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Au milieu des salves de la modernisation, en plein débat français sur la nécessité de serrer la ceinture des pouvoirs et des services publics, il fallait bien que les « collectivités territoriales » entrent dans le collimateur. Parce que la loi de 1982, en instituant les régions, n’a fait que la moitié du chemin, la plus facile, et que l’empilement des instances est apparu depuis lors aberrant et dispendieux. Les départements sont donc menacés, et les Pyrénées-Orientales parmi eux. Sauf qu’ici, les limites départementales coïncident peu ou prou avec le territoire historique catalan, toujours existant en tant que tel, et que les immenses difficultés de dilution de ce territoire dans une région qui n’est pas le Languedoc signifient que la greffe aura, encore longtemps, du mal à prendre.
Qui veut être rayé de la carte ?
La dernière fois, en 2004, la droite locale vent debout contre le président Frêche s’était alliée à la litanie bariolée des catalanistes, nationalistes, indépendantistes. Gageons que ce coup-ci, les partenaires de ces derniers seront avant tout de gauche. L’alliance objective entre le minimaliste « accent catalan de la République » créé par le Conseil Général des Pyrénées-Orientales, et les effaceurs de frontière donnera lieu à des assauts de catalanité, en défense d’un héritage aux contours sacralisés et muséifiés que l’on présentera comme millénaire, intemporel, abstrait. Il y a là une réaction légitime, universelle dans son particularisme, de crainte d’une dilution forcée des spécificités dans le Grand-Tout de la mondialisation. Qui est prêt à se laisser de bonne grâce rayer de la carte, à se faire assimiler dans la joie par déculturation ?
Une culture recomposée
Au moment même où, à grand tapage médiatique agrémenté d’immondes dérapages sans filet, on questionne l’identité française, la question est identique dans les Pyrénées-Orientales. Veut-on raisonner en termes culturels ou politiques, c’est-à-dire en termes d’héritage dans le sillage de Fichte, ou bien, en outre, du vivre ensemble tourné vers l’avenir proposé par Ernest Renan ? Que met-on dans le premier lot : un paquet clés-en mains à prendre ou à laisser, ou bien un édifice que l’on sait construit au gré de circonstances, significatives ou fortuites, appelé à se recomposer comme il l’a fait par le passé ? Reconnaître qu’on a « nationalisé » la sardane à partir d’une tradition issue d’une simple région intérieure à la Catalogne, ou que le pin aux trois branches de la ville de Berga, dans la province de Barcelone, est une réinterprétation qui est allée, par manipulations successives, de la Sainte-Trinité à celle politico-linguistique des pays de langue catalane, ou encore que les castellers sont un tout récent produit d’importation en Catalogne Nord, est-il honteux ? Tous les groupes humains réécrivent et enjolivent (« inventent », au sens de l’historien britannique Hobsbawm) leur histoire, parce qu’il leur faut se (re)trouver et célébrer des valeurs, et que les leurs sont toujours « meilleures » que celles du voisin.
Quel projet, à l’écart des métropoles ?
Qui saurait dire ce que vient faire l’hymne de « L’estaca », à la symbolique liée à l’héroïsme des anti-franquistes, dans l’environnement rugbystique perpignanais ? Être catalan et aimer le rugby n’est pas une évidence. On sait que le débat sur les Catalans de souche est vicié, car le sentiment d’appartenance n’a pas le même sens aujourd’hui qu’en 1900, ni en 1945. Dans la recomposition identitaire, certains éléments perdurent, d’autres sont remplacés. Le Conseil Général PS des Pyrénées-Orientales a quelques bonnes raisons de se dresser contre la réforme visant à créer des conseillers territoriaux en lieu et place des généraux et des régionaux ; le personnel politique, ici et ailleurs, a tout lieu de craindre pour ses prébendes. Et leurs électeurs ? Et revient la conception renanienne de la nation : au-delà de l’héritage, quel projet pour un territoire qui ne s’incarnerait plus dans une entité politico-administrative spécifique ?
Démographiquement, sur quelles bases accueillera-t-on les prochains arrivants ? On avait cru comprendre, ces dernières années, que les marges, en tant que traits d’union, auraient un vrai rôle à jouer dans une dynamique de la frontière ("fronteer" plutôt que "border"). Mais la promotion des métropoles en France pourrait bien renvoyer la Catalogne du Nord et ses semblables à sa marginalité. Avec, dans ce cas précis, une frontière politique qui, au-delà des revendications, n’est pas près de bouger, et des ancrages culturels à la fois doubles, pour le meilleur, et schizophrènes, pour le pire.
L'espagne et sa province catalane...?!! De cap de les maneres! Res d'això! Catalunya no és ni ha estat mai cap "província d'espanya". Quant a la Cat. Nord, uns reietons estrangers del segle XVII, el senyor Felip, i l'altre, el senyor Lluís, se la van rifar sense cap dret de fer-ho i van trinxar, així, el nostre territori, NOSTRE! (que, juntament amb Occitània, fou el bressol de la cultura occidental). Com si un país, amb la seva gent a dintre, es pogués jugar als daus...! Només faltari... Lire tout le commentaire
Je ne me référe qu'au titre de votre article : je réponds oui c'est possible.face a des phénoménes climatiques en pleine accélération le roussillon a de belles cartes a jouer,le soleil,l'eau,le vent, mais aussi sa géographie.Aucune goutte d'eau ne doit aller directement a la mer(jl grégory année 1960)en tranvasant les surplus de Vinca sur Caramany ,en couvrant de lac collinaires les piémonts pour y maintenir une végétation verte et éviter l'érosion(méme les golfs),en endigeant et... Lire tout le commentaire
Certe, cela a son charme mais mais si le pays se meurt économiquement que restera t'il? Arrêtons de rêver et de se gargariser avec ou contre le sud? On arrache la vigne sans la remplacer, lorsque l'Andalousie plante à tour de bras depuis 10 ans des Oliviers! Les cultures sous serre ne sont plus sur aucun créneau, lorsque du côté d'Alméria c'est devenu une industrie? Etc. ... et surtout ne me parlez pas des subventions Européennes que nous, nous renvoyons parfois faute de l'avoir su util... Lire tout le commentaire
Molt interessant el tema plantejat per l'article. Partint de l'últim pàrraf, però, crec que el problema té només una solució clara, que consistiria a minimitzar la frontera política amb el Sud; el que, al seu torn, només seria possible si la Catalunya del Sud aconseguia desvincular-se d'Espanya o, com a mínim, afeblir molt significativament els actuals lligams amb ella, com està intentant actualment. En el fons, el que hi ha és que cap català del Nord canviaria França per Espanya (j... Lire tout le commentaire
La crise politique identitaire pourrait persister depuis que François 1er a voulu créer le royaume de France. L'assimilation politique des particularités régionales semble inéluctable. Mais combien même des décisions administraives ne se prendraient plus sur place, les PO pourraient renaître et survivre et même s'épanouir dans un nouveau contexte de nivelement horizontal des singularités régionales. Parceque l'identité catalane est forte et attirante, parceque son territoire est acc... Lire tout le commentaire