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La crise affecte au plus haut point les sociétés occidentales modèles : les Etats-Unis, qui en sont les fauteurs, pour avoir abusé au-delà des limites morales et strictement financières du système qu’ils pilotent jusqu’ici impunément. Ou encore le Royaume-Uni, leader européen de la déréglementation chez lequel Blair a pris le relais de Thatcher. L’Espagne, ex-recordman ouest-européen de croissance, où l’émule Aznar a amorcé une bombe à retardement. Les bulles immobilière et boursière ont explosé plus fort là où les équilibristes de la pierre et de la finance s’étaient montrés les plus hardis. Là, aussi, où le corps social se trouvait de longue date segmenté en deux tronçons disjoints, nommés dans l’hexagone la France d’en haut et la France d’en bas, l’imaginaire populaire restant fidèle au schéma selon lequel les gros poissons mangent les petits. Mais le modèle social français, lui, s’efforçait de faire mentir l’adage en présentant une belle continuité de son corps social, sans véritable fossé intermédiaire, par une classe moyenne disposant sinon d’ascensions sociales fulgurantes au moins de promesses de petits sauts successifs vers le haut, au cours d’une carrière ou d’une génération à l’autre. Tout est logique dans le petit jeu français, accompagné d’une protection sociale de l’Etat-providence bien supérieure à celle de ses voisins.
Une classe moyenne obsolète
Quel monde voulons-nous avoir ? Où commencent les infractions et selon quel ordre, établi ou parallèle ? Les combines à la Jérôme Kerviel, qui a plombé la Société Générale, ou mieux encore à la Bernard Madoff, ex-patron du Nasdaq USA, ne sont-elles pas à l’épargnant voire au petit porteur occidental ce qu’est l’activité du dealer français à grosse BMW de cité au petit Beur son voisin misant sur sa réussite scolaire ? La crise fait rêver de réussite juteuse et rapide. Le rêve américain ou l’européen, eux, font et feront toujours autant fantasmer les ressortissants du Tiers Monde coincés au bas de l’échelle par le trou béant des strates sociales moyennes dans leurs pays : il faut partir, à tout prix, pour monter ou survivre. Face à cela, l’Européen moyen aurait tort de se plaindre, mais des « moyens » il y en aura sans doute de moins en moins tant la centrifugeuse de la mondialisation s’emballe… Jusqu’à l’accident récent et si brutal du système, le différentiel était considérable entre les revenus du travail et ceux du capital. Le marché rend le travailleur pauvre, à force de délocalisations et de mises en concurrence déséquilibrées, les petits salariés heureux détenteurs d’un emploi peinent à se loger et bientôt à se nourrir et les ménages moyens accourent chez le discounteur pendant que les fournisseurs de services de grand luxe sont débordés par les nababs de la veille.
La France cassée en deux
La politique et la culture en France dessinent une nouvelle société de castes car, malgré les dénégations répétées, s’instaure tout un maillage de chefs « responsables », y compris en cas d’échec. Mais le maxi-chef a choisi de n’assumer que le meilleur et de faire porter le chapeau à des subalternes quand ça se gâte. Phénomène récurrent, par parachutes ou placards dorés interposés, les sanctionnés d'en haut boivent moins le calice que les désormais sans-emploi d’en bas. Côté culture, comment ne pas voir dans les consommateurs télévisuels du « prime » des assignés à résidence de la bêtification ? On aura beau déclarer la gratuité des musées pour la jeunesse, trop tard, le mal est fait puisque le goût est formé, que les échelles de valeur factices sont bien intégrées dans les esprits. Et ce qui est vrai en France l’est parfois ailleurs, car les produits culturels et les flux économiques sont de plus en plus homogènes. Mais des spécificités demeurent, d’un Etat à l’autre, même lorsqu’ils sont voisins : à l’heure où l’on s’apprête à célébrer avec ambiguïté le 350ème anniversaire du Traité des Pyrénées de 1659, la crise est là pour montrer que la Catalogne n’est pas un continuum économique transfrontalier et que la logique des Etats-nations conserve, en cette matière et dans d’autres, une bonne part de son acuité.
''ce qu’est l’activité du dealer français à grosse BMW de cité au petit Beur son voisin misant sur sa réussite scolaire ''(je cite)bon sang : tenir de tels propos ! : le beur qui comprend que vendre de la poudre est le seul moyen de rouler en grosse BMW et le petit beure qui ne croit plus à la réussite scolaire , et le français de souche qui finit SDF...en effet il fallait oser le dire !
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JoadelBrull, la realitat nacional i la consciencia d'aquesta realitat no neix en els camps com les maduixes. Històricament, l'han construida els estats. En el passat, era un petit grup que anava al capdevant i arrosegava a tothom a un projecte nacional, de bon grat o a cops de pal. Ara tot el que tenim es certa realitat étnica transnacional, qué es, no ho oblidem, resultat d'una altra realitat nacional, ja perduda en el passat.
En Christian Lagarde, aqui sempre que tinc temps llegeixo té tota la raó en aquest article. No hariem tots el Catalans d´ésser més conscients de la nostre realitat nacional?, nosaltres som el veritables responsables de la feblesa nostra.
La revolucio és a l'ordre del dia MMR