est une amputation de la personalité de nous tous...et c'est ... Lire tout le commentaire


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