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La dénonciation des colonialismes européens en Afrique, politiquement correcte, éclipse celle du colonialisme de proximité, le « colonialisme intérieur », dont le père, Robert Lafont, né à Nîmes en 1923, tout à la fois universitaire, linguiste, poète, prosateur, essayiste et penseur politique montpelliérain, signe une œuvre colossale. Militant anti-colonialiste dans les années 50 et 60, lorsque la France officielle subissait avec effroi la décolonisation, et surtout figure de proue de l’occitanisme à travers l’Institut d’Études Occitanes et l Comité Occitan d’Étude et d’Action, on lui doit la transposition d’analyse, dans la nuance – question de degrés – , de l’un à l’autre champ. On aurait appliqué « hors les murs » une recette bien éprouvée dans le cadre de l’Hexagone. La critique de Lafont porte, ici et là-bas, sur la méthode – conquête des territoires, des richesses naturelles et des esprits – et ses conséquences : spoliation, mal-développement et aliénation culturelle. Coupable désigné de ces dérèglements, l’État omnipotent. Deux remèdes à cela : en finir avec le centralisme jacobin au profit de l’Europe des régions, idée qu’il décrit dans « La Révolution régionaliste », sortie en 1967, et instaurer une autogestion des territoires manifestée dans « Sur la France », en 1968, puis « Décoloniser en France » et « Les régions face à l’Europe » en 1971. Lafont flirte avec le P.S.U. de Michel Rocard. A cette époque aussi, le Breton Morvan Lebesque signe un compte rendu enthousiaste et plein d’acuité, « Sur la France », dans les colonnes du Nouvel Observateur du 6 mars 1968. L’affaire est bien lancée.
Décoloniser, c’est s’autogérer, c’est-à-dire décentraliser…
À une époque où la Délégation à l’Aménagement du Territoire et à l’Action Régionale (la DATAR, créée en 1963) pilote depuis Paris l’ensemble des opérations du développement national, l’idée est donc que, pour mettre en valeur un territoire donné, rien ne vaut une initiative locale subissant le contrôle et recueillant l’assentiment des populations directement concernées. La réforme régionale, bien timide sous le gaullisme puis sous Giscard, prend de l’assurance sous Mitterrand. Lafont a ses entrées au PS… Ce sera l’œuvre de Gaston Defferre, en 1982-1983. Le paysage imparfait des assemblées et exécutifs régionaux que nous connaissons doit donc sans doute beaucoup à l’agitateur d’idées qu’est Robert Lafont. À la nuance près que l’esprit autogestionnaire de départ s’en est trouvé bien perverti : comment le « système » et ses élus n’auraient-ils pas su occuper les nouvelles « niches » et sécréter de nouvelles bureaucraties ?… Et le « colonialisme », me direz-vous, dans tout cela ?
La France de 2008 délègue encore peu à ses Régions
L'État et les Régions françaises incarnent pouvoir et contre-pouvoirs, le meilleur gage démocratique, en principe, qui soit. Indéniablement, au fil des ans, les pouvoirs régionaux ont pris de l’ampleur, trop souvent en doublon avec les départements. Mais que voit-on en fin de compte se dessiner ? Un État qui, d’une part, se défausse des secteurs dispendieux pour jouer les vertueux à Bruxelles ; d’autre part, tire toujours les ficelles des grands projets que les régions sous-dotées seraient bien en peine de mener par elles-mêmes. Un seul exemple, qui vaut pour tous les autres : le TGV va aujourd’hui de Londres, Bruxelles, Amsterdam ou Cologne jusqu’à Nîmes ; bientôt, de Perpignan à Cadix. Et de Nîmes à Perpignan, pour un véritable désenclavement ? En 2020, peut-être !… La faute à qui ? Sûrement pas aux exécutifs de Catalogne et du Languedoc-Roussillon. Barcelone a poussé l’avantage en territoire espagnol ; Georges Frêche, président languedo-roussillonnais, peut bien faire ses rodomontades d’opérette, Paris ne cède et ne cédera pas. Le « colonialisme intérieur » n’est donc pas tout à fait mort.
bonjours à tous... Je n'ai pas pu malheureusement comprendre les deux commentaires... hé oui je ne parle que le français (j'y ai été forcé par le pouvoir centralisateur et colonialiste francais parisien...) et le breton :-) Mais... ne vous sentez surtout pas seul... nos régions son sous le même jou ! Savez vous que notre TGV (qui est prévu pour lier notre chère "province" a une capitale toute puissante...) est financée au 3/4 par la région, les départements (5 bretons!) et l'europ... Lire tout le commentaire
Ièu crèsi plan que lo govèrnament espèra totjorn qu'anèm crebar dapasset sens tròp bolegar . E aquò's pas la reconeissança de las lengas"regionalas", sus la laissa numerò 75, que farà cambiar lo sicut. Benlèu que soi pessimiste mas me pareis que França , levat per catalan ,pel basc e per corse es a mand de ganhar son trabalh d'escanament de culturas milenaris. França es la reina de la diversitat mas sonque defòra!!! Visca la diversitat culturala vertadièra.
Adiu, Abandonat de la semantica politica de l'occitanisme actual, lo fait es encara vivent a tot endreit que la politica francesa tòca quin sistèma que siaguèsse. Uèi ai tanben recaptat una seria de documents vídeos que podràn ajudar a veire son desvolopament dins una Africa que, èla, se desvolopa e se desliura de las cadenas que París pòrta sempre. http://jacmetolosa.spaces.live.com... Lire tout le commentaire